Powered by FreeWebsiteTranslation Debaudrit siècles d'histoire d
Avant-propos
Ce site est consacré à l'étude patronymique et généalogique des "de" ou "der" Baudrenghien sédentarisés en Cambrésis, en Tournaisis et dans le Hainaut belge depuis des temps très anciens. Outre les habituelles recherches d'archives communales ou paroissiales et autres monographies, elle résulte des mentions manuscrites ou imprimées données par les généalogistes distingués de toutes époques confondues, tels que du Chastel, de Grez, de Lannoy, de Vegiano, Goethals, Herckenrode, Laisné, Le Blond, Saint-Genois, Scohier, etc., et est agrémentée, tant que faire se peut, d'observations de terrain.
Nous vous souhaitons une plaisante lecture.
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2. Recherche onomastique & étymologique
L’onomastique est l’étude des noms
propres de personnes (anthroponymie) et
de lieux (toponymie)l'étymologie
est la recherche
de leur origine.
Baudrenghien, Baudringhien, Boudrenghien, Boudringhien,
Debaudrenghien, Debaudringhien, Derbaudrenghien, Derbaudringhien,...
Au V° siècle, parmi les peuples barbares jaillissants des décombres de l'Empire romain, les Francs Saliens, venus de la région de l'Yssel sous la conduite de Clodion, s'emparent de nos régions.
Au siècle suivant, Mérovée, chef mythique s'il en est, s'établit à Tournai et y fonde une dynastie si importante dans l'histoire, qu'une période de quatre siècles porte son nom.
Ijssel : Rivière des
Pays-Bas alimentée
par le Rhin.
Les Mérovingiens entretiennent une relation d'intérêt récurrente avec les Romains et s'accommodent volontiers de leur mode de vie. Ils cohabitent en bonne entente et obtiennent même, chez nous, le statut d'alliés de l'empire décadent qui, de son côté avait conservé l'opportunisme de son passé glorieux. Si les autochtones du nord, moins "romanisés", s'adaptèrent à la civilisation germanique, on observa une intégration inverse au sud, qui, in fine, permit à Clovis de rapprocher son empire du catholicisme et insinua avec l'adoption progressive de la langue parlée, la rédaction en latin des lois saliques par lesquelles nous savons aujourd'hui que toute terre conquise était réservée aux seuls guerriers et que de la terre salique, aucune partie ne serait transmise à la femme.
Les fréquentes désinences nominatives gallo-romaines "-iniacum", ("lieu de"), se déclinèrent à partir du VI° s. en "-inga haim" et plus tard, par contraction en " -ghem", " -gem" ou " -gen", déclinaisons purement «thioises» (germaniques), désignant l'«habitation ou le domaine des gens de…» et ce, sur une vaste étendue demeurée partiellement bilingue, s'étendant du Pas-de-Calais à la frontière rhénane.
Au VII° s., sous la pulsion évangélisatrice des sièges épiscopaux de Tournai et d'Arras, les parlers romans recrurent, mais ce n'est qu'à partir du XII° siècle, avec l'ébauche spontanée d'une frontière linguistique, qu'elles apparaîtront systématiquement au sud de celle-ci sous la forme francisée "-ghien", quand les puissants propriétaires terriens que sont devenus les monastères et autres abbayes feront défricher les terrains boisés de leurs riches donateurs, provoquant la genèse de nouveaux villages cernés de terres cultivables.
Il est intéressant, à ce propos, de se pencher sur une zone limitrophe restreinte, au sud de l'axe linguistique "Renaix-Halle" où, sur une vingtaine de kilomètres, l'on retrouve nombre de ces noms en "-ghien" et où fut découverte, aux limites de Meslin-l'Evêque et de Ghislenghien, une villa romaine d'importance estimée au Premier siècle de notre ère.Le "pays flamand" compte 10 fois moins de villas romaines que la Wallonie où l'on en dénombre environ 400
Ainsi, Edingen (Enghien), habitation des gens de «Edo» ; Oeudeghien, demeure de «Eude» ; Ghislenghien, maison de Ghislain ; «Baldeghem» (Baldwin) «Baudrigen» ou «Boudergem», francisés «Baudrenghien»; domaine de Baudry ou de Baudouin.
Notons que ces prénoms à forte consonance teutonne ont en commun la racine «Baud» qui est la francisation du flamand "Boud", ou de l'allemand "Bald", qui avaient au Moyen Age le sens de "Hardi". C'est pourquoi on peut rencontrer des variantes empreintes de mixités linguistiques telles que «Baudringhem» à Campagne-lès-WardrecquesBaldwin :
Bald = "audacieux"
Win = "ami"
Baudry, dériv. Baldéric
Bald = Baud = "hardi"
Ric = "puissant et roi".
C'est aussi au XIIe siècle qu'entrent en usage les surnoms qui deviendront nos patronymes. On singularise alors les prénoms en y associant par exemple le prénom du père (Jean Martin); une profession (Jean Meunier); un sobriquet (Jean Le Borgne) ou comme dans notre cas, un lieu de référence (Jean de Boudenghien). Mais si ce hameau, à n'en pas douter, fut occupé et rebaptisé par des colons francs, la population existante aura été romane auparavant et dès lors, sans un test ethnique d'Y-ADN, nous ne pouvons affirmer (ou démentir) d'être de souche germanique.
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3. Evolution du patronyme
La graphie la plus répandue en Belgique est "Derbaudrenghien". On estime, en 2006 qu'ils sont environ 80, répartis en Flandre et en Wallonie. Suit une soixantaine de "Boudrenghien", tous établis dans la partie francophone, au sud du pays. Sont restés fidèles au Hainaut, une vingtaine de "Debaudrenghien" tous apparentés; une quinzaine de "Baudrenghien" et autant de "Bouderenghien". Nous trouvons également une dizaine de "Baudranghien" dans la région de Liège. Une quarantaine de "Boudringhien" et une quinzaine de "De Baudringhien" sont concentrés en Flandre Orientale et dans la région d'Anvers, peut-être et avec toutes les réserves d'usage, en rapport avec les "Baudrenghien", dits "de Bouloigne", qui habitèrent cette ville plusieurs années avant de s'expatrier à Amsterdam en 1546 ?. Il subsiste enfin une poignée marginale de "Baudringhien" et "Derbaudringhien" en Tournaisis. Soit un peu moins de 300 porteurs du patronyme et de ses dérivés.
