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Historique - Mark 7 - L'inespérée renaissance

Nous sommes en 1994 et le groupe doit trouver un remplaçant a temps plein a Ritchie, mais ce n’est pas simple. La première exigence est celle de trouver un guitariste qui ne soit pas un clone de Ritchie, pour permettre au groupe d’aller de l’avant et ne pas donner l’impression de vivre dans le passer. Il faut aussi que le gars soit disponible pour un groupe a temps plein, et ait déjà un certain bagage tout de même. Inutile de dire que ce genre de guitaristes ne courent pas les rues. Et pourtant assez rapidement Roger propose le nom de Steve Morse, un guitariste qu’il avait découvert à la radio dans un taxi en Allemagne dans les années 80 (il avait d’ailleurs refusé de sortir avant que le morceau ne soit terminé !) et dont il avait depuis suivit la carrière d’un peu plus près. Reconnu dans le milieu musical (il avait été élu 5 fois consécutive guitariste de l’année dans un prestigieux magasine Américain) mais somme toute assez méconnu du grand public, il semblait avoir toutes les qualités requises.

Mais choisir un guitariste n’est pas une décision à prendre à la légère, et comme Deep Purple a toujours été un groupe qui s’exprime principalement sur scène, c’est sur scène qu’il fallait "l’essayer". Trois dates furent donc organisées, deux au Mexique et une au Texas. C’est donc le 23 novembre 1994 que Steve Morse donna son premier concert avec Deep Purple. Le Mexique n’avait pas été choisi par hasard, si le résultat n’avait pas été celui escompté, il aurait été plus simple de passer à autre chose que si le concert avait eu lieu a Londres avec toute la presse autour. Heureusement, cette éventualité n’arriva pas, et Morse dit qu’il s’était trouvé assez a l’aise malgré les 15000 personnes. Le groupe ne mit pas longtemps à se rendre compte du potentiel du nouveau line up, et Morse fut donc engagé.

Morse engagé, il était maintenant temps de commencer l’enregistrement du nouvel album. Et début 1995, le groupe commença les premières sessions d’écriture. Celles ci furent cependant interrompues quand début mars, le groupe parti pour un drôle de tournée, qui devait les emmener d’un bout a l’autre du monde. En effet, les deux premiers show furent donnés en Floride, puis deux en Corée du Sud, une série de huit dates en Afrique du Sud, qui fut le premier passage du groupe (et le dernier a ce jour) sur le continent Africain, se terminant enfin par deux dates en Inde, ou ils jouaient également pour la première fois.

Mais outre cette répartition géographique étonnante, le point d’intérêt principal est que ces concerts furent les premiers à contenir des titres écrits avec Morse, puisque trois tout nouveaux titres seront ajoutés lors des premiers concerts aux USA. Ted The Mechanic, Purpendicular Waltz mais surtout Soon Forgotten, qui ne fut jamais rejoué après ces deux concerts Américains! Les titres ne sont pas encore comme on les connaîtra par la suite. Il y a quelques problèmes surtout sur Soon Forgotten, le chant de Gillan sur Ted n’est pas encore vraiment au point, mais au moins le groupe tourne, rajoute des nouveautés et surtout prend beaucoup de plaisir à jouer, et cette joie est contagieuse !

Le dernier de ces concerts fut donné le 14 avril, puis après un peu de repos, le groupe se retrouva pour cette fois enregistrer l’album. Début août la quasi-totalité de la musique était enregistrée, ne laissant que quelques piste vocales à enregistrer, et le 21 octobre fut achevé le mixage. L’album Purpendicular, premier album sans Ritchie depuis Come Taste The Band vingt ans plus tôt était prêt. L’album sorti finalement en février 1996, coïncidant ainsi avec le début de la tournée mondiale.

