1. Au début du XIXe siècle, les citadins ne bénéficient pas encore
de services publics.
À Québec, par exemple, les "charrieurs d'eau", jusqu'à
la construction des premiers aqueducs, approvisionnent les gens en eau potable.
2. À l'époque, on chauffe les maisons au bois qu'on entrepose
généralement dans le hangar.
Le transport du bois de chauffage s'effectue habituellement par le fleuve.
Les citadins peuvent se rendre directement à la cour à bois pour
acheter leur provision, mais certains préfèrent attendre le passage
des vendeurs ambulants qui en assurent la distribution.
3. Au début du siècle dernier, les citadins s'éclairent à la chandelle.
On connaît déjà les propriétés de l'huile de baleine,
de loup-marin ou de marsouin, mais le produit est dispendieux
et les lampes activées par ces huiles fument et laissent des odeurs.
Si ce procédé ne peut remplacer avantageusement la chandelle pour l'usage domestique,
les villes de Québec et de Montréal l'adoptent pour éclairer les rues.
Un nouveau métier fait son apparition : allumeur de réverbères.
"Cet homme, agent du guet également, a pour mission d'allumer
et nettoyer les lampes.
Chaque soir, sa courte échelle sur l'épaule, son barillet d'huile à la main,
il va de réverbère en réverbère.
De grand matin, à l'heure où chante le coq, il reprend sa ronde,
éteignoir en main, pour laisser place au jour ".
4. Vers 1850, de plus en plus de gens viennent vivre à la ville,
à cause de l'implantation de nouvelles industries.
Un grand nombre de cultivateurs quittent leur ferme, où
ils avaient acquis leur autonomie et leur indépendance, pour venir
travailler à la manufacture.
L'arrivée massive des ruraux à la recherche d'un emploi
provoque de fortes concentrations de populations autour des usines.
5. Délaissant les grands espaces, nos ancêtres doivent s'adapter
au milieu urbain et modifier leur façon de vivre.
Habitués depuis des générations à vivre
dans leurs maisons construites en bois, souvent éloignées les unes des autres,
les nouveaux citadins sont maintenant confinés dans de petits logements.
Nous voyons pour la première fois s'ériger des maisons en briques à plusieurs étages.
Sur la ferme, tous les membres de la famille travaillaient en collaboration.
Ils réussissaient ainsi, à même les ressources disponibles,
soit le bois, la laine des moutons, les produits de la terre et les animaux,
à se loger, se vêtir et se nourrir convenablement.
6. L'arrivée en ville provoque une définition nouvelle des rôles de chacun.
Désormais le père s'absente tous les jours du foyer pour son travail
à l'usine en échange d'un salaire.
Vers les années 1880, l'ouvrier travaille entre dix et douze heures par jour,
six jours par semaine, pour un salaire hebdomadaire de dix dollars.
La mère reste à la maison et ne dispose pas de l'espace suffisant pour accomplir
toutes les tâches qui lui incombaient traditionnellement à la campagne.
Le four à pain, le grand chaudron de fonte,
le caveau ne trouvent plus leur place dans la minuscule cour.
Inutile donc de penser à boulanger, fabriquer le savon
ou accumuler les fruits et les légumes pour l'hiver.
La mère s'oriente vers l'achat au jour le jour de ces produits
et souvent avec un budget très restreint.
7. Le XXe siècle approche à grands pas.
La ville s'organise tant bien que mal.
Les gigantesques travaux d'enfouissement de la tuyauterie nécessaire
pour approvisionner les maisons en eau courante et en gaz et pour organiser
un système d'égouts adéquat n'arrivent pas à répondre aux besoins
des nouveaux citadins.
Ils sont souvent obligés de recourir à des moyens rudimentaires
pour se chauffer, s'éclairer ou se procurer l'eau potable.
Le service de cueillette des ordures ménagères tardent à s'implanter.
Les familles venues s'installer à la ville, en croyant améliorer leur sort,
réalisent que les nouvelles conditions de vie ne répondent pas à leurs attentes.
D'après "La vie en ville au XIXe siècle", par Francine LEBOEUF,
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1-De quel service public parle-t-on dans le premier paragraphe ?
2-Quel métier lié à ce service existait à cette époque ?
3-Trouve un mot de même famille que "approvisionnement"
4-Trouve un mot de même famille que "entrepose"
5-Au troisième paragraphe, l'auteur écrit :
"Si ce procédé ne peut remplacer avantageusement la chandelle pour l'usage domestique".
a) De quel procédé s'agit-il ?
b) Pourquoi ce procédé ne peut-il pas remplacer avantageusement la chandelle ?
c) Qu'arriverait-il si ce paragraphe était supprimé du texte ?
6- Que prouvent les expressions suivantes du 4e paragraphe :
"arrivée massive des ruraux" et "fortes concentrations de populations"?.
7- a) À quoi servait le caveau? (6e paragraphe)
b) Quel moyen as-tu utilisé pour trouver ta réponse?
8-À la fin du siècle, les citadins bénéficiaient de nouveaux services publics.
a) Lesquels ?
b) Les citadins étaient-ils satisfaits de ces services ?
Prouve ta réponse à l'aide du texte.
9- Dresse un parallèle entre les rôles des parents au XIXe siècle
d'après ce texte et ceux d'aujourd'hui d'après tes connaissances.
Au X1Xe siècle
Le père, la mère:
|
Aujourd'hui
Le père, la mère:
|
10- Pour réaliser l'activité suivante, utilise les paragraphes 5 et 6.
Dresse un parallèle entre la vie à la campagne et la vie à la ville
selon les points de vue indiqués.
Point de vue
a) Source de revenus, b) Habitation et environs, c) Façon de vivre du père,
d) Façon de vivre de la mère
11- Ajoute un 8e paragraphe (5 lignes) commençant par
"Le XXe siècle s'est achevé... en continuité avec le texte.
12- a) Rappelle une information que tu connaissais avant la lecture.
b) Quelle information nouvelle t'a le plus frappé?