Nombre sensiblement identique en France de "Baudrenghien" et "Boudrenghien" localisés principalement dans le département du Nord [59], notamment à Lille, Roubaix et Armentières; mais aussi dans la Somme [80]; en Charente-Maritime [17] et dans le Lot et Garonne [47]. Pour les Debaudrenghien, "Généanet" m'a donné fin 2010: 36 personnes dans le Nord-Pas-de-Calais (67,97 %); 16 en Ile-de-France (30,19 %) et 1 en Poitou-Charentes, soit 53 résidents.
Sur un site de socialisation, nous voyons aussi quelques Debaudrenghien (sic) de nationalité espagnole dont il serait extrêmement intéressant de connaître le parcours. Comme nos amis français, n'hésitez pas à vous faire connaître !.Chiffres donnés à titre indicatif, sources Internet non officielles.
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4. Origines dans le Hainaut belge
"Le plus ancien sceau que nous ayons vu est celui d'un Piérart de Baudrenghien qui portait pour armoiries une croix cantonnée de quatre étoiles. Il vivait en 1370 et avait pour contemporain Ernoul de Baudrenghien qui scellait en 1374 d'un écu portant la Hamaide de trois pièces chargées de besants..." (sic).
Tous les généalogistes qui se sont penchés sur notre patronyme se sont immanquablement posé la question de savoir s'il y avait une ou deux familles homonymes, toutes deux établies dans le nord du Hainaut belge ?
La solution pour beaucoup était qu'un Baudrenghien portant la croix de gueules cantonnée d'étoiles aurait, après une alliance avec une La Hamaide, repris les armes de cette famille en chargeant les pièces de la Hamaide d'un nombre, d'ailleurs variable de besants. On peut lire cette affirmation dans Herckenrode, Castro y Toledo, Goethals, etc., qui tous assurent que Jacques de Baudrenghien, mort en 1523, fils d'Arnould et de Flandrine de La Hamaide, aurait repris les armes de sa mère. Mais dans l'ANB de 1912 le comte du Chastel signale qu'il a trouvé dans un acte tournaisien daté de 1413 une Marguerite de La Hamaide citée comme épouse d'un Ernoul de Baudrenghien. Ne serait-il pas le prisonnier de Baesweiler, Arnould van Baddelghem, faisant déjà usage en 1374 d'un sceau à une hamaide de trois pièces, respectivement chargées de trois, deux et un besants et dès lors, lui le premier qui aurait adopté les armes de cette famille, celles de sa femme ?
A la fin du XVII°s, l'officier Héraut roi d'armes, Jean-Baptiste, Antoine de Grez, se distingua de ses prédécesseurs en ébauchant un arbre généalogique représentant les deux blasons côte à côte. Il cautionne le travail de son contemporain; Jean Le Carpentier, en le débutant par un aïeul commun portant l'écu tournaisien à la croix de gueules et attribue les premières armes aux hamaides brisées de besants à Jacques, fils d'Arnould de Baudrenghien et Flandrine de La Hamaide. Goethals; un autre généalogiste ancien, adhèrera plus tard à cette théorie en la retranscrivant sous forme d'un tableau manuscrit, conservé à la Bibliothèque Royale à Bruxelles.
Le comte Paul-Armand du Chastel de la Howardrie (1847-1936) suivi par les généalogistes modernes, refusent au contraire cet amalgame et dissocie les familles homonymes de Lessines et de Tournai, dont la proximité ne serait que géographique et purement fortuite.
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4.1.1. Les (de/der) Baudrenghien portant d'or à la croix de gueules
Dans son Armorial de Tournai et du Tournaisis, le comte du Chastel représente un blason d'or à la croix de gueules cantonnée de 4 étoiles à 6 rais de sable et considère que les (de/der) Baudrenghien ou d'Erebaudrenghien de la région de Pottes, Evregnies, (Tournai) sont issus de la seigneurie d'Erembodeghem, car leur nom s'écrivait dès le XII°s. d'Ierebaudenghien. Cette seigneurie, devenue vicomté au XVI°s. était géographiquement proche de Pottes, située à l'extrémité Nord-Est du Tournaisis, sur les villages de Moen et Outrijve, actuellement en Flandre Occidentale. Nous savons que cette seigneurie a appartenu au XIV°siècle à la maison de Steenhuis, seigneurs de Zwevegem (Swevenghien). Passa ensuite aux XV° et XVI° siècles à la famille de Gavre, dite d'Escornaix, seigneurs de Nokere, Bevere et Herboyghem, avant de passer aux maisons de la Vichte à la fin du XVI°et au XVII° s., et à la famille de Croix au siècle suivant.
Evregnies, situé à trois lieues de Tournai, contient en 1812, deux cent septante et un bonniers, huit cents verges. Il tient du Nord à Dottignies et à Espierres, de l'orient à Saint Léger, du midi à Saint Léger et à Estaimpuis, de l'occident à Estaimpuis.
Le village disposait d'un moulin dit de chapelle et les Ursulines de Tournai y possèdaient des terres.
Un château-fort désigné sous le nom de manoir du Chastel, fut le berceau et donna son nom à l’illustre famille des comtes du Chastel de la Howardrie. Il sera vendu avec ses dépendances en 1372 à l'abbaye de Saint-Martin de Tournai qui y possédait déjà de très belle fermes. L'abbé est le seigneur du village et prélève la dîme. L'église paroissiale qui sera incendiée avec tout le village par les espagnols en 1693 est sous l'invocation de Saint Waast.
La seigneurie de Pottes sur l'Escaut était située à mi-chemin entre Tournai et Audenarde. Elle était tenue de la Salle de Lille et relevait du souverain. Elle avait bailli, lieutenant et un banc de 7 échevins, avec haute, moyenne et basse justice. Cette terre consistait en un château féodal, un moulin à vent et nombre de rentes seigneuriales, plus de 200 bonniers dont la juridiction était commune et indivise avec le seigneur de Germignies, dont la famille possédait le château-ferme depuis le XII°s. avant de passer aux maisons de Stavele, puis de Marnix et vendue ensuite à Pierre de la Croix de Beauffort.
Avec la cense de Pont, le Marquais, situé au hameau du Quesnoy, était l'une des plus importantes et anciennes du village. Elle est déjà citée en 1388 par Jean, Sire de Pottes et en 1396 par Louis, seigneur du lieu. Cette seigneurie entra dans notre famille dans la première moitié de du XV°s. par le mariage de Théry de Baudrenghien, avec Jehenne du Marquais.
