LES OUSTACHIS
Un génocide religieux

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Il est temps que le monde sache...
En plein vingtième siècle, une bande de tueurs professionnels a réussi a constituer un gouvernement et à l'imposer a une nation. Il ne s'agit pas des nazis allemands, ni des fascistes italiens, mais d'un groupe d'individus à leur dévotion et a leur solde, les Oustachis croates, qui supplicièrent le peuple serbe pendant quatre ans (de 1941 a 1945) et transformèrent son pays en un cimetière de martyrs.

Des centaines de milliers de victimes, férocement torturées, écorchées vives, éventrées, pendues, décapitées ou hachées en menus morceaux, tel est le bilan de leur monstrueuse sauvagerie. Après avoir assassiné un roi qu'on leur avait perfidement enseigné à haïr, ils s'efforçaient de dénationaliser, d'extirper de la terre croate, où ils avaient autant qu'eux le droit de vivre, tous ses sujets appartenant à l'indomptable et fière race serbe, ainsi que les Tziganes et les Juifs. Toutes les méthodes leur furent bonnes, depuis l'extermination raciale systématique qu'on a appelée le génocide, jusqu'à une atroce guerre de religion auprès de laquelle l'Inquisition ne semble rien. Car les Oustachis et leur principal chef, le sinistre Anté Pavelitch - que le Tribunal d'Aix-en-Provence condamna à mort, par contumace, pour sa participation à l'assassinat du roi Alexandre ler de Yougoslovie, à Marseille, en 1934 - eurent l'audace de se proclamer bons catholiques et de donner à choisir entre la conversion et la mort aux membres de l'Église orthodoxe que sont les Serbes. En réalité, ils ne cherchaient qu'à faire disparaître de la Crôatie tous les éléments orthodoxes serbes.

On n'expliquera, sans doute, que très difficilement l'aberration qui poussa de trop nombreux prêtres catholiques, et principalement des moines, tous Croates, à devenir les complices actifs de ces monstres. Peut-être certains esprits eussent-ils admis que de fougueux abbés profitassent du climat et de la confusion politiques pour faire du prosélytisme auprès des orthodoxes et tenter de gagner à leur confession de nouveaux fidèles. Mais aucune nation civilisée n'a jamais fait accompagner par des bandits armés ses missionnaires chargés de propager le christianisme -cette religion de la bonté et de la douceur - même parmi les derniers primitifs et cannibales de l'Afrique noire ou de la Polynésie. Et aussi parce qu'il n'est pas de ministre de Dieu, digne de ce nom, à accepter de porter sur sa soutane une autre arme que le Crucifix. Il a donc fallu attendre l'ère oustachie pour que l'historien eut la douleur de découvrir des prêtres déguisés en vulgaires égorgeurs.

Que le monde religieux ne s'émeuve pourtant pas du titre de cet ouvrage : "Assasins au nom de Dieu." Certes, des ecclésiastiques croates se sont ensanglanté les mains, mais, désobéissant ainsi à la loi divine qui a dit : " Tu ne tueras pas" (Exode 20.13), ne se sont-ils pas rejetés eux-mêmes du sein de l'Église catholique apostolique et romaine ?

Hervé larurière, dans ces pages vraiment tragiques, a d'ailleurs su faire une discrimination heureuse autant que nécessaire entre ces cruels convertisseurs, qu'égarèrent certainement le fanatisme allié au racisme et à une exécrable doctrine politique, entre ces faux Croisés et la grande masse du Clergé catholique qui a compté, en France et ailleurs, tant d'apôtres altruistes et sublimes, tant de magnifiques héros pendant les dures années de la Résistance. Il a tenu à rendre à leur noble caractère l'hommage qui lui est dû. Au demeurant, son livre révèle des faits abominables, presque tous tenus dans l'ombre jusqu'à nos jours pour des raisons que mieux vaut ne pas essayer encore d'approfondir. Il constitue un réquisitoire implacable, étayé par des témoignages irréfutables et terrifiants, que son auteur a le courage d'apporter à la barre du Monde civilisé qui, par une étrange faiblesse, n'a pas châtié nombre des principaux coupables.

