Commentaires (extraits choisis)

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Votre serviteur, Chr. alias Bérénice & Jean Intransi ont écrit le 01/01/17 :     

Votre serviteur  —   Regardez-la venir, cette année toute neuve :
Emballée comme elle est, c’est un cadeau du ciel !
À tout risque parée, nul doute qu’elle émeuve
Tout un chacun, cette nouvelle année de miel ! 
Bérénice  —   Cette année, selon vous, serait une année faste :
Quel béatien  vous faites, pitoyable ami !
La liste des périls contemporains est vaste
Et je crains fort que vous soyez dans le déni ! 
À moins que, pauvre ami, vous n’usiez d’ironie :
Procédé d’expression qui vous ressemble bien !
Si tel était le cas, vous m’en verriez marrie :
Indu serait le rire pour l’année qui vient !
Votre serviteur  —   La planète est meurtrie, grande est donc mon audace
À plaider l’optimisme et à former des vœux
Pour une belle année sur toute la surface
Du globe : puissent toutes et tous vivre heureux !
Les deux premiers  —   Au monde entier nous souhaitons la bonne année 
Et à chacun de nous la détermination
De travailler sur une Terre pacifiée 
Pour convertir ce vœu en réalisation.

Jean Intransi  —   Vous écrivez sept fois le mot « année », ma foi,
En seulement vingt vers : voyez-vous la bévue !
Votre serviteur  —   La redondance était voulue, voulue par moi, 
Voulue par Bérénice, pour l’idée voulue,
Voulue ainsi qu’un double « vœu » de bon aloi,
Voulue de chez voulue, la cause est entendue.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 24/01/17 : 

Bérénice  —  

Votre serviteur  —  

Bérénice  —  

Votre serviteur  —  

Ensemble  —  
En voyant vos images, je tombe des nues :
C’est un plein de vignettes que j’ai aperçues !
Votre discernement, ma mie, m’abasourdit !
Et j’en reste sans voix et j’en reste interdit !
Ces vues sur cours ne semblent-elles pas conçues 
Pour s’adapter à tout écran, toujours congrues ? 
L’image adaptative en effet me ravit
Et la disposition flexible me séduit.
En une, en deux, en trois colonnes dévolues
Selon la taille de l’écran – grand ou petit – 
Les images se fixent sur un gabarit
Allant du simple au triple et donc toujours bien vues.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 32/01/17 :     

Votre serviteur  —  

Bérénice  —  

Votre serviteur  —  

Bérénice  —  

Votre serviteur  —  

Bérénice  —  

Votre serviteur  —  

Bérénice  —  

Votre serviteur  —  

Bérénice  —  

Votre serviteur  —  

Ensemble  —  
Pour mon anniversaire, est-ce incompréhensible ?
Je ne demande rien qu’une joie indicible !
Je ne vois cette année nul trente-deux janvier :
Alors seriez-vous né un zéro février ?
Votre calendrier serait-il illisible ?
Je vous prie d’arrêter : vous êtes impossible !
Vous n’avez nul motif à vous formaliser :
Je pourrai aussi bien l’an prochain vous fêter.
Une nouvelle fois, vous me prenez pour cible :
Décidément, vous me semblez incorrigible ! 
Je vous prie de cesser de me martyriser :
Il ne vous revient pas de me morigéner !
Votre lexique est d’un autre âge, c’est risible : 
Rejoignez notre temps, vous êtes inaudible !
L’atemporel, c’est vous, veuillez me l’accorder,
Pour être né en marge du calendrier !
Cette remarque est un prétexte un peu pénible 
À ne pas me fêter : je vous trouve insensible !
Vous riez jaune et vous me faites rigoler : 
Déballez mon cadeau au lieu de grommeler !
Une enveloppe et ce billet imprévisible : 
« BON donnant droit à une joie immarcescible » ! 
Notre mauvaise humeur est bonne à enterrer :
Cette date à présent, il nous faut la marquer…
Pointons, ma/mon tendre ami(e), ce jour indescriptible
Avant que ne nous gagne une ivresse infaillible !