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La ferme du Marquais à Pottes
De la branche de Pottes est certainement issu le rameau des de Baudrenghien dits de Boullogne de Tournai. En effet, «La Cazerie», propriété terrienne des Fo(u)rmanoir alliés aux de Baudrenghien, était située à Celles, au lieu-dit de « Boulogne » à un kilomètre au sud-est de Pottes.
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4.1.2. Brisure du blason ancestral
Dans son Armorial, au patronyme "der Baudringhien", Bozière relève dans le Carpentier un blason qu'il décrit "d'argent à la croix de gueules, chargée en coeur d'une rose d'or et acc. de quatre étoiles de sable, l'écu orlé et engrêlé". Pour ce que nous en savons à ce jour Gilles de/Derbaudrenghien natif de Pottes vers 1478, issu en puîné du mariage de Théry dit de Pont et de N. le Marissal serait le premier à l'avoir porté, Jean, son frère aîné, héritant les armes ancestrales avec la seigneurie paternelle.
On le sait, la brisure avait l'utilité première de différencier les branches cadettes ou bâtardes d'une même famille. Elle consistait en l'addition, la diminution ou la suppression de quelques pièces honorables et/ou changement d'émaux.
Mais dans certains cas, elle pouvait prendre aussi la forme de sanction et après jugement, un noble qui aurait failli au code tacite de conduite, pouvait voir ses armes dégradées par les officiers d'armes qui procédaient à des modifications circonstancielles et en tenaient registres figurés
Reconnaissons que le vocable "brisure" prend ici un sens particulier pour un blason qui ne gagne pas en esthétique: L'or est réduit en argent, les étoiles de sable perdent une branche, le contour de l'écu est "hachuré" de rouge et cette rose d'or flanquée au centre de la croix, pourrait selon certains matérialiser un désaccord ou un drame familial grave; trahison, mésalliance ou séparation de branches (?). Mais en l'occurrence aucun élément connu ne nous autorise à cautionner cette théorie.
Ce blason, transmis à la nombreuse descendance de Gilles et de Marie de Bèvre (qui demeura à Evregnies et dans la proche région) fut repris, quelques générations plus tard, en senestre sur les armoiries de la famille du_Bus de Gisignies, à laquelle nous fûmes liés par trois mariages.
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En chef, d'or à la palme de sinople, qui est du_Bus ancien.
En pointe écartelé :
En 1. D'azur à l'écu d'argent en abîme, accompagné d'un orle de fleurs de lis du même,.du_Bus de Warnaffe
En 2. D'argent à la croix de gueules. Chargée en coeur d'une rose d'or et cantonnée de quatre molettes de sable, à la bordure engrêlée de gueules qui est de(r) Baudrenghien.
En 3. D'or à trois merlettes de sable qui est Vuylsteke de Gisignies.
En 4. D'azur à l'épée d'argent garnie d'or posée en fasce, pointe à dextre, et accompagnée de trois merlettes d'argent qui est Deurwaerder.
François, né à Dottignies, époux de Marie Baudrenghien. - Pierre-Ignace, époux de Marie-Thérèse Vuylsteke qui lui apporta le fief de Gisegnies sur Escaut. - Léonard-Pierre, l'un de leur fils, membre des Etats-Généraux, gouverneur d'Anvers, du Brabant, gouverneur-général de Batavia, etc., etc. - L'un de ses fils, Aimé-Bernard, représentant - Tous les membres de cette famille portent le titre de vicomte.
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4.2. Les (de) Baudrenghien portant les hamaides de gueules
Les Baudrenghien de la région de Lessines-Flobecq alliés jadis aux La Hamaide, portaient les armes de cette famille, brisées d'un nombre variable de besants d'argent.
Appelé "Besant" par les Occidentaux, le "Solidus", était une ancienne monnaie byzantine répandue en Orient dès le IXè s. et qui servit au temps des croisades, à payer nombre de rançons de prises de guerre. Ces pièces d'or ou d'argent représentées sur les armoiries d'un chevalier, indiquaient qu'il avait été en Terre sainte
Les Baudrenghien étaient issus du lieu-dit de «Boudergem» ou «Boudenghien» (Boudrenghien en 1833), situé sur la châtellenie de Flobecq (Vloesberg). Demeure ou manoir de Baudouin ou de Baudri, propriété rurale de ces seigneurs désignant, un hameau, un champ, une cense (ferme ou métairie) comprenant en 1411 au moins quatre-vingts bonniers.
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Ils étaient seigneurs de Gommenpont à Ostiches, fief relevant de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie; de Renartcamp (Renartchamp) à Flobecq et de Belle à Marcq, à la sortie d'Enghien en direction de Silly.
Le 20 janvier 1419, Anne de Trazegnies, épouse de Arnould de Hamal, fille de Anselme et de Mahaut de Lalaing, héritière de la maison de Trazegnies au décès de son frère aîné, fit le relief de ses possessions devant la cour féodale de Brabant. Le 30 avril de la même année, Jan de Baudrenghien, lui prêta hommage lige pour la terre d'Ansermont.
La cérémonie était publique, associant ainsi autant de témoins. Le vassal à genoux et tête nue, les mains jointes entre celles de son seigneur lui jurait fidélité sur les saints Evangiles. Les engagements pris de part et d'autre étaient ensuite actés dans un document écrit nommé "l'aveu".
Il n’était pas rare qu’un vassal prêta hommage à plusieurs seigneurs et reçoive ainsi autant de fiefs, mais l’hommage lige, d'usage dès le XI°s, était prédominant et si un conflit survenait entre deux de ses seigneurs, le vassal se devait d'honorer l'hommage principal.
Dans un dénombrement de 1589, on lit:
"Damoiselle Marie de Baudrenghien, veuve de Pierre Latteur, dit Nève, tient à Silly (Hainaut) un fief lige comprenant une maison, motte, fossé à eau, grange, étables, court, jardin, bois et terres labourables, nommé la maison d' Ansermont, contenant douze bonniers ou environ, gisant en la paroisse d'Ogy, sur la châtellenie de Flobecq, tenant aux héritages du seigneur de Gomanpont, au champ Simon et au champ du Lardoir."
