La Bataille de Verdun

 

 

 


 

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                                     Les Grandes Phases de la Bataille


Dans ses mémoires, le Général Falkenhayn, commandant en chef de l'Armée Allemande, a prétendu que ses intentions et ses visées, en attaquant Verdun, étaient d'écraser l'Armée Française, en l'engageant dans une bataille sur un secteur que, pour des considérations d'ordre moral, la France défendrait à tout prix.

Verdun répondait, en effet, à ces conditions, avec d'autres, d'ordre tactique, sinon stratégique et d'imprégnation du secteur français (ce que l'État Major allemand ne devait pas ignorer).

En réalité, il semble que le chef d'État Major allemand, en choisissant Verdun, préparait "un grand coup" :


1er temps : 

Attaque sur la rive droite, attirant les renforts français avec la Meuse à dos.


2ème temps : 

Irruption rapide par la rive gauche, avec grand coup de filet sur les troupes françaises de la rive droite, qui n'auraient pas eu le temps de se retirer.


3ème temps :

Exploitation du succès devant une armée française coupée en deux.

La bataille de Verdun s'est déroulée durant les années 1916 et 1917, mais la véritable épopée de Verdun se situe en 1916, du 21 février au 15 décembre, soit durant 300 jours et 300 nuits.

Ce fut, sur un front de près de 30 kilomètres, un duel à mort entre les Armées allemande et française, dont le déroulement peut se répartir en six phases :

1ère phase

Du 21 au 29 février : attaque frontale allemande sur la rive droite de la Meuse exclusivement.

2ème phase
Batailles des Ailes durant le mois de mars :
à l'Est, du côté du village et du fort de Vaux.
à l'Ouest, sur la rive gauche, aux abords du Mort-Homme.

3ème Phase

Avril et mai : attaques et contre-attaques, lutte d'usure qui a donné à Verdun ce caractère terrible qui en a fait un enfer.

4ème Phase

Grandes offensives allemandes du 23 juin et des et des 11-12 juillet sur la rive droite, malgré la bataille de la Somme, déclenchée le 1er juillet.

5ème Phase

Phase de transition : 2ème quinzaine de juillet - août - septembre

6ème Phase
Attaque française du 24 octobre 1916, avec la reprise du Fort de Douaumont, qui domine le cirque sacré de Verdun ainsi que du Fort de Vaux, le 2 novembre.
attaque française du 15 décembre 1916, avec nouvelle avance sur la rive droite.
attaque française du 20 août 1917. Front : 20 kilomètres - moitié rive gauche - moitié rive droite. Reprise du Mort-Homme et de la Cote 304, en particulier.
attaque française du 25 novembre 1917 : reprise des pentes Nord de la Cote 344 (rive droite) jusqu'au ravin d'Anglemont.
Sur les deux rives de la Meuse, nous ne sommes plus alors distants que de deux kilomètres des lignes du 21 février 1916, nous sommes de nouveau tout près du fameux Bois des Caures, où repose Driant au milieu de ses Chasseurs.

 

Crapouillot (mortier de tranchée Français)

 

Déroulement de la Bataille

                                                                                
                                                                                      Historique établi par le Colonel Texier.


Comme l'avait voulu le Général Séré de Rivières, la Région Fortifiée de Verdun (RVF) compte, à la veille de la bataille, 22 forts répartis sur deux anneaux concentriques. Malheureusement la plupart de ces ouvrages sont désarmés. En effet depuis le début du conflit, l'artillerie française est nettement surclassée par son homologue allemande. La pénurie de canons se fait cruellement sentir du côté français et à l'instar des batteries côtières, les ouvrages et les forts sont dégarnis au profit de la ligne de front. La RVF n'a pas échappé à cette règle. De plus, après la chute des forts de la ceinture de Liège en août 1914 disloqués par les 380 mm autrichiens et les 420 mm allemands, le haut commandement français ne croit plus en l'efficacité des forts. Ceux-ci sont des cibles trop exposées à l'artillerie adverse, de véritables pièges à obus voués à une destruction certaine. Plus susceptibles de se camoufler, de se fondre dans le terrain, les ouvrages de campagne leur sont préférés.
Le 20 février 1916 au soir, trois divisions d'infanterie sont stationnées dans le secteur. La 72e qui tient le secteur situé entre le bois des Caures et la Meuse, la 51e dans le secteur Ornes-bois de Ville et la 14e division stationnée entre Ornes et la route d'Étain. Deux divisions supplémentaires et 14 bataillons sont placés en réserve. L'artillerie de la place est forte de 270 canons en majorité des 75 mm.


