Ils
ont bien voulu témoigner... Merci!!
Emilie
Monique
Lochlann
Marylène
Emilie.
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L'ostéogenèse
d'Emilie fut diagnostiquée quand elle avait 9 mois,
lors de sa première fracture. A 20 mois, ses parents
l'amènent aux urgences pour une double fracture tibia
péroné. Un regard de suspicion dans un premier
temps qui fut heureusement vite remplacé par l'intervention
de la pédiatre qui connaissait la pathologie...
Aujourd'hui
Emilie a 6 ans et demi et suit une scolarité tout à
fait normale. Elle sait déjà lire et participe
même au cours de gymnastique sous le regard attentif
de son institutrice. Elle a également commencé
à jouer au tennis.A part une petite fracture du péroné
l'an dernier, Emilie se porte donc comme un charme!
Emilie
est un cas typique d'OI de type I.
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Monique
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"Je
suis née en 1953. Des 4 enfants que compte ma famille,
je suis la seule à souffrir d'ostéogenèse
imparfaite. Mon enfance a été ponctuée
de nombreuses fractures, surtout entre dix mois et cinq ans.
Ensuite, lors de ma scolarisation, quelques petites fractures,
mais plus souvent des entorses dues à une hyperlaxité
ligamentaire. Lors de l'adolescence aussi quelques entorses
et quelques fractures dont une plus importante. Je suis maintenant
mariée et maman de trois enfants de 22, 20 et 14 ans,
tous les trois atteints de cette maladie.
Maintenant encore il m'arrive de me fracturer un membre ou
d'avoir une petite fatigue, heureusement cela devient plus
rare.
Nous qui sommes atteints de la forme la moins grave de cette
maladie, nous ne pouvons qu'expliquer par des mots nos souffrances
et nos peurs tout en sachant que notre auditoire ne peut comprendre
qu'à demi nos plaintes.
Petits
déjà, nous ne comprenons pas pourquoi les chutes
apportent tant de souffrances et pourquoi il nous faut toujours
aller à la clinique pour avoir un plâtre, parfois
pour une opération.
Plus
grand, quand l'âge de l'école arrive, pourquoi
ne peut-on pas faire du sport, pourquoi est-ce que courir
avec les autres enfants nous est interdit, pourquoi, quand
il y a des promenades dans la nature il faut que l'instituteur
veuille bien prendre la responsabilité de nous prendre
avec et de nous porter éventuellement si la promenade
est trop longue?
Quand vient le moment des excursions, pourquoi se voit-on
refuser le droit de participer parce que la classe va dans
un parc d'attractions et que c'est trop dangereux pour nous!
Les classes vertes, les classes de neige, les colonies pas
pour nous, trop de responsabilités!
Qui
n'a pas rêvé d'expédition avec les copains?
Ce n'est pas pour nous! La montagne? Oui, en été
, mais pas question d'escalades, de randonnées, seules
les promenades sur les sentiers pas trop raides étaient
permises, exclu également le V.T.T.
En hivers, pas question de montagne et même pas question
de ski de fond, les sorties, les jeux dans la neige étaient
limités, juste les bonhommes de neige.
Et
puis vient l'adolescence, oh, la souffrance physique, on a
appris à l'assumer, la peur de tomber aussi, on reconnaît
si l'on se fait une fracture ou si c'est moins important.
Mais chaque jour de notre enfance, a eu son temps de souffrance.
Combien de fois n'a-t-on pas dit: "Maman, j'ai mal par-ci,
j'ai mal par-là" et maman de répondre:"Ca
passera, c'est parce que tu grandis". On devient plus
fort et un tout peu plus solide, on fait plus attention mais
les changements qui se font dans notre corps nous apportent
aussi ses contrariétés et les questions se posent
: "serais-je un jour capable d'avoir des enfants? "Nous
sommes d'apparence normale mais les réticences des
gens lorsqu'ils apprennent notre fragilité en dit long
sur notre handicap.
Les problèmes à l'école, en gym, vous
passez pour carotteur parce qu'au début de l'année
vous faisiez les exercices d'assouplissement et qu'un stupide
accident vous empêche de continuer. On a sa fierté
et il est difficile de dire aux autres que l'on souffre de
quelque chose.