Gommenpont en Ostiches, relevait de l'abbaye de Saint Denis en Brocqueroie, sise à Maisières, près de Mons. On cite déjà ce fief en 1306, quand Jehan de Tongres, seigneur du lieu, signe en faveur de l’abbaye de Cambron, jadis haut lieu de spiritualité, une charte de donation d’un journel et demi de pré et prairie gisant au lieu dit «a Masures» en sa justice de «Gamaupont» et octroie aussi à l’abbaye, la possibilité d’acquérir encore une autre journée et demi pour les tenir de lui ou ses successeurs moyennant le respect du cens qui est dû et sa justice seigneuriale.
L'acquisition de ce fief par les Baudrenghien remonte avant 1367. Le cartulaire des morte mains de Hainaut renouvelé en 1460 décrit les droits du comte et aussi ceux du seigneur, les « hoirs de Baudrenghien ».
Deux dénombrements de Gaumanpont sont conservés. Le premier de 1502 : "Déclaration des fiefs tenus de l’église et abbaye de Saint Denis en Brocqueroie rapportée par leurs possesseurs au bailli Nicolas Fernay cite Jacques de Baudrenghien, écuyer, seigneur détenant les droits de basse moyenne et haute justice, tient sa terre de Goumanpont en un fief ample de 6 bonniers environ, avec maison grange et 16 ou 17 masures. Le second, un peu plus d’un siècle plus tard en 1633, c’est un autre Jacques de Baudrenghien qui relève ce fief.
Existent toujours à Ostiches, le hameau de Goumantpont (sic) et à Flobecq celui de Boudenghien (sic). Font très probablement partie de cette branche des seigneurs d'Ansermont et de Gomanpont, les porteurs du patronyme qu'on rencontre à St-Sauveur.
Orthographes rencontrées :
Ghomanpont, Gomanpont,
Gommenpont, Goumanpont,
Goumontpont, Ghemanpon,
Ghomanpont, Ghommespont.
La châtellenie de Flobecq était l'une des plus importantes du domaine des sires de Pamele-Audenarde. Délimitée par les ruisseaux d'Ancre prenant sa source à La Hamaide; du Ronsart et les rieux du Tordoir, elle couvrait les villages avoisinants d’Ogy, Ghoy, Ellezelles et Wodecq.
Le bourg, qui bénéficiait d'un moulin à aubes, développa sa vocation agricole sous la protection du château féodal. Les abbayes de Liessies, de Magdendael et d'Ename y possédaient fermes et biens, Saint-Martin de Tournai y avait la dîme principale et l'autel. L'existence d'une halle dès le XIII° siècle témoigne de l'essor économique que lui apporta la culture et surtout la confection du lin. Ce commerce fut conforté au siècle suivant, quand les grandes villes du Nord, comme Tournai, Bruges ou Gand se consacrèrent davantage aux productions textiles de qualité et le tissage de riches tapisseries, abandonnant à des bourgades rurales plus proches de la production, le tissage des draps et des linges usuels.
Les Comtés de Hainaut et de Flandre et les "Terres de Débats".
Si vous le voulez bien, ouvrons une parenthèse pour expliquer succinctement comment émergèrent les rivalités entre les Comtés de Hainaut et de Flandre pour les terres limitrophes, dites de Débats
C'est au IX° s que le Hainaut devint un comté, et au XI° s qu'il fut uni à la Flandre par mariage. Ceci provoqua des rivalités auxquelles Saint-Louis dut mettre un terme par arbitrage.
Nombre de documents, conservés aux Archives de la cure d’Ellezelles témoignent des complications qui surgirent, après 1280, consécutivement au décès de Marguerite de Constantinople, et notamment sur l'indivision relative à la suzeraineté des seigneuries de Lessines et de Flobecq, déjà "Terres de débats". En effet, à la suite de leur mère, et selon la volonté du roi de France Saint-Louis, les comtes Jean d’Avesnes et Guy de Dampierre se partagèrent respectivement le Hainaut et la Flandre, mais le manque de précision délimitant les deux comtés, fut prétexte à revendiquer par les demi-frères, ces terres limitrophes, en ce inclus les villages environnants de Bois-de-Lessines, Ellezelles, Ogy, Papignies, Wodecq et leurs dépendances. En 1281, les hommes de fief de Flobecq et Lessines ainsi que le Seigneur d’Audenarde, qui avait ces terres en domaine, déclarèrent solennellement relever du comté de Hainaut.
En 1300, le Hainaut s'enrichit des comtés de Frise; de Hollande et de Zélande. Le comte de Flandre s’empara bientôt des terres limitrophes de Flobecq et de Lessines, mais un traité confirmé par un diplôme de Louis de Bavière, le 3 mars 1324, rendit au Hainaut les terres susdites, à charge d’en rendre hommage à la Flandre.Au XV° siècle, des difficultés resurgirent à propos du même contentieux. En 1433, Jacqueline de Bavière céda ses Etats à Philippe le Bon, associant la destinée du Hainaut à celle de Bourgogne étendue en 1482 à celle des Habsbourg.
En 1515, le jeune empereur Charles Quint, plaça "en oubli" les "Terres de Débats" sous l'autorité de son Grand Conseil de Malines.
Ce n'est qu'en 1737, qu'on convint, enfin, de protéger la juridiction.
Depuis 1963, Flobecq (Vloesberg) est une commune francophone où les flamands, minoritaires, bénéficient de facilités linguistiques.
Le village de La Hamaide
La position stratégique de La "Hameide", dont le nom même, dérivé du francique "hamitha", désigne une barrière, nécessita très tôt une fortification, suivie d'un château fort jouant le rôle de place forte dans la lutte territoriale que nous venons d'exposer.
C'est dans la première moitié du XII°s qu'est faite mention d'un certain Allard Hasbanion dont les descendants auraient repris le nom du village. En 1158 Gérard de La Hamaide figure dans l'entourage du comte de Hainaut Baudouin IV pour lequel il assure en 1184 un service de garde au château de Mons en qualité de pair.
Il est encore mentionné en 1160 avec ses fils Arnould et Julien dans les Annales de l'Abbaye de Saint-Ghislain. En 1201 Odon Ier est cité parmi les nobles du Hainaut et dès 1235 ses successeurs portent officiellement le titre de seigneur du lieu.
L’avènement du régime féodal fit de Lahamaide un fief lige relevant de Silly, l'une des 12 pairies que comptait la châtellenie de Mons attachée à la maison d'Avesnes. Le document ci-dessous permet de mieux comprendre la hiérarchie vassalique très structurée de cette époque: On y voit le comte de Hainaut, chapeautant ses pairs. La maison de Trazegnies, dont dépendait Silly (la commune en a conservé les armes), est représentée en septième position. Viennent ensuite les vingt-deux bannerets hainuyers; riches et puissants chevaliers capables de rassembler sous leur bannière une compagnie en armes et parmi lesquels on reconnaît en première place du second rang, un Hamaide (post.1453). Enfin, six officiers héréditaires forment la base de cette pyramide féodale.
