Le BOWLING - Comprendre pour Mieux Jouer (01-05)

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30-mars-2013 11:19

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LA TECHNIQUE DU JEU

 

 

Dans ce chapitre, sont abordés les aspects pratiques du jeu.

Le débutant y découvrira certainement une base de mouvement et des conseils fort utiles.

Le joueur chevronné (ceinture noire), lui, aura probablement l'occasion de confronter son expérience avec d'autres points de vue et ainsi pourra remettre en question l'un ou l'autre aspect de sa technique propre et, qui sait, peut-être en tirer un éventuel profit.

 

Ce qui apparaît comme un lieu commun, mais que chacun est disposé à oublier en permanence, c'est le concept suivant, qui est répété à toute occasion :

 

Ne jamais imiter qui que ce soit

surtout si c'est un high scorer !

 

Travailler à se construire son style propre, adapté à sa morphologie et à ses limitations ou ses carences physiques – voilà la clé du succès !

 

Imiter le style d'un joueur chevronné, c'est la porte ouverte à un tas d'ennuis.

Le débutant qui est impressionné par la rotation et le crochet de la boule d'un joueur scratch et qui essaye de reproduire cette rotation, c'est une scène visible dans de trop nombreux cas.

Il commence par de violentes rotations de poignet qui lui paraissent être le moyen classique d'obtenir ce qu'il appelle l'effet.

Il continue par perturber complètement le balancier et, comme son avant-bras se replie inévitablement en fin de course, il est dans l'impossibilité de lancer deux boules ayant les mêmes composantes cinétiques.

 

Alors que, en interrogeant les anciens sur comment ils obtiennent leur rotation et leur crochet, ou en leur demandant l'un ou l'autre conseil, il obtiendrait une réponse beaucoup plus proche de la vérité.

 

Il ne faut pas en déduire que l'avis des anciens est comparable à l'infaillible science universelle, loin de là, nombreux sont les bons joueurs incapables d'expliquer comment ils sont aussi performants.

Mais, dans bien des cas, cet avis vaut son pesant d'or, car il est l'expression d'un système qui fonctionne pour le joueur qui en parle.

En considérant cet avis comme une hypothèse de travail, ce débutant peut expérimenter et commencer à découvrir les mouvements qui lui vont le mieux.

 

Et bien sûr : On lance la boule avec le pouce en avant !

 

LES REPERES DE VISEE

 

Note : la latte 20 est celle du milieu.

Les gauchers comptent à partir de la gauche (de L01 à L39) et

les droitiers à partir de la droite (de D01 à D39).

 

Les repères (points et flèches) font partie du système RangeFinder® (ou PathFinder® selon les sources) proposé entre 1940 et 1945 par Brunswick et généralisé depuis 1948.

 

Ils sont disposés en groupes :

Flèches                        De 12 à 14 pieds au delà de la ligne de faute

                                  Elles sont disposées en triangle dont le pointe est à 14 pieds vers les quilles.

 

RangeFinder dots           A 7 pieds de la ligne de faute

                                  Deux groupes de cinq points de part et d'autre de la piste.

                                  (Lattes 3 – 5 – 8 – 11 – 14)

 

Delivery dots                Trois pouces avant la ligne de faute

                                  Repères pour la pose de boule.

 

12 feet Stance dots       12 pieds avant la ligne de faute

Four-Step Line             Position de départ classique, 4 pas.

 

15 feet Stance dots       15 pieds avant le ligne de faute

Five-Step Line              Position de départ lointaine, 5 pas.

 

La combinaison la plus classique de lancer est :

Position pied de support (opposé au bras de lancer) sur le point central à 12 pieds (latte 20) la pointe du pied juste derrière le point.

Position pied arrière sur le point adjacent (latte 15) un demi soulier en retrait du pied de support.

L'épaule de lancer se trouve ainsi au dessus de la latte 10, qui est celle de la deuxième flèche.

La boule est tenue en face de l'épaule et le poids se trouve supporté par la main opposée, laissant la main de lancer détendue.

 

Cette position permet un lancer le long de la latte 10 pour passer sur la deuxième flèche.

Elle est classique, car c'est la position adoptée par la plupart des joueurs lorsqu'ils lancent leur première boule sur une piste inconnue.

Ils peuvent ainsi juger de l'ampleur de réaction, et, en fonction de la position d'impact, effectuer les corrections qui s'imposent. (voir plus loin).

 

LA GEOMETRIE DES REPERES

 

Pour mieux comprendre comment sont disposés les repères, replongeons-nous dans les mesures, nous allons essayer de comprendre comment exploiter les points et les lattes.

 

La piste est longue de 60 pieds depuis la ligne de faute jusqu'à la première quille, ceci représente 720 pouces, … bien.

La ligne de points de visée est distante de 12 pieds, soit 144 pouces.

La flèche centrale est à 12 pieds de la ligne de faute, ce qui fait aussi 144 pouces.

 

Attention :

Entre la ligne de points à 12 pieds et la première quille, il y à 720 + 144 = 864 pouces.