Puis
viendra l'âge adulte et le moment des enfants. Si l'on
a eu la chance de rencontrer quelqu'un que cette maladie n'a
pas fait reculer, car il faut bien dire qu'engager sa vie
auprès d'une personne qui est fragile et savoir qu'elle
aura de plus en plus besoin de votre présence n'est
pas toujours évident. Si par bonheur vous avez des
enfants, dites-vous bien que l'accouchement ne se fera pas
nécessairement normalement car le risque de fractures
pour vous et pour le bébé est bien présent.
Ensuite il y a le cortège des handicaps de la vieillesse
qui, chez nous, apparaissent dès l'enfance, l'arthrose
on connaît depuis le temps que l'on nous dit: "Attention,
il y a de l'arthrose ici, il faudrait veiller à ne
plus avoir de fractures". Comme si c'était facile....
Pour
le moment, j'arrive à l'âge de la ménopause.
Que va-t-il encore m'arriver? Déjà je ne peux
plus sortir seule car mes muscles s'usent et je retrouve déjà
cela chez mes filles de 22 et 20 ans. Comme consolation, les
médecins disent que cela n'ira pas en s'améliorant!
Maintenant, un traitement existe mais ne guérit pas
encore.
Par
chance, je suis de nature optimiste et si j'ai raconté
ceci, c'est pour vous qui êtes des personnes "normales"
pour que vous sachiez que le handicap n'est pas nécessairement
visible et que la vie quotidienne est aussi difficile pour
une personne avec un handicap bien réel mais non visible
que pour une personne avec un handicap visible."
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Lochlann, ou le témoignage
d'amour d'une mère
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L'ostéogenèse
imparfaite dans la famille
Photo:
Michelle, Tonbjorn et Lochlann
Lochlann
est né le 3 juin 2000. Les médecins nous avaient
dit durant la grossesse qu'il y avait un problème avec
l'enfant car il ne grandissait pas beaucoup, de plus ses membres
inférieurs n'étaient pas droits. Nous avons
alors décidé de ne plus aller plus loin dans
les tests car de toutes façons nous avions décidé
de le garder quoi qu'il arrive. Nous furent heureux de le
voir à la maison et sa sur Michelle (4,5 ans)
aussi.
Après
10 mois, il cassa son bras et sa jambe. J'étais seule
à la maison et partit à l'hôpital avec
les deux enfants. Ce fut un cauchemar... En effet, quand je
suis arrivée, on m'a suspectée de maltraitance
et Michelle fut également visitée. Les enfants
et moi avons passé une terrible nuit à l'hôpital,
sur une chaise, Lochlann criant toute la nuit et rien n'était
entrepris pour le soigner. Le lendemain, nous avons commencé
à voir des docteurs et le diagnostic possible d'ostéogenèse
imparfaite fut posé (type III ou IV).
Les jours qui suivirent changèrent notre vie, nous
avions perdu le fils que nous pensions avoir eu et arrivions
à cette nouvelle venue, notre propre enfant. D'un autre
côté, Lochlann semblait tellement heureux! Michelle
passa beaucoup de temps à l'hôpital avec nous,
amusant Lochlann avec ses dessins, en chantant, en jouant
et en lui parlant. Tous nous trouvions cela très intéressant.
De retour à la maison, nous avons pensé beaucoup
au futur et à ce qu'il allait se passer. Lochlann était
toujours un enfant très joyeux et nous avons soudainement
commencé à nous voir un famille heureuse. C'était
comme si nous avions vu la lumière et que nous savions
que la vie était cadeau.
Nous avons alors commencé à lire beaucoup sur
l'ostéogenèse imparfaite, avec beaucoup de difficultés
au début mais maintenant nous voyons les choses de
manière plus claire.
L'écouter...
Maintenant;
Lochlann a 2 ans et nous continuons à apprendre sa
pathologie. Mais nous nous sommes rendu compte qu'il pouvait
nous aider plus que nous le pensons. Nous avons appris à
l'écouter car il semble savoir plus que nous ce dont
il est capable de faire ou de ne pas faire, ce qu'il aime
et ce qu'il n'aime pas. Il peut nous faire sentir comment
il faut le porter, l'asseoir, le coucher et l'habiller, ce
qui rend notre vie de tous les jours bien plus facile et sécurisante.