On apprendra, en effet, non sans stupeur, qu'il ne manque pas d'Oustachis - et des pires, laïques et religieux, leur chef en tête - à jouir toujours paisiblement et cyniquement, en Europe ou en Amérique, des rapines dont ils accompagnaient presque toujours leurs crimes. Une aussi scandaleuse impunité est un défi à la conscience mondiale. Elle tourne en dérision la Convention adoptée, en novembre 1948, par l'Assemblée générale des Nations Unies pour la répression du crime de génocide. Le but d'Herrvé Laurière est donc de convaincre ceux qui tiennent entre leurs mains le glaive de la Justice. Au nom des familles d'innombrables martyrs, il leur demande de l'abattre sur des bourreaux qu'attend l'Enfer.

LE RÔLE DES JÉSUITES

De tous les facteurs qui sont entrés en jeu dans la vie internationale au cours d'un siècle riche en bouleversements, un des plus décisifs et des plus méconnus néanmoins - réside dans l'ambition de l'Église romaine. Son désir séculaire d'étendre son influence vers l'Orient, en a fait l'alliée spirituelle du pangermanisme et sa complice dans la tentative d'hégémonie qui, par deux fois, en 1914 et en 193 9, apporta la mort et la ruine aux peuples d'Europe (Voir Edmond Paris-: Le Vatican contre l'Europe (Fiscbbacher, Paris), et L. Duca L'Or du Vatican (Laffont, Paris). Cependant, les responsabilités écrasantes assumées par le Vatican et ses Jésuites dans le déclenchement des deux guerres mondiales restent à peu près ignorées du public anomalie qui peut trouver en partie son explication dans la gigantesque puissance financière dont disposent le Vatican et ses Jésuites, depuis le dernier conflit notamment. De fait, le rôle qu'ils ont tenu dans ces circonstances tragiques n'a guère été mentionné jusqu'à présent, sinon par des apologistes empressés à le travestir. C'est pour combler cette lacune et rétablir la vérité des faits, que nous avons étudié, tant dans nos précédents écrits que dans le présent ouvrage, l'activité politique du Vatican à l'époque contemporaine activité qui se confond avec celle des Jésuites.

Cette étude appuie sa démonstration sur des documents d'archives irréfutables et des publications dues à des personnalités politiques de premier plan, à des diplomates et des ambassadeurs, à des écrivains éminents, catholiques pour la plupart, voire cautionnés par l'imprimatur. Ces documents mettent en pleine lumière l'action secrète du Vatican et la perfidie dont il use pour susciter entre les nations des conflits qu'il juge favorables à ses intérêts. Nous avons montré en particulier, en nous appuyant sur des textes probants, les responsabilités de l'Église dans la montée des régimes totalitaires en Europe. L'ensemble de ces documents et témoignages constitue un réquisitoire accablant qu'aucun apologiste, d'ailleurs, n'a entrepris de réfuter.

C'est ainsi que le Mercure de France du ler mai 1938 rappelait en ces termes, la démonstration qu'il avait faite quatre ans plus tôt: Le Mercure de France du 15 janvier 1934 a montré - et personne ne l'a contredit - que c'était Pie XI qui avait fait Hitler, car ce dernier, si le Zentrum (parti catholique allemand) n'avait pas été influencé par le pape, n'aurait pu accéder au pouvoir, au moins par la voie légale. Le Vatican juge t-il avoir commis une erreur politique en ouvrant ainsi la voie du pouvoir à Hitler ? Il ne le semble pas... Non certes, il ne le semblait pas à l'époque où cela fut écrit, c'est-à-dire au lendemain de l'Anschiluss qui réunit l'Autriche au III Reich et il ne semble pas davantage par la suite, quand les agressions nazies se multiplièrent, non plus que durant toute la deuxième guerre mondiale. Le 24 juillet 1959. N'a-t-on pas vu le pape Jean XXIII successeur de Pie XII, confirmer dans ses fonctions honorifiques de camérier secret son ami personnel Franz von Papen, espion aux États-Unis pendant la première guerre mondiale et grand responsable de la dictature hitlérienne et de l'Anschiluss ? En vérité pour ne pas comprendre, il faudrait être affligé d'un singulier aveuglement.

