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Historique - Mark 2b - Le triomphal retour

Huit ans déjà que les fans attendent le retour de leur groupe favoris, huit ans que les rumeurs font places aux démentis, que les sorties de best of a répétitions et de live continuent à faire parler du groupe. Pourtant il y avait eu un espoir, en 1980 lorsqu’une tournée Nord Américaine semblait se dessiner pour Deep Purple. Il n’en était rien, il s’agissait en fait d’un faux Deep Purple monté par des promoteurs peu scrupuleux qui après avoir tenté sans succès d’avoir Nick Simper avaient réussi à attirer Rod Evans dans le panneau.

Le groupe n’était en fait constitué outre Rod Evans que de quatre musiciens tout à fait inconnus. Le premier concert fut donné le 17 mai 1980, et en tout une quinzaine de concerts furent donnés jusqu’au 19 août 1980, jour du dernier concert a la Long Beach Arena. Pour tous les concerts le scénario fut le même ; massacres en règles des classiques, et émeute lorsque le public se rend compte qu’il a en fait été floué. Edwards et Colletta, les managers du groupe ont bien tenté de les empêcher, mais tout juste parvinrent-ils à limiter l'impact public de ces concerts. Du moins jusqu'à ce qu’un tribunal se penche sur la question. Et bien entendu, Evans fut condamné pour usage du nom Deep Purple sans l’autorisation nécessaire. Incapable de payer, le payement de ses droits sur les albums de la Mk1 fut suspendu, et depuis lors, on ne trouva plus aucune trace de lui.

Toujours est-il que Deep Purple, le vrai n’est toujours pas là, du moins jusqu’à ce qu’en 1984, quand le 13 avril Ritchie appelle Jon pour lui proposer l’idée. Jon appelle ensuite Gillan, qui lui répond que lui serait pour, mais que Ritchie ne marcherait jamais, ce à quoi Jon aura simplement à répondre "Devine qui vient de m’appeler ?". A partir de là tout s’enchaîne très rapidement. Il faut dire que les carrières des uns et des autres prêtaient enfin à se rassembler ; Gillan était sur le point de mettre un terme a sa collaboration avec Black Sabbath a l’issue de la tournée Born Again. Paice qui avait quitté Whitesnake qui tournait trop a son goût pour rejoindre Gary Moore qui était un peu plus calme commençait aussi à se lasser, car le groupe avait prit de la vitesse. Jon de son coté commençait à se sentir vraiment oppressé dans Whitesnake, d’autant que le changement de son qui se profilait lui laissait de moins en moins de place. Enfin, Ritchie et Roger était au sein de Rainbow mais le groupe semblait terminer un nouveau pan de son histoire. Ritchie le mit donc en ‘pause’.

Le groupe se retrouve pour la première foi au courant du mois d’avril, puis bien vite la nouvelle de la reformation se répand. Le premier mai commencent les répétitions en vue de l’enregistrement de Perfect Strangers. Elles se déroulent dans le Vermont aux USA, et pour permettre au groupe de profiter au maximum de sa créativité, la plupart des jams sont enregistrés, de manière à par la suite pouvoir réécouter et trouver les passages intéressants. Le groupe se donne un mois pour préparer de cette manière l’enregistrement proprement dit. Celui-ci devait commencer au début du mois de juin, mais les autorité du Vermont refusèrent l’autorisation demandé, et le groupe dut donc trouver un autre endroit, et ce n’est donc que le 10 juillet que l’enregistrement proprement dit commença, pas très loin de l’endroit ou ils avaient fait les sessions d’écriture.

L’enregistrement se prolongea jusqu’au 26 août, après quoi le groupe se rendit à Hambourg ou l’album fut mixé. Ils firent même une petit apparition dans en club durant le mois de septembre. Les titres Perfect Strangers furent annoncés à la presse et le contrat de distribution fut signé avec Polydor. L’album sorti fin octobre, puis par la suite le groupe commença à répéter pour la tournée mondiale qui devait commencer fin novembre. Le 27 novembre fut le grand jour, après plus de onze ans séparés, la Mark 2 réapparaissait enfin sur scène a Perth, en Australie.