Son niveau de communication est très avancé.
Toujours
le traiter comme un enfant normal ...
Néanmoins,
il sait aussi que nous sommes particulièrement attentionnés
à son égard et quand il ne peut pas obtenir
ce qu'il veut, il lui arrive de jouer avec ce fait pour nous
attendrir. Il était habitué à crier d'une
certaine manière de telle sorte que nous (y compris
Michelle) aurions couru vers lui pensant qu'il s'était
cassé quelque chose. Maintenant nous avons appris que
Lochlann passait par des étapes de développement
comme un autre enfant et que nous devions apprendre à
le traiter comme nous l'avions fait avec Michelle, et pas
d'une manière particulière
Limiter
les visites à l'hôpital
Nous
essayons maintenant d'apprendre à prendre en charge
ses fractures avec le moins d'intervention médicale
possible et ce n'est pas facile. Nous sommes réellement
dépendants de ce que nous communique Lochlann. Nous
devrions aller normalement directement à l'hôpital
directement s'il montrait des signes de douleurs osseuses,
faire des radiographies, voir différents médecins
et attendre dans les salles.. Mais l'expérience et
la rencontre de personnes qui vivent l'OI de près nous
ont appris que tout cela n'était pas nécessairement
nécessaire chaque fois.. Nous essayons de le garder
à la maison et d'apprendre à le soigner nous
même. La partie la plus difficile est ce sentiment de
"responsabilité". Nous nous regardons et
avons toujours en tête : "avons-nous fait ce qu'il
fallait"?. La dernière fois, les médecins
lui avaient mis son bras dans un bandage que j'ai retiré
une semaine avant ce qu'ils avaient conseillé, avais-je
bien agi? Oui, Lochlann me l'a fait sentir. J'étais
fière, heureuse et forte.
Socialement
Lochlann
ne va pas à l'école comme Michelle à
son âge. D'un autre côté, ce n'est pas
bon de le garder à la maison toute la journée
puisqu'il n'est pas alors stimulé socialement et cela
ne devrait pas l'aider à se développer physiquement.
En même temps, nous devions trouvé une limite
entre ce qui est bon pour lui et ce qui est sécurisant.
J'ai trouvé que dans un environnement social il apprend
mieux à se connaître. Lochlann va jouer en groupe
(avec moi ou la babysitter), suit des classes de musique,
nage deux à trois fois par semaine et visite d'autres
personnes le plus souvent possible. Nous constatons qu'il
ne voudra pas rester à la maison encore bien longtemps
et nous essayons alors de trouver une petite école
où il pourra aller quand il aura 2 ans 1/2, mais cela
m'effraie de le laisser avec d'autres!
La
fratrie
Il
n'est pas toujours facile d'être la fratrie d'un OI.
L'enfant atteint retient plus l'attention de ses parents et
les médecins, mais aussi les personnes en général
demandent plus des nouvelles de Lochlann que de Michelle.
Au début, nous passions beaucoup de temps à
l'hôpital, à la recherche d'informations sur
la pathologie de Locklann et je me sentais coupable vis à
vis de Michelle. Néanmoins, je ne devais pas m'en faire,
d'abord elle était là et n'était jamais
oubliée et deuxièmement j'avais besoin d'elle
plus que jamais quand Lochlann se casse. Elle nous rend Lochlann
et moi heureux et ensemble nous arrivons à nous en
sortir.
Elle est vraiment bien avec lui et ils aiment être ensemble.
Michelle est très active et Lochlann peut la regarder
des heures sauter et jouer, danser alors qu'il tape dans ses
mains et chante. Michelle est si heureuse que quelqu'un la
regarde.
Michelle participe beaucoup dans la compréhension de
la pathologie de Lochlann. Pour elle s'est marrant, normal
et intéressant. Elle aide à donner la kinésithérapie
à son frère et vient à l'hôpital
chaque fois qu'il reçoit son traitement, va nager deux
fois par semaine avec lui. Quand Lochlann se casse, nous essayons
de faire de notre foyer le meilleur endroit où nous
passons beaucoup de temps, nous lisons, chantons, dessinons,
jouons de la musique autour de lui.