Le général von Falkenhayn, commandant suprême des forces allemandes sur le front de l'ouest, choisit le saillant de Verdun pour attaquer en raison des nombreuses lignes d'approvisionnement qui pourront desservir ses troupes sur la ligne de front. Il est assuré d'asphyxier le saillant de Verdun, dont les Allemands contrôlent la ligne de chemin de fer au niveau de Saint-Mihiel. Cette voie ferrée est la seule voie d'approvisionnement reliant la ville à l'arrière. De plus la place de Verdun est hautement symbolique pour la France et les Allemands sont persuadés que Joffre et tout le haut commandement français lancera de nombreuses troupes dans la bataille si la ville est menacée. L'armée française sera alors saignée à blanc et elle sortira de l'affrontement tellement exsangue que la France sera contrainte de demander l'armistice...

 

Minenwerfer (mortier de tranchée Allemand)



L'offensive sera confiée à la 5ème Armée forte de dix divisions et commandée par le prince héritier d'Allemagne (le Kronprinz). Six divisions attaqueront en première ligne et deux en deuxième ligne. Plus de 1400 bouches à feu sont massées en arrière de la ligne de front : des canons de 380 sur voie ferrée, les obusiers Skoda de 380 mm et les Krupp de 420 mm destructeurs des forts de Liège, une multitude de canons de 77 mm, 150 mm, 210 mm et bien d'autres calibres. Les objectifs allemands sont clairs : il s'agit de saturer d'obus un petit secteur de 20 km de large sur 4 km de profondeur, afin d'annihiler toute défense française dans cette zone.

 


 


L'offensive allemande

Les conditions climatiques défavorables de l'hiver 1916 repoussent l'offensive allemande au 21 février. Le barrage d'artillerie est déclenché à 7 h15, il surprend complètement les troupes françaises et se prolonge jusqu'à 16 h, heure à laquelle les 6 divisions allemandes montent à l'assaut. La première ligne française a été pulvérisée par le bombardement et les troupes allemandes la dépassent sans même le réaliser. La progression est difficile car le déluge d'artillerie a "gommé" tous les points de repère. Les Allemands se contentent de gagner les objectifs qui leur ont été fixés sans même tenter de pénétrer plus avant dans le dispositif français complètement désorganisé. Les soldats français rescapés peuvent profiter de ce répit inespéré pour se retrancher dans les cratères d'obus et opposer une vive résistance à l'infanterie allemande lorsque celle-ci reprend sa progression. Ainsi dans le bois des Caures, les 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied du lieutenant-colonel Driant résistent seuls face à une division allemande. Ces deux bataillons perdent en 24 heures plus de 80% de leurs effectifs. Les combats isolés des débris des trois divisions françaises se prolongent jusqu'au 25 février, bloquant toute nouvelle progression et permettent au haut commandement français d'acheminer à la hâte des renforts dans le secteur de Verdun.

Du 24 au 25 février de nouvelles divisions françaises, la 37e division africaine, les 16e, 39e et 153e divisions d'infanterie (DI) sont lancées dans la fournaise avec pour consigne de s'opposer à tout prix à la progression adverse. L'artillerie allemande fait un carnage et le 25 les troupes françaises sont contraintes d'évacuer la plaine de la Woëvre. Ce même jour, le fort de Douaumont est pris par surprise par l'infanterie allemande. Les 51e et 72e DI ont perdu en quatre jours de combat plus de 60% de leurs effectifs.
Le 26 à l'issue d'un nouveau bombardement d'artillerie, l'armée allemande repart à l'assaut. Les troupes du Kronprinz sont à moins de 5 Km de Verdun et le fort de Vaux se trouve maintenant en première ligne. Cependant, les assaillants ne peuvent progresser plus avant. Les réserves de munitions sont épuisées et les combattants sont exténués après six jours de combats ininterrompus. L'offensive s'interrompt alors pendant quelques jours. Ce répit est mis à profit par le commandement français pour acheminer de nouveaux renforts et organiser la défense du saillant de Verdun. 


Le Kronprinz lors d'une remise de décoration à l'arrière du front

 


Le 25 février, jour de la chute du fort de Douaumont, le général Pétain est nommé à la tête de la IIe armée affectée désormais au front de Verdun. Le front est maintenant stabilisé, il s'agit de réorganiser les voies d'approvisionnement du saillant afin d'empêcher son asphyxie. La voie ferrée étant impraticable, la seule artère utilisable est la route départementale de Bar-le-Duc à Verdun. Pétain fait remettre en état cette route et organise le trafic qui doit transiter sur ce qui s'appellera désormais la "Voie Sacrée" : 2000 tonnes de munitions, 2000 tonnes de vivres et 20 000 hommes par jour. Presque tout l'approvisionnement du front transite désormais jour et nuit par cette artère interdite aux convois hippomobiles. S'instaure un système de relève qui permet aux troupes de ne pas séjourner trop longtemps en première ligne : 2 jours en première ligne, 2 jours en deuxième ligne et 2 jours à l'arrière. Cette rotation sera bientôt allongée à 3 jours pour pallier les lourdes pertes subies au front. Les divisions françaises sont littéralement étrillées pendant leur séjour en première ligne. Elles perdent en moyenne 25% de leurs effectifs le premier jour de leur présence sur le front. 