Les Baudrenghien, Baillis de La Hamaide au XVIè siècle
C'est dans la lignée des « Missi Dominici » de Charlemagne que le comte de Flandre, Philippe d'Alsace créa au XIIè siècle, la fonction de « bailli ».
Comme dans toutes les communes disposant d'un échevinat libre, c'est-à-dire indépendant du clergé, le bailli de La Hamaide, était directement nommé par le seigneur du village, qui le recrutait au sein de la petite noblesse instruite de son entourage. Cet officier d'armes aux pouvoirs étendus dirigeait en son nom l'exploitation de la baronnie et veillait à la bonne exécution de ses ordres sur ses terres. Il détenait le pouvoir judiciaire et le droit de ban, lui permettant de commander, contraindre ou déléguer des prérogatives comme l'aurait fait son seigneur. Pour l'aider dans sa tâche, le châtelain plaçait sous son autorité une cour féodale composée d'hommes de fiefs, de sergents et d'un greffier.
La proximité de terrain du bailli et de ses hommes, sur une seigneurie très étendue, permettait au châtelain de gérer plus efficacement son bien, d'être informé de ce qui se passait sur ses terres et d'y faire régner l'ordre. En somme, d'asseoir son autorité.
Outre les tâches administratives, le bailli assistait aux actes officiels, qu'il signait en qualité de témoin. Il nommait aux différents emplois de la baronnie et recevait entre ses mains les prestations de serment des intervenants. Quand un cens (impôt) sur l'exploitation des fiefs relevant de La Hamaide, d'application dès 1479, c'est encore au bailli que revint la tâche de le percevoir en plus de la dîme (dixième des récoltes) et des redevances diverses, qui rapportaient déjà plus de 2200 livres tournois. Il pouvait recourir, si besoin en était à la répression et même à la force. Il avait encore le droit d'accusation, de prise de corps, d'emprisonnement et de prélèvement d'amendes sur lesquelles il était rémunéré.
A la fois juge et partie, l'ascendant que le bailli pouvait avoir sur les villageois ne devait pas le rendre très populaire aux yeux de la population, mais gageons que pour sa propre crédibilité, il devait faire montre d'une grande probité, sans laquelle une même famille ne se serait probablement pas transmis cette tâche durant trois générations.
La Hamaide passa en 1485 à la maison des Luxembourg-Fiennes par le décès du 15ème et dernier seigneur porteur du nom. Ce n'est que quelques mois avant sa mort que Michel de La Hamaide, chevalier, seigneur de Rumigny en Hainaut et de Vicq sur l'Escaut, succéda à son frère Arnould, mort sans descendance d'avec son épouse Jehanne de Lille. Ils étaient les fils de Arnould V et Isabelle de Bousies et eurent pour hoir féodal, leur cousine germaine, Marie de Berlaymont (†1529), dame de Ville (Pommeroeul), douairière de Fiennes en Artois et épouse de Jacques (Ier) de Luxembourg (1443-1517), Seigneur de Fiennes, Sottenghien et Arquinghem-sur-Lys, chevalier de la Toison d'Or et gouverneur de Douai pour le duc de Bourgogne.
Cette même année, pour Madame la Douairière de Fiennes, dame de La Hamaide, l'écuyer Jacques de Baudrenghien, seigneur de Gomanpont à Ostiches et de Belle à Marcq (Enghien), fils de Arnould, Seigneur de Gomanpont et de Flandrine de La Hamaide, épousa Demoiselle Antoinette de Luxembourg, fille illégitime de Jacques de Luxembourg (1442-1517) et de N. de Reyghersvliet.
C'est de lui dont nous avons parlé dans le chapitre des "origines" qui, selon certains généalogistes, aurait abandonné les armes ancestrales à la croix de gueules cantonnée d'étoiles pour reprendre celles de sa mère en les brisant de besants.Quelques années plus tard, peut-être en 1502, elle le nomma comme bailli de ses terres. Agé d'une quarantaine d'années et déjà en charge des baillages de Lessines et Flobecq, depuis 1495, Jacques occupa ces fonction jusqu'à la Saint-Jean 1523, avant de s'éteindre le 17 mai de la même année, âgé d'environ 63 ans. Il fut inhumé en l'église de Lessines, ville dont il fut un temps le mayeur, fonction qui lui avait permis, entre autres de présider la cour féodale.
En 1530, au décès de Jacques de Luxembourg, troisième du nom, la seigneurie revint à sa soeur, Françoise (1495-1557), veuve du comte Jean d'Egmont (1490-1528) et mère de trois enfants prénommés Charles, Lamoral et Marguerite. A cette époque, Ernould de Baudrenghien, cumulait lui aussi un mayorat à Grammont. Au terme d'une vie bien remplie, il fut inhumé en l'église de La Hamaide, sous un tableau le représentant en armes : « Chy devant gist sires Ernould de Baudrenghien, escuyer, fils de Jacques, en son temps Mayeur héritable de Grammont, Bailly de la Hamaÿde et appartenances, lequel trépassa le 4 septembre 1546 ».
Lamoral d'Egmont naquit au château de La Hamaide le 18 novembre 1522. Au décès prématuré de son frère aîné, il porta seul le titre perpétuel de comte, accordé à son grand-père en 1486 par Maximilien II. Neveu du roi d'Espagne par sa mère, il portera les titres prestigieux de Prince de Gavre et de Steenhuysen; Baron de Fiennes, Gaesbeke et Hamaide; Seigneur de Purmerent, Hoogwoude, Aertswoude, Beyerland, Sottenghien, Dondes, Auxy et Baer. Capitaine général des Pays-Bas sous Charles Quint; Chevalier de la Toison d'Or; Chambellan de Sa Majesté Impériale et Conseiller d'État de Flandre et d'Artois sous Philippe II.
Jean de Baudrenghien, une fois ses études de Droit terminées à l'université de Louvain (Leuven, fondée en 1425), se vit confier la gestion des terres que le comte possédait en Hainaut. A ce titre, il résida au château du Blockhaus, propriété comtale, comme d'ailleurs tout le village de Wannebecq. A l'époque, l'édifice opposait douves et pont-levis à l'assaillant et l'on raconte, sans jamais l'avoir trouvé, ou vraiment cherché, qu'un souterrain assez haut et large pour permettre le passage d'un homme poussant une charrette à bras, reliait le château de Wannebecq à celui de La Hamaide.
