|
Le Tabernacle, la Tente de la Rencontre de l’Israélite avec Dieu, occupe une place importante dans le Livre de l’Exode, mais surtout,
avec le Temple qui lui succédera, dans la vie d’Israël. Lieu essentiel du culte rendu à Dieu, centre de rassemblement en particulier
lors des fêtes solennelles, le Tabernacle était avant tout une évocation permanente de la pensée de Dieu dont il est une expression
symbolique. Ainsi, il prend place dans l’histoire de la foi dès qu’il y eût un peuple choisi pour que soit révélé le grand projet de
Dieu pour l’humanité, qu’il conçut avant la fondation du monde.
L’histoire du peuple choisi commence, d’un certain point de vue, au Buisson ardent. Les fils d’Israël, plongés dans la fournaise de l’Égypte, en proie à une épreuve intense, ne sont pas anéantis… Tout au contraire, un libérateur* est préparé pour intervenir de la part du Seigneur de toute la terre (Psaume 97:5). Et cet homme, Moïse, lève les yeux, "et voici, le buisson était tout ardent de feu, et le buisson n'était pas consumé" (Exode 3:2). |
|
* "Ce Moïse… Dieu l'a envoyé pour chef et pour libérateur, par la main de l'ange qui lui était apparu au buisson."
(Actes 7:35).
|
|
C’est alors que Dieu donne à connaître son Nom. Il se donne à connaître ! Autrement dit, il entre en relation avec Moïse et avec
le peuple qu’Il a choisi. Dieu, Elohim, la déité dans son absolu, se fait connaître aux fils d’Israël sous le Nom
"Je Suis", YHWH
(Exode 3:14),
ce qui est traduit par l’Éternel dans bien des Bibles en français, tandis que dans d’autres, le tétragramme hébreu est transcrit sous
la forme "Yahweh". Les Israélites sont invités à connaître Celui qui veille sur eux, comme il veilla sur leurs pères
(Genèse 48:15),
et entrer dans une relation consciente et responsable avec Lui.
Peuple libéré, délivré, sur lequel Dieu veut faire reposer sa bénédiction, Israël connaît par les récits du Livre de l’Exode les grands principes de la relation dans laquelle l’homme attaché à l’Éternel est introduit. Et ces principes sont exposés en plusieurs étapes. Le récit débute par l’expérience de la vie dans le désert (Exode 15 à 18). A peine le cantique de la délivrance chanté, le peuple fait ses premiers pas dans la liberté et connaît des temps d’épreuves et des temps d’apaisement, les eaux amères de Mara comme les fontaines d’Elim. Le peuple y apprend les ressources divines, à savoir la manne et l’eau vive. Il y apprend aussi le Shabbat, reçu comme don de la part de Dieu, avant goût de ce que sera l’entrée dans le repos de Dieu. |
| L'engagement du peuple |
|
Arrivés en Sinaï, Moïse monte une première fois sur la montagne
(19:3).
C’est alors que le peuple est appelé à entrer dans l’Alliance avec Dieu. Il est placé devant une grande responsabilité : "Vous avez vu
ce que j'ai fait à l'Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle, et vous ai amenés à moi. Et maintenant, si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez en propre d'entre tous les peuples ; car toute la terre est à moi ; et vous me serez un royaume de prêtres, et une nation sainte"
(19:4-6).
Les Israélites expriment alors, une première fois, leur engagement, disant d’une seule voix :
"Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons"
(19:8).
Moïse monte alors une deuxième fois sur la montagne pour y porter symboliquement l’engagement du peuple (19:8), et une troisième fois encore (19:20) pour entendre les paroles de la Loi et les directives quant aux manifestations publiques essentielles de l’Alliance. Le peuple sera convié à se réunir régulièrement pour se rappeler sa relation à Dieu, tandis que l’Éternel s’engage dans la protection du peuple. C’est ici que sont enseignées pour la première fois les trois fêtes de pèlerinage des Israélites (23:14-19) : la fête des pains sans levain, souvenir de la sortie d’Égypte, la fête des récoltes, sept semaines plus tard, et la célébration de la fête des Cabanes, Succot, qui devra être célébrée dans le pays promis en mémoire de la traversée du désert et dans la jouissance de la bénédiction reçue. Il y a alors un nouvel engagement du peuple (24:3) suivi de l’écriture par Moïse des paroles entendues sur la montagne. Le Livre de la Loi est alors lu devant le peuple qui réitère sont engagement pour la troisième fois : "Tout ce que l'Éternel a dit, nous le ferons, et nous écouterons." (24:7). Cette scène s’achève en une manifestation de la gloire de l’Éternel, à la suite de quoi Moïse est appelé à monter une quatrième fois sur la montagne : "L'Éternel dit à Moïse : Monte vers moi sur la montagne, et sois là ; et je te donnerai les tables de pierre, et la loi et le commandement que j'ai écrits pour les instruire" (24:12). Le livre indique une longue période, quarante jours, où, tandis que Dieu parlait à Moïse dans la montagne, le peuple se mit à douter. Moïse recevait des instructions concernant le Lieu de la Rencontre, la Tente où s’exprimera la relation du peuple avec l’Éternel, et pendant ce temps le peuple, dans la crainte et le doute, poussait Aaron à la fabrication du veau d’or. Et nous constatons que cela n’altère pas le propos de Dieu concernant l’Alliance. |
|
C’est en de longues pages que nous est donné le descriptif du Tabernacle, du Lieu de la Rencontre avec Dieu, ces instructions s’achevant
par des indications pratiques, à savoir le nom de personnes douées pour conduire l’exécution des nombreuses tâches qu’une telle œuvre impose :
ouvrages de métallurgie fine, travaux de joaillerie, de menuiserie, de parfumerie et de peausserie, confection de tissus, de vêtements…
La Tente de la Rencontre, expression de l’Alliance, sera constituée de façon précise ; il n’y a pas de place pour l’imagination… Mais les hommes et les femmes qui auront à cœur l’Alliance contribueront à l’ouvrage. En effet, mis à part l’argent du dénombrement, tout l’édifice sera constitué d’offrandes volontaires. |
|
25
1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant :
2 Parle aux fils d'Israël, et qu'ils prennent pour moi une offrande élevée. Vous prendrez mon offrande élevée de tout homme que son coeur y portera.
3 Et c'est ici l'offrande élevée que vous prendrez d'eux : de l'or, de l'argent et du bronze ;
4 du bleu, de la pourpre, de l'écarlate et du fin lin et du poil de chèvre ;
5 des peaux de béliers teintes en rouge, et des peaux de tahach ; du bois de sittim ;
6 de l'huile pour le luminaire, des aromates pour l'huile de l'onction et pour l'encens des drogues odoriférantes ;
7 des pierres d'onyx, et des pierres à enchâsser pour l'éphod et pour le pectoral.
8 Et ils feront pour moi un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux.
9 Selon tout ce que je te montre, le modèle du tabernacle et le modèle de tous ses ustensiles, ainsi vous ferez.
|
|
Il faut souligner l’enthousiasme que suscita l’édification du Tabernacle, comme nous pouvons le lire aux derniers chapitres du Livre de l’Exode
après l’épisode douloureux du Veau d’Or. Des hommes et des femmes vont se porter volontaires, apportant librement de leurs biens,
des matériaux pour la construction de l’édifice. Pas de prélèvement, mais des dons spontanés. "Et tout homme que son cœur y porta, et tous
ceux qui avaient un esprit généreux, vinrent et apportèrent l'offrande de l'Éternel pour l'œuvre de la tente de la rencontre, et pour
tout son service, et pour les saints vêtements. Et les hommes vinrent avec les femmes : tout homme qui offrit une offrande tournoyée d'or à
l'Éternel, tous ceux qui avaient le cœur généreux apportèrent des anneaux de nez, et des pendants d'oreille, et des anneaux, et des colliers,
toutes sortes d'objets d'or."
(35:21-22).
Ces hommes et ces femmes abandonnent des matériaux de valeurs, et aussi des objets de vanité pour l’édification du lieu de rencontre
avec l’Éternel !
Le bois rassemblé est du sittim, une variété d’acacia que l’on trouve dans ces lieux désertiques du Sinaï, comme ailleurs en Arabie. Son bois est imputrescible, ce qui en fait un matériaux bien adapté à un tel ouvrage qui illustre un propos éternel. Nous voici donc à pieds d’œuvre pour entrer dans cette révélation que l’Éternel fait de Lui-même. L’exposé du Livre de l’Exode ne constitue pas une visite guidée de l’édifice, considérant l’extérieur avant d’y pénétrer. Il exprime en premier abord ce qui est au cœur de la pensée divine, la finalité du plan divin. Et il conduit progressivement dans la révélation de ses voies pour aboutir aux manifestations de la louange et de la reconnaissance des hommes nourris de la révélation de Dieu. |
|
Deux grandes sections nous sont présentées, l’une et l’autre agençant selon un ordre pédagogique la présentation de mobiliers particuliers,
d’éléments de structure de l’édifice et de fonctions qui seront exercées.
Tout d’abord le Tabernacle lui-même. La présentation de la pensée de Dieu, partant des symboles de l’Alliance et se poursuivant par la description de la Tente et du Parvis pour clôturer sur un aspect essentiel : la lumière continuelle brillant dans le Lieu Saint. La deuxième partie concerne le travail de Dieu pour l’humanité et le chemin de l’homme vers Dieu. Il s’agit de la fonction sacerdotale décrite par les vêtements que porte le grand prêtre lors de circonstances particulières et de la consécration de la famille sacerdotale, signifiant les bases sur lesquelles l’homme s’appuie pour s’approcher de Dieu. La suite a trait au service sacerdotal lui-même et aux objets cultuels appropriés. |
|
D’entrée nous voici devant un coffre pas bien grand, quatre planches latérales et un fond, du bois de sittim… La coudée valant environ
du quarante-cinq centimètres, le coffret est long d’un peu plus d’un mètre pour la moitié en largeur comme en hauteur. Modeste dans ses
dimensions, mais paré de gloire, étant plaqué d’or pur et nanti d’un couvercle d’or, le Propitiatoire, dont le nom hébreu "kaporeth"
dérive du verbe "couvrir" ou "effacer", proche de l’expression "prix du rachat", "kopher"
(Psaumes 49:8,
65:4,
79:9).
Des extrémités de ce couvercle d’or sont tirées, formant une seule pièce avec lui, deux chérubins le couvrant de leurs ailes… Tout un symbole !
|
|
10 Et ils feront une arche de bois de sittim : sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie, et sa hauteur d'une coudée et demie.
11 Et tu la plaqueras d'or pur ; tu la plaqueras dedans et dehors, et tu y feras un couronnement d'or tout autour ;
12 et tu fondras pour elle quatre anneaux d'or, et tu les mettras à ses quatre coins, deux anneaux à l'un de ses côtés, et deux anneaux à l'autre de ses côtés.
13 Et tu feras des barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or ;
14 et tu feras entrer les barres dans les anneaux, aux côtés de l'arche, pour porter l'arche par elles.
15 Les barres seront dans les anneaux de l'arche ; on ne les en retirera point.
16 Et tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai.
17 Et tu feras un propitiatoire d'or pur : sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie.
18 Et tu feras deux chérubins d'or ; tu les feras d'or battu, aux deux bouts du propitiatoire.
19 Fais un chérubin au bout de deçà, et un chérubin au bout de delà : vous ferez les chérubins tirés du propitiatoire, à ses deux bouts.
20 Et les chérubins étendront les ailes en haut, couvrant de leurs ailes le propitiatoire, et leurs faces seront l'une vis-à-vis de l'autre ; les faces des chérubins seront tournées vers le propitiatoire.
21 Et tu mettras le propitiatoire sur l'arche, par-dessus, et tu mettras dans l'arche le témoignage que je te donnerai.
22 Et je me rencontrerai là avec toi, et je parlerai avec toi de dessus le propitiatoire, d'entre les deux chérubins qui seront sur l'arche du témoignage, et te dirai tout ce que je te commanderai pour les fils d'Israël.
|
|
Ce coffret contiendra les tables de la Loi, "le Témoignage" comme il est écrit
(25:21),
le symbole de l’Alliance que Dieu contracta avec des hommes qui Le croient, qui ont reçu Sa parole et qui y adhèrent.
La question, en effet, n’est pas de croire ou ne pas croire qu’il y a un Créateur*,
mais d’adhérer à Sa pensée, car tel est
le sens réel de la foi, terme dont l’étymologie inclut l’adhésion et la confiance. L’Alliance n’est pas une question
de perfection – inatteignable pour l’homme – mais d’attachement à la Parole de Dieu. En effet, il se trouve, dans la
figure que nous donne l’assemblage présenté, ce couvercle si remarquable posé sur l’Arche, le coffret de bois
"plaqué d’or au-dedans et au dehors". Le Propitiatoire "couvre" symboliquement ceux qui sont attachés
à la pensée de Dieu, ceux qui humblement, comme le dira plus tard le prophète Michée, marchent avec Dieu
(Michée 6:8),
comme il est dit aussi d’Abraham et des autres patriarches. Une marche, dans laquelle il se trouve bien des faux pas,
mais caractérisée par une adhésion sincère à la pensée de Dieu.
|
|
* "Tu crois que Dieu est un ; tu fais bien : les démons aussi croient, et ils frissonnent."
(Jacques 2:19).
|
|
En précisant que des chérubins tirés du propitiatoire étendaient leurs ailes par-dessus, le texte induit la rigueur
de la sainteté et de la justice de Dieu. Interdisant l’accès au Dieu de sainteté dans le texte du Jardin d’Eden
(Genèse 3:24),
cette figure est associée au Trône de gloire dans l’impressionnante vision d’Ézéchiel
(Ézéchiel 10).
Ici, ils regardent le propitiatoire qui couvre l’arche de l’Alliance. Et que voient-ils ? Le couvercle d’or,
le Propitiatoire lui-même, mais aussi, selon que nous lisons au Livre du Lévitique, le sang du sacrifice répandu sur
le Propitiatoire d’année en année lors de la fête de Kippour, la fête du Grand Pardon
(Lévitique 16:14).
Cette symbolique est extrêmement précieuse pour la famille de la foi, comme nous pouvons lire cette parole de jubilation : "Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, celui dont le péché est couvert !" (Psaume 32:1). La révélation est focalisée sur cette grande question : Dieu a créé l’homme libre et responsable, et quoiqu’il lui communique sa pensée, cette communication même ne peut l’amender, le rendre parfait. Mais il apprend que la ressource est apportée par Dieu lui-même, le propitiatoire évoquant le rachat, la rédemption, une réalité spirituelle dont étaient pénétrés les croyants d’entre les Israélites, comme en témoignent bien des expressions des Psaumes (Psaumes 49:15, 85:10...), ainsi que des paroles des prophètes (Ésaïe 1:18 et 27). Le croyant entre dans cette profonde réalité lorsque, lors de la "ligature d’Isaac", le texte place aux lèvres d’Abraham cette parole : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8). L’arche est couronnée d’or et complétée d’anneaux qui serviront à placer les barres pour le transport de l’ensemble. Le symbole essentiel de l’Alliance accompagnera la foi tout au long de sa pérégrination au désert ! Portée à bras d’homme, l’arche est enveloppée avec soin, "un drap tout de bleu" la couvrant (Nombres 4:6). Ainsi l’Israélite fidèle, sous la voûte céleste toute de bleu, discerne ce qui est au-delà du ciel qui le couvre, au-delà même des cieux des cieux (1 Rois 8:27), c’est-à-dire au troisième ciel ainsi que l’exprime la tradition hébraïque*. Le fidèle connaît ce que l’homme ne peut discerner, à savoir le propos miséricordieux de Dieu**. L’Arche contenant les précieuses Tables et couvertes du Propitiatoire est le symbole de la réponse parfaite à la sainteté de Dieu. |
|
* Les Ecritures nous donnent à considérer le ciel, celui que nous voyons, la voûte céleste, et ce terme représente quelques fois
les grands de ce monde, les autorités qui le dominent. Au-delà se trouvent les "Cieux des cieux", expression désignant
le séjour des êtres célestes, les anges. Le "Troisième ciel" représente alors la présence de Dieu lui-même
(2 Corinthiens 12:2)
"que les cieux des cieux ne peuvent contenir", ceux-ci appartenant à la création
(1 Rois 8:27,
Néhémie 9:6,
Psaume 148:4).
