Gilles de Rais : le pire tueur d'enfants de l'histoire


    Compagnon de Jeanne d'Arc et héros de l'histoire de France, Gilles de Rais fut aussi l'un des plus grands criminels de tous les temps, peut-être même le pire.
Près de six siècles après la mort du seigneur Gilles, les événements qui marquèrent sa vie restent à peine croyables.

La jeunesse de Gilles de Rais



    Gilles de Tais naquit au château de Champtocé, non loin de Nantes, en 1403.
Son père, Guy de Laval, fut tué en 1414 lors de la bataille d'Azincourt.  Sa mère, Marie de Craon, mourut également peu après.
Enfant, Gilles de Rais hérita donc de riches possessions et fut élevé par son grand-père maternel, Jean de Craon.

    Agé d'environ douze ans, il manifesta des penchants bizarres et se mit à affamer des molosses avant de les jeter contre des troupeaux de moutons, se délectant de la vue du sang.
Gilles de Rais s'intéressa également très tôt aux jeunes garçons de son âge.
A l'âge de seize ans, son grand-père le maria avec Catherine de Thouars, une riche cousine.  Gilles délaissa vite son épouse pour s'enfermer avec de jeunes pages.

    A la même époque, la guerre de Cent ans faisait rage et les Anglais occupaient une grande partie de la France.  Le roi Charles VII s'était réfugié à Chinon avec quelques fidèles.
Gilles de Rais rejoignit Chinon à la même époque qu'une certaine Jeanne d'Arc, une bergère de Domrémy.  Etonnamment, lui qui avait toujours méprisé les femmes, fut subjugué par Jeanne et se mit à la suivre aveuglément, devenant son compagnon le plus fidèle.
Gille de Rais participa avec Jeanne à la prise d'Orléans en 1429 et assista au sacre de Charles VII à Reims, le 17 juin de la même année.  Gilles de Rais fut alors fait maréchal de France et atteignit le faîte de sa gloire.

    Peu après toutefois, Gilles abandonna la lutte.  En 1431, Jeanne fut capturée et brûlée à Rouen.
A la tête d'une fortune personnelle estimée à environ 1,5 milliards d'euros actuels, possédant presqu'autant de territoires que le roi de France, Gilles de Rais en vint à se complaire dans l'inaction et à faire des rêves inavouables, se sachant protégé par la gloire et la puissance.
Un événement capital survint alors le 15 novembre 1432, la mort de Jean de Craon.  Gilles de Rais devint ainsi entièrement livré à lui-même.
Gilles de Rais


Les meurtres



    Dès janvier 1433, des rabatteurs au service de Gilles de Rais se mirent à parcourir le pays nantais, proposant de fortes sommes aux paysans afin de leur acheter de jeunes garçons, officiellement destinés à devenir pages.
D'autres enfants disparurent aussi plus mystérieusement, officiellement du fait des loups, ou des Anglais.

    En 1435, Gilles de Rais donna une réception d'un luxe inouï à l'occasion du cinquième anniversaire de la libération d'Orléans.  En donnant une telle fête et en menant journellement un train de monarque, le seigneur Gilles, malgré sa fortune, commença à se ruiner.  Ses héritiers s'en inquiétèrent et s'adressèrent au roi Charles VII qui le déclara "prodigue et incapable" et le fit placer sous tutelle.
Par défi, Gilles vendit des terres au duc de Bretagne Jean V.  Puis, il brada l'ensemble de ses seigneuries afin de reconstituer ses réserves en or.  Bientôt toutefois, l'or vint à nouveau à manquer et Gilles n'avait plus guère de possession à vendre.  Il se tourna alors vers un alchimiste florentin du nom de Prelati et l'engagea à prix d'or.  N'ayant presque plus rien, seule l'intervention du diable pouvait le sauver car il lui fallait de l'or, non pour mener une vie fastueuse, mais pour acheter les consciences, conserver une apparence de puissance et pour éviter qu'on découvre le reste...

    En effet, des années durant, ses rabatteurs, Henriet et Poitou, avaient ramené au seigneur Gilles des garçons, âgés entre huit et douze ans.  Ces malheureux avaient été torturés puis poignardés ou décapités par Gilles de Rais.  Les têtes des plus beaux enfants avaient été exposées plusieurs jours durant dans la chambre du maître des lieux avant d'être jetées au feu ou enterrées.  Les ossements s'accumulèrent dans les caves des châteaux...
Etonnamment, les familles des victimes, comme les gardes et les domestiques de Gilles de Rais, se turent.
Ces crimes auraient pu durer longtemps encore si le seigneur Gilles n'avait pas commis une énorme bévue politique.

    A la Pentecôte 1440, il envahit les terres d'un certain Geoffroy le Féron qui lui devait de l'argent.  Si Geoffroy était absent de son château de Saint-Etienne-de-Mer-Morte, son frère Jean, un moine, était présent dans la chapelle.  Gilles entra dans l'église et molesta le moine; ce faisant, il bafoua l'Eglise et commit un sacrilège suprême, un crime pire que de se moquer des décisions du roi de France.  Gilles de Rais venait de signer son arrêt de mort.

