Georges Sarret : l'avocat assassin


    Avocat marseillais respecté de l'entre-deux-guerres, Georges Sarret était aussi un individu cupide qui mit en place diverses fraudes à l'assurance-vie.  Bientôt, ces arnaques débouchèrent sur des meurtres.

Les origines


    Georges-Alexandre Sarrejani naquit à Trieste (Italie) en 1878.  Adolescent, il s'installa à Marseille et entreprit de brillantes études de droit avant de devenir un avocat réputé.  L'homme francisa son nom en "Georges Sarret", se maria et devint le père de deux filles.

    Personnalité marseillaise redoutée et au train de vie dispendieux, Sarret possédait toutefois une face cachée : il buvait beaucoup, dépensait des fortunes au jeu et entretenait des maîtresses.

    Dans le courant des années 20, Sarret rencontra deux soeurs allemandes : Philomène et Catherine Schmidt qui avaient fui la Bavière où elles étaient accusées d'une trop grande proximité avec les troupes alliées d'occupation.  Les jeunes femmes devinrent les maîtresses de Sarret qui les installa dans la villa "Ermitage" située à Aix-en-Provence.
Georges Sarret


Sarret l'arnaqueur


    Ce trio fut à la base de l'affaire Sarret.  En effet, l'avocat décida d'accroître ses revenus pourtant conséquents en montant une escroquerie à l'assurance-vie.
Le plan de Sarret fut le suivant : localiser un homme à la santé fragile et lui faire rencontrer l'une des Allemandes avant d'organiser un mariage complété d'une sérieuse assurance-vie...  La visite médicale obligatoire était contournée par l'envoi d'un complice en parfaite santé à la place du mari malade...
Il ne restait ensuite qu'à attendre le décès de l'individu pour toucher la prime.  Si le décès se faisait attendre, Sarret aurait décidé de le hâter en simulant une fuite de gaz ou en usant du poison.

    Ces arnaques rapportèrent des sommes colossales à Sarret qui s'assura du silence et de la complicité continue des Allemandes en les menaçant de les dénoncer aux autorités françaises comme espionnes.

Sarret l'assassin


    Sarret bascula définitivement dans le crime le 20 août 1925.  A cette date, Sarret reçut à "L'ermitage" la visite d'un complice trop gourmand, l'abbé défroqué Louis Chambon Duverger, lequel était accompagné de sa maîtresse, Noémie Ballandraux.  Duverger, qui avait passé les visites médicales à la place des maris potentiels, fit chanter Sarret, réclamant de l'argent sous peine de le dénoncer.

    La réaction de Sarret fut des plus rapides.  Il s'empara d'un fusil de chasse et abattit ses deux visiteurs.  Pour faire disparaître les corps, il se procura cent litres d'acide sulfurique qu'il versa sur les cadavres allongés dans une baignoire.  Trois jours plus tard, avec l'aide de ses maîtresses, il répandit les restes des victimes, transformées en un liquide noirâtre, dans le jardin de la villa.

    Le crime ne fut découvert que six ans plus tard, lorsque le propriétaire de la villa "L'Ermitage" revint d'Italie et constata que sa pelouse avait été dégradée par de l'acide.  Le rapprochement ne fut toutefois pas fait avec la personne de Sarret.

    Il fallut attendre 1931 pour voir la chute de l'avocat.  En 1931, en effet, il contracta une assurance-vie au nom de Catherine Schmidt.  Cette dernière "décéda" officiellement peu après.  En réalité, elle avait été remplacée par une certaine Magali Herlin laquelle aurait été tuée à l'aide de champagne empoisonné.  La compagnie d'assurances versa à Sarret la somme d'un million de francs.
Catherine Schmidt se réfugia à Nice mais commit l'imprudence de revenir peu après à Marseille, contrairement aux instructions données par Sarret.  Reconnue par une personne qui la croyait décédée, Schmidt fut arrêtée avec sa soeur et passa aux aveux, dénonçant Sarret.

    Georges Sarret nia tout et releva les failles dans les déclarations des soeurs ainsi que des vices de procédure.  Avocat doué, il parvint à retarder son procès durant deux ans.

Le procès


    Le procès de Georges Sarret et de ses complices ne s'ouvrit pas moins devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, le 31 octobre 1933.
Sarret et les deux Allemandes durent répondre de quatre meurtres : ceux de l'abbé défroqué et de sa maîtresse, celui de Magali Herlin et enfin de celui d'une victime à l'assurance-vie.

    Le procès dura dix jours.  Les deux soeurs échappèrent à une lourde condamnation car n'ayant pas participé directement aux assassinats.  Elles furent condamnées à dix ans de travaux forcés.
En revanche, Sarret n'obtint aucune indulgence et fut condamné à mort.

    L'avocat tenta de se pourvoir en cassation, puis d'obtenir une grâce présidentielle.
Sarret fut guillotiné le 10 avril 1934 à 5h35.  Avant de mourir, il insulta copieusement ses accompagnateurs, clama son innocence et réclama une révision de son procès pour "sauver l'honneur de ses filles".
L'affaire Sarret passa à la postérité comme l'un des plus retentissants faits divers de l'entre-deux-guerres.

GEORGES SARRET


Noms : Georges Sarret, Philomène Schmidt, Catherine Schmidt

Victimes : 4, peut-être davantage

Lieux : Marseille, Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône, France)

Dates : Entre 1923 et 1931

Moyens : Gas, poison, fusil de chasse...

Mobile : Appât du gain.

Verdict : Peine de mort, exécuté le 10 avril 1934


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