Entre la même ligne et la première flèche, il y a 144 + 144 = 288 pouces.

Entre la première flèche et la première quille, 720 – 144 = 576, ce qui est le double de 288.

 

Alors :

La distance entre la ligne de points de visée à 12 pieds et la première flèche est moitié de la distance entre la première flèche et la première quille.

 

Ce qui nous amène à conclure que, comme nous l'a enseigné Archimède, qui aimait beaucoup les triangles rectangles, si l'on trace une ligne droite passant par la flèche, tout écart latéral au niveau de la ligne de points se traduira par un écart double en sens contraire au niveau de la quille.

 

Le décalage des flèches en distance correspond au décalage des quilles, ce qui tend à signifier que la marque de départ la plus adéquate est au niveau de la ligne des 12 pieds et qu'un décalage de 3 lattes à cet endroit se traduira par un décalage contraire de 6 lattes au niveau des quilles pour une trajectoire droite passant sur la même flèche.

 

Chaque latte de la piste est large, disons 1 pouce, et les quilles distantes de 12 pouces centre à centre, disons 12 lattes, la séparation entre la 7 et la 8 est de 12 lattes, comme entre la 8 et la 9 ainsi que entre la 9 et a 10, on en déduit que, entre la 1 et la 3, entre la 3 et la 6, entre la 6 et la 10, etc l'écart est justement de 6 lattes.

 

Un système de calcul de déplacement pour les spares est basé sur cette constatation, c'est le 3-6-9.

LES DIFFERENTES PHASES DU LANCER

 

En découpant l'ensemble en petits morceaux, on voit mieux le détail.

Les différentes phases du lancer seront décortiquées aussi loin que possible afin de mettre en évidence certains comportements à renforcer et d'autres à corriger.

 

Il ne faut pas s'attendre, ici, à découvrir la botte secrète qui permet d'atteindre les top scores.

Il n'y a rien, dans ce qui est contenu ici, qui soit garanti pur porc, ni résistant aux intempéries !

 

Le présent recueil, comme déjà signalé, est surtout destiné à éclairer et discuter des mille et une facettes de notre sport afin que chacun puisse en retirer ce qui lui semble de nature à lui être profitable.

 

Comme l'a si bien dit Jean de La Fontaine : "Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le moins … ".

 

Il y a de grands trésors, dans ces pages, mais ils ne sont visibles que par des cœurs purs à travers leurs yeux innocents.

 

Essayons donc de retrouver ce regard et nous pourrons également contempler les choses avec humilité et la sagesse qui nous enseignera la voie de la perfection en laissant du temps au temps et en répétant sans cesse les mêmes mouvements encore et encore jusqu'à atteindre cette perfection tant convoitée source de tant de satisfactions.

L'APPROCHE

 

Par approche, nous entendrons, ici, la phase dynamique d'approche, c'est à dire l'élan.

 

Nous décrirons l'approche à quatre pas, qui est la plus classique et la plus utilisée au début.

De nombreux professionnels utilisent une approche en cinq pas, mais il semble admis que ce cinquième pas demande une grande expérience pour être bien intégré dans un élan en équilibre.

 

Il est également des joueurs qui utilisent un élan en trois pas, nous le citons pour l'exemple, mais nous ne l'étudierons pas spécifiquement.

Quant aux élans sur deux ou un pas, ce sont des figures possibles à l'entraînement, occasionnellement, mais seront à éviter en routine et en compétition.

 

L'élan, ce n'est pas la préparation du lancer, c'est déjà le lancer et qui néglige l'élan n'obtiendra guère de résultats.

 

L'objectif, ne l'oublions pas est d'obtenir un mouvement de lancer aussi reproductible que possible.

Un mouvement peu orthodoxe, mais reproductible est hautement préférable à un mouvement d'un style quasi parfait, mais qui change de boule en boule.

Une pelle au manche tordu, mais rigide est plus efficace qu'une pelle au manche droit, mais flexible.

Un fusil au canon fixé de travers permet de tirer juste, dès que l'on aura déterminé les compensations, alors que si le canon n'est pas bien fixé, le tir sera toujours faussé, car il est impossible à compenser, vu qu'il bouge.

 

Le secret d'un mouvement reproductible est la simplicité de ce mouvement.

Rappelons-nous que plus la variance d'un système, c'est à dire le nombre de paramètres pouvant varier, est réduite plus les conditions d'équilibre de ce système seront facile à réaliser.

Ceci découle d'une loi physique universelle (Loi des Variances de Gibbs[1])

 

Et un mouvement simple se caractérise par un minimum de fioritures, donc une variance réduite.

 

Il faudra, donc se tenir au plus près possible des positions et mouvements naturels.

 

Les indications qui suivent sont de nature à donner une trajectoire en crochet pour une boule partant dans le fil du bois, parallèle à la rigole.

Elles ne sont certainement pas à suivre aveuglément et demandent à être adaptées aux particularités de chacun.

Elles peuvent toutefois servir de base de travail à tout le monde.

