|
Vos réactions |
|
|
Anne Laurent
Bonjour à vous et à
votre petite Joséphine. Je suis étudiante infirmière
en 3ème année et je prépare mon mémoire de
fin d'études sur le traumatisme de la séparation mère-enfant
à la naissance et votre témoignage m'a beaucoup touchée
(...). J'ai fait un stage en service de néonatalogie et j'ai été choquée de voir qu'on pouvait enlever un bébé à sa maman aussi rapidement après la naissance. Par la suite je souhaite devenir puéricultrice
et faire en sorte que les choses bougent dans le bon sens pour que les
parents, et surtout les mamans, ne soient plus séparées
de leur petit bout'chou ! Dorothée
Bonjour Sylvie ! Je n'ai aucune difficulté à imaginer le cauchemar que tu as vécu au cours de ces trop longues semaines !!! Et il est vrai qu'après le retour à la maison tout n'est pas totalement réglé. Il reste beaucoup de blessures à panser, on revient avec ses déceptions par rapport à l'accouchement, son deuil de n'avoir été en mesure d'accueillir plus humainement son bébé, et il y a l'intégration au reste de la famille qui reste à faire (je crois que les enfants les plus jeunes ont de la difficulté à comprendre mais surtout à intégrer pourquoi on ne les a pas laissé entrer plus tôt en contact avec ce bébé qui est pourtant enfin né ; appartiendrait-il seulement aux parents qui se le " réservent " pour eux tout seuls, en le gardant dans une cage ???), sans compter toute l'énergie physique et mentale dépensée qu'il faut récupérer au plus vite pour redevenir " fonctionnelle ". La politique québécoise de périnatalité qui a déjà 8 ans stipule que "Durant la période postpartum, à plus forte raison quand un problème survient, ils [les parents] auront besoin d'un contexte favorisant l'intimité, le soutien continu et l'établissement du lien parents-enfant. "Belles paroles !!! Le problème entre autres c'est que dans la pratique on ne croit pas véritablement à l'impact de cette relation parents-enfants sur la santé de ce dernier. Dans le fond, on nie les liens étroits qui existent entre la santé et les intérêts de la mère avec celui de l'enfant. Quand il n'est pas clair qu'un enfant ait besoin de soins spéciaux (comme dans notre cas), pourquoi ne pas d'abord miser sur l'impact favorable sur sa santé de l'interaction mère-enfant et de se retrouver dans son milieu familial "naturel " ? Il faudrait pour cela admettre que les parents ont la compétence nécessaire pour s'occuper de leurs enfants, reconnaitre les véritables problèmes lorsqu'ils surviennent et d'agir en conséquence. Quand, avec la pédiatre, j'ai tenté d'aller plus à fond sur l'état de santé de mon bébé et que je me suis mise à poser des questions plus spécifiques sur les résultats de tests et les autres mesures, la pédiatre n'a répondu à rien du tout et m'a seulement dit que sa décision était finale, elle ne signerait pas son congé, qu'elle n'avait pas de temps à perdre pour argumenter avec moi, que d'autres enfants malades la réclamaient !!! Si elle avait tant à faire, pourquoi donc ne pas employer son temps justement à s'occuper des enfants vraiment malades et ne pas retourner les autres à la maison ? C'est pour le moins contradictoire... Andrée
Bonjour, Je viens de lire toutes vos pages, elles sont déchirantes. Beaucoup de bonheur avec Joséphine! Claudia, maman d'Auriane, 19 mois, ayant passé seulement 2 jours en couveuse...
Touchant votre témoignage. Je remercie le
ciel de n'être pas passée par là. Félicitations
pour votre ténacité!
