
Beloeil jumelage Naissance et croissance d'une amitié entre les trois
villes de Crosne (France), Schotten (Allemagne) et Quevaucamps (Belœil
depuis 1977).
Il serait sans doute judicieux de donner préalablement la définition
du mot “Jumelage”. Voici celle établie par la Commission
des affaires européennes: "le jumelage est une association de
deux ou plusieurs communes qui entendent développer entre elles des
liens nombreux sur le plan des activités culturelles économiques
et sociales et confronter leurs expériences et leurs méthodes
de gestion municipales. Il comporte des manifestations et un ensemble d'échanges".
Nous croyons que si nous jetons un regard lucide et impartial sur les événements
qui se sont succédés dans les trois cités depuis le début,
la définition s’est concrétisée dans les faits
et nous pouvons, à juste titre, nous en réjouir.
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Voici donc, en quelques lignes les jalons posés par quelques personnalités
communales de l'époque Jean Degouys, François Honore, Frans
Haesart pour ne citer qu'eux tous animés de la même idée
de mener à bien cette difficile entreprise de rapprochement des mentalités
et d’oeuvrer pour la tolérance et une meilleure connaissance
de l'autre.
Au début de année 1958, diverses démarches sont effectuées
par l’Association Belge pour le Conseil des Communes d’Europe
Le 3 Janvier, le Conseil communal de Quevaucamps décide de dénommer
“Avenue de l’Europe” un tronçon de la rue de Blaton.
Une consultation préalable des habitants de cette rue donne cinq réponses
défavorables pour trente réponses de riverains consultés.
Cette décision fait suite à une demande de 1’Union des
Villes et des Communes d’Europe pour favoriser la cause de l’Europe
sur le plan local et aider à susciter une opinion publique européenne.
Peut-être faut-il ajouter pour nos jeunes lecteurs que les horreurs
de la guerre avaient laissé des traces dans les esprits et les coeurs
et que l'entreprise de réconciliation avec les Allemands n'était
pas inutile, surtout après les événements tragiques de
1944 à Quevaucamps (voir la libération de Quevaucamps). François
Honnoré et Frans Haesart, tous deux conseillers communaux se rendent
à Vienne pour se voir désigner par tirage au sort le nom de
deux villes candidates au jumelage: Schotten en Allemagne et Beuil dans les
Alpes maritimes.
Le 16 juin, une lettre du Collège échevinal de Quevaucamps invite
une délégation de Schotten à venir le 1er juillet visiter
la commune et les alentours. C'est ainsi que nous ferons connaissance de Gottfried
Roskoni, instituteur, ancien joueur de l'Eintracht Frankfurt, accessoirement
hôtelier, restaurateur et propriétaire d'une charcuterie, avec
lequel nous aurons des contacts fréquents et suivis pendant de longues
années, et qu'il nous arrive de rencontrer encore malgré son
grand âge.
Le 2 août 1958 parvient à Quevaucamps une lettre de monsieur
Lipowski, maire de Beuil dans laquelle il dit son accord pour le jumelage
de Quevaucamps, Schotten et Beuil. La délégation de Beuil ne
peut être réunie pour se rendre à schotten en août
pour la cérémonie, à cause de la saison touristique qui
bat son plein dans cette région de France. Néanmoins, le maire
de Beuil se rendra à Schotten le 26 août, mais seul.
Le 1er Octobre, le Collège échevinal de Quevaucamps écrit
à ses homologue de Schotten en vue d'un jumelage et signale que le
maire de Beuil ne semble plus intéressé par un rapprochement
éventuel. Le Collège souligne le sens véritablement européen
d'un tel jumelage. Le 20 septembre 1960, en réponse au conseil des
Communes d'Europe, le Collège échevinal de Quevaucamps entreprend
la procédure de jumelage avec les villes de Schotten et de Crosne,
postérieurement désignée. Le 27 Septembre 1960, les autorités
municipales de Crosne, dont monsieur Pommier, sont reçues à
Quevaucamps. Le 3 novembre, le Conseil Communal décide, vu les démarches
déjà entreprises, d'inviter une délégation de
la ville de Schotten à faire une visite en notre commune dans le courant
de 1961.