** "Notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité…" (1 Timothée 2:3-4). |
|
Une dernière parole vient encore touchant les chérubins. Elle concerne Moïse, intermédiaire choisi par Dieu pour communiquer sa Parole
aux Israélites. C’est une situation unique et transitoire qui ne sera pas relayée par la famille d’Aaron, car la Loi a été donnée à Israël
au commencement de son chemin, et n’est pas sujette à adaptations ou compléments, mais donnée en vue d’être accomplie.
Moïse, en dehors de tout service sacerdotal confié à Aaron et à sa famille, se présentera en ce lieu pour recevoir la parole de Dieu,
il la recevra devant les signes de l’Alliance, expression de la présence de Dieu au milieu du peuple. L’expression, et non la présence
même de Dieu, l’Israélite le sait très bien, car "Les cieux des cieux, ne peuvent Le contenir"
(1 Rois 8:27).
Ainsi, les fondements sont posés, le projet de Dieu conçu avant la fondation du monde (Proverbes 8:22-31) est présenté dans ces symboles dont le peuple d’Israël est le dépositaire. Dans le respect de la justice, Dieu introduira dans sa présence des hommes attachés à l’Alliance, des hommes ayant foi en la parole de Dieu, lesquels seront "couverts" quant à leur propre incapacité. C’est ici la réponse de la miséricorde aux conséquences de la responsabilité de l’homme exprimée par la parabole du jardin d’Eden duquel Adam, l’être humain, dut être écarté. Les chérubins qui, dans cette scène imagée, interdisent l’accès à Dieu en son Jardin contemplent dans le symbole placé devant nous le prix du rachat… Mais la pose de ce fondement répond-elle aux besoins de l’homme "ici et maintenant"? Désirant cette paix avec Dieu, il n’a toutefois pas accès à Lui, et de plus il est soumis aux aléas de la vie qu’il mène. "Malheur à moi !" dit le jeune prophète (Ésaïe 6:5). Que de doutes, que d’inquiétudes pour celui qui réfléchit, regarde à sa propre vie, connaît sa propre personnalité* ! D’autres symboles lui sont alors présentés, évoquant le regard que Dieu porte sur les hommes de bonne volonté (Exode 25:2). |
|
* "La loi donc est sainte, et le commandement est saint, et juste, et bon (…) Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon
l'homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif
de la loi du péché qui existe dans mes membres. Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ?"
(Romains 7:12-25).
|
|
Comment ce Dieu si grand opère-t-il pour que l’homme puisse prendre connaissance de ses pensées et adhérer à ce projet de la grâce ?
Ce projet et trop grand pour que l’homme puisse le concevoir. Un prophète, considérant la délivrance s’approchant vers la fin de
l’exil à Babylone dira de la part du Seigneur : "Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel :
car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées"
(Ésaïe 55:8-9)*.
Toute la relation de Dieu avec le peuple choisi pour être témoin de son projet pour l’homme est tracée dans ces symboles du Tabernacle.
Mais, avant tout, l’homme israélite devait connaître que le projet repose sur l’action de Dieu et non pas sur ses propres efforts.
Sophonie dira, peu avant la destruction du Premier Temple, témoin de cette douloureuse réalité des déficiences de l’homme, et de l’apostasie :
"L'Éternel, ton Dieu, au milieu de toi, est puissant ; il sauvera ; il se réjouira avec joie à ton sujet : il se reposera dans son amour,
il s'égayera en toi avec chant de triomphe"
(Sophonie 3:17).
Le repos du Septième Jour est signe de l’achèvement de la Création.
|
|
* Un Juif particulièrement avancé dans la connaissance des Ecritures écrira quelques siècles plus tard : "Ô profondeur des richesses
et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables"
(Romains 11:33).
|
|
Ainsi, avant toute évocation de gestes de dévotion, nous sommes placés devant le regard que Dieu porte sur l’homme.
|
|
Le premier meuble cité est une petite table de hauteur courante, longue de quelque quatre-vingt-dix centimètres sur la moitié en largeur.
Petite, mais toute plaquée d’or pur, avec un bord ouvragé posé sur la tranche du bois de sittim, et un rebord formant couronne par-dessus.
|
|
23 Et tu feras une table de bois de sittim : sa longueur sera de deux coudées, et sa largeur d'une coudée, et sa hauteur d'une coudée et demie.
24 Et tu la plaqueras d'or pur, et tu y feras un couronnement d'or tout autour.
25 Et tu y feras un rebord d'une paume tout autour, et tu feras un couronnement d'or à son rebord, tout autour.
26 Et tu lui feras quatre anneaux d'or, et tu mettras les anneaux aux quatre coins qui seront à ses quatre pieds.
27 Les anneaux seront près du rebord, pour recevoir les barres, pour porter la table.
28 Et tu feras les barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or ; et avec elles on portera la table.
29 Et tu feras ses plats, et ses coupes, et ses gobelets, et ses vases, avec lesquels on fera les libations ; tu les feras d'or pur.
30 Et tu mettras sur la table le pain de proposition, devant moi, continuellement.
|
|
Le pain de proposition, douze gâteaux disposés sur la table, un par tribu
(Lévitique 24:5-9),
est ainsi placé pour être "continuellement devant le Seigneur". C’est un signe qui parle par lui-même, chaque Israélite attentif
pouvant réaliser qu’il est continuellement sous le regard bienveillant du Seigneur. Nous remarquons aussi qu’outre le couronnement d’or,
il se trouve un rebord au plateau de la table gardant les pains de tomber, en particulier lors du transport à bras d’hommes.
Au-delà de cet aspect fonctionnel, il s’agit d’un second couronnement d’or qui met particulièrement en évidence combien important est
que les pains demeurent sur la table, cette garantie étant une part importante du symbole.
La présentation de la Table des pains est complétée de plats, coupes, gobelets et vases, associant ainsi à ce regard de bonté de Dieu sur les tribus d’Israël, l’expression de la joie que représente l’aspersion de vin sur les sacrifices offerts*. Un prophète exprimera cette joie ainsi : "Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait" (Ésaïe 53:11). Et le Psalmiste comprend, lorsqu’il chante : "Il va en pleurant, portant la semence qu'il répand ; il revient avec chant de joie, portant ses gerbes" (Psaume 126:6). |
|
* "Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix,
ayant méprisé la honte…"
(Hébreux 12:2).
|
|
Le mot hébreu "menorah" se traduit littéralement par "de la flamme" ou "provenant de la flamme", et peut de ce fait être associé
à la "sheshinah" la flamme de feu ou de nuée qui parût au dessus du Tabernacle, et qui, dans la tradition d’Israël, est l’expression
de la gloire de Dieu
(Psaume 78:14).
Mais, au fait, qu’est-ce qui, dans ces symboles de l’Alliance pourrait n’être pas un produit de la
gloire de Dieu ? La gloire de sa grâce se manifeste de tant de manières envers l’homme qu’Il a créé pour faire alliance avec lui !
|
|
31 Et tu feras un chandelier d'or pur : le chandelier sera fait d'or battu ; son pied, et sa tige, ses calices, ses boutons, et ses fleurs, seront tirés de lui.
32 Et six branches sortiront de ses côtés, trois branches du chandelier d'un côté et trois branches du chandelier de l'autre côté.
33 Il y aura, sur une branche, trois calices en forme de fleur d'amandier, un bouton et une fleur ; et, sur une autre branche, trois calices en forme de fleur d'amandier, un bouton et une fleur ; ainsi pour les six branches sortant du chandelier.
34 Et il y aura au chandelier quatre calices en forme de fleur d'amandier, ses boutons et ses fleurs ;
35 et un bouton sous deux branches sortant de lui, et un bouton sous deux branches sortant de lui, et un bouton sous deux branches sortant de lui, pour les six branches sortant du chandelier ;
36 leurs boutons et leurs branches seront tirées de lui, le tout battu, d'une pièce, d'or pur.
37 Et tu feras ses sept lampes ; et on allumera ses lampes, afin qu'elles éclairent vis-à-vis de lui.
38 Et ses mouchettes et ses vases à cendre seront d'or pur.
39 On le fera, avec tous ces ustensiles, d'un talent d'or pur.
40 Regarde, et fais selon le modèle qui t'en est montré sur la montagne.
|
|
Des lampes sont allumées dans un lieu obscur, le chandelier éclairant "vis-à-vis de lui", là où sont disposés les douze pains
(40:24).
Et cette lumière est portée par "Celui qui veille". L’amandier, évoqué par les calices, les boutons et les fleurs est appelé aussi
"l’arbre veilleur" ou "vigilant", le premier arbre qui fleurit en Terre d’Israël ! Sa fleur paraît avant que les feuilles
ne se déploient. Lorsque, jeune encore, Jérémie méditait en chemin, il vit un bâton et répondit à Dieu : "Je vois un bâton d’amandier".
Il discerna l’amandier, l’arbre qui veille. Et Dieu confirme : "Tu as bien vu ; car je veille sur ma parole pour l'accomplir"
(Jérémie 1:12).
Le premier acte conduisant à cet accomplissement est de faire paraître la lumière, ainsi que nous le lisons au récit des commencements :
"Et Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut"
(Genèse 1:3).
Cette lumière brillera continuellement, comme nous le lisons plus loin (Lévitique 24:3), les lampes étant commises aux soins d’Aaron, le grand prêtre chargé d’y veiller matin et soir. Nous remarquerons que le grand prêtre évoque un service particulier distinct de la fonction sacerdotale, et représente en figure une réalité qui n’est pas dépendante de l’homme*. |
|
* "Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement
auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait.
En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l'ont pas comprise."
(Jean 1:1-5).
|
|
L’Israélite sait, dès ce temps, que la lumière de Dieu est portée sur lui, et cette conviction de foi est chantée par les fidèles,
tant la réalité leur est chère : "Car par devers toi est la source de la vie, en ta lumière nous verrons la lumière"
(Psaume 36:9).
Nous pouvons citer le Livre des Psaumes en bien des pages : la joie éprouvée dans la lumière
(27:1,
89:1,
118:27),
l’appel à être dans la lumière
(43:3,
67:1),
la confiance en cette lumière qui paraît pour les justes
(97:11,
112:4).
l’engagement à marcher dans cette lumière
(119:105).
Nul ne se trouve ici devant une révélation surprenante. Qui ne connaît la signification de "la lumière"? Mais souvenons-nous que
les peuples sont asservis à des puissances ténébreuses tandis que la foi se réjouit dans la réception de cette lumière bienfaisante et
porteuse de vie. Elle est la Parole de Dieu qui pénètre le cœur et l’esprit de Sa pensée. Aussi lisons-nous la parole prophétique
prononcée six siècles avant notre ère : "le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; ceux qui habitaient
dans le pays de l'ombre de la mort,... la lumière a resplendi sur eux !"
(Ésaïe 9:2).
Zacharie, prophète d’après l’exil, lors de l’édification du second Temple, reçoit la vision du chandelier et prononce ces paroles : "Je vois, et voici un chandelier tout d'or, et une coupe à son sommet ; et ses sept lampes sur lui ; sept lampes et sept conduits pour les lampes qui sont à son sommet" (Zacharie 4:2) évoquant ainsi la provenance céleste de l’huile qui alimente les sept lampes* dont la lumière porte sur les pains de proposition. |
|
* Jean poursuit dans cette pensée en évoquant les sept esprits de Dieu
(Apocalypse 1:4,
3:1,
4:5,
5:6).
|
|
Hormis les prêtres, nul parmi les Israélites ne sera invité à visiter le Tabernacle et considérer ces pièces de mobilier dont il vient
d’être parlé, cela leur est interdit, mais cependant chacun peut prendre connaissance de leur existence, et penser à la signification
de ces symboles.
Chaque homme de foi est ainsi porteur d’un message essentiel touchant la pensée divine, la création de l’humanité associée au projet de la grâce et l’Alliance conclue pour l’homme. Le sang répandu sur le Propitiatoire lui garantit que le prix de son rachat est payé. Et cette rédemption est au bénéfice de chacun de ceux qui adhèrent à la parole de Dieu révélée, à sa pensée, à sa Loi, ainsi que nous discernons les deux Tables dans l’Arche de l’Alliance*. Et l’image du repos de Dieu, le septième jour, est lue ainsi comme celle d’un repos à venir lorsque l’homme selon Dieu sera pleinement accompli. Le travail primordial de Dieu est d’apporter sa Lumière, comme l’indique le Chandelier qui brûle sans cesse du matin jusqu’au soir, et du soir jusqu’au matin. |
|
* "Mais maintenant, sans loi, la justice de Dieu est manifestée, témoignage lui étant rendu par la loi et par les prophètes, la justice, dis-je, de Dieu
par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient ; car il n'y a pas de différence, car tous ont péché et n'atteignent pas à la gloire de Dieu,
étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le christ Jésus…"
(Romains 3:21-25).
|
|
Ce lieu est appelé "Tente de la Rencontre", évoquant ainsi pour le fidèle un grand sujet de bonheur. Ce Dieu si grand, habitant
au-delà des cieux des cieux, pour reprendre l’expression sémitique
(1 Rois 8:27),
désire approcher l’homme de Lui-même, et fixe un lieu tout empli de symboles afin qu’il n’oublie pas cette bonté divine. Dieu y établira
des rencontres solennelles qui seront empreints de joie dans la mémoire de sa miséricorde.
Les dimensions de cette tente, sont relativement modestes, trente coudées sur douze, soit environ quatorze mètres sur cinq et demi, pour près de cinq mètres de haut. La présentation peut surprendre, les tapis étant cités en premier, dans l’ordre suivant lequel ils seront posés, avant qu’il ne soit question de ce qui les supporte et en forme la structure du Tabernacle. |
|
Le prêtre levant les yeux en pénétrant dans le Tabernacle peut considérer un tapis particulièrement soigné, comme nous pouvons le voir par
la mention du "fin lin, en fils retours", soient des fils doublement torsadés, et ainsi particulièrement solides. Le tapis est
un tissage de ces fils de lins retors avec des fils de bleu, de pourpre et d’écarlate sur lequel sont brodés des chérubins en fil d’or.
|
|
26
1 Et tu feras le tabernacle de dix tapis de fin lin retors, et de bleu, et de pourpre, et d'écarlate ; tu les feras avec des chérubins, un ouvrage d'art.
2 La longueur d'un tapis sera de vingt-huit coudées, et la largeur d'un tapis de quatre coudées : une même mesure pour tous les tapis.
3 Cinq tapis seront joints l'un à l'autre, et cinq tapis seront joints l'un à l'autre.
4 Et tu feras des ganses de bleu sur le bord d'un tapis, à l'extrémité de l'assemblage ; et tu feras de même au bord du tapis qui sera à l'extrémité dans le second assemblage.
5 Tu feras cinquante ganses à un tapis, et tu feras cinquante ganses à l'extrémité du tapis qui est dans le second assemblage, les ganses seront vis-à-vis l'une de l'autre.
6 Et tu feras cinquante agrafes d'or, et tu joindras les tapis l'un à l'autre par les agrafes, et ce sera un seul tabernacle.
|
|
Rassembler les matériaux, filer, tisser, coudre ensemble ces longs tapis de plus de douze mètres pour en faire deux tapis de plus de cent dix mètres
carrés et enfin confectionner les ganses pour agrafer ces deux tapis ensemble…
Ce tapis bien visible dans le Tabernacle pourra rappeler au prêtre la solennité des lieux, leur pureté avant tout, dans ce lin d’une grande blancheur. Le bleu pourra évoquer pour lui le ciel, centre de l’Alliance ; le pourpre, l’autorité de Dieu, comme il est de coutume de revêtir de pourpre les homme puissants (Juges 8:26, Daniel 5:7, 29) ; l’écarlate, enfin, est régulièrement associée à la gloire (2 Samuel 1:24, Proverbes 31:21, Jérémie 4:30). Nous lisons plus loin dans le Livre : "Et toute femme habile fila de sa main, et apporta ce qu'elle avait filé : le bleu, et la pourpre, et l'écarlate, et le fin lin." (35:25). Le texte de l’Exode souligne ainsi de diverses manières l’engagement des hommes et de femmes en vue de l’édification du Lieu de la Rencontre. Un engagement personnel ! |
| Le tapis de poil de chèvre |
|
La suite est remarquable par le travail ardu que représente la confection d’un tapis de poil de chèvres. Le matériau est bien plus rude que
les fibres végétales du tapis de lin, et nous pouvons voir l’engagement de cœur pour le confectionner : "Et toutes les femmes habiles que
leur cœur y porta filèrent du poil de chèvre."