Cette tournée mondiale fut la première vraiment complète depuis celle de Perfect Strangers, vu les annulations en tout ou en partie des parties Américaines et autres des tournées suivantes ! La première partie de cette tournée fut réservée au berceau du groupe, le Royaume Unis, avec leur plus longue tournée Britannique depuis celle de Burn en 1974 !! Cette tournée fut une véritable renaissance du groupe. Finie les tournées avec trois ou quatre morceaux du nouvel album plus le reste rempli de morceaux du Made in Japan. Ici pas moins de sept nouveaux morceaux, les quatre titres repris durant les concerts avec Satriani mais aussi des nouvelles apparitions comme No One Came, Mary Long et Rat Bat Blue, assez rapidement remplacé par Bloodsucker. Bref, du neuf, on sent qu’il y a du sang frais dans le groupe, et surtout qu’ils prennent du plaisir à jouer ensemble. D’ailleurs les premiers concerts durent parfois plus de deux heures quart, ce qui est pour ainsi dire du jamais vu dans l’histoire du groupe !

Une fois la tournée Anglaise terminée, le groupe enchaîna sur le reste de l’Europe, puis début avril prit deux mois de repos avant de reprendre la route pour la saison des festivals, toujours en Europe. Après un mois et demi de repos supplémentaire, ils reprennent la route, toujours en Europe ! Ce n’est que fin octobre qu’ils partiront ensuite vers d’autres continents, le Japon d’abord, puis l’Amérique du Nord. Enfin, début 1997, cette tournée Purpendicular sera conclue par une série de concerts en Amérique du Sud. Au final, cette première tournée sans Ritchie sera un gros succès ; environ 130 concerts a travers le monde qui feront même de 1996 la plus grosse année de tournée après 1972 ! La réponse du public a l’arrivée de Steve Morse confirma que le groupe avait fait le bon choix en engageant l’Américain.

Une fois la tournée terminée, il fallait penser à enregistrer l’album suivant. Le groupe se retrouva donc a Orlando pour les premières sessions d’écriture de ce qui allait devenir l’album Abandon. Huit titres furent ébauchés, puis retour en Europe pour trois concerts, le festival de Lahr en Allemagne, un concert (une première !) au Liban et enfin un passage en Suisse. Enfin, le mois suivant c’était au Canada qu’ils donnaient un concert. Après cet étrange enchaînement de dates somme toute assez peu cohérent, le groupe est de retour à Orlando pour l’enregistrement de l’album. Le principal de l’album est composé et enregistré, et c’est donc avec deux nouveaux morceaux que le groupe commence une tournée Nord Américaine, principalement dans les Houses of Blues. Si Any Fule Kno That n’est pas encore vraiment prête et sera retirée de la setlist, Seventh Heaven elle fonctionne déjà fort bien.

Après une pause pour Noël et le nouvel an, le groupe fini la tournée Nord Américaine, puis retourne une dernière fois a Orlando pour finir l’album. Finalement, 11 nouveaux titres voient le jour, de même qu’une nouvelle version de Bloodsucker. No One Came et When a Blind Man Cries furent un temps envisagées, mais le suceur de sang finit par l’emporter, sûrement plus dans la lignée du reste de l’album. Le 6 avril, le mixage est achevé, et en mai l’album est dans le bac. La tournée peut alors commencer.

Un fois n’est pas coutume, c’est dans le Sud de l’Europe qu’elle commencera le premier juin. Deux concerts à Istanbul d’abord, puis Malte et l’Italie jusqu’au 12 juillet en Espagne. S’il n’était pas simple d’enchaîner vu le succès de la tournée Purpendicular, on peut dire qu’ils ont tout de même bien réussi cette nouvelle épreuve. Pas moins de six nouveaux titres d’Abandon, ainsi que les retour de classiques comme Lazy ou une très bonne version retravaillée de Strange Kind of Woman. Comme pour la tournée Purpendicular, ce sont des concerts de plus de deux heures qui sont donnés au fans Européens, mais malheureusement, il n’en sera pas ainsi pour les Américains.

