|
Suzanna Licko
Biographie
Suzanna Licko est née à Bratislava en Czechoslovaquie
en 1961. Elle a déménagée aux Etats-Unis lorsqu'elle
avait 7 ans.
Son
père, un biomathématicien, lui a donné la possibilité
d'utiliser des ordinateurs pour créer sa première
police, un alphabet grec.
Elle
a commencé ses études supérieures à
l'université de Berkeley en Californie en 1981, ou elle est
sortie avec un diplôme en communication graphique.
En 1984, le magazine Emigre, créé par Rudy Vanderlans
et deux autres immigrants néerlandais, a fait sa première
apparition. Cette année-là, Apple a produit le premier
Macintosh et Suzanna Licko a commencé à créer
ses premières polices. "Emperor", "Oakland
et "Emigre" sont des polices bitmap pour les imprimantes
basse résolution de l'époque.
Elles
ont été utilisées dans la 2ème parution
du magazine Emigre. Après que plusieurs lecteurs se sont
renseignés sur la disponibilité de ces polices, Licko
a commencé à faire de la pub pour ses polices dans
la 3ème parution.
Vers 1987 Suzanna Licko créa des polices écran pour
Adobe Systems inc. et continua à créer d'autres polices
pour Emigre, comme la Matrix ou la Modula.
Ses polices étaient un tel succès commercial que Rudy
et Suzanna ont arrèté de faire du free-lancing pour
se consacrer exclusivement à leur propre business.
En 1996 Licko créa des réinterprétations de
la Baskerville et de la Bodoni qu'elle nomme "Mrs Eaves"
et "Filosofia".
Aujourd'hui près de trente polices créées par
elle sont en vente chez Emigre.
Vocabulaire
bitmap: "map of bits" Le bit étant le
plus petit élément sur une grille
pixel: "picture element" Le pixel est le plus
petit élément dans une image représentée
par une grille
Oakland & Co.
A la base, les polices "Emperor", "Universal",
"Oakland" et "Emigre" ont été
conçues en bitmap pour être utilisées avec des
écrans 72dpi et dans les imprimantes matricielles avant que
les polices haute résolution étaient disponibles.
Comme ces résolutions très brutes ne permettaient
pas une représentation correcte des polices à différentes
échelles, elles sont basées sur un système
incrémentiel de pixels.
Bitmap,
définition
Contrairement aux polices bitmaps, la plupart des polices sur les
ordinateurs ne sont pas dépendantes d'une résolution
spécifique. Elles sont designées à haute résolution
et par conséquent on peut les redimensioner à n'importe
quelle taille. Par contre parce-qu'elles ne sont pas optimisées
pour l'utilisation à basse résolution, elles sont
difficiles à lire à l'écran en petite taille.
Une police bitmap est conçue et optimisée pour une
résolution spécifique, un nombre spécifique
de pixels relatifs à son corps.
Les polices bitmaps sont composées de pixels. La taille du
pixel est définie par la résolution de la grille,
ce qui contraint aussi le placement des pixels. En contrepartie,
la résolution de la grille est définie par le périphérique
de sortie (par exemple: écran cathodique Mac, 72ppi. écran
plat LCD, 96ppi ou 120ppi). Plus la résolution de la grille
est basse, plus la taille relative des pixels est grande et plus
limités sont les choix du positionnement des pixels.
D'un côté celà limite la variété
des charactéristiques d'une police, d'un autre côté
ces limitations sont une source d'inspiration pour les typographes.
Suzanna Licko explique que les contraintes des choix de création
permettent d'évaluer rapidement plusieurs options différentes.
Si on a une myriade de choix celà peut être accablant
et la solution sera plus difficile à extraire.
Les polices bitmaps ont un caractère fort et décisif,
ce qui se manifeste surtout lorsqu'on utilise un corps plus élevé.
Dans les travaux imprimés les bitmaps fonctionnent très
bien à taille très réduite. Leurs proportions
modulaires évitent que les détails délicats
se bouchent
Lo-Res experience
Il y a quinze ans, les polices bitmap de Suzanna Licko étaient
considérées auprès de beaucoup de designers
comme un effet numérique accessoire, généralement
comparé aux effets de trames agrandies et de gros grains
photo. On jugeait ces typos idiosyncratiques, aux applications plus
que limitées, surtout que les imprimantes haute résolution
s'apprêtaient à faire leur apparition sur le marché.
Bientôt
les polices générées par ordinateur atteignaient
une bonne qualité d'impression à cause de l'implantation
des technologies vectorielles, du Post-Script et bien-sûr
des imprimantes haute résolution. Finalement les polices
bitmap apparaissaient que occasionellement sur des supports imprimés.
Par exemple lorsqu'il sagissait d'illustrer un thème informatique.
Récemment, on voit un come-back massif de ces vieilles polices
pixelisées. Elles se sont même carrément démocratisées.
Une des raisons est probablement qu'une nouvelle génération
de graphistes et de typographes sont entrés dans la profession.
Ces designers (et leurs lecteurs) ont grandi en jouant aux jeux
vidéo et en surfant sur internet, pour eux les polices basse
résolution n'ont plus rien d'extraordinaire, de difficile
à lire. Celà fait partie de leur lecture quotidienne
(People read best, what they read most). Pour eux, lire une police
pixelisée à l'écran ou sur du papier ne fait
pas de différence. Les pixels apparents sont de plus en plus
acceptés comme la marque naturelle de l'ordinateur. Un peu
comme les touches de pinceau dans une peinture à huile.
Une autre raison certaine pour la popularité croissante des
polices bitmap est leur application dans les gadgets électroniques.
Les appareils tels que téléphones portables et fours
à mincro-ondes nécessitent des polices et des images
adaptées à leur basse résolution d'écran.
De plus, il n'est pas tellement surprenant que les gens acceptent
les bitmaps. Ce genre d'images et de typos ont une longue histoire.
Bien avant l'ordinateur, dans les années 20, El Lissitzky
développait déjà une police bitmap très
proche des Lo-Res. On trouvait aussi des bitmaps dans les mosaïcs,
les broderies, le tricot, les murs en briques etc..
La famille de fontes "Lo-Res" regroupe maintenant toutes
les premières polices pixelisées de Suzanna Licko,
"Emperor", "Oakland", "Universal",
"Emigre" et maintenant aussi une version bitmap de la
Base9. Celà simplifie considérablement l'organisation
des polices dans le menu polices. A part ça, les "Lo-Res"
offrent aussi des améliorations techniques comme un set de
charactères plus complet, une forme de charactères
corrigée à travers toutes les familles et différents
corps, ainsi que des alignements améliorés.
|