(35:26).
Le tapis de poil est par excellence le vêtement du prophète (2 Rois 1:8), dont la mission essentielle est de communiquer ou rappeler la pensée de Dieu. Il est donc un instrument dans la main du Seigneur pour engager à une plus grande fidélité à Dieu. Le tapis de poil de chèvre, ici, souligne bien la sainteté du Lieu qu’il couvre, séparé du monde au sein duquel il se trouve. Comme pour le tapis du tabernacle, il s’agit de longs tapis, un peu plus longs afin d’assurer une bonne couverture au premier, deux ensembles joints alors par des agrafes de bronze. |
|
7 Et tu feras des tapis de poil de chèvre pour une tente qui sera par-dessus le tabernacle ; tu feras onze de ces tapis ;
8 la longueur d'un tapis sera de trente coudées, et la largeur d'un tapis de quatre coudées : une même mesure pour les onze tapis.
9 Et tu joindras cinq tapis à part, et six tapis à part ; et tu replieras le sixième tapis sur le devant de la tente.
10 Et tu feras cinquante ganses sur le bord du tapis qui sera à l'extrémité de l'assemblage, et cinquante ganses sur le bord du tapis du second assemblage.
11 Et tu feras cinquante agrafes de bronze, et tu feras entrer les agrafes dans les ganses ; et tu assembleras la tente, et elle sera une.
12 Et ce qui pend, le surplus des tapis de la tente, la moitié du tapis, savoir le surplus, pendra sur le derrière du tabernacle ;
13 et la coudée deçà, et la coudée delà, qui est de surplus dans la longueur des tapis de la tente, pendront sur les côtés du tabernacle, deçà et delà, pour le couvrir.
|
|
Le replis à l’entrée de la tente sera la seule part visible du tapis, mais bien en place pour rappeler la sainteté du lieu à quiconque
s’en approche. Quant aux agrafes, elles sont de bronze, matériau de l’autel des sacrifices, un signe pour les prêtres entrant dans le Lieu saint.
|
| Les couvertures de peaux |
|
Deux couvertures de peaux seront posées sur l’ensemble. Nous pouvons nous interroger sur le sens que pouvait avoir cette couverture de peaux
de béliers "teintes en rouge". Pas de sacrifice, nul sang ne coule – sinon le sang lui-même eût pu être utilisé pour la teinture des peaux.
|
|
14 Et tu feras pour la tente une couverture de peaux de béliers teintes en rouge, et une couverture de peaux de tahach par-dessus.
|
|
Les peaux étaient là, disponibles, et les hommes qui en disposaient les apportèrent déjà teintées de rouge
(35:23).
Ceci nous conduit à cette scène majeure de la "Ligature d’Isaac". Lorsqu’Abraham montait à Morija, son fils lui demanda :
"Où est l’agneau pour l’holocauste ?" Et le père lui répondit, dans la foi qui sublimait son angoisse :
"Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste." La suite nous fait voir Abraham écoutant Dieu et prenant,
comme de Ses mains, le bélier du sacrifice
(Genèse 22:7-13).
Le sacrifice a été offert et nul autre n’est à offrir pour la confection de la Tente de la Rencontre.
La seconde couverture est en peau de "tahack" ! Nulle traduction n’est satisfaisante à cet endroit, c’est pourquoi nous maintenons le terme hébreu*. De cette peau, il en sera fait usage pour envelopper les objets du sanctuaire lors des pérégrinations dans le désert, des housses de cuir souple donc (Nombres 4:6...). Nous en trouvons une autre acception dans le Livre du prophète Ézéchiel, lorsqu’il y est évoqué les soins de Dieu pour son peuple sortant d’Égypte, blessé par les années d’esclavage. Il y est question d’une parure de vêtements fins et des chaussures de "tahack"… (Ézéchiel 16:10). Un cuir fin et précieux donc couvrait le Tabernacle, housse protectrice appliquée à des biens particulièrement précieux. |
|
* Diverses traductions sont proposées, les unes proposent des peaux de taissons, autrement dit de blaireaux, d’autres évoquent
des peaux de dauphins, d’autres encore évoquent simplement du cuir fin… Mais sans même pouvoir affirmer qu’il s’agit d’un animal,
le "tahack" n’est pas connu…
|
|
De grandes planches devaient être dressées ; elles formeront trois parois, le Tabernacle s’ouvrant alors sur toute sa largeur du côté de l’Orient.
Ces planches, les "ais", sont bien assujetties les unes aux autres par des traverses courant tout au long des trois parois,
et des anneaux aux coins de l’édifice. Toutes sont plaquées d’or ! Chaque planche, posée en hauteur, mesure près de cinq mètres de haut sur
une largeur de quelque soixante-cinq centimètres. Elles sont dressées sur des socles d’argent…
|
|
15 Et tu feras les ais pour le tabernacle ; ils seront de bois de sittim, placés debout ;
16 la longueur d'un ais sera de dix coudées, et la largeur d'un ais d'une coudée et demie.
17 Il y aura deux tenons à un ais, en façon d'échelons, l'un répondant à l'autre ; tu feras de même pour tous les ais du tabernacle.
18 Et tu feras les ais pour le tabernacle, vingt ais pour le côté du midi vers le sud ;
19 et tu feras quarante bases d'argent sous les vingt ais, deux bases sous un ais pour ses deux tenons et deux bases sous un ais pour ses deux tenons ;
20 et pour l'autre côté du tabernacle, du côté du nord, vingt ais,
21 et leurs quarante bases d'argent, deux bases sous un ais, et deux bases sous un ais.
22 Et pour le fond du tabernacle, vers l'occident, tu feras six ais.
23 Et tu feras deux ais pour les angles du tabernacle, au fond ;
24 ils seront joints par le bas et parfaitement unis ensemble par le haut dans un anneau ; il en sera de même pour les deux ; ils seront aux deux angles.
25 Et il y aura huit ais, et leurs bases d'argent : seize bases, deux bases sous un ais, et deux bases sous un ais.
26 Et tu feras des traverses de bois de sittim, cinq pour les ais d'un côté du tabernacle,
27 et cinq traverses pour les ais de l'autre côté du tabernacle, et cinq traverses pour les ais du côté du tabernacle, pour le fond, vers l'occident ;
28 et la traverse du milieu sera au milieu des ais courant d'un bout à l'autre.
29 Et tu plaqueras d'or les ais, et tu feras d'or leurs anneaux qui recevront les traverses et tu plaqueras d'or les traverses.
30 Et tu dresseras le tabernacle selon son ordonnance qui t'a été montrée sur la montagne.
|
|
Que voyait le prêtre entrant dans l’édifice ? Le bois de sittim est entièrement recouvert* !
Les parois d’or posées sur les socles d’argent,
un ensemble bien assujetti, une construction solide… Le livre précise bien la provenance de cet argent qui servit aux socles sous les ais du
Tabernacle. Il ne s’agit pas ici de l’argent apporté librement, mais du prix du rachat dont il sera parlé plus loin.
Chaque Israélite devra apporter un demi shekel lors du dénombrement, et il est dit de la somme rapportée : "Et l'argent de ceux de l'assemblée
qui furent dénombrés fut de cent talents et mille sept cent soixante-quinze sicles, selon le sicle du sanctuaire… Et les cent talents d'argent
étaient pour fondre les bases du lieu saint, et les bases du voile, cent bases pour les cent talents, un talent par base"
(38:25-27).
|
|
* "Le père dit à ses esclaves : Apportez dehors la plus belle robe, et l'en revêtez ; et mettez un anneau à sa main
et des sandales à ses pieds…"
(Luc 15:22).
|
|
Ainsi, chaque Israélite pouvait faire le lien entre les bases des ais du Tabernacle et le demi shekel qu’il a payé pour lui-même, ceci pour lui
indiquer que les rachetés de Dieu, figurés par les ais dressées et unis ensemble, sont introduits dans sa présence sur la base de la rédemption.
La vision du Propitiatoire d’or couvrant l’arche montrait le côté de Dieu, le don gratuit, comme Abraham l’avait pressenti lorsqu’il répondait à Isaac touchant le sacrifice (Genèse 22:8), tandis que l’argent du dénombrement indique le côté de l’homme qui accepte la nécessité du rachat (Psaume 49:8). |
|
Ici nous comprenons ce montage du tapis de fin lin constituant le Tabernacle : aux agrafes liant les deux parties sont attachés les crochets
du voile qui sépare le "Lieu saint" du "Lieu très saint", isolant ainsi l’Arche du Témoignage et le Propitiatoire placé dessus.
|
|
31 Et tu feras un voile de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors ; on le fera d'ouvrage d'art, avec des chérubins ;
32 et tu le mettras sur quatre piliers de bois de sittim, plaqués d'or, et leurs crochets seront d'or ; ils seront sur quatre bases d'argent.
33 Et tu mettras le voile au-dessous des agrafes, et tu mettras là, au dedans du voile, l'arche du témoignage ; et le voile fera séparation pour vous entre le lieu saint et le lieu très-saint.
34 Et tu mettras le propitiatoire sur l'arche du témoignage, dans le lieu très-saint.
|
|
Tout est harmonie en ce lieu. Regardant en haut ou regardant devant lui, le prêtre entrant dans le Tabernacle a la vision du même voile exprimant
la pureté du lieu tout en évoquant le caractère céleste, la puissance et la gloire du Dieu trois fois saint que ces lieux ne peuvent contenir.
Et il lui est aussi rappelé l’interdit qui demeure, à savoir l’incapacité d’entrer dans ce lieu de délices fermé gardé par les chérubins, selon
ce signe donné dans la parabole du Jardin d’Eden
(Genèse 3:23-24).
Les quatre piliers de bois de sittim rappellent les ais du Tabernacle,
également posés sur des bases d’argent, évocation du dénombrement annonçant le rachat, la rédemption.
Dieu est connu dans sa miséricorde par l’Alliance scellée après la délivrance de l’Égypte, et cette délivrance même annonce un avenir plus heureux encore, célébré dans tant de Psaumes, celui de l’entrée dans la présence de Dieu (15:1, 43:3, 46:4, 84:1). Chaque année, le grand prêtre pénètre dans le Lieu très saint, au-delà du voile, et célèbre cérémoniellement le pardon de Dieu et son agréation auprès de Lui, mais le voile ne pouvait subsister à toujours*, le racheté étant appelé à "entrer dans le repos de Dieu" (Deutéronome 12:9, Psaume 133 et 134). |
|
* "Et le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas."
(Marc 15:38).
"Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu'il nous a
consacré à travers le voile, c'est-à-dire sa chair, et ayant un grand prêtre établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur vrai,
en pleine assurance de foi, ayant les cœurs par aspersion purifiés d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'eau pure."
(Hébreux 10:19-22).
|
|
Telle est ainsi l’attente constante du fidèle de ce temps, celle de la rédemption annoncée par l’Alliance, apportée par Celui qui est mis à part
en payer le prix. Et de Celui-là il sera dit : "Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint
d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons. Tous tes vêtements sont myrrhe, aloès, et casse…"
(Psaume 45:7-8).
|
|
La Table des pains et le Chandelier sont placés alors devant le voile de séparation, et vient enfin le voile à l’entrée du sanctuaire et ses
cinq colonnes.
|
|
35 Et tu placeras la table en dehors du voile, et le chandelier vis-à-vis de la table, sur le côté du tabernacle qui est vers le sud, et tu mettras la table sur le côté nord.
36 Et tu feras pour l'entrée de la tente un rideau de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors, en ouvrage de brodeur ;
37 et tu feras pour le rideau cinq piliers de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or, et leurs crochets seront d'or ; et tu fondras pour eux cinq bases de bronze.
|
|
Ici, plus de chérubins, nul interdit car le prêtre y rentre régulièrement pour accomplir le service sacerdotal. Mais nous y trouvons des bases
de bronze en raison de la responsabilité morale de l’homme qui pénètre en ces lieux.
|
|
Contrairement au visiteur qui aborde le Tabernacle en y pénétrant par le Parvis, le lecteur est introduit dès l’abord dans le Lieu très saint.
Là, l’Arche et le Propitiatoire communiquent dès l’abord la pensée de Dieu lorsqu’il fondait les mondes et créait l’humanité.
Ensuite, le lecteur est conduit dans le Lieu saint et rendu conscient de l’attention de Dieu sur les hommes, par la mention des douze pains,
un pour chaque tribu d’Israël, et de la Lumière permettant à l’homme, dans le lieu ténébreux où il se trouve, d’entrer dans le plan divin
le concernant. Ce n’est qu’alors que le lecteur est conduit sur le Parvis, lieu privilégié où le premier regard se porte sur l’autel des
sacrifices, l’autel de bronze…
|
|
La structure est en bois de sittim dont nous pourrions penser qu’il brûlerait au contact du feu de l’autel, mais le plaquage de bronze
est tel qu’il n’en est rien. Bien vite il portera le nom d’autel de bronze
(38:30).
Le bronze est un alliage de cuivre et d’étain particulièrement solide connu dès la plus haute antiquité dans cette région du monde.
L’autel est un édifice imposant. Quatre planches de plus de deux mètres de long en forment le cadre au milieu duquel est disposée une grille de bronze. En hauteur, il atteint près d’un mètre quarante, tandis que la grille est disposée à mi-hauteur. De quoi faire brûler un bœuf entier… En quelques mots l’autel est décrit, la structure, les cornes pour attacher les sacrifices (Psaume 118:27), les ustensiles de bronze pour le service, les anneaux afin d’y placer les barres pour le transport… |
|
27
1 Et tu feras l'autel de bois de sittim : il aura cinq coudées de long, et cinq coudées de large ; l'autel sera carré, et sa hauteur sera de trois coudées.
2 Et tu feras ses cornes à ses quatre coins ; ses cornes seront tirées de lui ; et tu le plaqueras de bronze.
3 Et tu feras ses vases à cendre, et ses pelles, et ses bassins, et ses fourchettes, et ses brasiers ; tous ses ustensiles, tu les feras de bronze.
4 Et tu lui feras une grille en ouvrage de treillis, de bronze ; et tu feras au treillis quatre anneaux de bronze, à ses quatre bouts ;
5 et tu le mettras au-dessous du contour de l'autel, en bas, et le treillis ira jusqu'au milieu de l'autel.
6 Et tu feras des barres pour l'autel, des barres de bois de sittim, et tu les plaqueras de bronze.
7 Et on fera entrer ses barres dans les anneaux ; et les barres seront aux deux côtés de l'autel, pour le porter.
8 Tu le feras creux, avec des planches, comme il t'a été montré sur la montagne ; on le fera ainsi.
|
|
Nous arrivons ainsi devant cette réalité de la justice de Dieu qui doit être rencontrée. Le Livre du Lévitique décrit les différents sacrifices
offerts sur l’autel parmi lesquels plusieurs répondent à des cycles de la vie d’Israël, l’holocauste du matin et du soir, l’offrande du shabbat,
les sacrifices de la nouvelle lune, et fêtes solennelles. Il nous montre ainsi comment s’organise autour de l’autel l’expression de l’attachement
à Dieu. Ces actes cérémoniels sont institués pour que les Israélites se souviennent de Dieu et que la louange soit soutenue ainsi par des actes
concrets et signifiants. Des Israélites le comprenaient bien, ainsi que nous pouvons lire : "Mangerais-je la chair des gros taureaux,
et boirais-je le sang des boucs ? Sacrifie à Dieu la louange, et acquitte tes vœux envers le Très-haut"
(Psaume 50:13-14).
|
|
* "Mais Christ étant venu, souverain prêtre des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n'est pas fait de main,
c'est-à-dire qui n'est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré
une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle."