En effet, la tournée Américaine qui suivra pendant le mois d’août est la première d’un type que les fans de Deep Purple devront bientôt apprendre à connaître, la double voir triple affiche. Le concept est simple, les promoteurs un peu frileux ont peur d’inviter un groupe seul, et invitent donc d’autres groupes pour cumuler les fans. Si dans le principe l’idée n’est pas forcément mauvaise, il faut bien se rendre compte que dans la pratique, mettre Dream Theater, Emerson Lake and Palmer et Deep Purple sur la même affiche comme c’était le cas en 98, ça ne permet pas de jouer autant qu’on le voudrait, et c’est donc seulement une heure et demi de concert et trois, voir parfois seulement deux nouveaux titres que pourront découvrir les fans Américains.

Après cela, retour en Europe pour deux mois et demi de tournée, pour passer partout ou ils n’étaient pas encore passer en juin et pour repasser un peu partout en Allemagne, comme d’habitude ! Ensuite début 99 départ pour l’Amérique du Sud, suivit de l’Australie ou le groupe n’avait plus mit les pieds depuis les premiers concerts de la réunion en 84 !! Ce fut un très gros succès, vu le temps que les fans avaient du attendre pour les revoir. Enfin, en Juin 99 c’est de nouveau le retour en Europe pour un tournée estivale de deux mois.

Ces longues tournées laissant au final assez peu de temps pour se reposer et pour des projets solo commençaient petit a petit a vraiment peser sur le moral de Jon, qui commença à envisager de quitter le groupe. Cependant, il fit un rencontre inattendue qui allait changer la donne. Lors du concert a Rotterdam, fin 98, il rencontra un jeune homme qui l’aborda, demandant d’abord un autographe sur son édition du Concerto for a Group and Orchestra, après quoi il expliqua a Jon qu’il avait passé son temps libre des deux dernières années a retranscrire intégralement les partitions du concerto ! C’était providentiel, car en 93, avec l’approche de l’anniversaire des 25 ans du concerto, ils avaient envisager de le rejouer, mais les partitions semblaient avoir disparu de la circulation, ce qui empêcha le projet d’aboutir. C’est donc grâce a ce travail minutieux que commença l’idée de rejouer le concerto en septembre 99.

Ainsi, pendant que le groupe tournait a travers le monde durant la première moitié de l’année 99, un double concert fut préparé pour septembre au Royal Albert Hall, 30 ans après la performance originale. Il fallait encore trouver un chef d’orchestre et un orchestre. Pour le chef d’orchestre, le choix se porta finalement sur Paul Mann, qui était déjà lié a l’histoire du groupe pour être le neveu de Colin Hart, qui travaillait sur les tournée de Deep Purple puis de Rainbow dès 1971. Outre la représentation du concerto, le groupe décida de jouer un ou deux morceaux de la carrière solo de chacun des membres du groupe.

Ainsi, outre le concerto et les titres du groupe interprétés avec l’orchestre, Pictured Within et Wait a While extraites des albums de Jon furent interprétées avec respectivement Miller Anderson et Sam Brown, puis Sitting in a Dream et Love is All du Butterfly Ball de Roger avec Ronnie James Dio, Via Miami de l’album de Gillan et Glover, That’s Why God’s Singing The Blues de l’album Dreamcatcher de Gillan avec Steve Morris, Take it to the Top et Nights Meets Light du Steve Morse Band avec Van Romaine et Dave La Rue, et enfin une version un peu jazzy et sans guitare de Wring That Neck. La tout fut joué deux nuits consécutives les 25 et 26 septembre.

Après ces deux exceptionnelles soirées et un peu de repos, le groupe parti en mars au Japon pour terminer la tournée Abandon, et y donner un série de six concerts tout simplement exceptionnels Une setlist changeante avec l’arrivée notamment de Fools, repêchée sur l’album Fireball, et un groupe au sommet de sa forme. Retour en Europe ensuite pour quelques dates en Russie entre autre. Enfin, en juillet le groupe donna un concert au Montreux Jazz festival ou a la surprise de tout le monde ils jouèrent un tout nouveau titre, composé l’après midi même durant les répétitions !