Jean perdit fonction et logement en 1568, dans la foulée de l'arrestation de son maître et la préhension de ses biens, avant d'être inquiété à son tour par l'Inquisiteur. Jugé à Mons, il eut malgré tout plus de chance que le pauvre comte d'Egmont, exécuté quelques semaines plus tard sur la Grand'Place de Bruxelles, laissant par la volonté du souverain Philippe II, dans le dénuement le plus complet, une épouse aimante et onze enfants.
En 1573, Luis de Requesens, plus modéré, succéda au duc d'Albe au poste de gouverneur des Pays-Bas. Il dissout le Conseil des Troubles et accorda une large amnistie, dont bénéficia Philippe d'Egmont, le premier fils de Lamoral et filleul de Philippe II. Ce dernier recouvrera titres et biens. Il est cité en 1577 : « Messire Philippe, Comte d'Egmont, prince de Gavre et Stenhuse, baron de Baer, Sgr. De Fiennes et de la Hamaide, chevalier de la Toison d'Or, etc. en vertu d'engagement que lui a fait Madame Françoise de Luxembourg, douairière d'Egmont, etc.»
Les documents officiels, dénombrements, oeuvres de loi, comptabilité, procès, etc. mentionnaient généralement le nom de l'officier seigneurial en charge de les rédiger. A ce sujet, une importante comptabilité de la baronnie de Lahamaide entre 1479 et 1795 est conservée aux Archives de l'État à Mons, et aux Archives Départementales du Nord à Lille. On retrouve un dénombrement du village daté de 1589, où Philippe d'Egmont est cité en noble et puissant seigneur du fief lige de le Hamaide, mais le nom bailli n'y est malheureusement pas mentionné.
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Le comte d'Egmont portait en grande estime son "demi-cousin" Jacques de Baudrenghien, fait chevalier des mains de Charles-Quint et à qui il confia le port de son étendard menant ses hommes au combat, jusqu'à la campagne de Metz, qui lui fut fatale, l'hiver 1552-1553.
En fait, Françoise de Luxembourg, la mère de Lamoral d'Egmont et Jacques de Baudrenghien avaient un grand-père commun en la personne de Jacques Ier de Luxembourg.
Françoise était la fille de Jacques II, fils de Marie de Berlaymont, l'épouse légitime. Jacques de Baudrenghien vint par Antoinette de Luxembourg, fille illégitime, mais néanmoins reconnue, du seigneur de La Hamaide et d'une demoiselle de Reyghersvliet.
Remarquons aussi la transmission du prénom du père, au fils légitime, et au petit-fils illégitime.
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En 1635 le seigneur de Ghomanpont, encore un autre Jacques de Baudrenghien, se marie et quitte la région. Il épouse à Ath, Jeanne de Glymes liée à la riche et puissante famille connue du Brabant, et dont les parents sont les libres seigneurs de la terre franche de Cour-sur-Heure, "fief de reprise" classé dans les registres de la Cour féodale de Brabant. On trouve déjà une première mention de cette dépendance agricole de l'abbaye de Lobbes, au IX°s dans un polyptyque des propriétés monastiques, dressé par Saint-Jean, 17ème évêque de Cambrai (866-879). Plusieurs enfants naquirent de cette union et à la génération suivante, Philippe de Baudrenghien, fils d'Alexandre et Anne-Marie Ryckewaert épousa sa cousine Anne-Marie de Glymes, et la baronnie de Samart. C'est en effet en ce début du XVIII°s que cet arrière-arrière fief du Prince-Evèque de Liège fut élevé en baronnie, conférant un titre de noblesse à ses nouveaux propriétaires.
Dans la cour du château, on peut s'amuser à chercher, taillé dans un linteau de pierre recouvrant l'une des portes d'entrées du corps de logis, un petit blason millésimé "1735". Il est haut d'une vingtaine de centimètres, arbore 3 hamaides alésées, chargées de 9 besants et une guirlande de laurier pointe en son cimier une couronne de baronnie hispanique.
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Château-ferme de Samart (Philippeville)
C'est la reproduction à l'identique, en modèle réduit, de celui qu'on peut voir sur la pierre tombale de ses grands-parents, en l'église de Cour-sur-Heure, pour Jacques de Baudrenghien, mort en 1683 et son épouse Jeanne de Glimes, ou encore sur la dalle de marbre érigée à la mémoire de son oncle, Jean-Baptiste, chevalier de l'Ordre de Saint Jacques de Compostelle, mort à Madrid en 1666.
A Samart, comme à Cour-sur-Heure, on s'étonnera peut-être de la forme ovoïde des écus supportant indifféremment les armoiries des conjoints. Il faut savoir qu'à partir de la moitié du XIVème siècle, avec la disparition progressive des boucliers d'armes défensifs, la représentation graphique des écus prit quelques
libertés artistiques, avec des restrictions de modes, us et coutumes de lieux et de moments. Les contours, moins sujets à discordes, manifestent des ambitions esthétiques et se déclinent progressivement sous diverses formes. Désormais, l'ovale n'est plus exclusivement réservé à la gent féminine comme il le fut jadis.
Mais peut-être, dans le cas qui nous occupe, devrions-nous voir un hommage aux dames de Glymes ?
En 1517 la Prieure Marguerite de Baudrenghien, ordonna la réédification de l'Hôpital Notre-dame de Lessines, dont certaines parties du corps de logis et des bâtiments du coté de la ferme. Théodore Lesneucq-Jouret, écrit dans l'histoire de la ville, que cette noble Dame a participé en fonds propres aux travaux et aurait renouvelé une partie non négligeable du mobilier de la maison. C'est pour sa générosité et son désintéressement que son blason fut scellé sur la cheminée du réfectoire, lieu de rassemblement et de méditation, où durant des siècles les religieuses prirent silencieusement leurs repas, en écoutant l'une des leurs lire un à un les noms des défunts du martyrologe.
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Terminons ce second paragraphe par la visite de l’église de Bois-de-Lessines et plus particulièrement de sa chapelle seigneuriale.