(Hébreux 9:11-12).
|
|
La réconciliation d’Israël, et de tout homme, est établie par le sang de l’Agneau*,
et rappelée chaque année par le cérémonial de la fête du Grand Pardon, lorsque le grand prêtre porte le sang sur le saint Propitiatoire.
Mais il y avait chaque jour des sacrifices offerts, et ainsi une démarche de l’homme pour se souvenir de la miséricorde de Dieu
et de la grâce de l’Alliance. Ainsi, l’autel est au centre de la conscience de l’Alliance, et donc au cœur de la Rencontre
de l’homme avec Dieu. Ceci étant établi, le Lieu de la Rencontre peut être décrit,
le Parvis dans lequel l’adorateur se présente ayant à l’esprit une rencontre avec Dieu lui-même.
|
|
Le Parvis constitue une enceinte relativement importante, près de cinquante mètres sur vingt-cinq, pour accueillir, c’est la fonction essentielle,
mais aussi par le fait qu’il est fermé, marquant ainsi que s’approcher de Dieu n’est pas une activité profane. L’entrée, tournée vers l’Orient,
est large, près de dix mètres, mais il y a un voile en guise de porte…
|
|
9 Et tu feras le parvis du tabernacle : pour le côté du midi vers le sud, des tentures de fin lin retors pour le parvis, de cent coudées en longueur pour un côté,
10 et ses vingt piliers, et leurs vingt bases de bronze ; les crochets des piliers et leurs tringles d'attache seront en argent.
11 Et de même pour le côté du nord, dans la longueur, tu feras des tentures de cent coudées en longueur, et ses vingt piliers, et leurs vingt bases de bronze ; les crochets des piliers et leurs tringles d'attache seront en argent.
12 Et pour la largeur du parvis du côté de l'occident, tu feras cinquante coudées de tentures, leurs dix piliers et leurs dix bases.
13 Et la largeur du parvis du côté de l'orient, vers le levant, sera de cinquante coudées :
14 tu feras, pour l'un des côtés, quinze coudées de tentures, leurs trois piliers et leurs trois bases,
15 et pour l'autre côté, quinze coudées de tentures, leurs trois piliers et leurs trois bases,
16 et pour la porte du parvis, un rideau de vingt coudées, de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors, en ouvrage de brodeur, ses quatre piliers et leurs quatre bases.
17 Tous les piliers du parvis, à l'entour, auront des tringles d'attache en argent, leurs crochets, d'argent, et leurs bases, de bronze.
18 La longueur du parvis sera de cent coudées, et la largeur de cinquante tout le long, et la hauteur de cinq coudées, en fin lin retors ; et les bases des piliers seront de bronze.
19 Tous les ustensiles du tabernacle, pour tout son service, et tous ses pieux, et tous les pieux du parvis, seront de bronze.
|
|
Une large toile de lin portée par plus de cinquante piliers cerne l’enceinte. Et celle-ci aussi porte les symboles de la sainteté du lieu.
Les piliers posés sur leur socle de bronze rappelant l’autel. Mais en plus, ils sont nantis du symbole de l’entrée des Israélites dans l’Alliance,
l’argent du dénombrement utilisé pour les crochets et les tringles : "Et des mille sept cent soixante-quinze shekels on fit les crochets des
piliers, et on plaqua leurs chapiteaux, et on les joignit par les tringles"
(38:28).
L’entré maintenant ! L’adorateur fait les premiers pas dans le Parvis en passant le voile dont la composition est celle même du voile du Tabernacle, et sa composition de lin fin, de bleu, de pourpre et d’écarlate lui rappellera la pureté du lieu, et aussi la grandeur de l’Alliance établie de Dieu, qui le place dans une sphère de puissance et de gloire, celle du Seigneur. |
|
La présentation de la Tente de la Rencontre déploie les caractères de l’Alliance de Dieu, et révèle Dieu lui-même et son dessein d’introduire
l’homme dans son repos. Ceci nécessite une dernière mention, sans laquelle manquerait un élément essentiel : la lumière doit briller sans discontinuer…
|
|
20 Et toi, tu commanderas aux fils d'Israël, et ils t'apporteront de l'huile d'olive pure, broyée, pour le luminaire, pour faire luire les lampes continuellement.
21 Aaron et ses fils les arrangeront devant l'Éternel, depuis le soir jusqu'au matin, dans la tente d'assignation, en dehors du voile qui est devant le témoignage. Ce sera de la part des fils d'Israël un statut perpétuel, en leurs générations.
|
|
Le Lieu de la Rencontre est décrit pour nous révéler le Plan divin pour l’homme. Dieu en a chargé un peuple qu’Il a choisi, pour qu’il y ait
un témoignage visible. Sophonie, sentant venir le désastre de la destruction du Temple et de l’exil à Babylone, affirmera que ce travail de
Dieu ne s’arrêtera pas, ni à Jérusalem, ni à Babylone, ni partout au monde, tant qu’Il n’aura introduit l’homme dans le repos, le repos d’une
création arrivée au terme de son élaboration : "L'Éternel, ton Dieu, au milieu de toi, est puissant ; il sauvera ; il se réjouira avec joie
à ton sujet : il se reposera dans son amour, il s'égayera en toi avec chant de triomphe"
(Sophonie 3:17).
Ainsi, les fils d’Israël, chargés du témoignage de Dieu, ne pourront interrompre l’approvisionnement en huile d’olive pure ; et les prêtres auront à veiller sur le Chandelier afin que la lumière brille sans discontinuer dans le sanctuaire. Car c’est sans discontinuer que Dieu fait briller sa lumière sur les hommes pour les amener à Lui*. L’huile pure, les canaux pour l’huile soigneusement nettoyés avec les ustensiles appropriés… La communication de la Parole de Dieu, le rayonnement de sa Lumière n’est pas laissée à l’invention des hommes. "Toutes les choses que je vous commande, vous prendrez garde à les pratiquer. Tu n'y ajouteras rien, et tu n'en retrancheras rien" (Deutéronome 12:32). |
|
* "Jésus leur répondit : Mon Père travaille jusqu'à maintenant, et moi je travaille."
(Jean 5:17).
|
|
Les symboles de l’Alliance sont ainsi posés. La lumière de Dieu brille sur les ténèbres, un lieu de rencontre avec Dieu est établi, le regard
de Dieu posé sur les hommes est confirmé, et il se trouve, au-delà du voile, dans le Lieu très saint, un symbole majeur du plan de la miséricorde :
l’Arche du Témoignage couverte du Propitiatoire.
Comment l’homme pourra-t-il entrer dans la réalité de cette part glorieuse qu’il n’a pas méritée par lui-même, mais qui lui est donnée ? Qui pourra être garant de son acceptation auprès de Dieu ? Qu’est-ce qui pourra le convaincre de s’avancer sans crainte ? C’est ici qu’intervient la fonction sacerdotale, le service des prêtres. D’un côté le grand prêtre assure l’adorateur de la volonté de Dieu de l’introduire dans sa paix, l’engageant à s’approcher sans crainte, vêtu d’une symbolique éloquente rappelant la réalité de l’amour de Dieu. De l’autre côté, la famille sacerdotale, les prêtres mis à part pour assister l’adorateur dans sa démarche de foi et faire se souvenir sans cesse de l’Alliance établie. La pratique pourra certes passer de la ferveur, exprimée dans le cadre de cette symbolique, à une liturgie sans vie, ceci est bien réel, mais cependant les gestes seront toujours un rappel propre à raviver la foi d’un adorateur sincère. |
|
Ainsi que nous le verrons tout au long de ces pages, nous sommes placés devant deux volets distincts. En considérant les vêtements du grand prêtre,
vêtements "pour gloire et pour ornement", nous sommes placés devant les caractères d’un service particulier dont parle la symbolique si riche
du vêtement. De l’autre côté, de simples tuniques sont confectionnés pour les prêtres. Et dans ce cadre, nous voyons Aaron cité à nouveau,
car hormis les actes propres du grand prêtre, celui-ci, à titre personnel, exerce la fonction commune aux prêtres.
|
|
28
1 Et toi, fais approcher de toi Aaron, ton frère, et ses fils avec lui, du milieu des fils d'Israël, pour exercer la fonction sacerdotale devant moi Aaron, Nadab et Abihu, Éléazar et Ithamar, fils d'Aaron.
2 Et tu feras de saints vêtements à Aaron, ton frère, pour gloire et pour ornement.
3 Et toi, tu parleras à tous les hommes intelligents que j'ai remplis de l'esprit de sagesse, et ils feront les vêtements d'Aaron pour le sanctifier, afin qu'il exerce la fonction sacerdotale devant moi.
4 Et ce sont ici les vêtements qu'ils feront : un pectoral, et un éphod, et une robe, et une tunique brodée, une tiare, et une ceinture ; et ils feront les saints vêtements pour Aaron, ton frère, et pour ses fils, afin qu'ils exercent la fonction sacerdotale devant moi.
|
|
Le grand prêtre portant ses vêtements de gloire exerce un service pour le peuple, symbole de la réalité de l’Alliance, l’exerçant de la part de Celui
qui est au Ciel. Son service est donc particulier, et ces vêtements de gloire ne sont pas portés en tout temps. Nous pouvons le voir notamment lors
de la célébration de Yom Kippour, Jour du Grand Pardon, où, au cours de la célébration, le grand prêtre change de vêtements : "Et Aaron rentrera
à la tente d'assignation, et quittera les vêtements de lin dont il s'était vêtu quand il était entré dans le lieu saint, et les déposera là"
(Lévitique 16:23).
Nous pouvons lire qu’en ce jour, le grand prêtre entrait dans le Lieu très saint et répandait le sang du sacrifice sur le Propitiatoire et devant lui ; c’était le seul jour de l’année où ce Lieu était visité, expression d’un acte unique dans l’histoire de l’humanité. Et cet acte unique est le fondement en justice de la miséricorde de Dieu. En Israël, chaque année les fautes du peuple étaient couvertes, et une nouvelle année pouvait ainsi commencer. Ces considérations nous donnent à comprendre que la famille sacerdotale avait un double rôle, l’un rempli par le grand prêtre, pour le peuple et devant Dieu, l’autre, assumé par les prêtres, assistant le peuple dans le service de l’adoration. |
|
Une tunique, vêtement léger porté par-dessous, une robe toute de bleu et par-dessus le vêtement sacerdotal lui-même, l’éphod auquel était
assujetti le pectoral ; ces riches survêtements nantis des symboles constituent la parure sacerdotale par excellence.
Ainsi vêtu, le grand prêtre se parait de la tiare sur laquelle était fixée la lame d’or gravée de cette mention "Sainteté à l’Éternel".
|
| L’éphod |
|
Nous retrouvons ici le tissu du Tabernacle, cette toile de lin fin, de bleu, de pourpre et d’écarlate illustrant la puissance et la gloire de Dieu,
et il s’y ajoute même du fil d’or. Un vêtement tout en harmonie avec le lieu où il se porte. Et les pièces de ce lourd tissu sont assemblées
par des épaulières, et maintenues au corps par une ceinture assortie.
|
|
5 Et ils prendront de l'or, et du bleu, et de la pourpre, et de l'écarlate, et du fin lin ;
6 et ils feront l'éphod, d'or, de bleu, de pourpre, d'écarlate et de fin lin retors, en ouvrage d'art.
7 Il aura, à ses deux bouts, deux épaulières pour l'assembler ; il sera ainsi joint.
8 Et la ceinture de son éphod, qui sera par-dessus, sera du même travail, de la même matière, d'or, de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors.
9 Et tu prendras deux pierres d'onyx, et tu graveras sur elles les noms des fils d'Israël :
10 six de leurs noms sur une pierre, et les six noms restants sur la seconde pierre, selon leur naissance.
11 Tu graveras, en ouvrage de lapidaire, en gravure de cachet, les deux pierres, d'après les noms des fils d'Israël ; tu les feras enchâsser dans des chatons d'or.
12 Et tu mettras les deux pierres sur les épaulières de l'éphod, comme pierres de mémorial pour les fils d'Israël ; et Aaron portera leurs noms devant l'Éternel, sur ses deux épaules, en mémorial.
13 Et tu feras des chatons d'or, 14 et deux chaînettes d'or pur, à bouts ; tu les feras en ouvrage de torsade ; et tu attacheras les chaînettes en torsade aux chatons.
|
|
Nous devons nous arrêter sur ces épaulières nanties chacune d’une pierre d’onyx, des pierres couleur de chair gravées des noms des douze tribus
d’Israël. Comme une gravure dans la chair ! Le Livre d’Ésaïe exprime ainsi l’attachement du Seigneur à son peuple, symbolisé par Jérusalem :
"Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, pour ne pas avoir compassion du fruit de son ventre ? Même celles-là oublieront ; ... mais moi,
je ne t'oublierai pas. Voici, je t'ai gravée sur les paumes de mes mains ; tes murs sont continuellement devant moi."
(Ésaïe 49:15-16).
Ainsi voyons-nous combien le Seigneur a porté son peuple, dans son amour pour lui : "Jusqu'à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu'aux
cheveux blanc, je vous porterai. Moi, je l'ai fait ; moi, je porterai, et moi, je chargerai sur moi, et je délivrerai."
(Ésaïe 46:4).
|
| Le pectoral |
|
Attaché à l’éphod, sur le cœur du grand prêtre, se trouve un petit carré du même tissus, bien attaché par des rubans en chaînette entre
les épaulières et la ceinture. Un carré, double, de quelque vingt-deux centimètres de côté.
|
|
15 Et tu feras le pectoral de jugement ; tu le feras en ouvrage d'art, comme l'ouvrage de l'éphod ; tu le feras d'or, de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, et de fin lin retors.
16 Il sera carré, double ; sa longueur sera d'un empan, et sa largeur d'un empan.
17 Et tu le garniras de pierres enchâssées, de quatre rangées de pierres : la première rangée, une sardoine, une topaze, et une émeraude ;
18 et la seconde rangée, une escarboucle, un saphir, et un diamant ;
19 et la troisième rangée, une opale, une agate, et une améthyste ;
20 et la quatrième rangée, un chrysolithe, un onyx et un jaspe ; elles seront enchâssées dans de l'or, dans leurs montures.
21 Et les pierres seront selon les noms des fils d'Israël, douze, selon leurs noms, en gravure de cachet, chacune selon son nom ; elles seront pour les douze tribus.
22 Et tu feras sur le pectoral des chaînettes à bouts, en ouvrage de torsade, d'or pur ; 23 et tu feras sur le pectoral deux anneaux d'or ; et tu mettras les deux anneaux aux deux bouts du pectoral ; 24 et tu mettras les deux torsades d'or dans les deux anneaux, aux bouts du pectoral ; 25 et tu mettras les deux bouts des deux torsades dans les deux chatons, et tu les mettras sur les épaulières de l'éphod, sur le devant. 26 Et tu feras deux anneaux d'or, et tu les placeras aux deux bouts du pectoral, sur son bord qui est contre l'éphod, en dedans. 27 Et tu feras deux anneaux d'or, et tu les mettras aux deux épaulières de l'éphod par en bas, sur le devant, juste à sa jointure au-dessus de la ceinture de l'éphod. 28 Et on attachera le pectoral par ses anneaux aux anneaux de l'éphod avec un cordon de bleu, afin qu'il soit au-dessus de la ceinture de l'éphod, et que le pectoral ne bouge pas de dessus l'éphod. 29 Et Aaron portera les noms des fils d'Israël au pectoral de jugement sur son cœur, lorsqu'il entrera dans le lieu saint, comme mémorial devant l'Éternel, continuellement. 30 Et tu mettras sur le pectoral de jugement les urim et les thummim, et ils seront sur le cœur d'Aaron, quand il entrera devant l'Éternel ; et Aaron portera le jugement des fils d'Israël sur son cœur, devant l'Éternel, continuellement. |
|
Douze pierres précieuses, des couleurs variées pouvant évoquer le prix distinct qu’ont pour Dieu chacune des tribus dont les noms sont gravés,
à moins que l’on ne désire y voir les grâces variées, les bénédictions que Dieu veut faire reposer sur les fils d’Israël*.
