Fritz Honka : le tueur de Sankt-Pauli



    Fritz Honka, tueur en série allemand, sévit entre 1971 et 1974.  Il a tué au moins quatre prostituées du Reeperbahn à Hambourg, conservant les corps dans son appartement.

Les origines



    Fritz Honka est né en 1935 à Leipzig, au sein d'une famille ouvrière qui comptait dix enfants.
Sous le régime nazi, son père fut envoyé dans un camp de concentration du fait de ses opinions communistes.  Libéré à la fin de la seconde guerre mondiale, il décéda en 1946, des suites d'une consommation d'alcool excessive.
Sa mère étant surmenée par l'ensemble de ses tâches, Fritz passa plusieurs années dans des foyers pour enfants.

    Au début des années 1950, il travailla comme maçon, puis prit la fuite vers l'Allemagne de l'Ouest et devint ouvrier agricole dans la région de Hambourg.

    En 1956, il s'installa dans la ville de Hambourg et travailla sur un chantier naval.  La même année, il fut victime d'un grave accident de la circulation; il en garda le visage défiguré et un strabisme prononcé.  On supposa par la suite que ces séquelles provoquèrent chez lui un changement de personnalité.

    En 1957, il se maria mais divorça trois ans plus tard.  Le couple se recomposa par le suite et, à la suite de disputes incessantes, se sépara définitivement en 1967.
Il s'installa alors au 74 de la Zeisstrasse, futur lieu des meurtres.

    En août 1972, il ramena une femme chez lui et en arriva presque au viol.  La femme parvint à fuir et prévint la police.
Honka, qui présentait un taux d'alcoolémie de 2,4 grammes par litre de sang écopa, en 1975, d'une amende de 4 500 DM mais l'accusation de viol fut abandonnée.

    Au cours des années suivantes, à cause de ses graves problèmes d'alcool, Honka ne parvint plus à se lier avec une femme.  Il s'habitua alors à fréquenter des prostituées qu'il rencontrait dans divers débits de boissons des environs de la Reeperbahn.
Fritz Honka

Les meurtres



    En décembre 1970, Honka, âgé de 35 ans, commit son premier meurtre sur la personne de Gertraud Brauer, une coiffeuse de 42 ans et prostituée occasionnelle.
Lorsqu'elle refusa d'avoir des relations sexuelles avec lui, il l'étrangla.  Sur base des aveux ultérieurs de Honka, les spécialistes estimèrent qu'au moment du meurtre son taux d'alcoolémie avoisinait les quatre grammes d'alcool par litre de sang, soit un taux potentiellement mortel.
Après le meurtre, incapable de se débarrasser du cadavre, Honka le découpa.  La tête de la victime, ses seins, ses mains et l'une de ses jambes furent retrouvées le 2 novembre 1971 dans une décharge proche du domicile de Honka.  Le torse ne sera découvert que plusieurs années plus tard, dans l'appartement mansardé du tueur, sur la Zeisstrasse.
Dans l'immédiat, le meurtre demeura irrésolu.

    Quatre ans plus tard, en août 1974, Honka tua une seconde fois.  Sa victime fut Anna Beuschel, une prostituée occasionnelle de 54 ans rencontrée dans un débit de boisson.
Mécontent de la qualité de la relation sexuelle qu'il eut avec elle, Honka l'étrangla car "elle était restée allongée sur le lit comme une planche".  A d'autres occasions, il prétendit que la victime avait eu un comportement trop lubrique...  Une fois encore, le corps fut découpé et les restes cachés dans le grenier qui bordait la chambre de Honka.

    En décembre, Frieda Roblick, une prostituée de 57 ans fut étranglée dans la chambre de Honka.  Avant le meurtre, Honka avait constaté qu'elle lui avait dérobé 200 DM.

    Le dernier meurtre survint en janvier 1975.  Ruth Schult, une prostituée de 52 ans, rencontrée dans un débit de boisson et qui entretenait une relation suivie avec Honka, fut frappée à la tête d'un coup de bouteille d'alcool, puis étranglée à l'aide d'un bas.  Une fois encore, le corps fut mutilé, découpé, et caché dans le grenier.

    Au final, les restes de quatre corps furent donc cachés au domicile de Honka.
Les plaintes des voisins du tueur, relatives à une odeur de putréfaction, restèrent sans suite.

