IX. Brillance apparente et luminosité
propre des comètes
IX.1.
La magnitude
La relation
classique donnant la magnitude
apparente d'une comète en fonction des distances au Soleil
et à la Terre (exprimée en UA) est:
m1 =
+ 5 log D
+ 10 log r
où
est appelée la magnitude
absolue de la comète, l'indice 1 signifiant qu'il s'agit
de la magnitude
totale (intégrée sur toute la coma)
et non celle de la condensation centrale (pour laquelle on noterait
2). D est la distance comète-Terre
et r, celle comète-Soleil.
Cette relation
exprime seulement que la brillance d'une comète varie
en D-2 r-4,
l'exposant 4 étant une bonne valeur moyenne; un exposant
égal à 2 correspondrait à une simple réflexion
de la lumière solaire, sans activité propre de
la comète, comme pour une planète.
A plus grande
distance du Soleil, c'est-à-dire généralement
loin du périhélie,
la comète est beaucoup moins active et se comporte presque
comme une petite planète. La magnitude
apparente nucléaire (notée m2), qui
correspond à la condensation centrale de la coma
quand la comète se rapproche du Soleil et devient très
active, est donnée par la relation:
m2 =
+ 5 log D + 5 log r + 0,03 s
où
est la magnitude
nucléaire absolue, s
est l'angle Terre-comète-Soleil (exprimé en degrés).
La valeur
de la magnitude
nucléaire absolue est toujours systématiquement
plus faible que celle de la magnitude
totale absolue (d'environ quelques magnitudes)
pour toute comète.
VII.2. Sursauts
d'éclat
Les comètes,
nous l'avons vu, sont fréquemment le siège de
phénomène donnant lieu à des augmentations
soudaines de leur éclat, sans corrélation avec
la distance héliocentrique, bien que le plus grand nombre
ait été observé à distance relativement
courte (£ 2 UA). Il est très
probable que les causes de ces sursauts soient diverses:
- des poches de gaz libérées par surpression;
- une présence de radicaux ou d'hydrocarbures explosifs;
- une production d'énergie lors de changement de
phase glace amorphe - glace cristalline;
- une craquelure ou brisure du noyau
à la suite de variations thermiques, exposant subitement
des substances plus volatiles;
- une action de courants corpusculaires solaires;
- une collision avec des blocs errants du milieu interplanétaire.
L'un ou l'autre
de ces processus agit selon les circonstances, selon les propriétés
ou l'histoire de la comète, selon la distance qui la
sépare du Soleil et certains d'entre eux peuvent d'ailleurs
être concomitants. L'existence même de sursauts
indique en tout cas, elle aussi, une structure nucléaire
hétérogène et fragile.
Graphique
montrant l'évolution de la magnitude absolue en fonction
de la distance héliocentrique.
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