Ici encore, nous pouvons citer une parole remarquables qu’entendirent à Babylone les exilés d’Israël :
"Comme un berger il paîtra son troupeau ; par son bras il rassemblera les agneaux et les portera dans son sein ;
il conduira doucement celles qui allaitent"
(Ésaïe 40:11).
Comment penser, en lisant ces lignes, comme aussi le texte de l’Exode, que l’homme ait à faire à un Dieu dur et cruel, un Dieu sans cesse courroucé…
|
|
* Des commentateurs considèrent les pierres du pectoral dans leur succession en y mettant en valeur l’histoire de la grâce,
évoquant les pierres couleur du ciel, celles couleur de sang, la douceur du rétablissement vue dans l’émeraude verte,
la gloire exprimée par les pierres dorées…
|
|
Voici qui donne un relief particulier au nom que porte cette remarquable pièce de tissu : le "pectoral de jugement".
Apporter une appréciation juste aux circonstances vécues, voilà bien ce qu’évoquent les "Urim et Thummim", autrement dit
"Lumières et Perfections". Le mode pratique ne nous en est pas connu, pas d’avantage que leur composition, mais nous voyons cependant
leur usage, en particulier lorsqu’une question se pose en Israël. Par ces "Urim et Thummim", le grand prêtre est conduit à la connaissance
de la réponse à donner
(Nombre 27:21),
dans la conscience du regard de Dieu, et en reflet de sa bonté. Lorsqu’il sera question du remplacement
du grand prêtre, il se trouve une indication dans le testament spirituel de Moïse, lorsque ces paroles sont entendues :
"Et de Lévi il dit : Tes thummim et tes urim sont à l'homme de ta bonté…"
(Deutéronome 33:8).
Cette assertion nous donne d’entrer dans l’atmosphère que Dieu veut pour son peuple… que Dieu veut pour les hommes.
|
| La robe de bleu |
|
Sous l’éphod, une robe toute de bleu, car le grand prêtre fait symboliquement lien avec le Ciel. Il est comme celui qui vient du Ciel pour attester
de la part de Dieu les privilèges de l’Alliance.
|
|
31 Et tu feras la robe de l'éphod entièrement de bleu ;
32 et son ouverture pour la tête sera au milieu ; il y aura une bordure à son ouverture, tout autour, en ouvrage de tisserand ; elle l'aura comme l'ouverture d'une cotte de mailles : elle ne se déchirera pas.
33 Et tu feras sur ses bords des grenades de bleu, et de pourpre, et d'écarlate, sur ses bords, tout autour, et des clochettes d'or entre elles, tout autour :
34 une clochette d'or et une grenade, une clochette d'or et une grenade, sur les bords de la robe, tout autour.
35 Et Aaron en sera revêtu quand il fera le service ; et on en entendra le son quand il entrera dans le lieu saint, devant l'Éternel, et quand il en sortira, afin qu'il ne meure pas.
|
|
Le bord du vêtement est remarquable. Des clochettes et des grenades sont disposées tout autour, pour que l’on réalise la continuité du service
dans le sanctuaire, et que l’on ait conscience du fruit de ce service pour le bien de tout le peuple. Il y a tant de pourquoi pour le fidèle sur la
terre, et dans le silence tant de doutes s’insinuent dans l’âme… Aussi ce symbole contribue-t-il à garder à maintenir la confiance en Celui qui veille
sur son peuple, surtout lorsque les attentes sont longues…
|
| La lame d’or |
|
La distance entre le Créateur, le Dieu saint, et le peuple marqué par la faiblesse doit être rappelée. Un seul est saint !
|
|
36 Et tu feras une lame d'or pur, et tu graveras sur elle, en gravure de cachet : Sainteté à l'Éternel ;
37 et tu la poseras sur un cordon de bleu, et elle sera sur la tiare ;
38 elle sera sur le devant de la tiare : et elle sera sur le front d'Aaron ; et Aaron portera l'iniquité des choses saintes que les fils d'Israël auront sanctifiées, dans tous les dons de leurs choses saintes ; et elle sera sur son front continuellement, pour être agréée pour eux devant l'Éternel.
|
|
La lame d’or sur la tiare de fin lin, sur le front du grand prêtre souligne la sainteté de Dieu, le grand prêtre se portant en quelque sorte garant pour
le peuple marqué d’infirmité. Rappelons-nous, dans un tout autre contexte, du jeune Ésaïe lorsqu’il fut appelé à son service, et qu’il entendit ces paroles :
"Saint, saint, saint, est l'Éternel des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire !"
(Ésaïe 6:3).
C’est dans la réalisation de la sainteté de Dieu qu’il puisa sa force et sa ferveur ; c’est en appréciant l’infinie distance de son Dieu qu’il reçut
la charge de parler en Son Nom. Cette vision est un fondement de son service, et elle fut à son esprit tout au long de son ministère, comme le grand
prêtre porte sur son front "Sainteté à l’Éternel" lorsqu’il officie pour le peuple. Comme il en sera du service éternel
(Zacharie 14:20).
|
| La tiare et la tunique |
|
Rien de grandiose dans cette tiare, rien qu’un couvre-chef en lin qui parachève le vêtement, comme la tunique qu’il porte juste au corps. Rien toutefois
n’est laissé à l’appréciation de l’artisan. Il s’agit d’un travail soigné, en ouvrage de brodeur; tant le couvre-chef que la tunique et sa ceinture.
|
|
39 Et tu broderas la tunique de fin lin ; et tu feras la tiare de fin lin ; et tu feras la ceinture en ouvrage de brodeur.
|
|
La tête, le siège des pensées, ainsi couverte peut évoquer combien il serait peu conséquent d’accomplir des rites sans une réelle conscience
du sens des choses, comme il en est de cantiques chantés en ayant l’esprit ailleurs. Et dans ce service, le grand prêtre a la conscience
aiguisée par le port de la lame d’or "Sainteté à l’Éternel".
|
|
Ce vêtement de gloire particulièrement soigné, chargé de symboles, est porté par le seul grand prêtre, en des occasions particulières où il représente
le peuple devant Dieu, se portant en quelque sorte garant du maintient de l’Alliance*.
|
|
* "Celui-ci l'est devenu avec serment, par celui qui a dit de lui : «Le Seigneur a juré et ne se repentira pas :
Tu es sacrificateur pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédec»
(Psaume 110:4),
c'est d'une alliance d'autant meilleure que Jésus a été fait le garant."
(Hébreux 7:21-22).
|
|
Nous le voyons en particulier lors de la fête du Grand Pardon,
lorsqu’il pénètre pour la seule fois de l’année, dans le Lieu très saint afin d’y porter le sang sur le Propitiatoire, renouvellant en quelque sorte l’Alliance.
Il est vu alors comme le Médiateur* entre Dieu et le peuple.
A la fin de ce service particulier, il quitte ces vêtements de gloire pour se révêtir de la tenue des prêtres.
|
|
* "Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l'homme Christ Jésus."
(1 Timothée 2:5).
"Jésus, médiateur d'une nouvelle alliance."
(Hébreux 12:24).
|
|
Avec ce paragraphe, nous entrons dans une réflexion sur la manière dont l’homme s’approche de Dieu. Non pas dans un vêtement de gloire, mais une simple
tunique appropriée à la position de l’homme devant Dieu. Nous voyons ici la mention d’Aaron qui, comme nous l’avons vu, tout en exerçant un rôle particulier
en certaines célébrations, est au rang des prêtres pour le service commun du sacerdoce.
|
|
40 Et pour les fils d'Aaron tu feras des tuniques, et tu leur feras des ceintures, et tu leur feras des bonnets, pour gloire et pour ornement.
41 Et tu en revêtiras Aaron, ton frère, et ses fils avec lui ; et tu les oindras, et tu les consacreras, et tu les sanctifieras afin qu'ils exercent la fonction sacerdotale devant moi.
42 Et tu leur feras des caleçons de lin pour couvrir la nudité de leur chair ; ils iront des reins jusqu'aux cuisses.
43 Et ils seront sur Aaron et sur ses fils lorsqu'ils entreront dans la tente d'assignation ou lorsqu'ils s'approcheront de l'autel pour faire le service dans le lieu saint, afin qu'ils ne portent pas d'iniquité et ne meurent pas. C'est un statut perpétuel, pour lui et pour sa semence après lui.
|
|
Le vêtement est porté pour couvrir ! Un signe donné aux prêtres eux-mêmes, afin qu'ils veillent à ne pas apporter dans le sanctuaire ce qui vient de l’homme,
de son exaltation, de son imagination, de ses pensées, mais plutôt accomplissent leur service dans la conscience de la présence de Dieu, humblement et dans
la joie de se savoir sous son regard bienveillant*.
|
|
* "Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus,
par le chemin nouveau et vivant qu'il nous a consacré à travers le voile, c'est-à-dire sa chair,
et ayant un grand prêtre établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi,
ayant les cœurs par aspersion purifiés d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'eau pure."
(Hébreux 10:19-22).
|
|
Suffit-il d’un vêtement, si glorieux soit-il, pour exercer une charge, assumer un service devant Dieu ? Ce serait une méprise que le texte biblique ne
pouvait manquer de mettre en évidence. L’entrée dans le service sacerdotal, héritage de la famille d’Aaron, requérait une préparation exprimée par une
symbolique significative.
|
|
29
1 Et c'est ici ce que tu feras pour eux, afin de les sanctifier pour exercer la fonction sacerdotale devant moi. Prends un jeune taureau et deux béliers sans défaut,
2 et du pain sans levain, et des gâteaux sans levain, pétris à l'huile et des galettes sans levain ointes d'huile ; tu les feras de fine farine de froment ;
3 et tu les mettras dans une corbeille, et tu les présenteras dans la corbeille, et le jeune taureau et les deux béliers.
4 Et tu feras approcher Aaron et ses fils à l'entrée de la tente d'assignation, et tu les laveras avec de l'eau.
|
|
Les éléments devant servir au rituel de la consécration sont ainsi rassemblés. Nous pourrions penser que le cérémonial associera Aaron et ses fils,
le premier revêtu des vêtements de gloire qui donnèrent lieu à une description si détaillée, et les fils revêtus de leur tunique de lin.
Il ne pouvait en être ainsi, car, comme nous l’avons déjà constaté, les services sont absolument distincts.
Aaron revêtu de ses vêtements de gloire accomplit un service symbolique dont la réalité ne vient pas de la terre. Lorsque le grand prêtre officiait en tant que tel, il ne s’agit pas de l’homme s’approchant de Dieu. Ses gestes sont la représentation de ce qui est dans la présence de Dieu, comme nous le voyons en particulier dans le service de la fête du Grand Pardon, lorsque le grand prêtre pénètre, pour la seule fois de l’année, dans le Lieu très saint pour y porter le sang sur le Propitiatoire. Alors, symboliquement, l’Alliance est renouvelée. |
|
Aaron devra se parer des vêtements du grand prêtre, et sera oint de l’huile de l’onction, lui seul, avant de rejoindre ses fils, revêtir le simple
vêtement de prêtre, et entrer avec eux dans le rite de consécration des prêtres.
|
|
5 Et tu prendras les vêtements, et tu feras revêtir à Aaron la tunique et la robe de l'éphod, et l'éphod, et le pectoral, et tu le ceindras avec la ceinture de l'éphod ;
6 et tu placeras la tiare sur sa tête, et tu mettras le saint diadème sur la tiare.
7 Et tu prendras l'huile de l'onction, et tu la verseras sur sa tête, et tu l'oindras.
|
|
Ce qui est remarquable est ici la simplicité du geste. Le seul élément cérémoniel est l’onction, en l’absence de tout sacrifice. A la longue page décrivant
avec force détails le vêtement du grand prêtre, répond la seule onction de l’huile sainte versée sur la tête d’Aaron. Ceci souligne que celui qui est
représenté en Aaron n’est pas soumis au péché*. Un prophète, à la fin de l’exil à Babylone s’exprimera en ces termes :
"… il n'avait fait aucune violence, et il n'y avait pas de fraude dans sa bouche"
(Ésaïe 53:9).
|
|
* "Celui qui n'a pas connu le péché…"
(2 Corinthiens 5:21).
"Lui qui n'a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n'a pas été trouvé de fraude…"
(1 Pierre 2:22).
"Il n'y a point de péché en lui."
(1 Jean 3:5).
|
|
Et nous entrons ainsi encore d’avantage dans cette grande réalité que la médiation – le Médiateur – entre Dieu et les hommes
n’est pas d’ici bas*.
Le grand prêtre, dans sa parure glorieuse, est un symbole de ce qui est d’ailleurs, une illustration de ce que Dieu est pour l’homme qu’Il a créé,
une expression des liens tissés entre Dieu et sa créature, afin que l'Israélite ait conscience que Dieu qu'ils ne peut voir
(2 Chroniques 6:18)
est bien, spirituellement, au milieu d'eux
(Exode 29:45-46),
afin que l’homme ait confiance en Dieu qui révèle sa grâce, sa bonté, et "marche au milieu d'eux"
(Lévitique 26:11-12).
|
|
* "Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l'homme Christ Jésus."
(1 Timothée 2:5).
Voir aussi
(Hébreux 8:6,
9:15,
12:24).
|
|
Voici qui induit en l’homme, le croyant, la confiance en Dieu, et un grand sujet de joie, comme l’exprime le Psalmiste qui, évoquant avec bonheur
l’aboutissement du plan divin, soulignant la joie de voir le peuple rassemblé dans l’unité, évoque cette scène de l’onction pour exprimer sa joie, disant :
"C’est comme l'huile précieuse, répandue sur la tête, qui descendait sur la barbe, la barbe d'Aaron, qui descendait sur le bord de ses vêtements"
(Psaume 133:2).
L'onction d'Aaron fut un moment extraordinaire pour ce peuple qui entamait dans le désert une nouvelle vie, la vie d'un peuple libéré et mis à part pour être témoin du Dieu Unique au sein d'un monde idolâtre. |
|
Vient alors le côté de l’homme. Le prêtre aura à s’approcher de Dieu, exercer un service qui répond aux élans des adorateurs. Pour l’accomplir, il ne
suffit pas qu’il respecte un quelconque code liturgique. Une préparation morale est nécessaire. Aussi l’esprit de ceux qui vont être assignés à cette
fonction doivent être marqués par une cérémonie importante.
Ici, nous voyons la famille s’approchant, Aaron lui-même au milieu de ses fils, non plus revêtu des attributs de grand prêtre, mais vêtu comme eux simples tuniques de fin lin. |
|
8 Et tu feras approcher ses fils, et tu les revêtiras des tuniques ;
9 et tu les ceindras de la ceinture, Aaron et ses fils, et tu leur attacheras les bonnets ; et la fonction sacerdotale sera pour eux un statut perpétuel : et tu consacreras et Aaron et ses fils.
|
|
Qui est digne de s’approcher de Dieu par lui-même ? Ainsi un rite de consécration est présenté en bue d’une préparation morale et spirituelle.
Un rituel qui commence par la présentation de sacrifices. Telle est, dans les Écritures, la voie par laquelle est symbolisé ce qui est dû à Dieu.
Et l’homme apprend qu’il peut s’approcher de Dieu en vertu d’une œuvre accomplie, parce que le prix du rachat a été payé pour lui, parce qu’une
vie a été donnée pour qu’il entre dans la vie.
Mais, remarquons-le, ni le jeune taureau, ni les béliers qui doivent être offerts ne sont apportés par la famille d’Aaron. Ce ne sont pas eux qui paient le prix du sacrifice ! C’est Moïse qui est chargé d’apporter les bêtes à sacrifier. Il y a ici un écho symbolique retentissant à la parole d’Abraham : "Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8). Ainsi, des sacrifices sont offerts avant que n’ait lieu le cérémonial de la consécration, et celui-ci conduit à un repas de communion et se poursuit par une semaine propice à la méditation. |
| Traiter la question de la culpabilité |
|
Avant tout, l’homme doit prendre conscience de ses limites, de ses faiblesses, de ses fautes. Personne ne peut penser être pur et digne absolument
devant Dieu. Et il faut que l’homme reconnaisse cette réalité, bien évidemment. Il le fait en acceptant la nécessité d’un sacrifice pour le péché
offert pour lui, comme l’enseigne le Livre des Commencements dans la parabole de Caïn et Abel
(Genèse 4:7).
