Nicole Zawadzki : meutre par manipulation amoureuse


    Nicole Zawadzki trompa son mari militaire, puis l'empoisonna avec l'aide de son amant médecin.  A leur procès, les deux anciens amants se déchirèrent.

Les faits


    De Nicole Zawadski, on ne dispose guère que d'une photo de mariage où figure également sa victime.
Née à la fin des années cinquante dans une famille modeste d'agriculteurs français, elle dira plus tard de ses parents qu'ils étaient frustes et peu affectueux.
A l'âge de dix-huit ans, elle trouva un emploi de vendeuse mais fut rapidement renvoyée après avoir volé dans la caisse de son employeur.
Elle trouva ensuite un emploi dans une banque du Crédit Agricole d'où elle fut congédiée pour de nouveaux faits de vol.

    Peu après, la jeune femme rencontra Jean-Paul Zawadski, un major de l'armée de l'air.  Ils se marièrent en 1980 et une fille naquit de leur union en 1988.

    En mars 1998, alors quarantenaire, Nicole Zawadski annonça aux proches le décès de son mari, Jean-Paul.  Le décès avait été constaté par le médecin de famille, le docteur Michel Trouillard-Perrot, qui avait conclu à une "mort naturelle".
Nicole Zawadski décida de faire enterrer son époux : ce fut de sa part une erreur capitale...  Si elle avait opté pour une incinération, son crime serait vraisemblablement demeuré impuni.

    Quelques semaines avant son décès, Jean-Paul Zawadski était rentré d'une mission au Gabon puis était tombé malade.  Il avait été soigné par le docteur Trouillard, un médecin d'une cinquantaine d'années unanimement apprécié.
Malgré plusieurs semaines de soins, l'état du militaire empira.  Puis, l'homme décéda.

    Le comportement de la veuve s'avéra rapidement troublant.  Peu après le décès de son époux, grâce à l'assurance-vie du disparu, elle commença à effectuer des achats coûteux : nouveaux meubles, voiture de standing....
De même, elle s'afficha de plus en plus régulièrement avec le docteur Trouillard.
Nicole Zawadski


L'enquête



    Ayant recueilli plusieurs rumeurs, le colonel Pons, chef de la base aérienne dont dépendait Jean-Paul Zawadski, avertit la gendarmerie.  Les enquêteurs découvrirent que Nicole et le docteur Trouillard s'étaient téléphonés plusieurs dizaines de fois au cours de la période qui avait précédé le décès de Jean-Paul Zawadski.
Au vu de ces éléments, le juge d'instruction Joulin décida de faire placer la veuve en garde à vue.  Il ordonna également une autopsie de la victime.
Cette autopsie démontra que Jean-Paul Zawadski avait été empoisonné de manière lente et régulière.  L'assassinat ne fit plus de doute.

    Placé en garde à vue, Michel Trouillard craqua rapidement, reconnaissant avoir fourni le poison et l'avoir mélangé aux médicaments de la victime.  Il déclara avoir agi à la demande de Nicole, laquelle était sa maîtresse depuis sept ans.
Nicole Zawadski commença par nier avant de devoir reconnaître l'évidence.  Mais, elle rejeta la responsabilité du crime sur son amant, affirmant avoir appris l'empoisonnement de son époux le matin même de son décès.  Selon elle, Michel Trouillard avait tout manigancé et tout exécuté à son insu.

    De son côté, Trouillard raconta son amour pour Nicole et livra des détails.  Il expliqua que le couple Zawadski battait de l'aile car le militaire était trop souvent hors de France pour raisons professionnelles.
Il déclara également que Nicole lui avait avoué être battue et avoir été contrainte par son mari à avoir des relations sexuelles avec d'autres militaires de la base.  Trouillard se justifia en déclarant "J'ai tué un monstre qui battait sa femme" et il fournit aux enquêteurs des dessins faits par la fille du couple Zawadski où il était inscrit "Papa est méchant avec maman".  Il ajouta enfin que le drame que vivait Nicole lui avait été confirmé par une tante de celle-ci au téléphone.

    Cependant, en réalité, le médecin avait été manipulé par Nicole.  Elle n'avait ni été battue, ni livrée aux collègues de son mari.  La tante n'existait nullement, Nicole en personne ayant modifié sa voix au téléphone.  De même, les dessins d'enfant avaient été réalisés par Nicole elle-même.  Le docteur Trouillard fut contraint d'admettre l'évidence : il avait été manipulé en permanence par la femme qu'il aimait follement, tellement follement qu'il avait été capable d'aller jusqu'au meurtre pour elle.

Le procès



    Le procès des "amants maudits" s'ouvrit en 2001 devant la cour d'assises du Loiret.
Tous les témoins vantèrent les qualités humaines de Jean-Paul Zawadski.  La fille du couple comparut et confirma que son père n'avait jamais été violent vis-à-vis de sa mère.
Les médecins psychiatres décrivirent Nicole Zawadski comme une mythomane manipulatrice dotée d'une "personnalité hystérique perverse".
Pour sa part, le docteur Trouillard fut décrit comme un exécutant.

    Les anciens amants se déchirèrent au procès.  Trouillard, conscient d'avoir été trahi et manipulé par Nicole, avoua tout.  Elle nia l'évidence, rejetant la responsabilité du crime sur le médecin et réaffirmant n'avoir été au courant de rien jusqu'au jour de la mort de son époux.
Mais les documents saisis et les analyses graphologiques impliquèrent davantage encore la jeune femme.

    Au final, aucun des deux amants n'échappa à un peine lourde.  Le docteur Trouillard-Perrot écopa de vingt années de réclusion.  Nicole Zawadski fut condamnée à vingt-quatre ans de détention.
Elle décida de faire appel de sa condamnation mais en pure perte...  Lors de son second procès, elle fut condamnée à une peine encore plus lourde : vingt-huit ans de prison.

NICOLE ZAWADSKI


Noms : Nicole Zawadski, Michel Trouillard-Perrot

Victime : 1

Lieux : Base aérienne de Bricy (Loiret, France)

Date : 11 mars 1998

Moyen : poison

Mobile : Appât du gain (assurance-vie) pour Zawadski, amour pour Trouillard7

Verdict : 28 ans de prison pour Zawadski, 20 ans pour Trouillard-Perrot


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