Dans sa séance du 30 décembre 1960, le Conseil municipal de
la ville de Crosne (Seine et Oise, aujourd'hui département de l'Essonne)
souhaite une "entente préludant à l'organisation d'une
Communauté européenne véritable, qui gage certain de
la volonté de paix de ses participants, constituera un solide rempart
contre de nouvelles guerres fratricides, pires que celles qu'ils ont connues."
Il faudra attendre le 8 septembre 1963 et le 21 juin 1964 pour que soient
célébrées enfin les épousailles de nos trois villes.
Ce n'est que plus tard, en 1977, après les fusions des communes, que
les différentes localités de notre entité seront associées
à cette aventure exaltante du jumelage. En 1982, pour toutes les activités
réalisées et, dans une cérémonie solennelle au
Château, la commune de Beloeil et le Comité de jumelage reçoivent
le drapeau d'honneur européen des mains des personnalités du
Conseil des Communes d'Europe et ce, en présence du prince de Ligne,
maître des lieux. Depuis le 3 mai 1977 (signature de la charte à
Beloeil) et le 17 mai 1998 (cette fois en Ecosse), Maybole, notre nouvelle
partenaire, déjà jumelée depuis 1983 avec Crosnes, est
venue agrandir le cercle de famille. D'autre projets germent dans les esprits:
Schotten, dans le chef de son bourgmestre Hans Otto Zimmermann, Souhaiterait
que toutes les villes amies soient jumelées entre elles. Cela signifierait
que Beloeil s'associe maintenant à Rymarov (République tchèque)
et Otto (Italie, Trentin) déjà jumelées avec Schotten.
Laissons toutefois ces projets mûrir dans les esprits le temps viendra
pour sceller ces nouvelles alliances.
(Margaret Davidson, vice présidente de l'association
des jumelage de Maybole (TTA), William Grant, président de la TTA,
Michel Muser Beloeil et Edouard Defrasnes, bourgemestre de Beloeil, coupant
le gâteau pour marquer l'accord officiel entre Beloeil et Maybole dans
le jardin de Château Maybole)
( Allemand, français, Belge et écossais à
l'extérieur de l'église ouest de Maybole après la signature
des documents officiels liant Maybole et Beloeil. )
Les Activités:
Les écoles : Au milieu des années soixante,
une équipe de professeurs de l'Ecole Moyenne et d'élèves
du secondaire rencontra ses homologues allemands de la Gesamtshule et malgré
les obstacles de la langue allemande (peu enseignée dans le secondaire
inférieur), des amitiés se nouèrent une dizaine d'années
et il fallut une décision pédagogique qui obligeait la classe
allemande, à ne correspondre qu'avec une classe étrangère
pour mettre fin à cette belle aventure.
Il fut plus facile de correspondre avec nos amis français de Crosne.
Pendant une dizaine d'années (de 1978 à 1987) de fructueux échanges
se produisirent entre nous. Ceux-ci permirent à nos élèves
de découvrir Crosne, bien sûr, mais aussi Paris, Rambouillet,
Versailles,... Et aux Crosnois d'admirer le château de Beloeil, de visiter
la réserve naturelle d'Harchie, les Curiosités de Bruges, les
villes de Tournai, Mons, etc. Une autre affectation du professeur de français
de Crosne vint mettre un terme à cette fructueuse correspondance.
Pendant sept années ( de 1982 à 1988), des jeunes, du Lycée
cette fois, allèrent s'oxygéner en parcourant à ski,
avec leurs amis français du Collège de Crosne, la forêt
du Hoherodskopf pendant le congé de carnaval. Que de passionnantes
aventures vécues à l'auberge de jeunesse ne pourrait-on pas
raconter lors de retrouvailles d'anciens! Mais toute chose a une fin: l'intérêt
s'amenuisa et la crise économique fit le reste.
"L'eau vive" au Burkina-Faso : En 1987, sous la
houlette du comité de jumelage de Crosne, nos villes jumelées
décidèrent de parrainer l'implantation d'un puits d'eau potable
dans un village du Burkina Faso. La réalisation du projet était
confiée à l'association française "L'eau vive"
qui s'engageait à organiser sur place, le contrôle de la conduite
à bonne fin des travaux entrepris. Dans le cas qui nous préoccupait,
un petit village africain de quelque 3.000 habitants n'avait toujours pas
la satisfaction d'ouvrir un robinet et de voir couler de l'eau; Deux cent
cinquante mille francs (6250€) suffirent pour atteindre l'objectif et
depuis lors, d'autres puits ont été creusés, toujours
grâce à la générosité des gens et des bénévoles.