Raymond Duhaut, Membre du Comité du Cercle d'Histoire de l'entité Lessinoise, nous apprend que la très ancienne paroisse de Bois-de-Lessines, déjà mentionnée dans le Veil Rentier, trouve ses origines à la fin du XII°s quand les missionnaires du Chapitre Métropolitain de Notre-dame de Cambrai y érigèrent une chapelle vouée à la sainte. Des vestiges retrouvés à la rue Basse, la situent entre les bien nommées, rues Notre Dame et de la Croix. Détruite au milieu du XV°s, elle fut remplacée par un bâtiment plus grand érigé à l'emplacement de l'actuelle place communale, sur un terrain appartenant alors au châtelain. Le nouvel édifice était flanqué de deux chapelles latérales, la première vouée à St Nicolas, la seconde, abritant la statue de la Vierge et l'autel initial. L'ensemble fut dédié, on ne sait trop pourquoi, aux deux martyrs : St Gervais et St Protais.
En 1784, l'état de délabrement des murs amena à la décision de construire une nouvelle église qui sera achevée six années plus tard.
L'édifice en brique surmonté d'un petit clocher abrite l'antique cloche datée de 1363. La nef fait cinq travées, avec des collatéraux et un choeur. La chapelle tribune qui nous intéresse, n'aurait été construite que plus tardivement, en 1853, à la demande et aux frais du marquis Théodore d'Yve de Bavay, châtelain et bourgmestre de la commune. Les murs de cette chapelle, aujourd'hui délabrée, sont peints d'un leurre de marbre jauni et veiné. le plafond constitué d'une voûte ogivale supporte un lustre en bronze.
Une douzaine de chaises défoncées font face à un petit autel et dans le sol pavé de carreaux noirs, on devine plusieurs dalles funéraires aux inscriptions à moitié effacées.
Mais dans le fond de la pièce, paraît le somptueux tombeau de Nicolas de Cottrel mort le 23 octobre 1564 et de son épouse Louise de Rubempré, décédée le 17 décembre 1587. La raison pour laquelle nous nous intéressons plus particulièrement à ce personnage est qu'il était le fils de Pierre de Cottrel et de Jacqueline de Baudrenghien, proche parente (soeur ou cousine ?) de la prieure Marguerite dont nous avons parlé précédemment.
Le socle de pierre blanche est long de 2 m 22 et haut de 1 m 10. Sur la table de pierre bleue reposent deux très beaux gisants en bronze, aux pieds desquels sont respectivement couchés un lion et un lévrier.
Les défunts ont les mains jointes, en position de prière. La dame est représentée en coiffe et vêtue d'une longue robe. Son époux est en tenue de combat, son heaume placé en tête, son épée et ses gantelets posés à ses côtés. Il porte une cotte armoriée de 14 couronnes posées 4, 3, 4 ,3 propre à la famille de Cottrel. On remarque des traces de réfections (antérieures à 1926) au niveau des mains et de l'épée du chevalier.
Le pan du côté des pieds porte une plaque de laiton avec l'inscription : "Nicolas de Cottrel V le XXIII° jour d'octobre XV°LXIIII et Louise de Rubempré, son épouse, V le XII° de décembre XV°LXXXVII.
Le côté droit du monument, présenté frontalement, arbore les armes des Cotrel, des Baudrenghien, des Rubembré et de la maison de Bourgogne, parents respectifs des défunts, du moins, pour les trois premiers. Car, sauf erreur, Louise était la fille de Charles de Rubempré (V 22/4/1549), Grand Chambellan de l'empereur, chevalier seigneur et vicomte de Montenaeken, seigneur de Biévène, Resves, Warfusée, Haveluy, Aubigny, Estrées, Haibes, Bourghelle, Jenlin, etc. et de Jeanne de Bousies(1) (V 6/7/1549), héritière(2) de Vertaing en Cambraisis, de Féluy, Gosselies, Tubize, etc, tous deux inhumés en l'église deRêves (Fleurus).
Le blason des Bousies (d'azur à la croix d'argent), aurait-il été sacrifié par l'inhumation en ce lieu de la très noble dame Isabeau de Bourgogne, belle-fille des gisants, épouse de leur fils, Charles ?... Cette hypothèse, bien que probable, reste à vérifier.
Quoi qu'il en soit, un inventaire détaillé du patrimoine de l'église, publié en 1926, décrit en page 46 un "cénotaphe" et donc un monument mortuaire vide, sans toutefois préciser si le tombeau a été ouvert à cette occasion ou si l'auteur se base sur un rapport antérieur. Sur une photographie en noir et blanc, qui accompagne ce texte, on voit les blasons des Rubempré et des Bourgogne respectivement aux places actuelles. Ceux des Cottrel et Baudrenghien, par contre, étaient à l'époque, manquants.
Branche éteinte au XVIIIè siècle
N'ayant pas eu de descendance d'avec son épouse, Anne-Marie de Glymes, la branche des Baudrenghien portant les hamaides chargées de besants, s'éteignit à Samart, au décès du baron Philippe. Sur un des linteaux de portes, donnant sur la cour du château, on peut voir, taillés dans la pierre, un petit blason et une date... 1735. Mais en fait, et très étonnamment, nous ignorons la date précise de son décès. Avant que la baronie ne revinsse par défaut à la belle-famille du défunt, le curé de Laneffe, le village voisin, fut chargé, au titre d'exécuteur testamentaire, d'entreprendre, des recherches de parenté, même à l'étranger et notamment en France et en Espagne, où son oncle paternel, Jean-Baptiste, était mort en 1666, mais en vain...
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4.3. Les (de/der) ou Baudrenghien de France
Authentification des armes: "L'église de Bourecq
(situé entre l'Artois et la Plaine de la Lys) renfermait autrefois le tableau funèbre de Dame Marie Anne Josèphe de Cramet, épouse de Messire Maximilien Thomas de Croix, morte le 28 octobre 1726. Relevé en fut fait à la demande de Messire Louis Eugène Marie, comte de Beauffort et de Moulle, par MM. Auguste Jh. Berode et Ch. Fr. Cruille, notaires à Lillers. Les signatures furent légalisées par le maire et les eschevins de ladite ville, le 27 juin 1759; signé "Penin" et timbré sur cire des armes de Lillers en Artois"
Description: Ce tableau se trouvait en l'église paroissiale de de Bouret (sic), attaché au mur du côté de l'Evangile du choeur de lad. église: Obiit 28 8bris - Anno 1726. Au milieu, sous couronne de marquis, deux écus accolés :1°Croix: d'argent à la croix d'azur
2°Cramet: d'argent au chevron d'azur acc. de 3 dauphins du même couronnés d'or; la pointe du chevron chargé d'un écusson d'or à la croix de gueules cant. de 4 étoiles à 5 rais de sable qui est Baudringhien.