Face à eux, les divisions allemandes ne sont pas relevées, mais leurs pertes sont constamment comblées par un apport constant de troupes fraîches. Les combattants allemands connaissent donc parfaitement le terrain et peuvent instruire les soldats nouvellement incorporées pour combler les pertes. Cependant cette absence de rotation des effectifs combattants a un impact négatif sur le moral des soldats qui une fois sur le front, pensent ne plus pourvoir quitter la fournaise vivants. Ainsi, face aux neuf divisions françaises présentes en première ligne à partir du mois de mars avec des effectifs plus ou moins complets, les neufs divisions allemandes combattent toujours avec un effectif complet. Outre le nombre de combattants, la disproportion est encore plus flagrante dans l'équipement. Les troupes allemandes sont bien pourvues en obusiers, mortiers de tranchées, canons de campagne et artillerie lourde. De profonds abris creusés aussitôt le terrain occupé permettent aux troupes de seconde ligne de se reposer à l'abri des obus français. L'eau courante est apportée jusqu'en deuxième ligne par des canalisations profondément enterrées. Le combattant allemand n'est pas tenaillé par la soif comme l'est constamment le combattant français.

 

 

 

La bataille des ailes                                                                                            

L'offensive allemande reprend le 4 mars sur la rive droite de la Meuse. Mais Pétain redoute une attaque sur la rive gauche. Suivant ses directives, le général de Bazelaire chef du 7e corps d'armée a fait renforcer le secteur entre Cumière et Avocourt.Les lignes de défense, tenues par quatre divisions passe par la côte 304 et le Mort-Homme. 

Le 5 mars, un violent bombardement de l'artillerie allemande s'abat sur la rive gauche. Deux divisions allemandes les 11. et 12. Reserve Divisionen se lancent à l'assaut le 6 au matin. Les Allemands s'emparent du bois des Corbeaux mais face à une vive résistance de l'adversaire, ils ne peuvent progresser plus avant. Le 8 mars une contre-attaque française rejette les Allemands au-delà du bois des Corbeaux. Les Allemands réitèrent leurs attaques les 9 et 10 mars. Le 10 au soir les Allemands occupent les pentes nord du Mort-Homme, mais les Français en tiennent solidement le sommet. Les assaillants renouvellent leurs attaques du 13 au 15 mars, mais le sommet du Mort-Homme reste français. L'activité allemande va alors se déplacer à quelques kilomètres à l'ouest.
Le 20 mars, la 11. Bayerische Infanterie Division disloque une brigade de la 29e DI. La division voisine, la 11e DI résiste pied à pied. Mais les attaquants réussissent néanmoins à conquérir le village de Béthincourt entre la côte 304 et le Mort-Homme. Les attaques allemandes continuent jusqu'au 9 avril mais elles ne peuvent déboucher. En un mois d'attaques incessantes, les Allemands n'ont progressé sur la rive gauche que de deux kilomètres sur un front large de six. Les pertes sont très importantes chez l'assaillant. A partir du 10 avril, von Falkenhayn change de tactique, aux attaques d'envergure succèdent des attaques localisées et un matraquage constant des positions françaises par son artillerie toujours maîtresse du champ de bataille

 

Montée au front d'un bataillon d'infanterie Français

 


 

La contre-offensive française
                                                                                           

Le 1er mai, le général Joffre nomme le général Pétain à la tête du groupe d'armées du centre (IIe, IIIe, IVe et Ve armées). Cette promotion marque un changement de tactique au sein du grand quartier général (GQG) français, en effet Pétain le défenseur est remplacé par un attaquant le général Nivelle anciennement à la tête du 3e corps d'armée. A la nomination de Nivelle, la IIe armée compte 7 corps d'armée (les 2e, 3e, 7e, 9e, 12e, 14e et 32e CA) soit 25 divisions.

Le front de Verdun étant stabilisé, le général Nivelle envisage une attaque pour reconquérir le fort de Douaumont. La date de l'offensive française sur la Somme approchant, les divisions sont engagées prioritairement sur ce front si bien que Joffre n'autorise l'emploi que d'une seule une division dans l'attaque de l'ouvrage livré à l'ennemi sans combat le 25 février. La 5e division du général Mangin est choisie pour cette attaque. La préparation d'artillerie commence le 17 mai et les troupes d'assaut gagnent leurs positions de départ à partir du 20 mai. L'artillerie française est nettement surclassée par son homologue adverse si bien que les pertes sont élevées au sein de la division Mangin pendant les deux jours précédant l'attaque. 

Les travaux préalables à l'assaut sont insuffisants car il faut recreuser chaque nuit les abris et les tranchées d'approche qui sont détruites méthodiquement pendant la journée par les obus allemands. L'attaque débute le 22 mai à 11 h 50 derrière un feu roulant de 75 qui disloque les premières lignes allemandes au centre et à gauche de l'axe d'attaque. Les assaillants progressent, sans se soucier du feu meurtrier des mitrailleuses et de l'artillerie adverse, à travers la zone de 600 m séparant les premières lignes françaises du fort, parviennent aux fossés de gorge du fort d'où elles s'infiltrent sur les superstructures. Sur la droite la résistance allemande empêche toute progression.

