À l'occasion du 200ème
anniversaire de la mort d'Immanuel KANT
Aucun autre philosophe
ne jouit aujourd'hui d'un crédit aussi grand que Immanuel Kant, dont
on commémore cette année, le 12 février 2004, le 200ème
anniversaire de la mort. Et avec aucun autre philosophe, Rudolf Steiner
n'a autant confronté ses propres idées. Axel Ziemke montre
pour quelle raison, même un penseur d'inclination purement spirituelle,
peut tirer profit de Kant.
«Le siècle des Lumières est la sortie de l'homme hors
de la minorité spirituelle dans laquelle il vivait de par sa faute.
Cette minorité, c'est l'incapacité de se servir lui-même
de sa propre intelligence sans être sous la gouvernance d'un autre.
Cette minorité est de sa faute, parce que la cause en est, non pas
dans un manque d'intelligence, mais dans un manque de résolution et
de courage pour utiliser soi-même cette intelligence sans la guidance
d'un autre. Sapere aude! Aie donc le courage, de te servir de ta propre intelligence!,
tel est donc aussi le slogan du siècle des Lumières.»
Cette réponse à la question « Que sont les Lumières? »,
provient du plus remarquable de tous les philosophes du Siècle des
Lumières allemand: Immanuel Kant. Il y a 200 ans, le 12 février
1804, il s'éteignait à Königsberg, dans la ville où
il était né et dans l'environnement de laquelle il avait passé
toute son existence. Ce n'est pas uniquement de ce point de vue que sa vie
compte parmi les plus ennuyeuses qui soient, quant à en faire un sujet
d'étude pour biographe si l'on excepte quelques anecdotes bizarres
sur sa pédanterie et sa ponctualité toutes prussiennes
un mode de vie tout à fait à l'opposé de la force de
ses idées. La lecture de ses ouvrages se développe d'une façon
tout aussi contradictoire: des phrases entortillées à longueur
de pages produisent des idées pesantes qui, comprises dans leur ensemble,
comptent parmi les plus profondes et riches de sens que la pensée
philosophique n'ait jamais produites.
Mais ce ne sont pas seulement les hommes intéressés par la
philosophie, mais aussi ceux intéressés par l'anthroposophie
qui devraient mettre à profit l'occasion de cette commémoration
pour méditer ses idées; car la philosophie de Steiner a également
été marquée de façon tenace et durable par Kant.
Celui-ci compte parmi les premiers philosophes que le jeune Steiner ait lus,
et qui peuvent même passer pour les maîtres universitaires de
Steiner, car tous sans exception « néokantiens »,
faisaient partie du courant philosophique dominant sans restriction en Allemagne
durant la période des études de Steiner. Kant est, donc conformément
à cela, le philosophe le plus cité dans les oeuvres de Steiner.
Pratiquement tous les exposés de Steiner se rapportant à Kant
poursuivent, il est vrai, une intention nettement critique. Même si
l'on pense que dans les cercles philosophiques cela peut passer effectivement
pour de l'estime pour l'oeuvre d'un auteur que de s'y confronter de manière
critique, le contraste entre les conceptions du monde de Kant et de Steiner
est d'une profondeur immense. Cela vaut en tout cas aussi pour les parallèles
importants existants entre l'oeuvre de Kant et celle de Steiner. Si l'on
demandait à Kant ce qu'il tient pour les thèmes les plus importants
de sa philosophie, sa réponse serait parfaitement nette: « Dieu,
Liberté et Immortalité [...] La totale préparation donc
de la raison dans l'élaboration, de ce que l'on peut appeler philosophie
pure, n'est en fait orientée que sur ces trois problèmes médités
et travaillés par la pensée. » Même si Steiner
conçoit en partie la liberté autrement, il y consacre justement
son ouvrage philosophique fondamental. Même si les mondes spirituels
sont pour Steiner plus que cela, la question du divin est tout aussi centrale
pour lui. Et si l'on ajoute à l'immortalité la question de
« l'innatalité » (la préexistence de
l'âme, ndt) et son insertion dans la réincarnation et le Karma,
l'accord entre les thèmes n'en devient que plus clair ici aussi. Où
se situe donc la divergence essentielle?
