J'ai toujours associé la notion de séduction à
celle de proximité.
L'espace, la distance, sont mes ennemis.
Le félin, le constrictor, le crocodilien sait que les
odeurs vibratiles de séduction, comme de mort, doivent être perçues de la proie.
Elles président à son agitation, ses fourvoiements
son état vulnérable.

J'ai toujours agit ainsi quand l'heure était venue pour
moi de jouer mon "rôle".
Éviter d'offrir trop longtemps les imprécisions d'une vue
générale.
Si les circonstances ne permettent pas un contact charnel,
alors assaillir par des mots de même nature, qui annoncent d'inexorables forces en
rassemblement.
Une météo de l'imaginaire suffisamment précise pour
alerter les glandes "sécrétives", suffisamment trouble pour fourvoyer les
défenses immunitaires.
Au contact - prédateur - je trouve spontanément
le rythme, la démarche à l'amble qui calque son pas sur le pas de l'autre. Décelant le
moment de rupture qui désunit de la vertu.
Là où la beauté physique n'a plus rien à offrir que sa
seule apparence, j'entrouvre l'accès au luxe de mes abysses reptiliens, refermant ensuite
une à une les options de retraite.
Toi-même qui lis ces lignes à cet instant, que j'ai
initié à quelques uns de mes secrets les plus accessibles, qui a suivit la trace
sinueuse de la ligne aboutissant au palier de mon antre, n'es-tu pas tenté de pénétrer
plus avant ?

Je t'accueillerai dans la soie qui crisse sous les nerfs,
je te montrerai les reflets irisés de mes écailles sous la lumière rasante du dedans,
je t'enduirai de mélanges aux pouvoirs de mutation.
Mais avant de réaliser ces prodiges : assieds toi à ma
table.