Le premier acte de l’homme devant Dieu est la confession, ainsi les futurs prêtres vont poser leurs mains sur la tête du taureau sacrifié.
Le sacrifice de la victime exprimera symboliquement que leur confession est agréée de Dieu.
|
|
10 Et tu feras approcher le jeune taureau devant la tente d'assignation, et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tête du taureau,
11 et tu égorgeras le taureau devant l'Éternel, à l'entrée de la tente d'assignation ;
12 et tu prendras du sang du taureau, et tu le mettras avec ton doigt sur les cornes de l'autel, et tu verseras tout le sang au pied de l'autel.
13 Et tu prendras toute la graisse qui couvre l'intérieur, et le réseau qui est sur le foie, et les deux rognons et la graisse qui est dessus, et tu les feras fumer sur l'autel ;
14 et tu brûleras au feu, hors du camp, la chair du taureau, et sa peau, et sa fiente : c'est un sacrifice pour le péché.
|
|
Le sang sur les cornes de l’autel souligne qu’une vie a été donnée, sacrifiée, tandis que la graisse fumant sur l’autel est une marque de l’acceptation
de Dieu. En faisant brûler la chair, la peau, la fiente hors du camp, en la faisant disparaître, l’on représente une réalité bien précieuse, à savoir
que la question des fautes et de la responsabilité confessée est réglée. Dieu ne se souvient plus des péchés*.
Le prophète Michée, loin des figures et des symboles, parlant en terme clairs au peuple, s’exprime en une image saisissante :
"Tu jetteras tous leurs péchés dans les profondeurs de la mer."
(Michée 7:19).
Et nous lisons au Livre des Psaumes la confiance d’un fidèle parlant de la paix de son âme dans la jouissance du pardon :
"Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert !"
(Psaume 32:1).
|
|
* "Il n'y a aucune condamnation pour ceux qui sont dans le christ Jésus."
(Romains 8:1).
|
| Comprendre la joie de Dieu |
|
Dieu pourrait-il, dans son amour, déclarer un pardon "judiciaire" et s’en tenir à ce décret de non-culpabilité ? Serait-ce là que se limite
son propos ? Il ne peut en être ainsi. Et tout d’abord, il Lui plaît de faire savoir sa joie dans l’œuvre de la rédemption. Ainsi un sacrifice
particulier est offert, qui suit immédiatement le sacrifice pour le péché, à savoir l’holocauste. Tout y est pour Dieu, marquant son entière
satisfaction, et même sa joie, "une odeur agréable" nous dit le texte.
|
|
15 Puis tu prendras l'un des béliers, et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tête du bélier ; et tu égorgeras le bélier,
16 et tu prendras son sang, et tu en feras aspersion sur l'autel, tout autour.
17 Et tu couperas le bélier en morceaux ; et tu laveras son intérieur et ses jambes, et tu les mettras sur ses morceaux et sur sa tête ;
18 et tu feras fumer tout le bélier sur l'autel : c'est un holocauste à l'Éternel, une odeur agréable ; c'est un sacrifice par feu à l'Éternel.
|
|
Aaron et ses fils s’associent symboliquement au bélier, et celui-ci, sacrifié, est posé sur l’autel pour y brûler complètement. Comment ne pas comprendre
le sens symbolique, à savoir que Dieu agrée Aaron et ses fils en recevant ainsi le sacrifice offert, le bélier dont Il s’était
pourvu Lui-même*, selon la parole d’Abraham
(Genèse 22:8,13).
|
|
* "... le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde."
(1 Pierre 1:19-20).
|
| Réaliser ce qu’est “être approché de Dieu” |
|
D’abord, la culpabilité a été ôtée symboliquement tandis que la chair du taureau était brûlée hors du camp, ensuite la satisfaction du Seigneur
a été affirmée par la bonne odeur de l’holocauste. Vient alors la consécration proprement dite dans laquelle le prêtre est approché et même associé
à l’autel. Un nouveau sacrifice est offert, le second bélier apporté par Moïse.
|
| Aspersion du sang |
|
Le sang du sacrifice étant versé, un premier geste va montrer combien la vie entière de celui qui est consacré à Dieu sera marquée. Le sang appliqué
sur l’oreille, le pouce, l’orteil : d’abord l’écoute, ensuite les actes, pour en arriver au principe même de cette nouvelle vie, la marche de la foi.
|
|
19 Et tu prendras le second bélier, et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tête du bélier ;
20 et tu égorgeras le bélier, et tu prendras de son sang, et tu le mettras sur le lobe de l'oreille droite d'Aaron, et sur le lobe de l'oreille droite de ses fils, et sur le pouce de leur main droite, et sur le gros orteil de leur pied droit ; et tu feras aspersion du sang sur l'autel, tout autour.
21 Et tu prendras du sang qui sera sur l'autel, et de l'huile de l'onction, et tu en feras aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, et sur ses fils et sur les vêtements de ses fils avec lui : et il sera saint, lui et ses vêtements, et ses fils et les vêtements de ses fils avec lui.
|
|
Engagé par ces gestes symboliques à écouter, agir et marcher en référence avec la place reçue devant Dieu, le prêtre peut recevoir l’onction mêlant
au sang du bélier sacrifié l’huile précieuse préparée pour cet usage. L’onction des prêtres montre que ce n’est qu’en vertu de l’acte de la rédemption
que l’homme peut être ainsi introduit dans ce lien avec Dieu.
|
| Les graisses et l’offrande de gâteau |
|
Les mains d’Aaron et de ses fils sont maintenant ouvertes pour recevoir… En effet, ils reçoivent, comme de Dieu lui-même, ce qu’ils auront à placer
sur l’autel où brûle l’holocauste. La part précieuse du second bélier – les graisses – est placée sur leurs mains, avec les pains, pour être
rituellement présentée à Dieu. Aaron et ses fils expriment ainsi symboliquement la reconnaissance pour ce qu’ils ont reçus ; ils présentent la louange
à Dieu qui a pourvu au sacrifice par lequel ils sont agréés.
|
|
22 Et tu prendras la graisse du bélier, et la queue, et la graisse qui couvre l'intérieur, et le réseau du foie, et les deux rognons et la graisse qui est dessus, et l'épaule droite, car c'est un bélier de consécration,
23 et un pain, et un gâteau de pain à l'huile, et une galette de la corbeille des pains sans levain qui sera devant l'Éternel ;
24 et tu mettras le tout sur les paumes des mains d'Aaron, et sur les paumes des mains de ses fils, et tu les tournoieras comme offrande tournoyée devant l'Éternel ;
25 et tu les prendras de leurs mains, et tu les feras fumer sur l'autel, sur l'holocauste, en odeur agréable devant l'Éternel : c'est un sacrifice par feu à l'Éternel.
|
|
Le pain présenté doit retenir notre attention. Il ne s’agit pas d’un pain qu’ils auraient apporté, le fruit de quelque récolte. Moïse a placé lui-même
les pains sans levain dans une corbeille, ce en quoi nous pouvons discerner qu’il s’agit symboliquement d’un pain venant du ciel, comme il en était
d’ailleurs de la manne du désert. De la corbeille, trois pains sont prélevés, dont un pétri à l’huile et un autre oint d’huile. Leur présentation
est un marque de reconnaissance exprimée avant le repas, alors qu’ils se nourriront du bélier cuit pour eux et des pains qui leurs sont donnés.
Un don du ciel ! Mais comprendront-ils, comme Jérémie en un autre temps, que la vraie nourriture qui vient du ciel, ce que ce pain comme la manne
représentent, est la Parole de Dieu ? "Tes paroles se sont-elles trouvées, je les ai mangées ; et tes paroles ont été pour moi l'allégresse
et la joie de mon cœur ; car je suis appelé de ton nom, ô Éternel, Dieu des armées !"
(Jérémie 15:16).
Le geste d’Aaron et de ses fils est ici achevé, leur consécration est établie, et le temps vient pour eux de prendre ce repas qui leur est préparé. Mais un geste doit avant cela attirer leur attention et la nôtre. |
| La part du Seigneur |
|
Moïse reçoit une part du bélier : la poitrine, symbole des affections, et une épaule, expression de la force. La poitrine et l’épaule nous ramènent
au saint vêtement du grand prêtre, aux épaulières et au pectoral. Sur les épaulières gravés les noms des tribus d’Israël, comme aussi sur les pierres
du pectoral de jugement.
|
|
26 Et tu prendras la poitrine du bélier de consécration qui est pour Aaron, et tu la tournoieras comme offrande tournoyée devant l'Éternel ; et ce sera ta part.
26 Et tu sanctifieras la poitrine tournoyée et l'épaule élevée, ce qui aura été tournoyé et ce qui aura été élevé du bélier de consécration, de ce qui est pour Aaron et de ce qui est pour ses fils.
|
|
Cette phase du cérémonial aide à prendre conscience de la part prise par Dieu lui-même dans les soins apportés à son peuple. Dieu aime le peuple
qu’Il a choisi et le porte lui-même, jusqu’à ce que son propos soit pleinement accompli
(Sophonie 3:17).
Au Livre de la Genèse nous lisons cette parole de Jacob : "Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu'à ce jour"
(Genèse 48:15).
Et les réchappés de Babylone reprendront le flambeau délaissé par leurs pères avec cette confiance induite par la parole prophétique qu’ils entendent
à Babylone : "Jusqu'à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu'aux cheveux blanc, je vous porterai. Moi, je l'ai fait ; moi, je porterai,
et moi, je chargerai sur moi, et je délivrerai"
(Ésaïe 46:4).
|
| Un statut perpétuel |
|
Le service sacerdotal, la médiation entre Dieu et les hommes, est ainsi porté par Dieu lui-même, et ce service dépasse Aaron et ses fils,
lesquels sont appelés à entrer dans le travail de Dieu, serviteurs assumant temporairement le service qui sera confié à d’autres par la suite.
L’homme paraît, accomplit son service, est recueilli par Dieu tandis qu’un autre serviteur se lève…
|
|
28 Et cela sera pour Aaron et pour ses fils un statut perpétuel, de la part des fils d'Israël, car c'est une offrande élevée : et ce sera une offrande élevée de la part des fils d'Israël, de leurs sacrifices de prospérités, leur offrande élevée à l'Éternel.
29 Et les saints vêtements qui sont pour Aaron seront pour ses fils après lui, afin qu'ils soient oints et consacrés dans ces vêtements.
30 Celui d'entre ses fils qui sera sacrificateur à sa place, qui entrera dans la tente d'assignation pour faire le service dans le lieu saint, les revêtira pendant sept jours.
|
|
Cela doit être au coeur de tous les fils d’Israël, c’est pour eux que ce service est institué, et pour leurs fils après eux, afin que, de génération
en génération, l’on s’attache au Seigneur, reconnaissant les bienfaits.
|
| Le repas de communion |
|
La consécration est faite, le service sacerdotal est confié à des hommes mis à part pour cela, Aaron et ses fils. Mais il faut qu’ils réalisent
l’importance de cette charge. Aussi les voilà conviés à demeurer devant la Tente de la Rencontre pour un repas, une scène de communion où ils
consommeront le bélier et les pains dont ils ont présenté une part particulière à l’autel.
|
|
31 Et tu prendras le bélier de consécration, et tu feras cuire sa chair dans un lieu saint ;
32 et Aaron et ses fils mangeront, à l'entrée de la tente d'assignation, la chair du bélier, et le pain qui sera dans la corbeille :
33 ils mangeront ces choses par lesquelles la propitiation aura été faite, pour les consacrer et les sanctifier : mais nul étranger n'en mangera, car elles sont saintes.
34 Et s'il reste de la chair des consécrations, ou du pain, jusqu'au matin, tu brûleras ce reste au feu ; il ne sera pas mangé, car il est saint.
|
|
Ainsi ils se nourrissent du sacrifice offert et de ces pains sans levain qui évoquent la Parole de Dieu. Ce repas est tout autre chose qu’une simple fête
qui clôturerait le service. Il est pris dans l’enceinte du sanctuaire par les prêtres séparés du peuple et de leurs familles. Pensons ! Aaron et ses fils
sont là, ensemble, considérant la responsabilité nouvelle qui leur incombe devant Dieu. Ils vont veiller sur le peuple, apporter l’aide dans les
situations difficiles, répondre aux attentes des adorateurs, conduire les célébrations solennelles… Et accomplir tout cela devant Dieu !
|
| La semaine de consécration |
|
Cette situation nouvelle pour eux représente une telle responsabilité qu’il est bon qu’un temps de réflexion soit ménagé à l’aube de cette vie de service,
un service si important pour le peuple et devant Dieu. C’est une semaine de méditation qui commence.
|
|
35 Tu feras ainsi pour Aaron et pour ses fils, selon tout ce que je t'ai commandé ; tu mettras sept jours à les consacrer.
36 Et tu offriras comme sacrifice pour le péché, chaque jour, un jeune taureau, pour faire propitiation, et tu purifieras l'autel en faisant propitiation pour lui ; et tu l'oindras pour le sanctifier.
37 Pendant sept jours, tu feras propitiation pour l'autel, et tu le sanctifieras, et l'autel sera une chose très-sainte ; quiconque touchera l'autel sera saint.
|
|
Chacun de ces sept jours il y a une évocation de l’infirmité, un sacrifice offert pour le péché, et un cérémonial de la sainteté de l’autel,
car ils ne peuvent s’y engager sans une profonde réflexion sur la grandeur et la sainteté de Dieu… Souvenons-nous des prophètes, appelés à parler
de la part du Seigneur. "Les fondements des seuils étaient ébranlés à la voix de celui qui criait, et la maison était remplie de fumée.
Et je dis : Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d'un peuple aux lèvres impures ;
car mes yeux ont vu le roi, l'Éternel des armées."
(Ésaïe 6:4-5).
Nous pourrions lire également la très belle méditation du jeune Jérémie
(Jérémie1:4-19)
et la visions extraordinaire d’Ézéchiel à Babylone
(Ézéchiel 1).
Un temps de méditation, mais aussi un temps de joie pleine de gravité pour celui qui est véritablement épris de la grandeur de Dieu et de l’importance du service qui lui est confié ! |
|
Vivre l’Alliance est un exercice journalier, dès le commencement du jour :
"Éternel ! le matin, tu entendras ma voix ; le matin, je disposerai ma prière devant toi, et j'attendrai"
(Psaume 5:3).
Et se poursuit jusqu’au soir : "Que ma prière vienne devant toi comme l'encens, l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir !"
(Psaume 141:2).
Aussi l’Alliance est elle rappelée matin et soir par l’offrande de l’holocauste perpétuel.
Et la confiance, chaque jour fortifiée, conduit à la louange*.
Ainsi arrivons-nous à la présentation de l’autel des parfums et du service journalier accompli dans le Lieu saint.
|
|
* "Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom."
(Hébreux 13:15).
|
|
Dans ce service, il ne s’agit plus d’un rituel de mémorial, comme il en est de l’holocauste perpétuel, mais d’un mouvement de l’homme vers Dieu.
Ceci conduit directement à la question de l’adhésion des fils d’Israël à l’alliance, et le dénombrement enseignera les Israélites quant à leur
responsabilité personnelle d’entrer dans l’Alliance ; ils seront alors placés devant le prix de leur propre rachat. Enfin, pour terminer, les ablutions
rituelles nous montreront l’état d’esprit dans lequel s’approcher de Dieu.
|
|
Du vêtement du grand prêtre à la cérémonie de consécration de la famille sacerdotale, le plan de Dieu est déployé et les bases sont établies pour
que l’Alliance ait une expression concrète. L’attention de Dieu sur son peuple choisi est soulignée dans la composition du vêtement du grand prêtre.
De même que les pains sont disposés dans le sanctuaire, les noms des douze tribus sont gravés sur les épaulières et sur les pierres du pectoral.
Le grand prêtre porte aussi "Les Urim et les Thummim", exprimant symboliquement "les jugements de Dieu", ou plutôt la représentation
de sa guidance du peuple, comme "la houlette et le bâton" du berger
(Psaume 23:4).