La conséquence de cet élan du penser est une nouvelle orientation
de la théorie de la connaissance que Kant lui-même compare à
la transformation copernicienne de l'image du monde du Moyen-âge: le
monde de notre expérience ne détermine pas notre penser; mais,
c'est à l'inverse notre penser qui détermine ce qui peut nous
être donné par l'expérience. Toutes les formes désignées
de notre expérience « n'existent pas » dans
le monde, mais elles sont « les outils » de notre penser,
pour ordonner le chaos des sensations de nos sens. Dans le monde, il n'y
a ni espace ni temps, mais notre contemplation sensible est édifiée
de telle sorte que nous ne pouvons ressentir tout ce que nous ressentons,
que dans l'espace et le temps. Il n'y pas de relations de cause à
effet dans la nature, mais c'est notre penser qui nous accorde la mise en
ordre de nos sensations selon le principe de causalité. Et, en définitive,
les choses que nous percevons n'ont quelque chose à faire avec les
« vraies choses » que par l'entremise des sensations
sensibles. Les « choses en soi », comme les appelle
Kant, ne nous sont pas données par notre expérience.
Une chose largement plus importante que cette nouvelle orientation de la
théorie de la connaissance, c'est que Kant, pourtant, ait déterminé
au moyen de cette théorie du penser le domaine des expériences
qui nous sont possibles et donc les frontières de notre connaissance.
Si notre penser ne sert que l'objectif de rendre possibles des expériences
sur la base de nos sensations ou perceptions sensibles, toute utilisation
de notre penser, qui dépasse ces expériences, doit d'abord
être d'emblée irrecevable. L'entendement, qui pense au-delà
des limites de l'expérience, Kant l'appelle la « raison
spéculative ». Il lui oppose la « raison critique »,
qui se limite, elle, à placer les frontières convenables. Et
ici nous arrivons à un premier résultat concernant les trois
questions citées en introduction, celles de la Liberté, l'Immortalité
et Dieu. Ce qui est commun à ces trois thèmes, c'est que le
penser ose se prononcer sur les limites d'expérience possible. C'est
parfaitement égal que nous affirmions ou contestions, que la liberté,
l'immortalité et Dieu existassent ou non, nous utilisons des catégories
de notre entendement d'une manière inadmissible, en ne les rapportant
plus au donné sensible, mais au « suprasensible ».
Selon la conception de Kant, et pour cette raison, notre penser théorique
ne peut ni prouver ni réfuter la liberté de notre vouloir,
l'immortalité de l'âme et l'existence de Dieu, et devrait donc
s'abstenir de toute confrontation inutile avec ces questions. De nouveau,
je voudrais vous inviter à suivre l'argumentation de Kant en prenant
la liberté comme exemple « d'échantillon à
goûter ».
Il est vrai que Kant n'est aucunement parvenu au bout de l'étude
de ces trois questions. Ce à quoi il a été fait allusion
ici, c'est au contenu essentiel de l'oeuvre la plus vaste de Kant, qui parut
en 1781, la
En correspondance avec l'impératif catégorique, Kant s'approche
une seconde fois des grandes questions sur Dieu, la liberté et l'immortalité:
certes, chaque homme « sait », s'il examine assez en
détail sa raison pratique, sur la base de l'impératif catégorique,
ce que serait, dans une situation donnée, une action moralement convenable.
Pourtant, il ne sait pas encore nécessairement que l'impératif
catégorique doit donc devenir aussi la motivation de son action. Pour
garantir cela, la raison pratique doit créer trois « conditions »:
l'homme doit être libre, son âme immortelle et un Dieu doit exister.
Ce n'est que sous ces trois conditions, qu'il est sensé pour un être
humain de suivre l'impératif catégorique. Cela ne veut pas
dire, que la vérité de ces affirmations serait démontrée.