Je viens de trouver ton site et une foules de (mauvais ) souvenirs ressurgissent. J'ai accouché à la fin de mon 5 mois de grossesse d'une petite Cécilia, elle pesait 1kilo et mesurait 36 cm. J'avais, jusqu'à cette date fatidique une grossesse formidable, une pêche d'enfer, un moral d'acier et une confiance inespérée en l'avenir et une toute petite visite chez mon médecin traitant a tout fait basculer.Trop de tension, hospitalisée sur Périgueux puis samu sur Limoges sans rien savoir et cela a duré pendant 15 jours; ils ont essayé de me faire tenir le plus longtemps possible mais à quels risques?? Finalement, après bien des questions, les médecins qui ne savaient plus quoi faire de mon cas, on décidait de me césariser et ma petite crevette est arrivée!!! Je n'ai su que le lendemain que ma fille et moi avions failli mourir d'éclampsie; un mot inconnu pour moi, comme ceux qui allaient suivre pendant les 2 mois d'hospitalisation de Cécilia. Si les gynecos ne m'avaient rien dit le temps de ma grossesse, les pediatres, eux, et je les remercie, ont été clairs : elle s'en sortirait peut- être mais peut-être avec des séquelles. Je me revois faire les 160kms aller- retour tous les jours pour aller voir mon oxygene. Sans elle, j'avais l'impression d'être amputée, j'avais besoin d'elle et elle encore plus de moi. Le temps fut long, les nuits blanches et des questions qui tombaient. Je n'étais pas prête pour ça mais il le fallait pour elle. Maintenant quand je la regarde, je ne pense plus à tout ça; elle est en pleine forme, grandit à vitesse grand V; comme dit la pediatre, elle a bien rattrape son temps, c'est un bébé hypertonique. Elle va bientot avoir 9 mois, presque une grande fille !!!! Ca m'a fait du bien d'écrire tout ça à une personne qui y est passée. Pas facile d'expliquer tout ça; il faut le savoir pour comprendre. (...) Je viens de regarder un film a la télé ou justement on parlait de grossesse. J'aurais tellement envie d'être à nouveau enceinte mais mon expérience passée m'a beaucoup choquée et je ne sais pas si j'arriverais à refranchir le pas un jour. Je n'ai pourtant pas envie que ma petite Cécilia soit fille unique mais la peur est là, omniprésente. Peut-être que cela se passera mieux la prochaine fois... Amitiés. Nathalie et Cécilia
Il est désolant d'en arriver à une situation de combat "contre le corps médical" alors que le but des médecins est le même que le vôtre. C'est pourtant ce qui arrive quand l'allaitement au sein devient l'enjeu, dans une situation où il a bien fallu médicaliser la naissance de l'enfant pour assurer sa survie. J'avoue que je ne suis pas très compétent sur les possibilités concrétes d'allaiter au sein un bébé prématuré de 1200 grammes; du côté de la Leche League vous pourriez sûrement recueillir des avis plus autorisés que le mien. Vous êtes peut-être tout simplement en avance sur les conceptions médicales dominantes. Il est sûr qu'avec les approches qui actuellement se développent (méthode kangourou, la vraie! ou encore le NIDCAP qui inclut les parents dans l'observation et les soins relationnels au bébé) le regard sur le prématuré se modifie et cela ne peut que favoriser une plus large acceptation de l'allaitement maternel. Celui-ci par ailleurs ne cesse de montrer sa supériorité dans les domaines les plus divers. Nous sommes toujours frappés, à la lecture de témoignages tels que le vôtre, par la combativité des mères qui sont prêtes à affronter toute une équipe médicale pour continuer à allaiter. Il faut que leurs motivations soient bien puissantes, et elles ont certainement raison de se conduire ainsi si elles le ressentent. Même si finalement la situation fait que ce allaitement se révéle infaisable, cela garantit l'avenir car elles gardent la conviction d'avoir fait ce qui était le mieux pour leur enfant et cela renforce leur conviction d'être une bonne mère. Didier Cohen-Salmon
Plus il y aura de personnes qui te liront,
et plus il y aura de mères qui pourront exiger ce à quoi elles et leurs
bébés prématurés ont DROIT : être considérés commes des êtres
A un niveau tout à fait different je
me suis moi aussi battu pour que l'on ne donne pas de "compléments"
à ma puce lors de sa naissance. Soit disant qu'elle ne grossissait pas
(...). J'ai dû signer une decharge pour quitter la clinique alors que
mon bébé perdait encore du poids... Elle a quatre mois maintenant pèse
six kilos, mesure 63 cm et est en pleine forme! Allaitée à 100 % pour
encore de longues semaines ! J'ai quand même laissé tomber mon pédiatre
qui insistait pour que je lui donne autre chose, la trouvant trop maigre! Je viens de lire ton témoignage. Simplement bravo pour avoir persévéré. Mais je suis curieuse de savoir où tu as accouché. Manuelle
(...) Je viens de lire la "1ére
mise au sein de Joséphine en néonat" et bon, les larmes me sont venues...