 

Prunelle Demésieux, votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/03/17 :   

Prunelle Demésieux  —   L’extrême pertinence de votre pensée
Et la délicatesse de son expression
Toujours me plongent l’âme ainsi émerveillée
Dans une infinitude de délectation.
Votre serviteur  —   Cette critique émane d’une âme bien née
Et je ne sais comment cacher mon émotion…
Sans doute elle applaudit, ma raison médusée,
Tant de discernement et telle conviction !
Bérénice  —   Vous souscrivez, j’en ris ! à cette simagrée :
N’en voyez-vous donc pas toute la dérision ?
Comme vous voilà dupe ! J’en suis consternée
Et votre aveuglement est une exécration.
Votre serviteur  —   Votre réplique, Bérénice, courroucée, 
N’est guère pertinente dans son intention
Ni d’ailleurs délicate comme formulée :
Aussi vous invité-je* à plus de discrétion.
Bérénice  —   Il n’est pas toujours bon d’exprimer son idée.
Je prends donc le parti de la circonspection.
Et je préfère une attitude réservée 
À l’espoir vain de votre collaboration.
Prunelle Demésieux  —   J’aime aussi votre sens de la joute effrénée,
Ce choix des mots qui marquent votre opposition,
Dans une volonté toujours renouvelée,
L’appel de faits exacerbant la dissension. 
Votre serviteur  —   Certains éloges nuisent plus qu’une volée
De bois vert   … Telle est notre recommandation :
Ne dites plus de bien, Prunelle vénérée,
De votre serviteur ni de sa création.

 

Votre serviteur a écrit le 01/04/17 : 

Le professeur Laatmelachen l’aurait prouvé : 
Le génome transmet nos images mentales –
Pensées, projets, regrets – là se trouve imprimé
Le calque rigoureux des données cérébrales.
Et, de ce code, le chercheur aurait la clé ! 
Donnez-lui une seule goutte de salive,
Donnez-lui un cheveu : il aura décelé
Ce que l’on cache, qu’on oublie, ou qu’on cultive ! 
Ouvrir votre agenda est sans utilité :
Votre mémoire entière au grand jour se dévoile !
Plus besoin de jauger votre sincérité :
De vos intentions est arraché le voile.
Table d’écoute et polygraphe : terminé ! 
Infiltration et espionnage : d’un autre âge ! 
Réseaux sociaux passés au crible : démodé ! 
Des feintes et secrets se fera l’étalage.
Le non-dit, l’inconscient et tout le refoulé :
Une goutte de sang en permet la lecture !
Une analyse bio : le « ça » est démasqué,
Aucun besoin de psy, aucun besoin de cure !
« Le doigt trouvé aux Sables-d’Olonne a parlé »
Ne sera plus excès de plume d’un pigiste ; 
Ce doigt tranché dira, sitôt analysé,
L’identité et la méthode de l’« artiste »… 
Cette belle avancée d’un chercheur inspiré,
En terres forensiques comme psychiatriques,
Conférera* à l’homme plus d’humanité,
Et à la science des repères magnifiques. 

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/05/17 :     

Votre serviteur  —   J’ai fait le vide en moi, je me demande même
Comment je puis penser seulement l’avoir fait,
Comment je puis encore écrire sur le thème,
J’ai fait le vide en moi comme jamais.
De même autour de moi j’ai pu faire le vide,
Sans le moindre problème, je le reconnais,
Et cet isolement rien de moins que splendide
Me met face à moi-même, seul en mon palais.
Personne ne me lit, je ne me relis guère,
À mon moi-même seul, je me dois tout entier,
Et ne me veux distraire par la Terre entière :
Je suis seul, donc je suis, et l’hôte et le geôlier.
Entre la solitude et la sollicitude,
Entre se contrôler et être contrôlé,
Point besoin de mener une savante étude,
Il convient d’opérer un choix déterminé.
Je me retranche donc dans une tour d’ivoire,
Ou, plus précisément, je serai cette tour,
Tant sujet d’analyse que laboratoire,
Pour un retour sur moi sans le moindre détour.
Bérénice  —   Vous préférez la tour d’ivoire au tour de gloire ! 
Soit ! Je ferai le tour de votre tour – ou bien :
Je vous jouerai un tour qui fera une histoire,
Vous perdrez votre tour et vous n’y pourrez rien !
Ensemble  —   Vous me jouerez /
Je vous jouerai / le tour des tours, la belle affaire ! 
Je voudrais vous y voir, que nous rigolassions ! /
Vous brûlez* de m’y voir, qu’un peu nous rigolions !
Nous nous y verrions bien au creux de la tanière
Mais nous pensons le dire quand seuls nous serons…

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/06/17 :     