Du côté de l’homme, une classe sacerdotale est établie, sanctifiée et préparée pour soutenir la permanence de la relation des hommes avec Dieu. Les prêtres sont là pour veiller à ce que l’Alliance ne soit pas oubliée. Et nous voici placés devant un service essentiel, confirmation de la permanence de la promesse, du maintien de l’Alliance. Nous avons lu plus haut d’autres services réguliers : le remplacement hebdomadaire des pains de proposition (25:30). et l’entretien des lampes du Chandelier (27:20-21). Il s’agissait à cet endroit de maintenir, de tenir en ordre, ces symboles de la pensée de Dieu touchant l’Alliance avec son peuple, une réalité permanente, quoiqu’il advienne du peuple lui-même, quel que fut le chemin sur lequel il se trouve. L’Israélite fidèle ne peut entrer dans le sanctuaire, mais il peut connaître la présence de ces symboles et être, par la Parole de Dieu, assuré de la réalité qu’ils représentent. Même quand le Temple sera détruit, à Babylone, la foi connaîtra – sans symbole – que la pensée de Dieu demeure et que ses promesses s’accompliront. Dans le service à l’autel, les holocaustes du matin et du soir, nous voyons le côté de l’homme et sa responsabilité de maintenir la mémoire de la bénédiction annoncée. Ce service visible par tout adorateur franchissant le seuil du Parvis doit ranimer la ferveur du peuple et son attachement à l’Alliance. Chaque jour, la mémoire de l’Alliance devait être maintenue par l’offrande de l’holocauste journalier. Un service continuel exécuté au lever du soleil, et au couchant, lorsqu’un nouveau jour commence, suivant la manière de compter les jours selon la Bible : "Il y eût soir, il y eût matin" (Genèse 1:5). |
|
38 Et voici ce que tu offriras sur l'autel : deux agneaux d'un an, chaque jour, continuellement ;
39 tu offriras l'un des agneaux le matin, et le second agneau tu l'offriras entre les deux soirs,
40 et un dixième de fleur de farine, pétrie avec un quart de hin d'huile broyée, et une libation d'un quart de hin de vin, pour un agneau.
41 Et tu offriras le second agneau entre les deux soirs ; tu l'offriras avec la même offrande de gâteau qu'au matin, et la même libation, en odeur agréable, un sacrifice par feu à l'Éternel.
42 Ce sera l'holocauste continuel en vos générations, à l'entrée de la tente d'assignation, devant l'Éternel, où je me rencontrerai avec vous pour y parler avec toi. 43 Et je me rencontrerai là avec les fils d'Israël, et la tente sera sanctifiée par ma gloire. 44 Et je sanctifierai la tente d'assignation et l'autel ; et je sanctifierai Aaron et ses fils, afin qu'ils exercent la fonction sacerdotale devant moi. 45 Et j'habiterai au milieu des fils d'Israël, et je leur serai Dieu ; 46 et ils sauront que moi, l'Éternel, je suis leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays d'Égypte, pour habiter au milieu d'eux. Je suis l'Éternel, leur Dieu. |
|
L’holocauste est le service par excellence, offrande d’un agneau d’un an répondant à la parole d’Abraham : "Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste"
(Genèse 22:8).
En le présentant, le prêtre rappelle qu’il est répondu parfaitement à la gloire de Dieu par l’offrande du sacrifice dont Il s’est pourvu :
"un holocauste, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l'Éternel"
(Lévitique 1:9).
Et cet offrande est accompagnée d’un pain pétri à l’huile et d’une libation de vin, évoquant la parole de Dieu et sa joie dans l’accomplissement de son œuvre.
Le prêtre emploie pour cette libation les ustensiles disposés sur la Table, avec les Pains de proposition, selon qu’il est écrit :
"mes délices étaient dans les fils des hommes"
(Proverbes 8:31).
"Et ils sauront que moi, je les ai fait sortir d’Égypte pour habiter au milieu d’eux." Les dernières lignes de notre paragraphe nous permettent d’entrer dans cette joie de Dieu, sa joie à bénir, à apporter la paix aux hommes. Le peuple connaissait les difficultés du désert, et les connaît toujours, mais, regardant à ces services, et en tout temps à la Parole de Dieu, il peut se souvenir de jour en jour, dans la lumière comme dans les veilles de la nuit, que la pensée de Dieu est une pensée de paix. Un prophète leur dira, à la veille des grandes ruines de la déportation : "C'est pourquoi, voici, moi, je l'attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur" (Osée 2:14). En considérant ces services du Tabernacle, ils auront au cœur cette confiance que le Seigneur habite au milieu d’eux. Non dans le Tabernacle, ni dans le Temple (1 Rois 8:27), mais accompagnant son peuple pour le soutenir et le faire vivre ! Telle est la charge des prêtres, la charge primordiale : maintenir au cœur cette réalité de la présence de Dieu avec eux, soutenir leur foi. |
|
Les hommes de foi, parmi les Israélites, auront une réelle confiance en l’habitation de Dieu au milieu d’eux :
"Et toi, tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d'Israël"
(Psaume 22:3).
Et cette confiance produit la louange ! C’est la réponse du cœur qu’apporte le fidèle*.
|
|
* "Marie donc, ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus
et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum."
(Jean 12:3).
|
|
La louange trouve son symbolisme dans le parfum de l’encens répandu. C’est ici qu’intervient une nouvelle pièce au mobilier du Lieu saint.
Une symbolique tout autre que la Table des Pains et le Chandelier, lesquels ont trait à la pensée de Dieu. Ici nous voyons le mouvement de cœur
du fidèle qui a mis sa confiance en Dieu.
L’autel des parfum, un meuble de bois de sittim tout couvert d’or, est bien modeste dans ses dimensions : une table de moins d’un demi mètre de côté pour quelque quatre-vingt dix centimètres de haut. Il est placé dans le Lieu saint, juste devant le voile qui ferme l’entrée au Lieu très saint. |
|
30
1 Et tu feras un autel pour faire fumer l'encens ; tu le feras de bois de sittim ;
2 sa longueur sera d'une coudée, et sa largeur d'une coudée ; il sera carré ; et sa hauteur sera de deux coudées ; ses cornes seront tirées de lui.
3 Et tu le plaqueras d'or pur, le dessus et ses parois, tout autour, et ses cornes. Et tu lui feras un couronnement d'or tout autour ;
4 et tu lui feras deux anneaux d'or au-dessous de son couronnement, sur ses deux côtés ; tu les feras à ses deux coins, et ils serviront à recevoir les barres, pour le porter par elles ;
5 et tu feras les barres de bois de sittim, et tu les plaqueras d'or.
6 Et tu le mettras vis-à-vis du voile qui est devant l'arche du témoignage, vis-à-vis du propitiatoire qui est sur le témoignage, où je me rencontrerai avec toi.
7 Et Aaron y fera fumer l'encens des drogues odoriférantes ; chaque matin, il le fera fumer quand il arrangera les lampes. 8 Et quand Aaron allumera les lampes, entre les deux soirs, il le fera fumer, - un encens continuel devant l'Éternel, en vos générations. 9 Vous n'y brûlerez pas d'encens étranger, ni d'holocauste, ni d'offrande de gâteau ; et vous n'y verserez pas de libation. 10 Et Aaron fera propitiation pour les cornes de l'autel une fois l'an ; il fera propitiation pour l'autel une fois l'an, en vos générations, avec le sang du sacrifice de péché des propitiations. C'est une chose très-sainte à l'Éternel. |
|
Sur cet autel, chaque soir – c’est le moment où une nouvelle journée commence – le grand prêtre fera fumer l’encens sur cet autel lorsqu’il pénètre
au sanctuaire pour arranger les lampes. Il apporte ainsi symboliquement l’expression de la reconnaissance de tout un peuple, et sa louange à Dieu.
|
|
Tout ce déploiement de symboles pourrait paraître étranger au Israélites n’appartenant pas à la famille d’Aaron, aussi était-il bien important
d’établir le lien du peuple avec les Lieux saints ; et de l’établir par un geste symbolique particulièrement significatif, pour que les fils d’Israël
puissent avoir à l’esprit que chacun est un "racheté" du Seigneur. Un signe aussi pour les générations à venir.
|
|
11 Et l'Éternel parla à Moïse, disant :
12 Quand tu relèveras le nombre des fils d'Israël selon leur dénombrement, ils donneront chacun une rançon de son âme à l'Éternel, lorsque tu en feras le dénombrement, afin qu'il n'y ait pas de plaie au milieu d'eux quand tu en feras le dénombrement.
13 Voici ce que donneront tous ceux qui passeront par le dénombrement : un demi-sicle, selon le sicle du sanctuaire, à vingt guéras le sicle, un demi-sicle en offrande à l'Éternel.
14 Tous ceux qui passeront par le dénombrement, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, donneront l'offrande de l'Éternel.
15 Le riche n'augmentera pas, et le pauvre ne diminuera pas le demi-sicle, lorsque vous donnerez l'offrande de l'Éternel pour faire propitiation pour vos âmes.
16 Et tu prendras des fils d'Israël l'argent de la propitiation, et tu le donneras pour le service de la tente d'assignation, et il sera pour les fils d'Israël un mémorial devant l'Éternel, afin de faire propitiation pour vos âmes.
|
|
La grande leçon est ce prix unique du rachat : un demi-shékel pour une âme, quelle que soit la personne, sa notoriété, son état moral, sa fortune…
Ceci pour nous dire qu’il n’y a pas de différence devant Dieu, que chaque âme est au même titre précieuse pour Lui : "car l'Éternel, votre Dieu,
est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant, et terrible, qui ne fait point acception de personnes…"
(Deutéronome 10:17).
Cet argent ainsi rassemblé, les Israélites le retrouvent comme bases des ais du tabernacle, expression particulièrement parlante de la place qu’occupent les hommes dans la présence de Dieu sur le fondement du rachat*. Il se retrouve aussi au Parvis, les crochets et les tringles qui assurent la stabilité de l’enceinte. |
|
* "Et ils s'en étonnèrent excessivement, disant entre eux : Et qui peut être sauvé ? Et Jésus, les ayant regardés, dit :
Pour les hommes, cela est impossible, mais non pas pour Dieu ; car toutes choses sont possibles pour Dieu."
(Marc 10:26-27).
|
|
Il y a dans ces agencements, pour tout Israélite, de quoi réfléchir. L’attachement à la Loi est le signe essentiel de la foi d’un homme,
de son adhésion à la pensée de Dieu. Les Tables posées dans l’Arche nous parlent de ceux qui ont ainsi adhérer, et le Propitiatoire aspergé du sang
de l’agneau montrent l’approbation de Dieu et l’entrée dans Sa présence des hommes "craignant Dieu" comme on le dit, ce qui pourrait mieux
s’exprimer par "aimant marcher dans le chemin de Dieu". Les ais posés sur les bases d’argent expriment les hommes tirés de la terre et
introduits dans la présence de Dieu, parés de gloire, sur le pieds de la rédemption, du rachat. Ainsi, l’homme "craignant Dieu" entre dans
le sanctuaire non par ses propres mérites, mais sur le fondement du rachat, par la miséricorde de Dieu qui dit :
"Je ferai grâce à qui je ferai grâce, et je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde"
(33:19).
Et il fait grâce à quiconque adhère à la révélation qu’il a reçue.
|
|
Ceci étant, nous revenons à la famille sacerdotale qui illustre l’entrée dans les lieux saints et les divers services qui sont accomplis
devant Dieu. Suffit-il d’être racheté pour se présenter devant Dieu ? Suffit-il même d’être consacré ? L’homme est-il constant pour se
tenir sans faille sur la cime tout au long de son chemin ? Poser la question, c’est y répondre. Et pour l’aider, une symbolique est mise
en place, à savoir les ablutions rituelles*.
Accomplissement de forme, sans doute, mais rappel évident de la réalité que le symbole sous-tend.
|
|
* "Celui qui a tout le corps lavé n'a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net…"
(Jean 13:10).
"Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous.
Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité."
(1 Jean 1:8-9).
|
|
Ainsi une cuve de bronze fut coulée, elle est placée entre la Tente de la Rencontre et l’Autel des holocaustes, pour que les prêtres s’y lavent les mains
et les pieds avant de pénétrer dans les Lieux saints ou d’assurer le service de l’autel.
|
|
17 Et l'Éternel parla à Moïse, disant :
18 Tu feras aussi une cuve de bronze, et son soubassement de bronze, pour s'y laver ; et tu la mettras entre la tente d'assignation et l'autel, et tu y mettras de l'eau ;
19 et Aaron et ses fils y laveront leurs mains et leurs pieds.
20 Quand ils entreront dans la tente d'assignation, ils se laveront avec de l'eau, afin qu'ils ne meurent pas, ou quand ils s'approcheront de l'autel pour faire le service, pour faire fumer le sacrifice fait par feu à l'Éternel.
21 Ils laveront leurs mains et leurs pieds, afin qu'ils ne meurent pas ; et ce leur sera un statut perpétuel, pour Aaron et pour sa semence, en leurs générations.
|
|
Chose remarquable :
"il fit la cuve de bronze, et son soubassement de bronze, avec les miroirs des femmes qui s'attroupaient à l'entrée de la tente d'assignation"
(38:8).
Quel progrès lorsqu’une âme passe du regard de soi sur soi à la considération de ce qu’elle est devant Dieu, et veille alors à se présenter
devant Lui comme il convient, se lavant les mains et les pieds avant de s’avancer en paix dans sa présence !
Telles sont les grandes leçon que nous apporte l’édification du Tabernacle, expression de la présence de Dieu auprès de l’homme – le Livre des Commencements nous en parle déjà en paraboles (Genèse 3:8, 4:6). – et même de son désir d’être avec eux dans leur cheminement (Jérémie 23:23), jusqu’à ce qu’Il les introduise dans les demeures éternelles (Zacharie 14:8-9). |
|
La révélation du plan rédempteur, les soins attentifs de Dieu sur les rachetés, les symboles de la réponse de Dieu quant à la responsabilité
de l’homme et le don du sacrifice expiatoire, la conscience personnelle du rachat et les ablutions pour entrer dans la présence de Dieu conduisent
les rachetés à goûter cette paix dans laquelle ils sont accueillis et jouir de l’atmosphère qui règne dans la présente ce Dieu.
C’est ainsi que le texte revient sur les parfums du sanctuaire. Ils ont été évoqués, mais que sont-ils ? En s’approchant de Dieu en vérité, le fidèle apprend à apprécier le parfum de sa présence. Le racheté goûte l’atmosphère morale et spirituelle qui y règne et peut exprimer sa joie : "Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables ; oui, un bel héritage m'est échu." (Psaumes 16:6). |
| L’huile de l’onction |
|
L’huile de l’onction est, avant tout autre usage, répandue sur la tête d’Aaron, le symbole du cœur de la bénédiction
(29:7 et
Psaume 133)
et ensuite, mêlé au sang du sacrifice, sur les prêtres et le tabernacle. Et si la composition nous est précisément donnée, elle ne pouvait être
préparée qu’à cette fin.
Cette huile précieuse est composée des aromates les plus excellents (30:22-33). La "myrrhe franche" est la sève d'un arbre d'Arabie, s'écoulant de l'arbre librement, se donnant ainsi volontairement. La "cinnamome aromatique" est une huile essentielle tirée de l’écorce du cannelier, arbre toujours vert, il reste toujours "Le Même" (Psaume 102:27). Le "roseau aromatique", autre huile essentielle, est tirée d’une sorte de roseau, plante modeste et douée d’un parfum exquis. La "casse", ou "Ketsia" est produite par un arbre majestueux également de la famille des canneliers... |
|
22 Et l'Éternel parla à Moïse, disant :
23 Toi, prends des aromates les plus excellents : de la myrrhe franche, cinq cents sicles, et du cinnamome aromatique, moitié autant, deux cent cinquante sicles, et du roseau aromatique, deux cent cinquante,
24 et de la casse, cinq cents, selon le sicle du sanctuaire, et un hin d'huile d'olive.
25 Et tu en feras une huile pour l'onction sainte, une préparation composée, d'ouvrage de parfumeur : ce sera l'huile de l'onction sainte.