Les superstructures ouest du fort sont conquises. Les allemands se retranchés dans les parties souterraines de l'ouvrage demandent un appui à leur artillerie. 

Les positions sur les hauts du forts deviennent vite intenables pour les Français qui malgré l'arrivée de renforts ne peuvent investir le reste du fort. A partir du 23 les éléments français perdent le contact avec leurs lignes, l'encerclement se précise. Les soldats survivants combattent avec l'énergie du désespoir et cessent le combat le 24 mai au petit matin. La reprise du fort de Douaumont s'est soldée par un échec cuisant avec de lourdes pertes côté français.

 

Mitrailleurs Français pendant les combats autour du fort de Vaux

 


 

La prise du fort de Vaux                                                                                           

Du côté allemand, les pertes ont augmenté de façon conséquente et les gains territoriaux sont infimes depuis le 25 février. Le général von Falkenhayn, décide de reprendre l'offensive afin de justifier par des gains territoriaux conséquents, les pertes allemandes qui augmentent dramatiquement depuis l'offensive de février. Le fort de Vaux sera le premier objectif. Il est défendu par une garnison de 200 hommes sous les ordres du commandant Raynal auxquels il faut ajouter 400 hommes rescapés des unités initialement positionnées aux alentours qui ont trouvé refuge dans les oeuvres vives de l'ouvrage afin d'échapper aux obus allemands...

 



L'ultime offensive allemande

La dernière offensive allemande a lieu le 11 juillet, les troupes du Kronprinz s'emparent du village de Fleury et atteignent même le fort de Souville dont elles sont aussitôt chassées par une contre-attaque française. Les pertes des assaillants sont énormes (plus de deux tiers des effectifs) et aucun des objectifs fixés n'est atteint. Après cette date, les Allemands se tiendront désormais sur la défensive d'autant plus que plusieurs divisions sont transférées de Verdun vers la Somme pour y contrer l'offensive franco-anglaise. L'initiative est désormais du côté français...



La reconquête des forts

Le 29 août, Hindenburg remplace von Falkenhayn disgracié à la tête du haut commandement allemand sur le front Ouest. Le 2 septembre, Hindenburg donne l'ordre à l'état major de la 5. Armée de suspendre toute attaque sur Verdun. Des divisions allemandes sont prélevées sur le front de Verdun pour contrer l'offensive alliée qui se développe dans la Somme. L'initiative passe alors du côté français.

Déjà, le 18 août, le régiment d'infanterie coloniale du Maroc avait reconquis les ruines du village de Fleury. La reprise du fort de Douaumont peut alors être envisagée. Rien n'est négligé pour cet assaut décisif. De nombreuses bouches à feu sont convergent vers le secteur dont deux mortiers de 400 mm sur voie ferrée qui le moment venu, assommeront le fort avec leurs obus géants. Les travaux préparatoires sont minutieux, des lignes téléphoniques sont profondément enterrées entre les premières lignes et les postes de commandement. Les voies d'accès sont reconstruites et empierrées. De nouvelles tranchées et des parallèles de départ sont creusées. Le bombardement effectué par les 654 pièces françaises commence le 21 octobre. Le 23, trois divisions (38e, 74e et 133e ) prennent position pour l'attaque, en réserve trois autres divisions (7e, 9e et 63e) et deux en seconde ligne. En face les troupes allemandes fortes de sept divisions sont appuyées par 800 canons. Cependant le dispositif allemand est reparti en profondeur si bien qu'en première ligne les allemands n'ont massé que 22 bataillons.

Les trois divisions montent à l'assaut à 11 h 40 le 24 octobre. A 12 h l'ouvrage de Thiaumont est pris, à 15 h les Français sont sur les superstructures du fort de Douaumont dont la garnison allemande capitule à 20 h. Les assauts en direction du fort de Vaux restent infructueux. Le 28 octobre Nivelle décide une nouvelle attaque en direction de l'ouvrage. Le 1er novembre les 7e, 9e 22e et 33e DI gardées jusque là en réserve gagnent les premières lignes. La préparation d'artillerie débute le premier et le 3 à 1 h du matin, des éléments de la 22e DI occupent le fort de Vaux évacué par la garnison allemande. Les deux symboles de la bataille, les forts de Vaux et de Douaumont sont de nouveau aux mains des français. Le 15 décembre, une nouvelle attaque effectuée par les 37e 38e 126e et 133e DI libère la zone de couverture des forts. En 1917, le général Guillaumat achèvera la reconquête du terrain perdu sur la rive gauche en 1916.

