Roberto Succo : le tueur fou


    Séduisant, Roberto Succo était également fou.  Déjà parricide en 1981, cet Italien parcourut le sud de la France entre 1986 et 1988, volant, violant et tuant sans motif apparent, animé par la folie meurtrière.  Vingt ans après son suicide, Succo demeure un mystère.

Massacre familial



    Roberto Succo naquit à Mestre, près de Venise en 1962 dans une famille modeste.  Son père était un policier au caractère effacé, sa mère une ouvrière au caractère fusionnel qui surprotégeait son enfant unique tout en exigeant sans cesse le meilleur de lui.

    Dès l'adolescence, Succo, élève moyen, devint solitaire.  Arborant la croix gammée, il se mit à disséquer des animaux en cachette.  Progressivement, il se montra violent et se battit de plus en plus régulièrement avec d'autres adolescents.  Régulièrement, Succo se montra capable de brusques accès de colère.

    Le 9 avril 1981, Succo, alors âgé de 19 ans, se disputa avec sa mère qui refusait de lui donner les clefs de la voiture familiale.  S'armant d'un couteau de cuisine, Succo menaça de se suicider mais, rapidement, s'en prit à sa mère, la poignardant à plusieurs reprises avant de cacher son corps dans la baignoire.
Puis, calmement, Roberto Succo regarda la télévision, en attendant le retour du travail de son père.  Lorsque ce dernier rentra chez lui, Succo le tua à l'arme blanche, déroba son arme de service, vola la voiture familiale et prit la fuite.

    Le massacre fut découvert le lendemain.  Deux jours plus tard, Succo fut arrêté sur un parking d'autoroute.
Lors des analyses psychiatriques, Succo déclara avoir tué sa mère pour être libre.  Il ajouta avoir tué son père pour éviter qu'il ne souffre de la perte de sa femme.
Les psychiatres italiens jugèrent que Succo était un schizophrène "étranger au monde" et "incapable de discerner le réel de l'imaginaire".
Reconnu pénalement irresponsable, Succo fut interné dans une clinique spécialisée de Reggio nell'Emilia.
Très intelligent, Succo joua le jeu, se montrant calme, docile et désireux de reprendre ses études.
En 1985, les médecins l'autorisèrent à s'inscrire à l'université de Parme et Succo bénéficia d'un régime de semi-liberté.
Il en profita rapidement : en mai 1986, il se réfugia en France sous une fausse identité et s'installa à Toulon.
La police italienne ne poursuivit pas ses recherches longtemps.  Rapidement, on considéra que Succo avait disparu.
Roberto Succo


Parcours meurtrier



    Dès avril 1987, Succo fut l'auteur d'une série d'agressions dans les Alpes françaises.  Le 3 avril 1987, un policier français, André Castillo, fut abattu dans un village voisin de Chambéry après avoir tenté de procéder, seul, au contrôle d'identité de Succi.
Le 27 du même mois, une jeune femme de trente ans, France Vu-Dinh, fut enlevée au bord du lac d'Annecy et vraisemblablement tuée.  Son corps ne fut jamais retrouvé.  Succo avoua aux enquêteurs qu'il aurait vécu plusieurs semaines avec la jeune femme avant de la tuer car celle-ci avait essayé de s'échapper.  Il aurait jeté son corps dans la mer près de Nice.
Le même jour, un médecin, Michel Astoul, disparut non loin de Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence.  Son corps ne fut découvert qu'un semestre plus tard dans les environs d'Aix-les-Bains.
Le 24 octobre 1987, une quadragénaire, Claudine Duchosal, fut assassinée d'une balle dans la tête à Annecy, après avoir été battue et violée.

    D'autres victimes eurent la chance d'échapper à Succo : à Gap, un chauffeur de taxi réussit à se sauver sous une pluie de balle.  Une jeune femme de 22 ans, kidnappée, parvint à convaincre son ravisseur de la relâcher au bout de plusieurs heures de négociation...

    Malgré la mobilité du criminel, les enquêteurs furent vite convaincus d'avoir affaire à un même auteur : jeune, musclé, parlant avec un accent italien, vêtu d'un treillis militaire, et visiblement en proie à la folie.

Identification 



    Le 26 janvier 1988, une rixe dégénéra dans un bistrot de Toulon, faisant un blessé par balle.
L'enquête permit d'établir que l'auteur des coups de feu était un dénommé "André", en réalité Roberto Succo.  Localisé deux jours plus tard, Succo échappa à la capture en abattant un policier, Michel Morandin, et en blessant gravement son collègue.

    Succo prit la fuite et se réfugia en Italie, puis en Suisse où il enleva et viola plusieurs femmes.

    En France, l'enquête permit d'effectuer un rapprochement entre les profils d'"André" et du tueur au treillis.
En février 1988, une lycéenne de seize ans reconnut son ex petit-ami dans le portrait-robot du tueur.  Elle se fit connaître aux autorités et précisa que l'homme était connu d'elle sous le prénom de Kurt.
Divers éléments amenés par la jeune fille poussèrent les enquêteurs français à demander des vérifications en Italie.
Leurs soupçons s'avérèrent fondés : grâce aux Italiens, André, alias Kurt, fut identifié comme étant Roberto Succo, auteur d'un double homicide dans son pays sept ans auparavant.

La capture



    Un mandat d'arrêt international fut lancé contre Succo le 10 février 1988.  Dix jours plus tard, Succo fut arrêté à Mestre, en Italie.
Aux enquêteurs qui lui demandaient sa profession, Succo répondit fièrement "Tueur !".
Trente-six heures après son arrestation, Succo parvint à gagner le toit de sa prison.  Une heure durant, il parvint à narguer les policiers et les journalistes avant d'être maîtrisé.

    En mai 1988, la justice italienne déclara une nouvelle fois Roberto Succo irresponsable.  L'émotion causée par cette décision fut vive en France où Succo avait commis cinq meurtres.  Toute extradition étant exclue, la France demanda une contre-expertise.

    Insensible à ces considérations, Succo se suicida le 23 mai 1988 au fond de sa cellule, en se plaçant un sac plastique sur la tête et en y injectant le contenu d'une petite bonbonne de gaz.
Succo sur le toit de sa prison


ROBERTO SUCCO


Nom : Roberto Succo

Victimes : 7

Lieux : Venise (Italie), Annecy et Chambéry (France)

Dates : Entre 1981 et 1988

Moyens : Armes de poing et armes blanches

Mobile : Aucun mobile connu.  Folie meurtrière

Verdict : Suicide le 23 mai 1988


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