La performance du Royal Albert Hall, bien que très réussie leur avait pourtant laissé une petite déception, celle que seulement quelques privilégiés avaient eu droit a cette performance du concerto. Il décidèrent donc de mettre sur pied une véritable tournée concerto, dérivée des concerts de l’année précédente. Pictured Within fut donc gardé, toujours avec Miller Anderson. Sitting in a Dream et Love is All aussi, et deux titres de Dio furent également ajoutés (mais joués avec Roger Steve Ian et Jon) et la nouvelle version de Wring That Neck. Ils comptaient également rejouer le Nights Meets Light du Steve Morse Band, mais cela ne sonnait pas très bien sans Van Romaine et Dave La Rue, et Steve composa donc un nouveau morceau fait pour coller avec l’orchestre tout en étant centré sur sa guitare, ce qui donna la Well Dressed Guitar, qui plus de 5 ans après est toujours joué a tous les concerts.

La tournée commença en Amérique du Sud, puis arriva en Europe, avant de finir en 2001 par quelques dates au Japon. Après cela, le groupe reparti en tournée "normale", mais comme en 98, la lassitude gagna Jon Lord, qui recommença sérieusement à envisager de quitter le groupe. Mais c’était une décision difficile à prendre pour plusieurs raisons. La première est qu’il était dans le groupe depuis son début en 1968, et avait donc passé plus de 25 années de sa vie dans ce groupe, ce qui forcément le retenait tout de même. De plus, cette présence continue était aussi synonyme du fait que jamais un autre claviériste n’avait joué avec le groupe, et tous craignaient que remplacer Jon soit impossible où presque.

Une opportunité se présenta pourtant à eux, car Jon du subir une opération au genoux durant l’été 2001, alors qu’une tournée Européenne était prévue. Ils proposèrent donc à Don Airey, un vieux routard du hard rock anglais qui avait notamment déjà travaillé avec Whitesnake, Ozzy Osbourne mais aussi dans Rainbow avec Roger Glover de remplacer Jon sur la tournée européenne. Celui ci, grand admirateur de Lord et du groupe accepta, et la tournée pu donc avoir lieu. Elle se passa même très bien, le public réservant un bon accueil au nouveau venu. C’est en voyant cela que Jon décida qu’il pouvait partir sans compromettre l’avenir du groupe.

Avant de tirer définitivement sa révérence, Jon décida tout de même de partir pour une dernière fois en tournée avec le groupe, au Royaume-Uni, pour ce qui devait être leur plus grosse tournée Britannique depuis 1996. La tournée débuta donc en février 2002, avec une setlist assez intéressante puisqu’elle reprenait notamment The Aviator de Purpendicular, un tout nouveau titre écrit lors de récentes sessions en novembre 2001 au studio de Steve Morse et qui devint par la suite I’ve Got Your Number sur Bananas, mais surtout avec le grand retour de Child in Time, disparue des setlists depuis 1995. Malheureusement, Ian Gillan et d’autre membres du groupe furent touchés par la grippe, et la tournée du s’interrompre prématurément le 22 février après le premier des deux shows prévus a l’Hammersmith Apollo de Londres.

Tout le monde dans le groupe fut assez triste de devoir ainsi interrompre la tournée d’adieu de Jon, mais une solution fut trouvée. Après avoir tourné un peu partout dans le monde, le groupe revint en Angleterre en septembre pour jouer les dates qui avaient été annulées, et tous les soirs, le show commençait normalement avec Don au clavier, mais à partir de Perfect Strangers, Jon apparaissait et finissait les concerts. C’est donc finalement le 19 septembre que Jon donnera son dernier concert avec le groupe, tournant une page longue de plus de deux décennies.

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