L'armée allemande a perdu 330 000 hommes (dont 143 000 tués) sur le front de Verdun pendant l'année 1916. Aucun des objectifs fixés par l'état major allemand n'a été atteint : ni l'occupation de la ville, ni l'hécatombe de l'armée française puisque les pertes sont aussi élevées dans les deux camps. L'armée française n'est nullement exsangue car elle a l'initiative de l'attaque à la fin 1916 comme elle l'aura encore début 1917. A la fin de l'année 1916, sur le front de l'ouest l'armée allemande est usée et son moral est bas. Du côté français Verdun aura révélé des stratèges comme Pétain le défenseur, économe de la vie de ses soldats ou le binôme d'attaquants Nivelle-Mangin qui par l'application de tactiques nouvelles alliant une coopération minutieuse entre l'infanterie, l'artillerie et des armes nouvelles comme l'aviation a su emporter la décision sur le saillant. Nivelle remplacera Joffre à la tête du GQG en 1917, il aura carte blanche pour l'organisation de l'offensive du Chemin des Dames en avril 1917...

 

Apres une remise de décoration à l'arrière du front

 

 


 Résumé chronologique de la Bataille

 

                           Du 21 février au 15 décembre 1916, Bilan : 720 000 victimes - 43 000 000 d'obus




21 février 
L'attaque allemande est déclenchée. L'ennemi occupe le Bois des Caures et un saillant que formait notre ligne au nord de Beaumont. 


22 février 

Nous reprenons une partie du bois des Caures. Par contre l'ennemi pénètre dans celui de la ville. Au nord d'Ornes, des assauts allemands sont enrayés. Mort du lieutenant-colonel Driant. 


23 févrie
Bombardement violent sur les deux rives de la Meuse. Évacuation de Brabant-sur-Meuse, Samogneux et Ornes. 


24 février 
La ligne de résistance française est organisée en arrière de Beaumont, sur les hauteurs à l'Est de Champneuville et au Sud d'Ornes. Des attaques allemandes à gros effectifs sur la côte du Poivre et sur le bois de la Vauche sont repoussées. 


25 février 

Le fort de Douaumont est pris par l'ennemi. Le général Pétain est nommé à la tête de la 2ème Armée sur le front de Verdun. 


26 février 
Les attaques allemandes vers Champneuville et la côte du Poivre sont arrêtées. 


27 février 
Au nord de Verdun, les allemands attaquent la ferme et le bois d'Haudremont ; ils attaques également entre la hauteur de Douaumont et le plateau au Nord de Vaux ; toutes ces attaques échouent. La côte du Talou, battue par les deux artilleries, n'appartient à personne. En Woëvre, prise de contact de l'ennemi avec nos avant-postes, vers Blauzée et Moranville.

 
28 février 
Les troupes françaises encerclent étroitement le fort de Douaumont devenu allemand. Les attaques partielles ennemies dans la région du fort sont repoussées. Les allemands installés dans une petite redoute à l'Ouest du fort sont rejetés. 


1er mars 
Les allemands s'emparent de Manheulles. Une contre-attaque française est menée ce qui permet l'installation de troupe à la lisière Ouest du village.

 
2 mars 
De violentes attaques allemandes sont brisées dans la région de Douaumont. 


3 mars 
Lutte d'infanterie très vive aux abords du village de Douaumont, près de Vaux. 


4 mars 
Bombardements allemands intenses, puis attaques repoussées par les feux français à l'Est de la côte du Poivre. Le village de Douaumont est chèrement disputé ; français et allemands l'occupent successivement à plusieurs reprises. 


5 mars 
Une attaque allemande contre nos positions à l'Est de Vacherauville est repoussée. 


6 mars 
Violent bombardement par les Allemands, de Béthincourt à la Meuse ; ils s'emparent de Forges, mais ne peuvent prendre pied sur la côte de l'Oie. 


7 mars
 
A l'Ouest de la Meuse, à la suite d'un violent bombardement, l'ennemi progresse, de nuit, entre Régenville et la côte de l'Oie ; il occupe la côte 265, et prend pied, à la suite de nombreuses attaques d'infanterie, dans le secteur du bois des Corbeaux. A l'Est de la Meuse, les Allemands pénètrent dans une redoute de la région d'Hardaumont ; une contre-attaque les en rejette. En Woëvre, ils s'emparent de Fresnes. 


8 mars 
A l'Ouest de la Meuse, nous repoussons une attaque à gros effectifs sur nos positions de Béthincourt ; nous reprenons la plus grande partie du bois des Corbeaux. A droite de la Meuse nous reperdons la redoute d'Hardaumont. 


9 mars 
A l'Ouest de la Meuse, nous tenons la quasi-totalité du bois des Corbeaux. A l'Est, les Allemands dirigent de nombreuses attaques de Douaumont jusque Vaux ; toutes sont brisées et les pertes de l'ennemi au pied du fort de Vaux sont énormes. 

10 mars 
L'ennemi reprend la partie du bois des Corbeaux conquise par les français la veille. A l'Est de la Meuse, nous rejetons deux offensives allemandes près du village de Douaumont et paralysons une attaque en préparation contre le village de Vaux. 