26 Et tu en oindras la tente d'assignation, et l'arche du témoignage, 27 et la table et tous ses ustensiles, et le chandelier et ses ustensiles, et l'autel de l'encens, 28 et l'autel de l'holocauste et tous ses ustensiles, et la cuve et son soubassement ; 29 et tu les sanctifieras, et ils seront très-saints ; quiconque les touchera sera saint. 30 Et tu oindras Aaron et ses fils, et tu les sanctifieras pour exercer la fonction sacerdotale devant moi. 31 Et tu parleras aux fils d'Israël, disant : Ce sera pour moi l'huile de l'onction sainte en vos générations ; 32 on n'en versera pas sur la chair de l'homme, et vous n'en ferez point de semblable dans ses proportions : elle est sainte, elle vous sera sainte. 33 Quiconque en composera de semblable, et en mettra sur un étranger, sera retranché de ses peuples. |
|
Les parfums de l’huile sont en trois parts égales. La première, la myrrhe franche peut nous parler de Celui qui s'est donné lui-même
(Zacharie 13:5-7,
Psaume 40:6-7)*.
La deuxième part est double, deux parfums en parts égales, le cinnamome aromatique et le roseau aromatique. Nous y voyons Celui qui, sans cesser
d’être lui-même, s’est abaissé pour être le serviteur parfait
(Ésaïe 42:2-4,
Psaume 8:5)**.
Et enfin, l’arbre majestueux duquel est extraite la casse annonce la gloire
(Ésaïe 52:13,
Psaume 110)***.
|
|
* "C'est pourquoi, en entrant dans le monde, il dit : Tu n'as pas voulu de sacrifice ni d'offrande, mais tu m'as formé un corps.
Tu n'as pas pris plaisir aux holocaustes ni aux sacrifices pour le péché ; alors j'ai dit : Voici, je viens,
il est écrit de moi dans le rouleau du livre - pour faire, ô Dieu, ta volonté."
(Hébreux 10:5-7).
** "Le christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n'a pas regardé comme un objet à ravir d'être égal à mais s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'esclave, étant fait à la ressemblance des hommes…" (Philippiens 2:5-7). "En lui habite toute la plénitude de la déité corporellement." (Colossiens 2:9). *** "Moi, je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire ; et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût." (Jean 17:4-5). |
|
L’huile de l’onction imprègne le sanctuaire comme aussi les vêtements sacerdotaux, et évoque, pour qui peut le comprendre, le bonheur et
la paix intérieure que l’homme éprouve dans la présence de Dieu, comme aussi ce qui émane du Serviteur de Dieu.
|
| L’encens des drogues odoriférantes |
|
Dès qu’il a confiance et paix avec Dieu, la louange se manifeste. Non une imposition légale ou la réponse à un impératif divin – Dieu ne se présente
jamais comme un potentat exigeant quelque honneur – mais une réponse spontanée à la bonté de Dieu reconnue, reçue, goûtée…
Mais comment la louange peut-elle s’exprimer ? L’homme qui s’approche ne vient pas à Dieu avec fantaisie, selon les fruits de son imagination,
mais dans la conscience de ce qu’il a reçu. Aussi, l’expression symbolique de la louange répond elle au don de Dieu.
L’encens est composé pour représenter des réalités vécues par la foi.
La composition du parfum est ainsi présentée. Et ce parfum est déclaré "salé, pur, saint" pour nous dire combien il est parfaitement exempt de toute corruption. Le "stacte" est une poudre fine, rouge, produite en portant la myrrhe à haute température, ce qui évoque des souffrances endurées. La coquille odorante" est un parfum très prisé dont l’origine est un coquillage vivant au fond de la mer. Le "galbanum", extrait du suc d’une plante, exhale une odeur désagréable, mais rehausse le caractère des parfums composés. L’"encens", dont le nom est devenu générique d’une classe de parfums, est originellement la résine d’un arbre du sud de l’Arabie. Cette résine se coagulle naturellement à l’air pour se transformer en poudre, une poudre qui se donne en quelque sorte... |
|
34 Et l'Éternel dit à Moïse : Prends des drogues odoriférantes, du stacte, et de la coquille odorante, et du galbanum, - des drogues odoriférantes, et de l'encens pur : de tout, à poids égal ;
35 et tu en feras un encens composé, d'ouvrage de parfumeur, salé, pur, saint.
36 Et tu en pileras très-fin, et tu en mettras sur le devant du témoignage dans la tente d'assignation, où je me rencontrerai avec toi : ce vous sera une chose très-sainte.
37 Et quant à l'encens que tu feras, vous n'en ferez point pour vous selon les mêmes proportions : il sera, pour toi, saint, consacré à l'Éternel.
38 Quiconque en fera de semblable pour le flairer, sera retranché de ses peuples.
|
|
De tout à poids égal ! Il se trouve dans ce parfum exceptionnel l’évocation de souffrances profondes, la myrrhe passée au feu
(Psaume 88:7)*,
d’une solitude absolue, les profondeurs de la mer
(Psaume 69:1-2)**,
de la poussière de mort, l’âcre parfum du galbanum
(Psaume 22:15)***,
mais aussi du don parfait de l’encens qui s’écoule de l’arbre
(Psaume 40:7)****.
|
|
* "Et il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles ; fais passer cette coupe loin de moi ; toutefois non pas
ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi !"
(Marc 14:36).
** "Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une forte voix, disant : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui, interprété, est : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (Marc 15:34). *** "Et Jésus, ayant jeté un grand cri, expira." (Marc 15:37). **** "Le Christ nous a aimés et s'est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur." (Éphésiens 5:2). |
|
C’est ainsi dans la conscience d’un prix infini de souffrances et de douleurs que s’exhalent les parfums de la joie dans la présence de Dieu.
Le prophète qui appela les Israélites à sortir de Babylone l’avait bien compris lorsqu’il s’écria : "Il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris. […] L'Éternel a fait tomber sur lui l'iniquité de nous tous. Il a été opprimé et affligé, et il n'a pas ouvert sa bouche. Il a été amené comme un agneau à la boucherie, et a été comme une brebis muette devant ceux qui la tondent ; et il n'a pas ouvert sa bouche. […] Mais il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance. S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence ; il prolongera ses jours, et le plaisir de l'Éternel prospérera en sa main. Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait. Par sa connaissance mon serviteur juste enseignera la justice à plusieurs, et lui, il portera leurs iniquités." (Ésaïe 53). |
|
Les symboles de l’Alliance sont ainsi établis. Moïse va descendre de la sainte montagne avec des directives précises…
Deux paroles lui sont adressées, l’une touchant l’œuvre à accomplir, et la seconde rappelant la finalité même de l’Alliance.
Enfin, les Tables du Témoignages seront mises entre ses mains.
|
|
Moïse apprend que les talents nécessaires à l’œuvre sont préparés, prêts à se mettre au travail : un maître d’œuvre nantis
de tous les talents requis, un homme pour le seconder, et des hommes capables…
|
|
31
1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant :
2 Regarde j'ai appelé par nom Betsaleël, fils d'Uri, fils de Hur, de la tribu de Juda ;
3 et je l'ai rempli de l'esprit de Dieu, en sagesse, et en intelligence, et en connaissance, et pour toutes sortes d'ouvrages,
4 pour faire des inventions : pour travailler en or, et en argent, et en airain ;
5 pour tailler des pierres à enchâsser, et pour tailler le bois, afin d'exécuter toutes sortes d'ouvrages.
6 Et voici, j'ai donné avec lui Oholiab, fils d'Akhisamac, de la tribu de Dan ; et j'ai mis de la sagesse dans le cœur de tout homme intelligent, afin qu'ils fassent tout ce que je t'ai commandé :
7 la tente d'assignation, et l'arche du témoignage, et le propitiatoire qui sera dessus, et tous les ustensiles de la tente,
8 et la table et ses ustensiles, et le chandelier pur et tous ses ustensiles, et l'autel de l'encens,
9 et l'autel de l'holocauste et tous ses ustensiles, et la cuve et son soubassement,
10 et les vêtements de service, et les saints vêtements d'Aaron, le sacrificateur, et les vêtements de ses fils, pour exercer la fonction sacerdotale,
11 et l'huile de l'onction, et l'encens des drogues odoriférantes pour le lieu saint. Ils feront selon tout ce que je t'ai commandé.
|
|
Nous pourrions nous arrêter sur les personnes désignés, nous interroger sur leur personnalité, leurs désirs, leurs ambitions
peut-être... Mais le texte nous induit à comprendre qu’avant que le travail ne soit envisagé, ces hommes étaient prêts !
Aucune ambition n’aurait pu se manifester… Celui qui donne les directives et décrit l’ouvrage a par avance désigné les
ressources et préparé les talents.
Ces choses étant dites, le travail sera accompli en regardant au-delà de l’œuvre elle-même, en se nourrissant de sa finalité, la fin du travail divin : "Et mon peuple habitera une demeure de paix et des habitations sûres, et des lieux de repos tranquilles" (Ésaïe 32:18). |
|
Tous ces aspects de l’Alliance détaillés par leur symbolique tout au long de ces pages de la Bible et les travaux résultants,
pourraient voiler la perspective de Dieu quant à l’homme. La symbolique des actes et des choses peut devenir le seul
centre d’intérêt, conduisant à l’oubli du but de leur accomplissement. Ainsi, par exemple, le serpent de bronze coulé
dans le désert lors de la calamité des serpents brûlants dans le désert
(Nombres 21:9),
conservé pendant des années, était devenu une objet d’idolâtrie tel que le fidèle roi Ezéchias le fit mettre en pièce
(2 Rois 18:4).
Aussi, pour la troisième fois, le shabbat est évoqué. Après avoir été "donné" lors du don de la manne, le pain du ciel" (16:29), et ensuite "institué comme loi" dans le Décalogue (20:8-11), il est présenté comme "signe d’alliance". |
|
12 Et Éternel parla à Moïse, disant :
13 Toi, parle aux fils d'Israël, disant : Certainement, vous garderez mes sabbats, car c'est un signe entre moi et vous, en vos générations, pour que vous sachiez que c'est moi, l'Éternel, qui vous sanctifie.
14 Et vous garderez le sabbat, car il vous sera saint : celui qui le profanera sera certainement mis à mort, car quiconque fera une œuvre en ce jour-là,... cette âme sera retranchée du milieu de ses peuples.
15 Pendant six jours le travail se fera, et le septième jour est le sabbat de repos consacré à l'Éternel : quiconque fera une œuvre le jour du sabbat, sera certainement mis à mort.
16 Et les fils d'Israël garderont le sabbat, pour observer le sabbat en leurs générations, - une alliance perpétuelle.
17 C'est un signe entre moi et les fils d'Israël, à toujours ; car en six jours l'Éternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour il s'est reposé, et a été rafraîchi.
|
|
Cette troisième mention du shabbat souligne le but de l’Alliance, en rappelant ce grand propos de Dieu, à savoir :
amener les hommes dans son propre repos. Cela est induit dès la première page du Livre des Commencements
(Genèse 2:1-3)
et confirmé tout au long des Écritures. "L'œuvre de la justice sera la paix, et le travail de la justice, repos
et sécurité à toujours. Et mon peuple habitera une demeure de paix et des habitations sûres, et des lieux de repos
tranquilles. […] Regarde Sion, la cité de nos assemblées solennelles ! Tes yeux verront Jérusalem, une demeure tranquille,
une tente qui ne sera pas transportée : ses pieux ne seront jamais arrachés, et aucune de ses cordes ne sera rompue ;
mais là l'Éternel est pour nous magnifique, - un lieu de fleuves, de larges rivières : il n'y viendra aucun vaisseau
à rames, aucun noble navire n'y passera."
(Ésaïe 32:17-18,
33:20-21).
|
|
Au commencement de notre lecture, nous lisions : "Moïse entra dans la nuée, et monta sur la montagne ;
et Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits"
(24:18).
Cette séance dans la montagne s’achève maintenant. Tout est dit quant au Tabernacle et au service sacerdotal.
Le deux Tables du Témoignage devant être placée dans l’Arche sont alors données à Moïse…
|
|
18 Et lorsqu'il eut achevé de parler avec Moïse sur la montagne de Sinaï, il lui donna les deux tables du témoignage, tables de pierre, écrites du doigt de Dieu.
|
|
La Loi est au centre de la relation de Dieu avec les fils d’Israël. Celui qui introduit l’homme dans l’Alliance a donné
sa Parole, il a indiqué ce qui est attendu de l’homme, et ceux qui sont introduit dans cette alliance expriment leur
adhésion à cette Loi. Cette adhésion, vécue en vérité, est véritablement la foi. Il ne s’agit pas de prétendre être
capable de l’accomplir en perfection. Qui pourrait y prétendre ? Dieu annonce que sa miséricorde repose sur les
hommes qui reçoivent la Parole qui leur est annoncée. De tels hommes, attachés à la Loi reposant dans l’Arche, sont
"couverts" par le Saint Propitiatoire.
|
|
Tout au long de ces pages, nous nous sommes arrêtés sur une symbolique particulièrement riche. Nous pouvons bien nous
demander pourquoi le service religieux au Tabernacle et ensuite au Premier puis au Second Temple eurent à se maintenir
si longtemps, lesquels ne sont qu’un reflet du plan divin*.
|
|
* "Il y a ceux qui offrent des dons selon la loi, lesquels servent la figure et l'ombre des choses célestes…"
(Hébreux 8:4-5).
|
|
L’adhésion à la Parole de Dieu, la foi personnelle, ne nécessite certes pas un tel déploiement. Et cela, les fils
d’Israël le savent fort bien, lorsqu’ils se réfèrent à leur père commun, Abraham, l’ami de Dieu
(2 Chroniques 20:7),
qui marcha avec Dieu dès son appel, quittant son lieu de vie
(Genèse 12:1).
Les paroles des prophètes ainsi que les expressions sublimes de la foi dans les Psaumes en témoignent.
Et tout homme attaché à Dieu le sait bien pour lui-même.
Cependant il faut considérer la révélation progressive de Dieu, et cette place exceptionnelle d’Israël comme peuple choisi au cœur du monde (Deutéronome 7:6-8) pour témoigner de la bénédiction promise qui doit s’étendre à l’humanité tout entière (Genèse 12:3). Le Tabernacle et le Temple ensuite étaient des outils de pédagogie qui permettaient de transmettre de génération en génération la connaissance du plan divin. Il était au centre de la vie d’un peuple consacré à la réception et la conservation des oracles de Dieu*. |
|
* "Quel est donc l'avantage du Juif, ou quel est le profit de la circoncision ? Grand de toute manière, et d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés."
(Romains 3:1-2).
|
|
Par les symboles qu’il recelait, le peuple devait être tenu
en éveil quant à l’Alliance conclue avec le grand Dieu Créateur, avec Celui qui d’une parole fonde les mondes.
La grande finalité du service sacerdotal était le soutien de cette adhésion à Dieu et, si les cérémonies et
les rites n’atteignaient pas ce but, s’ils n’étaient plus vécus que comme une tradition et une fierté nationale,
ils perdaient toute valeur, ce que les prophètes ne manquèrent pas de souligner.
En effet, Dieu se nourrit-il de perfection musicale ou de l’agencement de liturgies fastueuses ? "L'Éternel ne regarde pas ce à quoi l'homme regarde, car l'homme regarde à l'apparence extérieure, et l'Éternel regarde au cœur." (1 Samuel 16:7). Michée posait les bonnes questions et y apporta la réponse : "Avec quoi m'approcherai-je de l'Éternel, m'inclinerai-je devant le Dieu d'en haut ? M'approcherai-je de lui avec des holocaustes, avec des veaux âgés d'un an ? L'Éternel prendra-t-il plaisir à des milliers de béliers, à des myriades de torrents d'huile ? Donnerai-je mon premier-né pour ma transgression, le fruit de mon ventre pour le péché de mon âme ? Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?" (Michée 6:6-8). Et Malachie, un siècle après le retour de l’exil à Babylone exprime une nouvelle fois ce qui plaît au Seigneur, en tirant exemple de fidèles : "Alors ceux qui craignent l'Éternel ont parlé l'un à l'autre, et l'Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l'Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom. Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l'Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert." (Malachie 3:16-17). |