Explication: Le 28 août 1579, Jacques de Baudrenghien, écuyer, capitaine de cavalerie; fils cadet de feu Arnould, défunt seigneur de Préseau & de Marguerite de Lamine, épousa Madeleine Cramet, dame de Loges; fille de Philippe seigneur de Loges & d'Isabeau d'Ocoche, à condition que leurs enfants prennent le nom et les armes de Cramet, mais toutefois, conservant le surnom de Baudrenghien.
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Nombre d'exégètes ont erronément affirmé que les Baudrenghien de Belgique sont originaires de Bourgogne par un homonyme, prénommé Jean, venu aux Pays-Bas avec le duc Philippe II le Hardi au XIVèmes.
C'est oublier que des porteurs du nom étaient déjà connus en Hainaut bien avant cette époque, cette théorie improbable est probablement due à une erreur d'interprétation des textes anciens, où il fallait lire "Jean est revenu de Bourgogne avec Philippe le Hardi"...
Empressons-nous d'ajouter, qu'un Jean de Baudrenghien est déjà cité en 1248 à St. Omer en Artois et qu'il faut considérer également le hameau de Baudringhem recensé depuis des temps anciens sur la commune de "Campagne-lès-Wardrecques", dans le "Pas-de-Calais", mais avec lesquels, nous n'avons aucun lien connu à ce jour.
Aujourd'hui, on retrouve des porteurs du patronyme et de ses dérivés, principalement dans le département du Nord de la France et notamment à Lille, Roubaix, Armentières, etc.
Les Baudrenghien de Tournai à Valenciennes.
Dans le premier quart du XVI°, un rameau des Baudrenghien du Tournaisis, est devenue une famille importante de Valenciennes, dans le nord de la France. En effet, la terre seigneuriale de Préseau ("Pressal" à cette époque) leur fut transmise le 27 novembre 1516 par legs de Jeanne de Lannoy, au profit de son cousin Hubert de Baudrenghien, fils de Raisse (Raisset), Sgr. du Marquais et de Jenne (Jehenne) du Gardin. La malheureuse Jeanne de Lannoy, héritière de la seigneurie par sa mère, Simone Boidts, avait été enlevée en mai 1515, séquestrée et épousée contre son gré par un certain François d'Ailly, dit de Sains, seigneur d'Haulchin, déjà veuf d'un premier mariage.
Elle mourut en novembre de l'année suivante âgée d'à peine 36 ans. Lui, fut gracié par Charles Quint du chef de rapt.
On trouve une première mention de "Presel" en 1117, quand le hameau et l'autel de la paroisse furent donnés à Saint-Jean de Valenciennes par l'évêque de Cambrai. Raison pour laquelle les pairs
Eglise et château de Préseau
et leur famille, étaient tenus à faire leurs Pâques en l'église abbatiale et d'y faire célébrer leurs obsèques. Mais finalement peu de ces seigneurs habitèrent la localité et l'église paroissiale du village, qui disposait d'une tribune seigneuriale ne retint que ceux d'entre eux qui occupèrent le château.
A cette époque Presel n'était que le lieu-dit d'un village portant le nom de "Helpignies" ("altare de Helpeneis cum appendicio suo Peresello"), progressivement absorbé par la prospérité et l'expansion de Préseau en son sein.
Il prendra plus tard d’autres formes orthographiques, telles que "Prezel" en 1186 ou "Prese" en 1248, dont l'origine trouvée dans les "prés" ou les "prairies" environnants ne varie pas.
Cette terre était l’une des six pairies du Comté de Valenciennes, dont le plus ancien seigneur connu est Guillaume Préseau, déjà cité avant 1142.
On trouve ensuite les familles de Maubeuge, puis du Gardin aux 14° & 15° siècles. Le village compte alors 22 foyers pour une population de 110 à 130 habitants, qui vivent essentiellement de l'agriculture.
Jean Boidts (dit de Stavelle), Trésorier Général du Hainaut, épousa Jeanne de Gardin, hoir féodal du fief, qui fut transmis aux de Lannoy par le mariage de leur fille Simone de Boidts (morte à Tournai en 1507) avec Louis de Lannoy.
Le legs décidé par Jeanne de Lannoy fut aussitôt contesté par Jehan du Gardin, sr de Romegnies. Les droits sur les fiefs succédés et échus à Hubert de Baudrenghien, ne furent finalement concédés par lui qu'en 1526, par un accord amiable, après dix années de procédure et pour plusieurs générations.
Arnould, le fils aîné de Hubert, venait d'épouser quelques mois auparavant Marguerite de Lamine, le 9 février 1526. Elle lui donnera sept (peut-être huit) enfants, dont 3 fils. L'aîné, prénommé comme son grand-père paternel, relèvera en 1567 les dix hommages (ou arrière-fiefs) de Préseau, tenus en un fief ample « de Sa Majesté, à cause du comté de Hainaut ». Il décèdera vers 1578 sans avoir eu d'enfants de son épouse Michèle de Hertaing, c'est donc son frère, Jehan de Baudrenghien, capitaine d'une des huit compagnies bourgeoises de Valenciennes, qui hérita la seigneurie après lui. Comme l'attestent les généalogies de Croix et de Beauffort, c'est par l'unique enfant de ce dernier, Anne de Baudrenghien, unie à son cousin germain Pierre de Croix, que la seigneurie de Préseau passa à cette maison en avril 1613, au quinzième anniversaire de la signature de leur contrat de mariage. La maison de Croix l'une des plus considérables et des plus anciennes des provinces de Flandre et d'Artois, tenait son nom d'un fief, dont le chef-lieu, comprenant seul près de 800 vassaux, situé dans la Flandre wallonne, en la châtellenie de Lille, à une lieue et demie au nord-est de cette ville. Elle figure depuis le douzième siècle parmi l'ancienne chevalerie, et a soutenu l'éclat de son origine par de nombreux services militaires et de belles alliances. Plusieurs générations leurs succèderont, la pairie passant des maisons de Beaufremez et de Beauffort à celle de Mérode.
En 1856, le castel, dans un parfait état de conservation servait encore de ferme, mais aujourd'hui, la bâtisse est en ruine et le parc est cerclé de barrières métalliques attendant une éventuelle reconversion.
Merci pour votre visite !
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