 

LA POSITION DE DEPART (Stance - Setup)

 

Pied d'appui (opposé au bras de lancer) bien à plat et pied opposé légèrement en retrait (une moitié de chaussure)

Poids du corps également réparti sur les deux pieds genoux légèrement fléchis poids de la boule principalement dans la main opposée.

 

La position sur l'approche pour un lancer à base de (10:10) peut se découvrir comme suit :

Placer le pied d'appui sur le gros point à 12 pieds (le milieu).

Placer l'autre pied sur le point voisin, un rien en retrait vers l'arrière.

 

Si la boule est bien en face de l'épaule, elle devrait se situer au dessus de la latte 10 et elle sera déposée sur la latte 10 si le balancier est parallèle aux lattes.

 

PRISE DE BOULE

 

La prise et position de boule est à déterminer pour chacun et évoluera dans le temps.

La prise de boule et position la plus simple et la plus naturelle est celle qu'on obtient de la manière suivante :

 

Saisir la boule de la main du lancer avec les doigts correctement insérés dans leur trou respectif :

D'abord les doigts, plaquer la main contre la boule en tirant légèrement sur le doigts.

Enfoncer le pouce bien au fond de son trou.

Verrouiller le pouce en appuyant la première phalange contre l'intérieur du trou. (éviter de plier le pouce)

Relâcher la traction sur les doigts.

 

Positionner la boule avec l'avant-bras à l'horizontale et bien, en face de l'épaule.

La boule est sur la main (qui se trouve donc en dessous)

L'autre main est encore en dessous et soutient l'ensemble ainsi la main de lancer est "relax"

avec le pouce en haut ou légèrement en dedans

 

LE PREMIER PAS – LA MISE EN MARCHE (Pushaway)

 

Le premier pas est le plus important pour la visée et la synchronisation du balancier.

Le premier pas démarre en portant le poids du corps vers l'avant (au niveau des hanches et pas en se penchant) et consiste à avancer le pied arrière au moment où le poids du corps dépasse le point d'appui.

 

En même temps que le pied bouge, la boule est poussée vers l'avant, ni vers le haut, ni vers le bas, vers l'avant afin de tendre le bras de lancer.

Le poids de la boule est toujours dans la main opposée.

 

La direction de la boule vers l'avant, ni à gauche, ni à droite est destinée à déterminer le plan du balancier qui doit coïncider avec le plan de la latte 10 afin d'être parfaitement en ligne.

 

Dès que la boule est à bout de bras on retire la main de support et on libère la boule qui va entamer le balancier. (Laisser balancer le plus librement possible).

 

LE DEUXIEME PAS – LE PAS DE BALANCIER

 

Dès que la boule est libérée de la main de soutien, le poids du corps entraîne un déséquilibre vers l'avant qui fait avancer le pied d'appui pour le deuxième pas.

La synchronisation est inconsciente et le pied d'appui et la boule se croisent à hauteur de la jambe opposée, le pied d'appui allant vers l'avant et la boule allant vers l'arrière.

 

LE TROISIEME PAS – LE PAS DE PUISSANCE

 

Le troisième pas commence lorsque la boule est quasi à son point haut en arrière, elle continuera légèrement à monter au début de ce troisième pas.

Comme on déplace l'axe du balancier, on induit une force vers l'avant qui se traduit par une accélération de la boule dans sa descente.

 

Eviter absolument de forcer ce mouvement, laisser la boule redescendre librement.

 

LE QUATRIEME PAS – LE GLISSE (Slide)

 

Dès que le pied du troisième pas est au sol, avancer le pied d'appui en le laissant en contact avec le sol pour un glissé qui se terminera à la ligne de faute.

 

Quand le pied d'appui termine sa glissade, ou une fraction plus tard, la boule est arrivée à son point bas.

 

LE LACHER (Delivery)

 

C'est le moment où le joueur perd le contact avec la boule.

Il a lieu au moment où la boule atteint le point bas du balancier.

A ce moment, la trajectoire tangentielle est quasi horizontale.

 

On sort le pouce et on accompagne la boule avec les doigts.

 

L'ACCOMPAGNEMENT (Follow Thru)

 

C'est la suite du lâcher, il en fait partie, car l'accompagnement, n'est rien d'autre que le suivi de la boule afin de garder le contact le plus longtemps possible.

 

C'est l'accompagnement qui affermit la trajectoire.

Il consiste à lever la boule avec les doigts (lift) et continuer le mouvement.

Le bras, tout en souplesse et relâchement, remonte et la main finit à coté de l'oreille dans la position de l'auto-stopper : pouce tendu et doigts repliés.

 

Plus ce mouvement de lift sera énergique et plus la boule prendra de rotation.

Mais il ne faut pas vouloir aller trop vite en besogne, ça s'apprend avec de la patience.

horizontal rule

[1] Gibbs : Physicien qui a étudié "l'espace des phases", un monde multi-dimentionnel. Il a montré que la variance, grandeur qui exprime l'instabilité est d'autant plus grande qu'il y a de composants dans un système ou que ces composants ont de paramètres variants.

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