Cela signifie bien plutôt que sous ces conditions, alors que ces affirmations
ne sont ni à prouver théoriquement ni à réfuter,
la raison pratique ne peut rien faire d'autre que de les admettre, en tant
que réponses pertinentes, justement parce qu'elles donnent un sens
au contexte de la vie pratique et morale de l'être humain.
Cela va sans dire pour Kant que la totalité de la volumineuse
L' « échantillon » II, présente l'argumentation
sur la raison pour laquelle la liberté doit être une condition
préalable à l'action morale. L'argumentation sur l'immortalité
de l'âme et l'existence de Dieu, en tant que conditions préalables
de l'impératif catégorique compte, à mon avis, parmi
les productions théoriques les plus faibles de Kant. Elles partent
toutes deux du fait qu'un être humain, qui agit selon l'impératif
catégorique, ne doit pouvoir qu'être heureux des conséquences
de cette action: c'est seulement s'il existe un Dieu, que l'action morale
peut avoir en effet la félicité comme conséquence. Et
c'est seulement si l'âme est immortelle, qu'elle peut développer,
à un moment quelconque, la béatitude et la vertu. Même
si Kant se donne toutes les peines du monde pour donner une autre interprétation
à cette détermination étrangère à notre
action, afin qu'elle justifie l'autonomie de la raison adjurée par
lui, il ne parvient à faire ce grand écart que dans une mesure
très restreinte.
C'est d'autant plus pour cela que je voudrais apprécier à
sa juste valeur l'importance, accentuée par Kant, de l'utilisation
de la raison pratique en relation avec la caractérisation des « Lumières »
citée au début de ce texte: la philosophie de Kant représente
de ce point de vue, dans l'époque actuelle, un puissant bastion contre
l'interdiction faite à l'être humain par toute « académie,
coterie ou comité d'experts » philosophique, scientifique,
religieux ou autre: les vraies questions essentielles, qui concernent notre
existence humaine, ne se laissent pas résoudre par aucun penser aussi
théoriquement qualifié qu'il soit. En ayant en conscience l'ouverture
théorique de ces questions, nous devrions rechercher les réponses
qui confèrent un sens à nos contextes de vie pratiques. Lorsque
la recherche moderne sur le cerveau conteste la liberté de l'homme
ou bien l'existence de l'âme, nous pouvons partir de Kant pour affirmer
qu'elle est en train de se mouvoir d'une manière irrecevable bien
au-delà de ses propres expériences possibles tout comme,
il est vrai, le prêtre qui les proclame de son côté toutes
deux comme étant « des faits donnés par Dieu ».
Nous avons à rechercher la réponse dans notre vie, pour savoir
si cela a un sens pour nous de nous traiter nous-mêmes et de traiter
les autres hommes, comme des machines biologiques ou comme des êtres
libres doués d'une âme. Cela ne veut pas dire qu'il ne pourrait
pas être intéressant de se confronter avec les traités
scientifiques ou philosophiques au sujet de ces questions ou bien qu'il ne
saurait être question de rechercher des vérités religieuses.
Utiliser son propre entendement, signifie cependant faire, du propre accomplissement
pratique de sa vie, le critère pour distinguer les bonnes réponses,
ou bien aussi les questions bien posées, des semblants de vérité
théoriques.
La confrontation de Steiner avec l'oeuvre de Kant
La critique de Steiner à l'égard de la « chose
en soi » de Kant, qui est exposée dans cette forme ou une
autre semblable, n'est à présent du reste aucunement nouvelle.