Michelle dit à tout le monde "prends soin de Lochlann
car il n'a pas des os aussi fort que moi"!. Pour le moment,
je n'ai jamais donné à Michelle la responsabilité
de prendre soin de Lochlann, ni dit "tu dois faire attention
à ton frère", etc.. Néanmoins, en
même temps, je dois aussi montrer à Michelle
que je lui fais confiance et la laisse alors seule avec lui
jouer. Michelle aime être la grande soeur et elle est
heureuse quand elle peut lire pour lui et jouer avec lui.
Au début, je ne la laissais jamais seule. Maintenant
oui et je trouve qu'elle est plus attentionnée qu'avant
et elle m'appelle si elle pense que Lochlann n'est pas gentil
avec elle au lieu de le frapper comme elle l'aurait fait avant.
Comme elle le dit elle-même: "il n'y a pas de problème,
maman, il va bien!".
Sentiments
La
responsabilité et la culpabilité sont des concepts
avec lesquels nous avons dû apprendre à composer.
Coupables parce que nous passions beaucoup de temps et d'énergie
avec Lochlann et pas avec Michelle. Coupables parce que nous
ne savions pas si nous prenions bien soin de lui. J'ai trouvé
un peu d'aide par rapport à ces sentiments, je ne connais
pas le nombre de fois que des médecins ou des stupides
infirmières m'ont dit "de prendre mieux soin",
laissant supposer que tout cela était de ma faute.
Je combats toujours ces sentiments encore maintenant !
La culpabilité reprend aussi si Lochlann n'a pas été
nager ou s'il n'a pas joué en groupe ou fait de la
musique avec ses copains depuis un certain temps. Parfois
je ressens de manière trop pesante cette responsabilité
et ai alors besoin de pleurer. Mes ces sentiments me passent
alors très vite quand je vois comment va Lochlann et
combien il est heureux de sa vie, et j'essaie de penser que
je ne suis pas non plus étrangère à cela
!!
Lochlann
nous apprend à vivre si intensément! Tout le
monde dit qu'il n'a jamais vu un enfant aussi joyeux, qu'il
a beaucoup à vivre encore et à apprendre tant
de choses. Nous même, nous apprenons tant de lui!
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Top
Marylène,
une des filles de Monique. Elle a une forme de l'OI de type I et
termine ses études d'art à Gand. Elle va bientôt
se marier.
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Je
me souviens, étant petite, de cette envie si forte
de suivre les autres, de sauter dans les escaliers, de courir
dans la cour de récréation, de grimper aux arbres,
Mais je me rappelle encore mieux ces chocs, lorsque
mes os se brisaient à la suite dune chute.Ce
craquement sourd qui emplit la tête, et puis ce bras,
souvent, qui fait tellement mal.
Ne pas pleurer, être forte et courageuse. Mais je savais,
si je ne pleurais pas que cétait grave.
Déposer mon bras pour soulager los.
Respirer doucement pour estomper la douleur, et attendre que
mes parents ou les profs me conduisent à lhôpital
pour soigner mon corps, une fois de plus brisé.
Si seulement je navais pas sauté au-dessus de
la plaque de tarmac, si seulement jétais restée
accroupie en dessous de larbre à chercher des
faines
Mais non ! Cette fois, lenvie lavait
emporté sur la peur.Cétait bon de se sentir
vivre en courant dans le vent, ce létait moins
en me relevant du sol.
A
cette fracture en ont succédé beaucoup dautres.
Combien ? Comment ? Je ne me les rappelle pas toutes, les
plus spectaculaires sans doutes, ou celles que jai entendu
raconter tant de fois par mes parents aux connaissances.
Jai peine à me souvenir, aussi, de mon bras qui
effrayait tant les gens. Après 7 fractures, il était
aussi tordu quune vieille branche darbre.Et malgré
les efforts du médecin pour le redresser, les soudures
étant devenues si fragiles, il se recassait et dû
recevoir laide dune tige métallique pour
enfin se consolider.Ayant mon bras droit presque constamment
plâtré, il ne me restait plus quà
travailler mon écriture de la main gauche ou lire
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