Ne riez pas pas, mais cela réveille tellement d'émotions d'évoquer ces
moments où l'on découvre son bébé, en l'allaitant, dans un tendre corps
à corps. Encore Bravo Sylvie !
Je suis moi aussi très intéressée par
le sujet, je dirais plutôt révoltée par les témoignages que j'ai entendu
et que je trouve insensés ... Des services de néonat qui dépossèdent la
mère de ce qu'elle peut et doit donner à son bébé , je trouve ça aberrant,
inhumain, et révoltant ...
Ton histoire est accablante. Chaque
fois que je lis des histoires comme ça j'en ai les larmes aux yeux de
rage. Se battre, sans arrêt se battre, voilà à quoi nous sommes confrontées
! Et d'où vient cet acharnement à nous faire croire que nous serions incompétentes
?
Sylvie, ton témoignage m'a presque fait pleurer...il
y a 28 ans je suis née très prématurément...(au début du 7ème mois) idem
j'ai fait de la couveuse...et ma mère n'a eu le droit de me voir que le
5ème jour!!! Tout ca parce qu'elle était au 1er étage, moi au 5ème...et
qu'elle était alitée suite à de gros problèmes (on a déclenché son accouchement
en urgence...). Je ne sais pas si cela vient de là mais mes rapports avec
ma mère sont étranges, certes je l'aime, mais il y a aucune complicité,
aucune confiance, et cela a toujours été comme cela ....c'est triste...
et j'en souffre :-(((((
Ton récit est absolument terrible. Ton mari n'avait
pas envie de leur mettre un poing dans la figure à ces gougnafiés ? Moi
qui ai des tendances un peu masculines parfois, je crois que leur aurais
mis ce poing moi-même ! Je suis contre la violence, mais ce que tu as
subi est de la violence pure.
Sylvie, ton témoignage est vraiment bouleversant...
Malheureusement, je pense que les professionnels sur la liste sont eux-même
convaincus des bienfaits de l'allaitement et de l'importance de la relation
d'allaitement, du respect du bébé, etc... Ce n'est donc pas eux qu'il
faut convaincre, mais en tant que praticien de santé, je trouve toujours
très important des récits qui montrent à quel point la cruauté pure s'infiltre
parfois dans cette relation soigant/soigné... qui nous rappellent que
cette relation n'a pas à être une relation de pouvoir, le glissement est
si facile...Une jeune mère dans une situation de prématurité a besoin
d'être confortée, et non menacée, suspectée, infantilisée comme tu l'as
été, c'est inadmissible. Envoie leur cette lettre, parle-en, *dénonce*
cette attitude scandaleuse. L'incompétence passe encore, la méchanceté,
non!
Sylvie, ton expérience est vraiment terrible, comment
peut-on faire ça ?!! C'est écoeurant de traiter un bébé prématuré de la
sorte, scandaleux de t'avoir fait subir tout ça. Ton témoignage rejoint
celui de Laure et elle confirmera sans doute que la blessure qui en découle
ne se referme jamais tout à fait.
Ton témoignage, Sylvie, a fait resurgir en
moi beaucoup de choses douloureuses..............m'a fait me souvenir
de l'impuissance à laquelle on est réduit dans le service de néonat............de
la lutte pour son droit à allaiter en plus de ce désespoir à ne pas pouvoir
tenir son bébé dans ses bras...........comment les convaincre que c'est
vital ??? |
|
© Sylvie Francotte
|