On la rencontre déjà chez Hegel, et formulée de plus
dans une forme parfaitement semblable. Son accentuation par Steiner est,
à vrai dire, symptomatique, selon moi, quant à la différence
décisive entre les deux conceptions du monde: tous deux, Steiner et
Kant, posent la question en direction de l'âme humaine, de l'ordonnancement
divino-spirituel du monde et de la liberté de l'homme. Steiner recherche
dans sa philosophie, et plus encore dans son anthroposophie, des réponses
à ces questions au moyen d'une composante scientifico(-spirituelle),
et donc, sur la base d'une exigence théorique. Bien entendu ses réponses
ont des conséquences considérables pour le plein accomplissement
pratique de la vie humaine et rencontrent même peut-être leur
confirmation dans la pleine réalisation de la vie. Mais ce sont des
résultats acquis par le penser et l'investigation suprasensible, puis
ordonnés de manière logique. Kant, au contraire, conteste justement
que cette revendication théorique de notre penser ne puisse jamais
parvenir dans ces questions à des résultats valables, et fait
de l'accomplissement pratique de la vie humaine un critère pour en
décider. Selon la terminologie kantienne, la raison théorique
aurait donc clairement la primauté chez Steiner, sur la raison pratique,
chez Kant lui-même, c'est exactement l'inverse. Dans la discussion
sur la « chose en soi » cette opposition devient pour
ainsi dire poussée à l'extrême: si déjà,
je ne peux pas reconnaître le verre d'eau qui est posé sur la
table, comment pourrais-je faire ensuite à l'égard du monde
spirituel ou du destin de l'âme?
Cette opposition est déjà travaillée à fond
dans l'écrit de Steiner
Au « programme de recherche » ainsi formulé,
Rudolf Steiner est resté fidèle toute sa vie. Aussi pense-t-il
avoir trouvé des réponses aux grandes questions de Kant au
moyen de l'investigation de la « science spirituelle »:
oui, l'homme peut être libre, puisque l'investigateur dans l'esprit
peut faire des expériences dans le monde spirituel, à partir
desquelles un homme libre peut acquérir des intuitions déterminées
dans le cadre d'une situation déterminée. Oui, il existe une
âme immortelle (et innatale, à savoir préexistante à
la naissance, ndt), puisque l'investigateur spirituel peut suivre le cheminement
de cette âme au travers du sommeil et de la mort et au travers de la
réincarnation et du Karma. Oui, il existe un ordonnancement divin
du monde, dont les lois et l'évolution sont tout aussi accessibles
à l'investigateur spirituel, que le sont celles de la nature au chercheur
scientifique.
Il ne faut naturellement pas s'étonner si Kant et Steiner en viennent
à des conceptions diverses pour ce qui concerne l'éthique et
les questions de vie pratique. Pourtant, ces oppositions sont essentiellement
plus superficielles, selon moi, que celles concernant les questions ayant
trait à la théorie de la connaissance. Il est certain que quelques
critiques ponctuelles de Steiner adressées à la philosophie
pratique de Kant sont compréhensibles de par leurs différentes
conceptions du monde et visions de l'être humain. Quant à une
opposition fondamentale, elle n'existe pas. Selon moi, Steiner ne rend pas
justice à l'impératif catégorique de Kant lorsqu'il
oppose au principe moral de l'action adaptée à la situation
selon les intuitions conceptuelles et morales de Kant par ces mots: « Exactement
à l'opposé de ce principe moral se trouve celui de Kant: agis
de manière à ce que les lois fondamentales de ton action puissent
valoir pour tous les hommes. Cette phrase est la mort de toute impulsion
individuelle à l'action. Ce ne serait donc pas d'agir comme tous les
hommes qui pût être déterminant pour moi, mais c'est ce
qui est à faire pour moi, dans la situation individuelle. »
Qu'est-ce que fait d'autre Steiner, dans ce « principe moral »,
que, justement, de mettre sur pied une « loi fondamental de l'agir »
qui peut valoir pour tous les hommes? Il n'existerait donc d'opposition à
l'impératif catégorique que si Steiner
Déjà la circonstance que l'anthroposophie place à côté,
ou « au-dessus », des perceptions des sens liés
aux organes sensoriels physiques d'autres formes « suprasensibles »
de la perception, en vient à changer beaucoup de chose aux hypothèses
du penser kantien même si cela ne doit pas principalement toucher
d'abord la compréhension de la connaissance. Comme il est parfaitement
légitime, selon Kant, d'utiliser l'entendement pour l'investigation
du monde physique qui nous est délivré par les sens corporels,
il pourrait être tout aussi légitime de se servir de perceptions
suprasensibles comme bases de connaissance des réalités spirituelles.