Le tour du jumelage : Et le tour du jumelage ? Me demanderez-vous.
Il est sans doute temps d'en parler parce qu'il s'agit là d'une entreprise,
considérée comme un peu folle au départ mais qui, par
ses qualités intrinsèques, a permis, sous différentes
formes (aujourd'hui la randonnée pédestre s'y est ajoutée),
de se perpétuer jusqu'à nos jours. Au début, il s'agissait
d'une grande randonnée cycliste à travers le pays ou une région
et se déplacer tous les jours d'un lieu touristique à un autre
lieu pittoresque réclama de la part de ses organisateurs une bonne
part d'optimisme, de disponibilité et de savoir-faire. Initiée
par le président du comité de jumelage, notre ami Michel Museur
et continuée ensuite par le président René Delcourt,
cette autre aventure nous a déjà bien procuré du plaisir.
Joie de la découverte de paysages inconnus, soit la vallée de
la Moselle, les rives du Main ou encore la vallée du Nom en Italie
et la Baie de Somme en France; plus près de chez nous la magnifique
régions du pays vert et la régions des Collines, satisfaction
sportive vécue dans l'effort, certains se rappelleront la côte
de Dourdan ou les pentes du Vogelsberg, mais aussi et surtout la joie de rencontrer
l'autre dans ses différences, par les chants ou les danses en costumes:
peu de participants oublieront les soirées de Malmédy. Quelle
belle leçon de citoyenneté!

(Place de l'Europe à Schotten: Table d'orientation
inaugurée en mai 1995.)
Autre rencontres : D'autres expériences virent le
jour, le club de tennis de table de Basècles participa à plusieurs
reprises à des tournois sportifs en France et reçut ses homologues
de Crosne chez nous. Des tentatives ont jusqu'à présent échoué,
pour diverses raisons que nous comprenons mal : le club équestre organisateur
du jumping annuel de Quevaucamps essaya à plusieurs reprises de se
déplacer à Schotten et le club de tennis de Crosne souhaite
inviter les gens de Beloeil, mais jusqu'ici, pas de dénouement positif.
Le projet "Tintin reporter" dans lequel des jeunes photographes
ou cameramen des villes jumelées étaient invités à
présenter leur ville à leurs collègues étrangers
n'obtint pas, hélas, le succès que l'on aurait pu imaginer.
Nous ne voudrions pas oublier, dans un autre registre, les demandes répétées
de colombophiles allemands, qui semblent être restée sans réponse...
Mais d'autres responsables viendront qui s'intéresseront davantage
peut-être aux possibilités d'échanges que nous venons
brièvement d'évoquer.
Nous croyons maintenant nous connaître mieux et il faut donc trouver
d'autres objectifs communs dignes d'intérêt. C'est ainsi que
Schotten a pris l'initiative, après avoir réussi en 1997 son
exposition "patchwork" avec sa nouvelle ville sœur de Rymarov,
d'inviter des artistes d'autres villes amies ou jumelées à participer
à une grande exposition artistique pendant le week-end de pentecôte
1999. Nous en avons d'ailleurs discuté à Crosne pendant le week-end
de travail organisé chaque année dans un pays différent
depuis bientôt dix ans. Voilà donc bien une autre manière
de confronter des aspirations, des techniques, différentes et de permettre
des échanges riches et fertiles.
Les occasions de se rencontrer sont fort nombreuses et ne sont limitées
finalement que par la disponibilité des gens et le coût qu'elles
peuvent entraîner.
En conclusion, nous sommes assurément convaincus que trente-cinq
années de contacts et de visites répétées nous
ont permis d'élargir nos horizons, d'estomper nos petits préjugés
mesquins et de nouer, au-delà des frontières de l'egoïsme
et du stérile repli sur soi, des liens fraternels et des amitiés
solides et durables.
(Source: Coup d'oeil sur Beloeil n°76 et 77. Auteur: Jean
BALLANT)