La Position Fortifiée d' Anvers

 

 

 

 

 

Extrait du Site de Mr Jean Puelinckx : www.thissen-laboratories.com/forts/main

 

Etat de la Position Fortifiée Anvers en 1914

Anvers constitue le "Réduit National". C'est une place des plus fortes de l'Europe. Elle est constituée d'une enceinte de guerre, de 22 ouvrages modernes non tous terminés ainsi que d'inondations par barrages sur l'Escaut. Ces étendues inondées (profondeur moyenne 2 à 3 m) sont navigables en petits bateaux pour permettre l'approvisionnement des troupes. La garnison représente 40.000 hommes. Une petite place forte à Dendermonde à 30 Km en amont sur l'Escaut avec la Dendre barre le passage vers Anvers. Dans les forts et les redoutes de la rive droite, seul le gros œuvre était achevé. Les avant-cuirasses de nombreuses coupoles n'avaient pas leur anneau protecteur de béton. Les canalisations électriques et téléphoniques restaient inachevées, l'armement incomplet, les projecteur quasi inexistants. Aucun ouvrage n'était à l'épreuve d'un calibre supérieur à 21 cm. Les intervalles devaient être organisés de toute pièce. La 2ème ligne était constituée par l'enceinte de 1859 (forts 1 à 8) déclassée, mais non encore démantelée. Elle avait perdu toute valeur défensive.

                                                   

 

Les combats en 1914

Le 2/8 à 19 h : L'ultimatum allemand est communiqué au gouvernement belge

Le 4/8 : Des troupes allemandes envahissent la Belgique

Le 5/8 : Les soldats Allemands pénètrent dans Visé pour passer la Meuse au gué de Lixhe

Le 6/8 : L'armée allemande se heurte aux forts de Liège

Le 15/8 : Bataille de Dinant et la Reine ainsi que le gouvernement s'établissent à Anvers

Le 16/8 : Le dernier fort de Liège se rend à l'ennemi

Le 17/8, le soir : Bataille de Haelen, dernière grande charge de cavalerie en Europe, dont les Belges sortent victorieux. Les Belges sont également retranchés à Diest, avec leur PC, derrière la route de Hougardcampteck

Le 19/8 : Bombardement des forts du Nord-Est de Namur et offensive allemande à Aarschot

Le 20/8 : Les Allemands font leur entrée à Bruxelles, ville ouverte. PFA : entre Clamphout et Anvers, on travaille jour et nuit, avec de nombreux volontaires, pour abattre les arbres, les villas et tout ce qui pourrait gêner le tir. Des retranchements sont élevés en divers endroits, les portes percées dans les murs de l'enceinte sont rebouchées, et les inondations près de la ligne des forts de Kapellen à Kontich exécutées. En ville, les drapeaux anglais, français et belges flottent tandis que le Roi Albert visite les avant-postes.

Les 21et 22/8 : Bataille de Charleroi avec l'aide des Français. Un détachement de cavalerie de la défense mobile d'Anvers se porte vers Herenthout où il rencontre des cavaliers allemands en nombre supérieur. Le combat se termine après plusieurs heures par le retrait des Allemands avec leurs blessés. On dégage les champs de tir en rasant tout ce qui peut servir d'abri à l'ennemi, on enlève les pavés des routes pour lui rendre difficile l'approche, on détruit la Porte de Termonde.

La nuit du 24 au 25/08 : Un zeppelin survole Anvers et lance six bombes. Une explose près du palais royal, une atteint l'hôpital Ste Elisabeth, les autres tombent sur des habitations privées et y tuent 12 personnes

Le 25/08 : Combats autour de Tournai

Le 26/08 : Les Allemands occupent Malines, les Belges les harcèlent, ces 20.000 soldats ennemis, par une manoeuvre dirigée par le Roi. Le IV ème Corps d'Armée ennemi, qui s'était mis en route vers le Sud, est rappelé en renfort

Le 27/08 : Nouvelle offensive allemande sur Malines, par 20.000 soldats, effectif qui devait être doublé. Malines est bombardé pour la première fois

Le 28/08 : Bombardement plus violent sur Malines, ainsi que sur Heist-op-den-Berg en réponse au refus des Belges de livrer les forts de Walem et de Wavre-Ste-Catherine. Pendant ce temps, ces deux forts ripostent et les troupes belges résistent. Raids de cavalerie allemande pour pillage et prise d'otages sur Westmeerbeek, Booischoot (200 otages), et Aarschot. Les otages sont déportés en Allemagne

Le 30/08 : Après trois jours de bombardement, les forts de Walem, Wavre-Ste-Catherine et Koningshooickt sont condamnés. Ils ne peuvent plus jouer leur rôle de fort d'arrêt, mais plutôt de point d'appui. En octobre, ils seront évacués au profit de l'ennemi qui s'en emparera comme point d'appui