M. Joseph Rovan, auteur catholique, commente ainsi l'instrument diplomatique intervenu le 8 juillet 1933 entre le Vatican et le Reich nazi : Le Concordat apportait au pouvoir national-socialiste, considéré un peu partout comme un gouvernement d'usurpateurs, sinon de brigands, la consécration d'un accord avec la puissance internationale la plus ancienne (le Vatican). C'était un peu l'équivalent d'un brevet d'honorabilité internationale . (Le catholicisme politique en Allemagne, Paris 1956, p. 23 1, Ed. du Seuil). Mais, le pape, non content d'avoir donné son appui personnel à Hitler, accordait la caution morale du Vatican au Reich nazi. De même se trouvait tacitement acceptée - voire approuvée - la terreur que faisait régner outre-Rhin la peste brune des SA. ou Sections d'assaut hitlériennes, avec les 40.000 personnes déjà détenues dans les camps de concentration et les pogroms qui se multipliaient aux accents de cette marche nazie: "Lorsque le sang juif du couteau ruisselle, nous nous sentons à nouveau mieux." (Horst-Wessel-Lied) Mais dans les années suivantes le pape - en la personne de Pie XII - devait voir bien pire encore sans s'émouvoir. Il n'est pas surprenant qu'ainsi encouragées par le Magistère romain, les sommités catholiques de l'Allemagne aient rivalisé de servilité envers le régime nazi. Il faut lire les dithyrambes échevelés et les acrobaties casuistiques des théologiens opportunistes, que Michael Schmaus, dont Pie XII fit plus tard - prince de l'Église et que La Croix (2 septembre 1954) qualifiait de "grand théologien de Munich" ou encore certain recueil intitulé Katholisch-Konservatives Erbgut, dont on a pu écrire : "Cette anthologie qui réunit des textes des principaux théoriciens catholiques de l'Allemagne, de Gôrres à Vogelsang, arrive à nous faire croire que le national-socialisme serait parti purement et simplement des données catholiques." (Gunther Buxbaum, Mercure de France, 15 janvier 1939) ou encore : "Les évêques, tenus par le Concordat à prêter serment de fidélité à Hitler, renchérissaient de protestations de dévouement sans cesse dans la correspondance et dans les déclarations des dignitaires ecclésiastiques nous trouverons, sous le régime nazi, l'adhésion fervente des évêques." (Joseph Rovan, op. cit. p. 214).

Ainsi, en dépit de l'évidente opposition entre universalisme catholique et le racisme hitlérien, ces deux doctrines avaient été harmonieusement conciliées , selon les termes de Franz von Papen et il exprimait la raison profonde de cette scandaleuse entente quand il s'écriait : Le nazisme est une réaction chrétienne contre l'esprit de 1789.

Revenons à Michaele Schmaus, professeur à la Faculté de Théologie de Munich, qui écrit: Empire et Église est une série d'écrits qui doit servir à l'édification du III Reich par les forces unies de l'État national-socialiste et du christianisme catholique ....... Entièrement allemandes et entièrement catholiques, c'est dans ce sens que ces écrits veulent examiner et favoriser les relations et les rencontres entre l'Église catholique et le national-socialisme et montrer ainsi les voies d'une coopération féconde, telle qu'elle se dessine dans le fait fondamental du Concordat...

Le mouvement national-socialiste est la protestation la plus vigoureuse et la plus massive contre l'esprit des XIXe et XXe siècles... Le national socialisme place au point central de sa conception du monde l'idée du peuple formé par le sang... C'est par un oui général que devra répondre à cette question tout catholique qui observe les instructions des évêques allemands... les tables de la loi nationale-socialiste et celles de l'impératif catholique indiquent la même direction... (Begegnungen zwischen Katholischern Christentum und nazional-sozialistischer Weltanzchauung Aschendorff, Münster 1933). Ce document démontre le rôle primordial joué par l'Église catholique dans l'avènement du Führer Hitler, on peut dire qu'il s'agissait d'une harmonie préétablie. Il illustre d'une façon profonde le caractère monstrueux de cet accord entre le catholicisme et le nazisme. Une chose en ressort fort claire la haine du libéralisme, et c'est la clé de tout. Dans son livre Catholiques d'Allemagne, M. Robert d'Harcourt, de l'Académie française, écrit:

"Le point essentiellement vulnérable de toutes les déclarations épiscopales qui succèdent aux élections triomphales du 5 mars 1933, nous le trouvons dans le premier document officiel de l'Église réunissant les signatures de tous les évêques d'Allemagne. Nous voulons parler de la lettre pastorale du 3 juin 1933. Ici, nous avons affaire à la première manifestation engageant collectivement tout l'épiscopat allemand." Comment se présente le document ? Et d'abord comment débutera-t-il ? Sur une note d'optimisme, et par une déclaration d'allégresse. Les hommes qui sont à la tête de l'État nouveau ont, à notre grande joie, donné l'assurance formelle qu'ils placent leur oeuvre et qu'ils se placent eux-mêmes sur le terrain du christianisme. Déclaration d'une solennelle franchise qui mérite la sincère reconnaissance de tous les catholiques . (Paris, Pion, 1938, p. 108).