La setlist fut assez logiquement basée sur la période Made in Japan, avec des morceaux de Perfect Strangers insérés ça et là. Le groupe séjourna près de trois semaines en Australie et Nouvelle Zélande, signant notamment deux belles séries de trois concerts a Sydney et Melbourne. Au cours du second concert de Sydney, Georges Harisson se joint au groupe pendant le rappel pour une version ralentie de Lucille, seule fois que le groupe la joua après la réunion.

Après un break pour Noël, le groupe reprit la tournée et entama le gros morceau, à savoir la tournée américaine. Pas loin de trois mois de tournée et de 50 concerts, dans des arènes dépassant souvent les 15000 personnes. Au niveau des concerts, on est pas loin de ce qui s’est passé en Australie, la setlist est la même à l’exception des rappels ou Speed King et Woman From Tokyo (raccourcie) se joignent parfois a Smoke a la place de Black Night. Par contre, si Glover, Lord et Paice restent constant dans le performances (toujours au top bien sur !), du coté de Gillan et de Blackmore ça varie plus. Certains soir, Gillan semble plus a la traîne, alors que d’autre c’est Blackmore qui est d’une humeur moyenne pour un raison quelconque, ce qui bien sur se ressent dans la qualité globale du concert. Au final, selon la forme du groupe, le set pouvait varier de 90 a 110 minutes. Le dernier concert de la tournée fut donné le 9 avril a Seattle.

Après un mois de repos, le groupe repartit pour le Japon, avec entre autre au programme quatre nuits de suite au mythique Budokan de Tokyo. Parmi les surprises, une version complète de Woman From Tokyo a Osaka, ce qui est à ma connaissance la seule version complète avec Ritchie a la guitare. Après quatre nouvelles semaines de break, le groupe arriva enfin en Europe.

Malheureusement, ce qui aurait du être le grand retour triomphal du groupe ne sera finalement qu’une série de 17 concerts en un mois, soit trois fois mois que les Américains. Pire, un seul concert est prévu pour tout le Royaume Uni, le festival de Knebworth. Plus de 70000 personnes feront donc le déplacement, mais malheureusement, la pluie sera de la partie pendant toute la journée. Trois concerts en France furent aussi prévus, dont deux nuits à Bercy. La deuxième de ces nuits fut d’ailleurs filmée par la télévision Allemande dans la cadre du programme Rockpalast. Malheureusement, Gillan avait un refroidissement et le résultat de son coté n’est pas fameux. De son coté seulement, car instrumentalement ce concert est très bon !

Après encore un peu de repos, le groupe repartit une nouvelle fois vers les Etats Unis pour huit concerts, donc un au Texas en tête d’affiche d’un festival qui regroupa pas moins de 80000 personnes ! Après cela, la décision fut prise de ne pas retomber dans les travers qui avaient mené à la perte du groupe, à savoir bosser non-stop, enchaînant album et tournées sans arrêt, et donc de faire un pause de huit mois, laissant chacun passé un peu de temps avec sa famille et se reposer pour pouvoir repartir ensuite de plus belle.

La pause durera finalement un peu moins longtemps que prévu, puisque dès décembre 1985, le groupe se retrouve pour commencer (tout doucement) quelques sessions d’enregistrement en vue du prochain album. Pour l’enregistrement proprement dit, ils choisirent une fois de plus d’enregistrer hors d’un studio, et après avoir un temps envisagé le Massachusetts, ils choisissent finalement de revenir à Stowe dans le Vermont, mais cette fois dans un ancien théâtre réaménagé. Vint ensuite le temps du mixage, fait principalement a Munich par Roger avec l’aide des un et des autres quand c’était nécessaire, notamment pour le ré enregistrement de quelques parties de chant et de guitare.

Une fois le mixage terminé, Gillan et Glover partiront à Montserrat pour enregistrer un autre album. En effet, Ian était toujours sous contrat avec Virgin depuis le temps du groupe Gillan, et pour le remplir, il décida de faire avec Roger un album plus léger, avec des titres moins lourds et plus variés. Très inspirés, ils enregistreront en tout treize titres, dont une partie se retrouvera sur l’album Accidentally on Purpose qui sortira finalement en 88. House of Blue Light quand a lui ne sortira que le 12 janvier 1987, soit plus d’un an après les premières sessions d’écriture. Il est loin le temps ou en un mois l’album était écrit, enregistré et prêt à sortir ou presque !