Le 02/09 : Le matin, Anvers est survolée par un zeppelin qui largue 7 bombes sur des maisons aménagées en hôpitaux provisoires, faisant 12 personnes blessées et des dégâts matériels. 3000 soldats allemands embusqués dans le bois de Buggenhout, entre Opwijk et Lebbeke, attendant des renforts, sont délogés et doivent retraiter vers Malines et Landerzeele

Le 04/09, 4 h : Les habitants de Lebbeke sont réveillés par la fusillade entre les avant-postes et les Allemands. Les défenseurs doivent se replier sur l'Escaut. A 7 h, les Allemands entrent à Lebbeke, pillent et ensuite bombardent. 10h15, pillage et prise d'otages à Termonde. Vers 15 h, les "Pionniers" mettent le feu aux Ateliers de Construction de Termonde et à des maisons. Vers 17 h, un commandant allemand fait libérer plus de 135 détenus de droit commun de la prison de Termonde. Offensive allemande à Alost au bord de la Dendre à 27 km de Gand. Ils sabotent le téléphone, gardent les ponts et occupent les hôtels de ville.

Le 05/09 : A Termonde, le Major von Sommerfeld donne l'ordre d'incendier la ville, l'hôpital civil et l'église du béguinage (XVIe siècle). Les maisons sont pillées et les habitants emmenés en Allemagne. Lebbeke et St-Gilles, 25 habitants assassinés en cours de route. Termonde est réoccupée par les Belges. D'importantes troupes allemandes venant de Bruxelles, se dirigent vers Termonde, Merchtem et Buggenhout. Les Belges ouvrent les digues pour inonder le district, pendant que les forts d'Anvers bombardent l'artillerie allemande et son personnel embourbé ou noyé. Violent combat à Thisselt, à l'Ouest de Malines, 3.000 Allemands perdus. Attaque allemande contre Termonde, en uniformes belges, qui sont accueillis par une fusillade

Le 06/09 : Attaque allemande sur Termonde, 1.000 tués parmi eux et retraite en désordre, due principalement à l'action efficace de l'artillerie belge de campagne

Le 10/09 : Les troupes belges ont réoccupé Termonde et ont dérouté l'ennemi dans le triangle Bruxelles, Louvain, Malines

le 11/09: Reprise d'Aarschot soldée par des pertes allemandes importantes à cause de l'artillerie lourde de campagne. Les provinces d'Anvers, de Limbourg sont entièrement dégagées, ainsi que la presque totalité de la Flandre orientale

le 12/09: La bataille au sud d'Anvers se poursuit avec acharnement. Dans la nuit du 11 au 12, les Belges ont lutté à Louvain et ont pénétré par deux fois au centre de la ville. L'aile gauche a dû céder à des troupes allemandes venant de Louvain tandis que le centre et l'aile droite progressent

Le 13/09 : Les routes et les voies ferrées vers le Nord et le Nord-Est de Bruxelles sont toujours aux mains des Belges. La nouvelle de la victoire française sur la Marne soulève un ardent enthousiasme.

Le 14/09 : Engagement d'autos mitrailleuses contre des cavaliers allemands à Alost pour renforcer les environs. Les pertes allemandes sont sérieuses et 20.000 Allemands ont évacué Alost. Les troupes qui ont repris le triangle Bruxelles-Louvain-Malines reviennent dans la PFA après 4 jours. Les Allemands doivent ramener sur Anvers les troupes disponibles, ce qui les empêche de secourir leurs troupes en retraite dans le Nord de la France. Pendant ces 4 jours de combats avancés, les pertes belges sont également importantes, mais les tirs allemands restent inférieurs aux nôtres.

Le 15/09 : Les pertes allemandes sont importantes tandis que nos troupes continuent à se replier sur Anvers sans être inquiétées

Le 16/09 : Des troupes allemandes sont revenues de Bruxelles sur Termonde

Le 17/09 : Duel d'artillerie à Termonde

Le 18/09 : Duel d'artillerie à Termonde tandis que les Allemands tentent de rentrer par le Nord. Mais ils doivent retraiter sous le feu des mitrailleuses belges

Le 20/09 : Bombardement de Lanaeken (Limbourg) en représailles contre les "Francs-Tireurs"

Le 22/09 : Vif engagement à Audenaerde où les Allemands rencontrent des gardes civiques (pas de perte). Pertes allemandes : 3 tués, 2 blessés, 5 prisonniers, 1 auto blindée. Reprise de Zemst par les Belges tandis que les Allemands sont tenus en échec près de Broechem. Les Allemands réquisitionnent des civils pour enterrer leurs morts