Plusieurs papes ont occupé le trône pontifical depuis qu'éclata la première guerre mondiale, et leur attitude fut invariablement la même envers les deux camps qui s'affrontèrent en Europe. Nombreux sont les auteurs catholiques qui n'ont pu cacher leur surprise et leur peine d'avoir à constater l'indifférence inhumaine avec laquelle le pape Pie XII assista aux pires atrocités commises par ceux qui jouissaient de sa faveur. Entre bien des témoignages nous citerons un des plus mesurés dans la forme, porté par le correspondant du Monde auprès du Vatican, M. Jean d'Hospital : "La mémoire de Pie XII s'entoure d'un malaise. Posons tout de suite en clair une question que les observateurs de toutes les nations - et jusque dans l'enceinte de la cité du Vatican - ont inscrite sur leurs tablettes a-t-il en connaissance de certaines horreurs de la guerre voulue et conduite par Hitler ?".

Lui, disposant en tout temps, en tous lieux, des rapports périodique des évêques... pouvait-il ignorer ce que les grands chefs militaires allemands n'ont pu prétendre ignorer sans être confondus : la tragédie des camps de concentration, des déportés civils, les massacres froidement exécutés de gêneurs , l'épouvante des chambres à gaz, où, par fournées administratives, des millions de juifs ont été exterminés ? Et s'il l'a su, pourquoi, dépositaire et premier chantre de l'Évangile, n'est-il pas descendu sur la place en bure blanche, les bras en croix, pour dénoncer le crime sans précédent ? Pour crier non ! ...

Car les âmes pieuses ont beau fouiller dans les encycliques, les discours, les allocutions du pape défunt, il n'y a nulle part une trace de condamnation de la religion du sang instituée par Hitler, cet Antéchrist... vous n'y trouverez pas ce que vous cherchez : le fer rouge. La condamnation de l'injure notoire à la lettre et à l'esprit du dogme qu'a représenté le racisme, vous ne la trouverez pas. Rome en confidence > (Grasset, Paris 1962 pp. 91 ss).

Dans son ouvrage Le silence de Pie XII , édité par les Editions du Rocher, Monaco 1965, l'écrivain Carlo Falconi écrit notamment: L'existence de telles monstruosités (exterminations en masse de minorités ethniques, de prisonniers et de déportés civils) comporte un tel bouleversement des critères du bien et du mal, un tel défi à la dignité de la personne humaine et de toute la société, qu'ils obligent à les dénoncer tous ceux qui ont la possibilité d'influer sur l'opinion publique, qu'il s'agisse de simples citoyens ou d'autorité d'État.

Le silence, en présence de tels excès, équivaudrait en effet à une véritable collaboration, car il stimulerait la scélératesse des criminels, en excitant leur cruauté et leur vanité. Mais si tout homme a le devoir moral de réagir devant de tels crimes, c'est un devoir encore plus urgent et plus inconditionnel qui s'impose aux sociétés religieuses et à leurs chefs, et donc plus qu'à tout autre, au chef de l'Eglise catholique... Pie XII n'a jamais formulé une condamnation explicite et directe de la guerre d'agression, et moins encore des violences inqualifiables exercées par les Allemands ou par leurs complices en raison de l'état de guerre.

