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Pourquoi vous parler
de lui à l’approche des fêtes de fin d’année ? Est-ce parce que
certains d’entre nous dégainent plus vite que leur ombre ? Peut-être ! Est-ce parce que les
Daltons ne s’avouent jamais vaincus ? Sans doute. Non, je voudrais simplement mettre l’accent sur la solitude qui est le lot de nos arbitres… Lucky Luke, aussi sympathique soit-il, n’en reste pas moins le « cow-boy solitaire ». Nos arbitres de province sont les premiers à souffrir de cet isolement mais je dois ajouter que, malheureusement, beaucoup d’entre eux éprouvent mille peines à s’en libérer…et ceci ne peut qu’aggraver cela. Victor Hugo disait très justement : « L’enfer est tout dans ce mot : la solitude ». Et oui, il arrive souvent que l’on ne connaisse même pas l’arbitre du jour qui se présente (quand il se présente ) à l’entrée des installations. Nul ne sait d’où il vient et seul le montant des frais de déplacement éveille l’attention du trésorier local. « On n’aura pas assez du montant des entrées pour vous payer ! » ou
« Tiens, vous n’êtes jamais venu. Vous êtes nouveau ? »
« Ah, oui, c’est vous qui avez eu des ennuis à X ou Y ! » ou « Espérons que cela se passera mieux que la fois dernière ! » ou aussi et heureusement : « On est toujours heureux de vous rencontrer »… mais ce dernier accueil est tellement rare et souvent assorti de l’un ou l’autre bémol… « Il n’est pas mauvais, ce n’est pas comme A ou F ! » Et cela s’arrête là,
souvent….Comme depuis le moment où il a quitté son domicile, il se
retrouve seul. Seul face aux nombreuses charges « Cet homme croit qu’il devient sourd quand il n’entend plus parler de lui . ». Ces héros du jour courent un double danger : Pareil état de grâce risque de ne pas durer bien longtemps mais , et cela est bien plus pernicieux, cela le sort du groupe de ses collègues. En se mettant exagérément en valeur (sifflet d’or, que ne ferait-on en ton nom ?) l’arbitre se renferme sur lui-même et risque fort qu’on lui glisse une peau de banane sous la semelle à la première occasion venue. Cette dernière remarque induit une autre
réflexion de ma part : Et pour couronner le
tout, nous retrouvons notre nouveau mode de communication : internet,
l’ordinateur qui loin de nous mettre en communication, nous isole
encore un peu plus. Je ne sais qui a dit, mais je n’en mourrai pas : « A
quoi cela sert-il d’être relié au monde entier si l’on n’a rien à se
dire ? » « Pour démolir l’arbitrage, nous n’avons pas besoin du monde extérieur, nous avons tout ce qu’il nous faut au sein de notre monde arbitral. » Il aime répéter à toute occasion ces quelques paroles qui claquent malheureusement comme un coup de fouet dans le vent. Mon second allié est
un de nos anciens arbitres. « Je vais commencer la construction de ma maison et j’ai envie de passer les quelques heures qui me restent le dimanche après-midi au sein de ma famille. » Quoi de plus louable, me direz-vous. Attendez la suite. « L’arbitrage me plaisait mais après avoir joué dans une équipe durant 20 ans, je souffrais énormément de la solitude avant, pendant et après le match. . Dire bonjour, avant le match, à quelqu’un qu’on connaît et véritablement une catastrophe et est toujours mal vu par l’adversaire – Avoir un sourire pour un spectateur connu est très mal perçu. Ne parlons pas de l’après match. Bref, je ne vois plus l’arbitrage comme une détente « sociale », comme une détente du dimanche. Je voudrais retrouver le jeu d’équipe de temps en temps. Voilà pourquoi l’arbitrage n’est plus pour moi. » Qu’à ce que je sache,
à notre niveau, l’arbitrage est surtout source de délassement et de
pratique sportive, non ? … et le tout dans la convivialité et le
partage !!! A première vue, nous sommes parfois loin de compte !!!
Il reprend à son compte une citation du journal de l’auteur pour qui les quatre années qu’il consacra à l’élaboration de cette œuvre furent les plus heureuses qu’il eût connues. « On ne peut vivre que tant qu’on est ivre de la vie ; mais aussitôt que l’ivresse est passée, on ne peut pas ne pas voir que tout n’est que duperie, duperie stupide. » Et il se rappelle l’apologue hindou : suspendu à un arbuste entre un lion et un dragon, l’homme sait qu’il n’échappera pas à la mort ; et néanmoins, il lèche en attendant des gouttes de miel sur les feuilles de l’arbuste. « Et moi aussi, continue Tolstoï, je suce le miel de la vie. » Les vœux que je vous adresse, s’ils sont bien mièvres dans la forme, n’en sont pas moins profondément vrais et sincères. Vivez avec passion. Prenez le bon temps quand il se présente et si, immanquablement, vous rencontrez l’épreuve et la contradiction, ayez la force de la surmonter en pensant au miel dont vous pourrez bientôt vous régaler. Sachez partager, communier aux autres, car il est de situations que l’on ne peut régler sans aide, sans partage, sans amitié. Ne
soyez pas avares d’un conseil, d’une bonne tape dans le dos, du don de
vos loisirs et de vot
Joyeux Noël et Bonne année à vous tous. Et à l’année prochaine, le plaisir de vous revoir. Yves
DEVAUX
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