La méthode kangourou

 

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"Si j'ai un jour un prématuré... je resterai avec lui nue dans un lit, des mois s'il le faut." Et pourtant, avant de mettre Joséphine au monde, je n'avais jamais entendu parler de la méthode "kangourou". Pour moi, c'était instinctif, pas question de laisser mon bébé, a fortiori si celui-ci est né trop tôt... Hélàs pour moi, la confrontation avec la réalité du monde médical a été plutôt dure... Heureusement qu'il y avait quand même ces deux heures quotidiennes de "séance kangourou".

Pourquoi la méthode kangourou ?

En Colombie, les "bébés kangourou" sont des bébés de très petit poids de naissance. Dès que leur état est stabilisé, ils ne vont pas en couveuse mais   rentrent à la maison sous surveillance médicale, où ils sont portés constamment par la maman ou le papa et sont allaités dès leur plus jeune âge.

La méthode kangourou, avec l'allaitement, c'est pour la Maman tout l'inverse de la couveuse, du gavage et du monitoring en continu, qui lui donnent un terrible sentiment d'inutilité.

En donnant à son petit le meilleur d'elle-même - sa chaleur, son lait mais aussi toute sa force et tout son amour - la maman prolonge le plus possible pour son bébé les conditions dans lesquelles il se trouvait avant sa naissance. La Nature a d'ailleurs tout prévu pour cela : un lait parfaitement adapté aux besoins du prématuré, deux seins chauds, doux et rassurants... et un instinct maternel qui, si on ne le perturbe pas, ne tend que vers un seul but : prendre son enfant contre soi, le réchauffer, le nourrir et le protéger.

On a fait beaucoup d'études scientifiques pour démontrer que le bébé en kangourou ne se refroidissait pas, que l'attachement des parents était meilleur, ainsi que l'état général de l'enfant. Toutes ses études convergent dans le même sens, et c'est tant mieux. Pourtant, il est paradoxal de devoir "prouver" que, finalement, la maman n'est pas "moins bonne" qu'un incubateur !


Et chez nous ?

En Europe, les centres de néonatologie se targuent d'appliquer la "méthode kangourou". Toutefois, les différences sont de taille entre les centres et entre les interprétations des équipes médicales.

Dans le centre où Joséphine a dû passer 7 semaines, le "kangourou" était autorisé uniquement deux fois une heure par jour. Il fallait s'inscrire à l'avance, comme pour toute autre visite au bébé, d'ailleurs. Assise sur une chaise en plastic droite et dure, à côté de la couveuse et devant la vitre sans rideaux où déambulaient les visiteurs, on pouvait enfin créer une petite bulle avec son enfant.

Malgré ce manque criant d'intimité et de confort, et quand on n'interrompait pas le "kangourou" pour mettre une perfusion ou une sonde (!), les moments passés ensemble étaient d'une intensité inouïe. La communication entre moi et mon bébé était si forte que nous ne faisions qu'un, comme quand il était dans mon ventre. Nous partions ensemble, nous évadant par les fenêtres, chevauchant les nuages à la découverte de la liberté qui nous faisiat si cruellement défaut.

Si j'avais pu... Je serais restée jour et nuit avec mon bébé contre moi ! Mais sur cette chaise, ma césarienne et moi ne tenions pas plus d'une heure, et de toutes façons, c'était le "protocole". Après une heure, on reprenait Joséphine pour lui remettre ses capteurs et la replacer dans sa couveuse...

Extraits d'un article paru dans Elle le 25/9/2000, et qui a le don de me mettre hors de moi :

Suite à un article sur les bébés kangourou en Colombie, ELLE a fait une interview de Michèle VIAL, pédiatre à l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart, et à l'origine de la première untié Kangourou à la française, en 1987. "Si elle admire la technique colombienne, elle ne souhaite pas l'importer telle quelle. Explications. (...) ELLE. Encouragez-vous le portage peau à peau ?
MICHèLE VIAL. Les mères peuvent le pratiquer autant qu'elles le souhaitent, mais sans les contraintes d'un portage permanent comme à Bogota. Croyez-moi, il y aurait peu de candidates en France ! Nous ne voulons pas présenter la technique comme indispensable à l'enfant et nous évitons de désigner l'allaitement comme la meilleure alimentation. (...)"

Eh oui, le "kangourou" est encore loin d'être compris comme une véritable révolution dans les centres de néonatologie. La clé de tout est que les infirmières comprennent que les mamans sont "capables", et qu'elles leur fassent confiance.

 
 

 

© Sylvie Francotte