De la douceur avant tout

 

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J'aime beaucoup cet article, qui montre que, quelque part, tout ce que je voulais n'était pas de la "pure folie", et qu'il existe des médecins qui ont confiance dans les capacités des bébés (même très petits) et dans celles de leurs parents.

Tout récemment, j'ai appris que ce centre néonatal avait dû fermer, suite au décès d'un bébé. Que cela ne vous empêche pas de lire ce qui suit, au contraire, car il faut nous battre, nous les parents, pour que l'on nous rende la responsabilité de notre bébé, et que l'on attache plus d'importance à son état affectif.

Donnez cet article au pédiatre qui s'occupe de votre bébé. Cela fera peut-être bouger les choses...


Prématurés : de la douceur avant tout


D'après : Enfants prématurés : la douceur avant tout. Les nouvelles orientations de la néonatologie . Profession Sage-Femme, n12, Fev 95, 10-11.

Les médecins se penchent depuis longtemps sur les conséquences intellectuelles d'une naisssance prématurée, mais peu d'études s'intéressent aux conséquences psychologiques. Le Dr. Marina Marcovich, spécialiste de médecine néonatale, lors d'une conférence en Allemagne le 3 novembre 1994, expose ses théories sur les soins aux prématurés.

Le Dr Marcovich a longtemps travaillé à l'hôpital de Vienne (Autriche). Sous son impulsion, les traitements de haute technologie médicale ont été remis en question, et tout particulièrement ceux nécessitant des procédures invasives. Son équipe s'est penchée sur les besoins spécifiques des prématurés, en accordant à ces derniers davantage de capacités qu'on ne le fait habituellement. En dépit de ses 18 années d'expérience auprès des prématurés, sa conception de leur traitement en a fait la bête noire de bon nombre de ses collègues, et elle a reçu l'instruction de ne plus exercer que sous surveillance d'un expert spécialisé.

La conférence a essentiellement porté sur les enfants de moins de 1500 g. Le Dr Marcovich pense que ces enfants ne doivent pas automatiquement être hospitalisés en néonatologie ; elle estime que 75% d'entre eux devraient pouvoir rester en maternité après les premiers soins. Ces derniers, affirme-t'elle, ne nécessitent que très peu de matériel : des langes chauds, de l'oxygène, du matériel de perfusion. Son expérience lui a permis de découvrir que ces prématurés de moins de 1500 g peuvent très souvent respirer par eux-mêmes ; en conséquence, elle préconise attente et confiance.

93% de ces enfants ont des poumons qui fonctionnent correctement, et ils n'ont généralement pas besoin de plus de 3 jours d'assistance respiratoire. Dans son service, les enfants ne sont pas intubés. Tout est fait pour diminuer leurs besoins en oxygène. Les interventions couramment subies par les prématurés ne leur laissent pas le loisir de respirer normalement. Le Dr Marcovich a projeté des diapositives montrant des prématurés de moins de 700 g, installé en couveuse, et qui reçoivent l'oxygène qui leur est nécessaire
grâce à une tente à oxygène constituée d'une alèze placée sur leur tête, et sous laquelle passe le tuyau d'oxygène. Ce type de thérapie dure en moyenne 14 jours.

On accorde généralement une grande importance à la croissance pondérale rapide des prématurés. Mais très souvent, leur prise de poids est essentiellement due à un stockage d'eau, pour lequel l'enfant dépense beaucoup d'énergie. Le Dr Marcovich pense qu'en injectant moins de liquides, la prise de poids est moins importante au départ, mais que cela permet une économie en énergie. Il n'ya pas de stockage d'eau chez les enfants de son
service. Ils ont une bonne diurèse. Les parents effectuent des massages du ventre de l'enfant pour l'aider à aller à la selle. Lorsque l'état de l'enfant est stabilisé, il recevra des repas plus importants. Ces approches ont permis une réduction des besoins en médicaments.

Auparavant, l'alimentation se faisait par sonde, jusqu'à ce que l'enfant atteigne un poids précis. L'équipe du Dr Marcovich a noté que 44% des enfants de 1 à 2 jours peuvent boire seuls. Ils sont alors nourris à la pipette. Les 3/4 des mères ont du lait, et 1/3 d'entre elles allaitent. Le Dr Marcovich a présenté la photo d'un enfant de moins de 700 g au sein de sa
mère. Le bain de l'enfant est pris en charge par les parents. L'enfant est stimulé avec de la musique. Les prélèvements sanguins sont réduits au strict minimum absolument indispensable. Le portage kangourou est considéré comme très important. Les parents ont facilement accès à leur enfant, et se sentent ainsi plus indépendants du personnel soignant. Tout cela fait que la situation est moins stressante pour eux. Les mères se promènent fréquemment à l'extérieur avec leur enfant.

Depuis 1992, la sortie de l'enfant ne dépend plus de son poids, mais de son état général et du désir des parents. En 1992, pour la première fois, un bébé de 1500 g a été ramené chez lui. Actuellement, le service laisse couramment sortir des enfants de ce poids, voire d'un poids inférieur, dès qu'ils sont stabilisés. Les prématurés du service sont très mobiles, et se
réchauffent bien par eux-mêmes. Le service continue à suivre l'enfant jusqu'au moment où il est assez grand pour être pris en charge par un pédiatre exerçant en ville.

Les statistiques du service font état de taux de mortalité et de morbidité de loin inférieurs aux résultats constatés dans les autres services de néonatologie autrichiens. Certains services, à Berlin, Steglitz, Halle, Mayence et Augsbourg, commencent à mettre en place des protocoles de traitement des prématurés basés sur les principes du Dr Marcovich. Depuis l'adoption de ces nouvelles méthodes, la clinique d'Augsbourg, en particulier, a enregistré une baisse du taux de mortalité et de l'incidence des problèmes respiratoires. De plus, ces méthodes diminuent de moitié le coût du séjour de l'enfant dans le service. Le Dr Marcovich a conclu qu'une atmosphère de confiance est indispensable à cette méthode de travail : Seule cette confiance nous permet de laisser partir les enfants, et de
rendre aux parents toute la responsabilité de leurs enfants .

 

© Sylvie Francotte