    Toutes les victimes étaient d'un âge avancé et officiaient comme prostituées dans le quartier de la Reeperbahn.  Elles se prostituaient occasionnellement pour se loger ou obtenir leur ration d'alcool, voire un peu d'argent.
Les disparitions des quatre femmes, marginales, ne furent jamais signalées à la police.
Toutes avaient été rencontrées dans des cafés voisins de la Hamburger Berg dans le quartier de Sankt Pauli, lieu de rassemblement des "débris de la société" tels que les ivrognes, les prostituées âgées, les vagabonds.... 
Dans ce milieu, le peu reluisant Fritz Honka pouvait se sentir supérieur aux autres et rechercher des relations de domination teintées de fantasmes sexuels...

    Dans l'appartement de Honka, où se déroulaient les meurtres, les enquêteurs trouveront d'énormes quantités d'alcool dont il faisait un usage personnel ou dont il usait pour rendre ses victimes plus dociles.  En outre, ils découvriront des poupées et plus de 300 photos pornographiques ou de pin-up dénudées collées au plafond...

    Tous les meurtres furent commis sous l'influence de l'alcool.  A plusieurs reprises, Honka se réveilla à côté d'une femme morte, sans être capable de se souvenir de la séquence des événements.  Il était aussi en complet état d'ivresse lors des démembrements.

Confondu



    Les meurtres de Honka furent découverts accidentellement.
Le 17 juillet 1975, un incendie se déclara dans sa maison du 74 Zeisstrasse à Hambourg et ce en son absence.
Pendant l'extinction du sinistre, les pompiers découvrirent les parties de corps.

    Honka fut arrêté mais ne passa aux aveux que le 29 juillet.

Personnalité et mobiles



    Fritz Honka était complexé : petit (1.68 mètre), maigre, affecté d'un trouble du langage, défiguré des suites d'un accident, atteint d'un strabisme, il n'était pas à son avantage avec les femmes.

    Ses deux mariages avaient échoué et l'une des deux femmes qui avaient brièvement partagé sa vie l'avait faussement accusé de paternité.

    Il était également alcoolique au dernier degré.

    Ce fut justement sous l'influence de l'alcool qu'il développa une agressivité à l'égard de femmes relativement impuissantes.  Face à ces femmes, réduites à l'état d'épaves par l'alcool et la drogue, il se sentait enfin supérieur et investi d'un pouvoir de vie et de mort.
Il passa d'autant plus vite à l'acte qu'il avait un fort besoin sexuel et que ces femmes le repoussèrent ou rationnèrent leurs faveurs...

Le procès



    Le 20 décembre 1986, un tribunal de Hambourg estima Fritz Honka coupable d'un meurtre et de trois homicides involontaires.  Il fut condamné à quinze années d'emprisonnement et à un placement dans un institut psychiatrique.
Le procureur avait réclamé un emprisonnement à vie pour quatre meurtres mais, au final, la Cour reconnut que les facultés mentales de l'accusé étaient nettement diminuées.

    L'accusation ne put fournir de preuves d'assassinats ou de viols.
Par contre, la défense rejeta une partie de la responsabilité sur les victimes, lesquelles auraient traité l'accusé de "clochard", "bâtard"....  Selon la défense, les homicides avaient constitué une réponse aux injures...

    Les termes de "grave anomalie mentale", "perturbation profonde de la conscience" et "idiotie" furent utilisés pour définir la personnalité de Honka.
Fritz Honka lors de son procès

Epilogue



    Honka quitta l'établissement psychiatrique en 1993.  Il fut autorisé à changer de nom et opta pour celui de Peter Jensen.

    Il passa ses dernières années dans une maison de repos où personne ne connaissait son ancienne identité.

    Hanté par les hallucinations, il se plaignit régulièrement auprès du personnel infirmier de sentir l'odeur de cadavres en décomposition.

    Le 19 octobre 1998, il décéda à Hambourg, des suite de ses abus d'alcool et de nicotine.  Il avait 63 ans.

FRITZ HONKA


Nom : Fritz Honka

Victimes : 4

Lieu : Sankt Pauli, Hambourg (Allemagne)

Dates : Entre 1970 et 1975

Moyen : Strangulation

Mobiles : Gratification sexuelle et recherche de puissance

Verdict : 15 années de détention et suivi psychiatrique


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