    L'évêque de Nantes, Jean de Malestroit, décidé à abattre Gilles, lança contre lui une diffamation, une procédure ecclésiastique de l'Ancien Régime.  Les curés du diocèse durent lire une proclamation aux fidèles, leur enjoignant de témoigner contre le seigneur Gilles sous peine d'excommunication.
Alors les paysans se mirent à parler.  Des semaines durant, les secrétaires de Malestroit enregistrèrent déposition sur déposition.

    Le 13 septembre 1440, l'évêque de Nantes cita Gilles de Rais devant son tribunal "Nous, Jean, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, évêque de Nantes, à tous et à chacun.  Vous devez savoir que dernièrement nous avons entendu plusieurs fois de fortes plaintes; nous avons appris que le noble homme messire Gilles de Rais, baron de notre diocèse, avait tué et égorgé avec des perversités inouïes qui ne peuvent être exposées en raison de leur horreur, et qui seront déclarées en latin, en temps et en lieu opportun".
Il ordonna aussi à la force publique d'arrêter le seigneur de Rais.

    Le 15 septembre 1440, les troupes du duc de Bretagne se présentèrent devant le château de Mâchecoul, la plus puissante forteresse de Gilles de Rais et ordonnèrent au seigneur de se constituer prisonnier.  Gilles aurait pu aisément résister mais il renonça et se livra aux autorités.  Henriet et Poitou furent arrêtés dans le château, de même que l'alchimiste Prelati.

Le procès



    Le procès de Gilles de Rais débuta le 19 septembre 1440 à Nantes.
L'évêque Jean de Malestroit, qui présidait l'assemblée, lui signifia qu'il était poursuivi pour l'affaire de Saint-Etienne-de-Mer-Morte et lui demanda s'il reconnaissait la compétence du tribunal.
Soulagé d'apprendre qu'il ne s'agissait que du rapt du moine, Gilles répondit par l'affirmative.
Malestroit lui signifia alors qu'il serait poursuivi selon les règles de l'Inquisition.
La manoeuvre de l'évêque avait été habile : en ne contestant pas le crime contre l'Eglise, Gilles s'était placé dans l'appareil judiciaire le plus implacable de son temps, l'Inquisition.  Et dans ce type de procès, les droits de l'accusé étaient réduits au minimum.

    Le 13 octobre, le greffier lut l'acte d'accusation qui contenait quinze pages et quarante-neuf articles.
Le 22 octobre, Gilles de Rais, menacé d'excommunication et soupçonné d'avoir été à l'origine de mille à quinze cents meurtres, passa aux aveux complets devant Jean de Malestroit et les principaux notables nantais.  Cette confession est conservée à la bibliothèque municipale de Nantes mais les publications modernes n'en dévoilèrent jamais que quelques lignes tant l'ensemble est atroce.

    Le 25 octobre 1440, le tribunal de l'Inquisition rendit son jugement : "Nous Jean, évêque de Nantes siégeant en tribunal et n'ayant en vue que Dieu seul, attendu ta confession spontanément faite devant nous, qui a justement ému nos âmes, nous décidons que tu as encouru des peines de droit afin de te punir et corriger salutairement".
En d'autres termes, le tribunal d'Eglise remettait Gilles de Rais à la justice civile pour qu'elle décide à sa place.


    Gilles de Rais comparut donc, en compagnie de Poitou et Henriet, devant le tribunal civil de Nantes.  La sentence, prononcée par le duc de Bretagne, ne surprit personne : les coupables furent condamnés à être pendus et brûlés.
Le seigneur de Rais demanda à être exécuté en premier afin que ses serviteurs ne puissent croire qu'il serait gracié après leur propre mort.

    Le 26 octobre 1440 à onze heures du matin, sur la plaine de Biesse, en bordure de la Loire, Gilles de Rais et ses complices furent exécutés.
Si les cendres de Poitou et Henriet furent jetées au vent, le corps de Gilles de Rais, fut rapidement enlevé du bûcher après sa pendaison et rendu à sa femme, Catherine de Thouars, fidèle par-delà la mort.
Le seigneur de Rais fut enterré dans l'église des Carmes à Nantes, à côté des dignitaires de Bretagne, et sa tombe devint étrangement un lieu de pèlerinage.
A la Révolution, ses restes furent exhumés et détruits, comme tous ceux des princes de Bretagne.
Château de Tiffauges, lieu des crimes


GILLES DE RAIS

Identité : Gilles de Rais

Victimes : ignoré.  Peut être plusieurs centaines d'enfants.

Lieux : Châteaux de Tiffauges et Machecoul (Pays de Loire, France)

Dates : De 1433 à 1440

Moyens : Tortures diverses

Mobile : Gratification sexuelle

Verdict : COndamné à mort.  Exécuté le 26 octobre 1440


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