11 mars 
A l'Ouest de la Meuse, forte attaque allemande le long de la route Béthincourt-Chattancourt ; l'ennemi prend un boyau que nous reprenons presque aussitôt. A l'Est de la Meuse, il pénètre dans quelques maisons de Vaux et essaye vainement d'atteindre les fils de fer du fort de Vaux. Un avion fokker est abattu près de Douaumont. 


12 mars 
A la droite de la Meuse, une attaque allemande à la grenade , près du bois Carré (côte du Poivre) est facilement repoussée. En Woëvre, nous perdons une tranchée au Nord d'Eix. 


14 mars 
A l'Ouest de la Meuse, les Allemands prennent pied sur deux points de nos tranchées entre Béthincourt et le Mort-Homme. 3 avions allemands sont abattus dans la région de Verdun. 


15 mars 
Nous reprenons une partie des éléments de tranchées perdus au Mort-Homme ; Escarmouches à la grenade sur les pentes du fort de Vaux.
A l'Ouest de la Meuse, une violente attaque allemande contre le Mort-Homme est complètement brisée. 


17 mars 
A l'Est de la Meuse, cinq attaques allemandes contre Vaux et le fort de Vaux sont successivement brisées.
Les allemands dirigent une série d'attaques partielles entre le village de Vaux et la région au sud de la ferme d'Haudremont. Partout nos tirs de barrage les arrêtent. 


18 mars 
Attaque assez vive d'infanterie allemande contre notre front Vaux-Damloup ; elle échoue sous nos feux. 


19 mars 
Une division allemande dirige une attaque accompagnée de jets de liquide enflammé sur nos positions entre Avocourt et Malancourt (Ouest de la Meuse). L'assaillant ne progresse légèrement que dans la partie Est du bois de Malancourt. 


21 mars 
Les Allemands, à la suite d'une attaque accompagnée de jets de liquides enflammés, s'emparent du bois d'Avocourt (partie Sud-Est du bois de Malancourt). Un avion Taube est abattu près de Douaumont. 


22 mars 
A l'Ouest de la Meuse, les Allemands attaquent de nouveau notre front entre la corne du bois d'Avaucourt et le village de Malancourt. Ils prennent pied sur le mamelon d'Haucourt. 


23-27 mars 
Pendant cette période, violent bombardement réciproque sur les deux rives de la Meuse ; aucune action d'infanterie. 


27 mars 
Un avion allemand est abattu dans la région de Douaumont. 


28 mars 
Violente attaque allemande sur le front Haucourt-Malancourt ; elle échoue sous nos feux. 


29 mars 
Nous enlevons la corne Sud-Est du bois d'Avaucourt et le réduit d'Avaucourt. Par contre, les Allemands prennent pied dans un ouvrage avancé et dans deux maisons du village de Malancourt. 


30 mars 
A l'Ouest de la Meuse, vaines attaques ennemies à Malancourt et Avaucourt. A l'Est de la rivière, deux attaques allemandes sur nos positions près du fort de Douaumont sont brisées. Cinq avions allemands sont abattus près de Verdun. 


1er avril
Les allemands s'emparent de Malancourt. Ils sont repoussés au Mort-Homme et en Woëvre, à l'Est d'Haudromont. 


2 avril 
Au cours d'une attaque, les Allemands prennent pied dans la partie Ouest du village de Vaux. Une autre attaque entre Vaux et le fort de Douaumont échoue sous nos feux. 


3 avril 
L'ennemi occupe le bois de la Caillettes (entre Vaux et le plateau de Douaumont) ; une contre-attaque le repousse dans la partie Nord du bois. 


4 avril 
A l'Ouest de la Meuse, nos feux dispersent une attaque violente entre Béthincourt et Haucourt, sur nos positions reportées dans la nuit du 31 mars de la rive Nord à la rive Sud de la Meuse. A l'Est de la rivière, nous refoulons l'ennemi jusqu'à la lisière nord du bois de la Caillette et au Nord de l'étang de Vaux ; nous réoccupons la parti Ouest du village de Vaux. Quatre avions allemands sont abattus près de Verdun. 


5 avril 
A l'Est de la Meuse nous progressons dans les boyaux au Nord du bois de la Caillette. A l'Ouest de la Meuse, les Allemands échouent devant Béthincourt, mais s'emparent d'Haucourt. Par contre, nous enlevons le bois Carré. Au Sud-Ouest du fort de Douaumont nous progressons de 200 mètres sur un front de 500 mètres.


8 avril 
A l'Ouest de la Meuse, une puissante attaque allemande pénètre dans notre tranchée de première ligne le long de la route de Béthincourt-Chattancourt ; une contre-attaque la rejette de la majeure partie de la tranchée occupée. Une autre attaque allemande aux environs immédiats d'Haucourt est brisée par nos feux de mitrailleuses et nos tirs de barrage. Notre progression continue dans les boyaux ennemis au Sud-Ouest du fort de Douaumont. 