Peut-être qu'il en résulterait des réponses de la part
de la raison théorique sur les grandes questions de l'être humain,
qui, selon Kant, ne peuvent servir que d'hypothèse à la raison
pratique. Toutes les lectrices et lecteurs, qui se trouvent vraiment sur
un chemin de connaissance anthroposophique et sur les traces de Steiner,
pourraient donc, avec Kant, en appeler à la parole directrice des
Lumières: « Aie le courage d'utiliser ton propre entendement! »
y compris dans la connaissance suprasensible.
Je dois avouer pour ma part, que je ne me trouve pas sur cette voie. Et
plus encore: que je n'ai encore rencontré personne qui semble n'avoir
pu produire plus que des efforts préliminaires. Pour moi et les autres
hommes, qui ne connaissent qu'exclusivement (ou presque exclusivement) les
connaissances des mondes supérieurs à partir des livres ou
conférences, c'est cette maxime des Lumières qui devrait prévaloir:
« Aie le courage, de te servir de ton propre entendement! ».
Il ne peut s'agir d'accepter comme révélation tout ce que l'on
peut entendre et lire ici et là. En effet, il ne suffit pas non plus
de « suivre en comprenant » ce qui est dit là;
car lorsque l'objet, sur lequel on pense, n'est que suffisamment compliqué
et que l'argumentation n'est pas trop bâclée, on peut comprendre
toute affirmation aussi bien que son contraire. Il ne nous reste donc plus
qu'à accepter, même dans le commerce régulier avec le
trésor des idées anthroposophiques, selon moi, la primauté
affirmée par Kant de la raison pratique sur celle théorique:
qu'est-ce que produit l'Anthroposophie dans les circonstances de ma vie quotidienne?
Où m'aide-t-elle à organiser ma relation au monde et celle
de mes semblables avec moi-même que ce soit dans mon travail
ou dans ma « vie privée »? Là où
elle le fait, je peux l'accepter comme une hypothèse utile à
ma vie, sans pour cela affirmer la moindre chose sur sa validité théorique.
Là où elle ne le fait pas, je devrais me tourner vers d'autres
hypothèses qui peuvent le plus souvent coexister sans aucun
préjudice à côté des premières; pas aussi
importantes, certes depuis bien longtemps, mais parfaitement utiles: toute
phrase qui, dans une conférence sur les réalités spirituelles
commence par une formulation telle que celle-ci: « C'est en effet
comme si... », je devrais lui prêter l'oreille avec
un sourire indulgent.
I. Causalité
Le point de conflit entre Kant et Steiner serait bien l'affirmation de Kant
selon laquelle il n'existerait pas de causalité dans le monde et qu'elle
ne pourrait pas être acquise par l'expérience. Comment Kant
argumenterait-il? Modifions donc un peu notre exemple et faisons-en une expérience
de penser: représentons-nous qu'une boule de billard commence à
rouler sur le tapis, sans être heurtée par quoi que ce soit.
Que penserions-nous et que ferions-nous? De nouveau la loi de causalité
deviendrait le point de départ de nouvelles expériences: nous
penserions que le mouvement de la boule, comme pour tout ce qui arrive, doit
avoir une cause et selon cette cause, nous chercherions: à
vérifier une inclinaison éventuelle de la table de billard,
la présence d'un aimant dans la boule ou présumerions même
tout autre dispositif sous la table, nous penserions à un courant
d'air ou choses équivalentes. Mais il y a une chose qu'à coup
sûr nous n'oserions sérieusement affirmer: c'est qu'il n'y a
aucune cause à cela! (Nous croirions même plutôt encore
à une cause « surnaturelle ») Nous dirions toujours
que nous n'avons pas (encore) trouver la cause et nous renoncerions
à la rechercher ou bien nous continuerions. Mais si nous ne nous laissons
plus enseigner par notre expérience, à savoir que tout ce qui
arrive ne doit
Info 3 02/2004