Le 26/09 : Harcèlement du flanc et de l'arrière allemand par l'artillerie, les autos mitrailleuses, l'infanterie et un train blindé. 40.000 Allemands se regroupent à Waterloo et commencent des travaux de défense dans le Sud du Brabant et le Hainaut

Le 28/09 : Combat au sud d'Anvers, les Belges remportent la bataille. Combats à Schoten et Hofstade. Wavre-Ste-Catherine et Walhem sont attaqués. Attaque belge sur un convoi allemand avec prise de butin et occupation des positions allemandes. 3ème bombardement de Malines, ville ouverte. Les forts de la position avancée répliquent violemment. Attaque de zeppelin sur Anvers, de nuit sur Oostende, une bombe sur Tielt, Deinze, 5 bombes sur Gand, Courtrai et Tournai

Le 29/09 : Le Roi Albert est présent sur les fronts tandis que la Reine Elisabeth se rend dans les hôpitaux pour réconforter les blessés. Pendant fin septembre, l'artillerie allemande a pris position au Nord du Limbourg à Eppen et Beringen d'où elle bombarde Bourg-Léopold et le camp de Beverloo (qui fut évacué en bon ordre). Bombardement intense sur les deux forts avancés. Il y a explosion d'une poudrière à Walhem, sans plus. Réoccupation belge de Malines, Lier bombardée et aussi Duffel, Thisselt, Kapellen, Landerzele et Heist-op-den-Berg. Ensuite, lors de l'attaque de Malines, la lutte était par trop inégale, les troupes, débordées, doivent se replier sur Anvers, laissant Malines à l'ennemi. Dans leur retraite, les défenseurs détruisent Walhem et Gleindonck (? Ou Breendonck ?) pour empêcher l'ennemi de les utiliser pour couvrir ses opérations contre la PFA

Le 30/09 : Toute la journée, bombardement des forts de première ligne au Sud. Les ouvrages souffrent peu et continuent à disposer de leurs moyens d'action. Au Sud-Est entre la Nèthe et la Senne, aucun mouvement. Au Sud entre Escaut et Senne, des attaques audacieuses des Allemands sont repoussées par l'infanterie appuyée par les forts. Les pertes allemandes sont sérieuses. Mouvement offensif allemand contre Termonde, accompagné d'une canonnade à grande distance sans effet appréciable pour nos troupes. Entre Dendre et Escaut à l'Ouest, aucun incident. Le moral belge reste excellent et le sang-froid admirable

Le 01/10 : Aucune modification depuis hier. Au Sud de la PFA, lors d'un tel duel d'artillerie, des batteries allemandes situées trop près des forts sont démolies. Sur le front Escaut-Senne, rien à signaler. Senne-Nèthe, canonnade prolongée suivie d'une tentative de percée vers Wavre-Ste-Catherine, arrêtée par la nuit

Le 02/10 : Tentative de percée allemande sur le même front qu'hier, suivie d'une sortie de notre infanterie. Les Allemands se retirent en laissant environ 8.000 tués. Tandis que du haut de son balcon du palais royal, le Roi Albert rassure la population qui entend la canonnade

Le 03/10 : Walhem, Wavre-Ste-Catherine, Koningshooickt, Lier et les redoutes de Bosbeek, Dorpveldt, Tallaart sont attaqués par des obusiers de 28 cm mis en batterie du côté d'Ellewijt et de Hofstade. Le tir est réglé par un ballon captif, mais reste peu précis. Plusieurs canons furent détruits par les forts, et les défenseurs de Walhem "descendent" le ballon. A Lier, un avion "Taube" survole la ville et repère l'hôpital, qui devient la cible des Allemands. Résultat : 6 tués chez les Belges. Un autre "Taube" survole Anvers et lâche des tracts priant la population de se rendre. La population en rit tandis que des shrapnels sont envoyés à l'avion. En même temps que Lier est bombardé, Herentals, en dehors de l'action des forts, subit un tir de terreur et Itegem est incendié

Le 04/10 : Le front est stationnaire. Les Belges ont dû se retrancher derrière la Nèthe en coupant les ponts. A Duffel, les Allemands ont dû demander un armistice de deux heures, qui fut refusé par les Belges