9 avril 
Les Allemands prennent pied dans deux petits ouvrages situés entre Haucourt et la côte 287où nous sommes. Nous repoussons une attaque au Nord du fort de Vaux.

 
10 avril 
A l'Ouest de la Meuse, violente bataille d'Avocourt à Cumières ; nous évacuons Béthincourt qui forme saillant, et brisons toutes les attaques contre la nouvelle ligne que nous avons établie d'Avocourt Chattancourt. Sanglant échec allemand du Mort-Homme à Cumières, entre le bois d'Avaucourt et le ruisseau de Forges, et enfin au Sud-Est d'Avaucourt. Durant la nuit, l'ennemi prend pied dans une tranchée avancée sur le front Cumières-Mort-Homme. A l'Est de la Meuse, les attaques allemandes n'ont pu déboucher. 


11 avril 
Des offensives ennemies avortent sous nos feux à l'Ouest de la Meuse dans la région de Haucourt-Béthincourt, sur le front Mort-Homme-Cumières, ainsi qu'à l'Est de la rivière, au bois de la Caillette. Deux fokkers sont abattus, l'un à Esnes, l'autre en Woëvre.

 
12 avril 
Après un bombardement violent, accompagné d'envoi d'obus lacrymogènes, les Allemands attaquent nos tranchées entre Douaumont et Vaux. Ils prennent pied dans quelques éléments de nos lignes, mais en sont rejetés par une contre-attaque. 


13 avril 
A l'Ouest de la Meuse, une attaque allemande contre le bois des Caurettes est repoussée. 


14 avril 
Devant la côte 304 (Ouest de la Meuse), l'ennemi essaye de sortir de ses tranchées ; il n'y parvient pas.

 
15 avril 
Petite attaque sur nos positions près de Douaumont ; elle est repoussée. 


16 avril 
Nous déclenchons une attaque sur les positions allemandes au Sud de Douaumont ; nous occupons quelques éléments de tranchées et faisons 200 prisonniers. 


17 avril 
Région de Douaumont, violente offensive allemande sur un front de 4 kilomètres (effectif : 2 divisions). Les Allemands, qui n'ont réussi qu'à occuper un petit saillant au Su d du bois de Chauffour, en sont rejetés en partie par une contre-offensive. 


18 avril 
Au Nord-Ouest de l'étang de Vaux, nous attaquons, et occupons des éléments de tranchées et une redoute fortifiée ; nous capturons 230 prisonniers et du matériel. 


19 avril 
Sur la rive gauche de la Meuse, nous progressons au Mort-Homme, enlevons une tranchée au bois des Caurettes et faisons 150 prisonniers. A l'Est de la rivière, grosse offensive allemande sur un front de 2 kilomètres ; l'ennemi prend pied dans nos lignes (Sud du fort de Douaumont et Nord de l'étang de Vaux) ; notre contre-offensive le refoule ensuite. Nous progressons d'autre part dans le secteur Sud du bois d'Haudremont (Ouest de Douaumont).

 
23 avril 
Quatre attaques allemandes échouent, trois au Mort-Homme et une au Nord du bois des Caurettes. 


24 avril 
A l'Ouest de la Meuse, nous réussissons un coup de main à Avocourt. 


25 avril 
Des reconnaissances ennemies sont dispersées au Sud d'Haucourt, légère progression au bois des Caurettes où nous faisons une trentaine de prisonniers.
Échec de quatre attaques allemandes, trois au Mort-Homme, une dans le secteur d'Avocourt. 4 avions allemands sont abattus dans la région de Verdun 


1er mai
Le Général Nivelle est nommée commandant de la IIème Armée. 


2 mai 
A l'Est de la Meuse, nous enlevons 500 mètres de tranchées et faisons 100 prisonniers au Sud du fort de Douaumont. 


4 mai 
Nous enlevons des positions allemandes au Nord-Ouest du Mort-Homme. 


5 mai 
Une petite attaque allemande contre les positions que nous avons enlevées la veille au Mort-Homme, est arrêtée par nos feux. 


6 mai 
A l'Ouest de la Meuse, une violente attaque allemande est dirigée contre nos positions Nord de la côte 304. L'attaque échoue dans son ensemble, l'ennemi toutefois prend pied dans quelques éléments de notre tranchée avancée. 


7 mai 
Le bombardement de nos positions de la côte 304 par les Allemands, devient d'une telle violence que nous devons évacuer une partie des tranchées de la pente Nord, rendue intenable. 


8 mai 
Au petit matin, panique dans le fort de Douaumont (alors occupé par les troupes allemandes), des explosions accidentelles font 678 morts dont 28 officiers, les corps seront entassé dans une fosse à l'intérieur du fort. Forte attaque allemande entre la côte 304 et le Mort-Homme ; l'ennemi n'arrive à pénétrer que dans un de nos boyau, à l'Est de la côte 304. Sur la rive droite de la Meuse, entre le bois d'Haudremont et le fort de Douaumont, les Allemands enlèvent 500 mètres de tranchées.