La tourné commence le 27 janvier 1987 par quelque chose d’alors inédit, une visite derrière le rideau de fer, par trois dates a Budapest, en Hongrie. S’ensuit un tournée Européenne plus "normale" que la précédente, avec dix concerts en Allemagne et cinq au Royaume Unis, au lieu de respectivement deux et un festival ! Au niveau de la setlist par contre rien de neuf ou presque. Trois titres de Perfect Strangers retirés (restent la chanson titre et Knocking at Your Backdoor) et quatre titres rajoutés, assez rapidement réduits à trois seulement ! Le dernier concert de cette partie Européenne de la tournée se fera le 8 avril a Birmingham.

Les projets pour la suite étaient un longue tournées aux USA, puis un passage au Japon et en Australie comme en 84/85, mais malheureusement, le 30 mai, après un mois et demi de tournée aux Etats-Unis, Ritchie se cassa des doigts pendant qu’il cassait sa guitare a la fin du concert. Le suite de la tournée sera donc annulée, et ne reprendra que deux mois et demi plus tard, en Europe de nouveau, pour quelques concerts d’endroits qui n’avaient pas été visités au début d’année, ainsi que quelques festivals.

En 85, certain concerts avaient été enregistrés dans la perspective d’un éventuel album live, mais l’idée avait paru un peu anticipée, et finalement abandonnée. Elle fut reprise en 87, et les derniers concerts de la tournée furent donc tous enregistrés pour servir de base a ce qui allait devenir Nobody’s Perfect. Malheureusement, rarement un album live n’aura porté aussi bien son nom. Quand un bon album live reprend un concert complet, ou a la limite des titres repris de deux ou trois concerts pour ne garder que le meilleur, ici on commence à voir trop grand ; pas moins de cinq concerts serviront de base a l’album, avec de plus certain titres mixés à partir de plusieurs version, de nombreuses éditions, de nombreux passages supprimé (il ne reste que six des douze ou quatorze minutes qui constituaient habituellement Space Truckin’ !), et une setlist qui fait la part belle au titres de Made in Japan, comme si les nouvelles versions pouvaient faire oublier les anciennes… Pour couronner le tout, les différentes version (CD, cassette et vinyle) ne contiennent pas exactement le même tracklist, forçant à acheter l’album plusieurs fois pour avoir tous les titres !

Pour promouvoir le live, un série de concerts furent prévu pour 88, commençant par une vingtaine de dates aux USA, mais finalement, elles furent presque toute annulé, puisque deux seulement subsistèrent ! Le groupe revint alors en Europe pour une dizaine de dates en Italie, une au Danemark et enfin quatre en Allemagne, la dernière étant Brème, le 29 septembre. Ce concert, même s’ils ne le savent pas encore a l’époque deviendra le dernier de Gillan avant son retour en 93, mais n’anticipons pas trop.

En effet, la suite pour Deep Purple est de penser a l’album suivant, et ils retournent donc dans le Vermont en cette fin d’année 89. Mais "ils" ce n’est pas tout le groupe, "ils" c’est le groupe mais sans Gillan, resté en Grande Bretagne où il prépare pour le début de 89 quelques concerts en solo sous le nom de Garth Rocket and the Moonshiners, nom d’un groupe qu’il avait eu au début des 60’s. Il était prévu que le groupe envoie les démos a Gillan pour qu’il puisse commencer à écrire ses paroles en vue de l’enregistrement en avril, mais les enregistrements qu’il reçoit des USA ne plaisent pas a Gillan, qui n’y retrouve pas ce qu’il voudrait dans Deep Purple. Lorsqu’ils cherchent à prévoir l’endroit ou enregistrer l’album, son idée de faire ça dans un vrai studio est rejetée catégoriquement par Lord et Blackmore, et finalement, le manager de Gillan finit par recevoir un coup de téléphone de Bruce Payne, manager de Deep Purple signifiant que Gillan n’est plus membre du groupe ! C’était bien la fin de la première réunion de la Mark 2.

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