Le 05/10 : Rien à signaler

Le 06/10 : Les Belges retranchés sur la Rupel et la Nèthe. Les Allemands tirent à peine jusqu'à Kontich, ce qui donne à penser qu'ils n'ont pas encore passé la Nèthe et qu'ils tirent du Nord de Vilvoorde. Le Général de Guise, Commandant de la PFA, fait savoir à la population que ceux qui veulent partir le peuvent. C'est le début de l'exode par l'Escaut pour Oostende ou la frontière hollandaise. L'accueil en Hollande est chaleureux (bientôt 30.000 réfugiés belges à Roosendaal), mais elle reste neutre. Quant à l'Angleterre, elle a envoyé à Anvers, une brigade d'infanterie de marine, 2 brigades navales, quelques gros canons. Pendant la nuit du 5/10, la brigade d'infanterie de marine et l'armée belge ont défendu avec succès la ligne de la Nèthe. Mais le 6 octobre au matin, les Belges doivent céder et se replier sur les forts intérieurs. Par conséquent, les Allemands peuvent installer leur artillerie à portée de la ville

Le 07/10 : Le Général von Besseler, commandant le siège d'Anvers, signale que le bombardement de la ville est imminent et commencera à minuit. Les événements se précipitent, le gouvernement belge annonce la chute des forts de Wavre, Walhem, Lier et Koningshooikt. En même temps, les forts de Schoten et s'Gravenwezel ainsi que la redoute de Schilde (Nord-Est) sont bombardés à leur tour mais répondent par un feu nourri. Au Sud, les quatre forts de la 2ème ceinture (la plus proche de l'enceinte polygonale), en avant de Hoboken et du faubourg de Berchem, tiennent les Allemands en respect. Les premiers obus tombent néanmoins sur Berchem et le Sud d'Anvers

Le 08/10 : Sous peine de condamner Anvers à la destruction, les autorités belges et anglaises décident de commun accord l'évacuation de la ville

Dans la nuit du 8 au 9/10 : Environ 200 canons allemands de 28 à 42 cm font tomber une pluie d'obus aux mêmes endroits, endommageant et incendiant des habitations, un orphelinat, un hôpital et la cathédrale

Les 8 et 09/10 : Les approvisionnements considérables sont en partie enlevés, en partie détruits. On fait sauter les forts de Schoten, Brasschaat, Merksem, Kapellen et Lillo. Sous le couvert de la nuit, la dernière vision belge sort d'Anvers sans être inquiétée par l'ennemi. Durant la journée du 8/10, la Reine (1ère limousine) avait quitté Anvers à la tête d'un défilé. Elle avait l'air serein et distribuait des cigarettes aux soldats. Le Roi suivait dans la 2ème limousine, portant sur son visage la trace des épreuves endurées. Il passait calmement et rendait avec une grâce royale leur salut à ses troupes fatiguées. La population acclamait le défilé et les soldats fatigués se redressaient au passage des autorités royales pour lesquelles ils étaient si fiers de combattre.

Le 10/10 : Les Belges sortis d'Anvers infligent un échec sérieux à l'ennemi qui a franchit l'Escaut et lancé des forces assez considérables au Nord-Est de la Flandre orientale pour couper la retraite à l'armée d'Anvers. D'autres forces allemandes s'avancent sur Gand. Au Nord, les Belges rejettent l'ennemi sur Lokeren et près de Gand, à Melle, ils peuvent le refouler en lui prenant une batterie d'artillerie. La retraite de l'armée belge s'effectue avec succès. Tous ses trains blindés et ses gros canons sont sauvés. A partir de Gand, des renforts anglais étaient présents pour couvrir la retraite. Pendant ce temps, plus de 4.000 obus et 140 bombes de zeppelins s'abattaient sur Anvers. L'attaque du camp retranché a commencé le 30/09 et s'est terminée le samedi 10/10/1914. Lorsque l'ennemi rentra dans la place forte, l'armée en était partie, les immenses approvisionnements détruits, les forts aussi et les navires allemands (prises de guerre) sautés. La possession de la PFA a coûté à l'ennemi environ 40.000 hommes. La reddition de la ville fut traitée par des civils avec le Général von Besseler : MM. Vos, Bourgmestre ; A. Ryckmans, Sénateur ; L. Franck, Député ; en compagnie du Consul Général d'Espagne, M. F. Saïz y Sebra. L'entrevue eut lieu à Kontich. En même temps, des officiers allemands prenaient place dans l'hôtel de ville d'Anvers (dès le 09/10/1914).

Le 11/10 : "Entrée triomphale" des Allemands dans Anvers. Personne n'y assiste, à part deux reporters américains. Le défilé dure cinq heures et 60.000 hommes sont passés en revue par le Gouverneur Militaire, l'Amiral von Schroeder et le Général von Besseler

Le 14/10 : Les Allemands rentrent dans Gand après l'avoir bombardée. La retraite belge continue vers Oostende

Le 15/10 : Les Allemands rentrent dans Ursel et Bruges

Le 16/10 : Ils atteignent Damme en direction de Zeebrugge, Knokke et Oostende. Ensuite commencera la "Bataille de la Lys", suivie de la "Bataille de l'Yser".