 
9 mai 
La lutte continue acharnée à la côte 304 ; nous y reprenons le boyau perdu la veille.
Sur la rive droite de la Meuse, dans la région d'Haudremont, nous reprenons le presque totalité des tranchées perdues la veille. 


10 mai 
A la côte 304, trois attaques allemandes échouent. Dans la région d'Haudremont nous achevons de reprendre les éléments de tranchées perdus l'avant-veille. 


11 mai 
Sur la rive gauche de la Meuse, infructueuse attaque allemande sur nos positions aux abords de la côte 287. Nous attaquons l'autre côté, sur les pentes Ouest du Mort-Homme et occupons quelques éléments d'une tranchée ennemi. 


12 mai 
Échec d'une attaque allemande à l'Ouest de l'étang de Vaux. 


13 mai 

Au Mort-Homme, deux attaques allemandes échouent. Autre échec allemand au Sud-Est du fort de Douaumont. 


14 mai 
Rive gauche de la Meuse. Nous progressons autour de la côte 287 ; des attaques allemandes échouent à la côte 304 et au Mort-Homme. Rive droite. De nouvelles et violentes attaquent allemandes échouent au Sud-Est du fort de Douaumont et au Nord de la ferme de Thiaumont. 


16 mai 
Échec d'une attaque allemande sur nos positions à l'Ouest de la côte 304. 


17 mai 
Trois avions allemands sont abattus à Verdun. 


18 mai 
Échec d'une attaque ennemie contre nos positions du bois d'Avocourt et de la côte 304. 


19 mai 
Nouvelles et violentes attaques dans la région du bois d'Avocourt et de la côte 304. les Allemands un petit ouvrage au centre de notre ligne. partout ailleurs, ils échouent. 


20 mai 
Attaque allemande à large envergure dans la région du Mort-Homme. L'ennemi réussi dans les secteurs Est et Nord, à occuper notre première ligne, mais est repoussé de notre seconde ligne. 


21 mai 
Attaques allemandes à la côte 304 et au Mort-Homme, dans ce dernier secteur, l'ennemi occupe une de nos tranchées avancées, mais subit ensuite un échec complet. Par contre aux abords de la route d'Haucourt à Esnes, nous enlevons deux tranchées allemandes. Rive droite de la Meuse, nous enlevons les carrières d'Haudromont. 


22 mai 
Rive gauche de la Meuse. Nous progressons au sud de la côte 287 et reprenons plusieurs petits ouvrages occupés par l'ennemi, nous réalisons également des progrès au Mort-Homme. Rive droite, nous déclenchons une forte attaque, de l'Ouest de la ferme de Thiaumont à l'Est du fort de Douaumont, sur un front de 2 kilomètres ; sur tout le front d'attaque, nous enlevons les tranchées allemandes et récupérons le fort de Douaumont, partie Nord exceptée. 


24 mai 
Les Allemands attaquent au Mort-Homme ; une première attaque est infructueuse ; la deuxième prend pied dans une de nos tranchée à l'Ouest ; notre contre-attaque immédiate refoule entièrement l'ennemi. Rive droite de la Meuse, lutte acharnée dans la région de Douaumont. Nous maintenons intégralement nos positions conquises la veille. 


25 mai 
Rive gauche de la Meuse, tous les assauts allemands contre nos positions au Mort-Homme sont brisés ; par contre l'ennemi parvient à occuper Cumières. Rive droite, l'ennemi réoccupe le fort de Douaumont dont nous tenons les abords immédiats. 


26 mai 
Rive gauche de la Meuse, nous progressons à l'Est de Cumières. Rive droite, actions offensives allemandes entre le bois d'Haudromont et la ferme de Thiaumont. Elles sont repoussées sauf sur un point où l'ennemi occupe un de nos éléments de tranchée. 


27 mai 
L'élément de tranchée occupé la veille par les Allemands (région d'Haudromont-Thiaumont) est repris. Une attaque dirigée sur nos tranchées, aux abords du fort de Douaumont, est repoussée. 


28 mai 
Rive gauche de la Meuse, nous réoccupons en partie le village de Cumières et progressons au Sud-Ouest du Mort-Homme. Rive droite, nous progressons au Nord-Ouest de la ferme Thiaumont et repoussons une attaque allemande aux abords du fort de Douaumont. 


30 mai 
Rive gauche de la Meuse, diverses attaques allemandes. Deux qui débouchaient du bois des Corbeaux et deux autres dirigées contre la côte 304, sont brisées par nos feux. Par contre entre le Mort-Homme et Cumières, l'ennemi attaquant parvient sur un point de notre ligne à prendre pied sur un front de 300 mètres dans une de nos tranchées avancées. 


31 mai 
Puissante attaque allemande entre le Mort-Homme et Cumières, nous nous maintenons aux lisières Sud du village de Cumières, mais dans la région du bois des Caurettes, nous replions nos éléments avancés au Sud du chemin de Béthincourt à Cumières. 



Renforts Français à proximité de la "Voie Sacrée"