Pie XII ne s'est pas tu parce qu'il ignorait ce qui arrivait : il était au courant de la gravité des faits, depuis le début, peut-être mieux que tout autre chef d'État au monde... (pp. 12 ss). Il y a mieux encore ! Comment méconnaître l'aide directe que le Vatican apportait à la perpétration de ces atrocités, en prêtant certains de ses prélats pour en faire des agents pro-nazis tels que Mgr Hlinka, des gauleiters tels que Mgr Tiso ? En envoyant son propre légat en Croatie - le R.P. Marcone - surveiller, avec Mgr Stepinac, le travail de Ante Pavelitch et de ses oustachis ? Car enfin, de quelque côté que les regards se portent, c'est le même spectacle édifiant qu'on écouvre.
Et pour cause! Car, nous l'avons assez montré, ce n'est pas seulement une partialité, une complaisance, si monstrueuses soient-elles, que l'on peut reprocher au Vatican. Son crime inexpiable, c'est la part déterminante qu'il a prise dans la préparation des deux guerres mondiales ( E. Paris, Le Vatican contre l'Europe (Ed. Fischbacher. Paris). Ecoutons M. Afred Grosser, professeur à l'Institut d'Études Politiques de l'Université de Paris Le volume terriblement précis de Guenter Lewy The Catholie Church and Nazi Germang (New York McGrawhill 1964) dont on ne peut que souhaiter une prochaine traduction française en France... Tous les documents concordent pour montrer l'Église catholique coopérant avec le régime hitlérien...

Au moment où le Concordat imposait aux évêques, en juillet 1933, un serment d'allégeance au gouvernement nazi, celui-ci avait déjà ouvert des camps de concentration... la lecture des citations accumulées par Guenter Lewy est véritablement accablante. On y trouve des textes terribles de personnalités telles que le cardinal Faulhaber ou le Père jésuite Gustav Gundlach : (Saul Friedlander : Pie XIl et le II Reich, postface de M. Alfred Grosser (Ed. du Seuil, Paris, 1964). En vérité, nous ne voyons pas ce que l'on pourrait opposer, si ce n'est de vaines paroles - à ce faisceau serré de preuves qui établit la culpabilité du Vatican et celle de ses Jésuites. Dans l'ascension foudroyante d'Hitler, l'appui du Vatican et des Jésuites constitue le facteur décisif, Mussolini, Hitler, Franco ne furent malgré les apparences, que de simples pions de guerre manoeuvrés par le Vatican et ses Jésuites. Les thuriféraires du Vatican peuvent se voiler la face quand un député italien s'écrie : "Les mains du pape ruissellent de sang !" (Discours de Laura Diaz, député de Livourne, prononcé le 15 avril 1946 à Ortona et quand les étudiants de l'University Collège de Cardiff prennent pour thème d'une conférence "Le pape doit-il être mis en jugement comme criminel de guerre ?" (La Croix, 2 avril 1946).

Voici dans quels termes le pape Jean XXIII s'exprimait à l'adresse des Jésuites : "Persévérez, chers fils, à ces activités qui vous ont déjà acquis des mérites signalés... Ainsi réjouirez-vous l'Église et grandirez-vous avec une ardeur infatigable la voie des justes est comme la lumière de l'aurore... Que grandisse donc cette lumière et qu'elle éclaire la formation des adolescents... C'est ainsi que vous prêterez le secours de vos mains à ce qui est le voeu et la sollicitude de Notre esprit... Notre Bénédiction Apostolique, Nous la donnons de tout coeur à votre Supérieur Général, à vous, à vos coadjuteurs et à tous les membres de la Société de Jésus , (L'Osservatore Romano, 20 octobre 1961.)" Et le pape Paul VI :
"Votre famille religieuse, dès sa restauration, jouit de la douce assistance de Dieu et elle s'enrichit très vite d'heureux développements... les membres de la Compagnie accomplirent de nombreuses et très grandes choses, toutes à la gloire divine et au bénéfice de la religion catholique... l'Église a besoin de valeureux soldats du Christ, armés d'une foi intrépide, prêts à affronter les difficultés... Aussi plaçons-Nous de grands espoirs dans l'aide qu'apportera votre activité... que la nouvelle ère de la Compagnie se maintienne exactement et honorablement dans la ligne de son passe..." Donné à Rome près Saint-Pierre, le 20 août 1964, seconde année de Notre Pontificat (L'Osservatore Romano, 18 septembre 1964.).

Le 29 octobre 1965, l'Osservatore Romano annonçait :
"Le Très-Révérend Père Arrupe, Général des Jésuites, a célébré la Sainte Messe du Concile Vatican 11, le 16 octobre 1965." Et voici l'apothéose de l' éthique papale : l'annonce simultanée du projet de la béatification de Pie XII et de Jean XXIIL :
"Et pour Nous raffermir dans cet effort de renouveau spirituel, Nous décidons d'ouvrir les procès canoniques de béatification de ces deux Pontifes, si grands, si pieux et qui Nous sont très chers (L'Osservatore Romano, 26 novembre 1965).20 Pape Paul VI.

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