Votre serviteur  —   « Cours toujours » ne fut pas parmi les premiers sites
À poindre sur la Toile mais n’a pas été
Dans les premiers à disparaître aussitôt né ; 
Le gaillard a douze ans et connaît ses mérites.
« Cours toujours » inaugure sa treizième année.
À l’ombre de Windows, il s’est développé,
Sous Macintosh aussi, il a persévéré,
Avec Hot Potatoes  , il mena sa percée.
Bérénice  —   Cette treizième année sera très13 attendue
Puissiez-vous, mon ami, être très13 inspiré
Et ne rien proposer que de très13 achevé,
Nous évitant ainsi toute déconvenue !
Votre serviteur  —   Jean Quirit   nous la fit, cette plaisanterie,
Voici une olympiade : le copié-collé
De ce « treize » pour « très » sent donc le réchauffé,
Et ce n’est point ainsi qu’un public s’extasie !
Ensemble  —   Allons donc de l’avant, prenons de l’altitude,
Donnons à voir un horizon inexploré, 
Posons le pied sur un chemin jamais foulé, 
Sans galvauder le but ni le fruit de l’étude.

 

Votre serviteur a écrit le 01/07/17 : 

  Blanc
L’espace tranquille autour d’un petit banc
 
  Rouge
Puisqu’il importe semble-t-il que l’on bouge
 
  Vert
Pour la planète passons-nous de dessert
 
  Rose
Personne ne bouge et chacun prend la pose
 
  Noir
Le regard que vous me jetâtes ce soir
 
  Jaune
Le maillot porté par le dernier cyclone  
 
  Bleu
Prend l’s au pluriel retiens-le mon neveu
 
  Beige
On tond le mouton car sa laine protège
 
  Gris
Tels les chats la nuit et comme les souris
 
  Prune
Brune ou blonde laquelle enfin tient la une
 
  Brun
Les feuilles mortes   à l’étrange parfum
 
  Jade
Pour la rime riche hélas on reste en rade
 
  Cyan
Appelons-le turquoise ou bleu ottoman
 
  Brique
La façade aérée d’un lai  Lai - Forme poétique médiévale d’origine bretonne ; ici :
chanson de rue que votre serviteur appelle « lai-de-chaussée » 
chromatique
 
  Blé
Un lai-de-chaussée propre bientôt loué
 

 

Votre serviteur a écrit le 01/08/17 :     

clef
Do

Le héros c’est moi selon mon scénario

Je pense n’avoir jamais si bien pensé

Mi

De toutes les muses je me sais l’ami

Fa

Au milieu de la gamme   « fa » mis on l’a

Sol

Mes crayons et stylos rangés dans un bol

La

Que viennent-ils donc dites-moi faire là

Si

C’est mon air de je que je vous montre ici

Do

Un espace en versvert glorifiant mon ego*      Les tonalités sont générées par un script
déterminant la fréquence de chaque note ;
ces sons ne sont pas des enregistrements.

 

Juliette a écrit le 01/08/17 :

Trop bien, ces tonalités purement numériques au survol des notes de votre gamme lyrique !

 

Votre serviteur a répondu le 01/08/17 :

Comme les vacances battent leur plein  , je vous propose, Juliette, quelques liens vers des synthétiseurs (orgues électroniques) conçus sur ce mode.

Pour la plupart des appareils, la souris ou l’écran tactile commande les touches du clavier (piano) reproduit à l’écran tandis que votre clavier alphanumérique actionne également ou exclusivement les touches des autres dispositifs. Comme au piano, il est possible de jouer simultanément plusieurs notes. À vous de voir et d’essayer !

Stuart Memo  , Mozilla Foundation, David DeSandro, Edward Ball, Keith William Horwood.

Sur le site de Peter Coles, les impatients cliqueront sur le bouton supérieur droit du piano, puis en dernière ligne sur « demo-m » et l’appareil jouera lui-même un morceau. Si vous aimez la musique produite par la lecture numérique de la partition, donc sans interprète, le système midi vous intéressera sans doute.

 

Votre serviteur a écrit le 01/09/17 :   

L’été durant, nous folâtrâmes, musardâmes, 
Et nous batifolâmes et baguenaudâmes…
Et vous ? Jouâtes-vous ? Vous amusâtes-vous ?
Prîtes-vous du bon temps et fîtes-vous les fous ?
Au fil des mois d’été, nous pûmes nous détendre
Sans que jamais quiconque vînt à nous surprendre.
Eûtes-vous ce loisir ? Pûtes-vous paresser
Comme jamais personne ne put y songer ?
En un mot comme en cent, nous fûmes en vacances,
Découvrant le farniente   loin des contingences.
Et vous ? Jouîtes-vous de cette oisiveté,
Faisant à votre tête durant tout l’été ?
À présent, nous restons encore à ne rien faire,
Craignant soudain que cela cesse… de nous plaire. 
Et vous ? Vous sentez-vous fatigués du repos ?
Vous plaisez-vous encore au jeu de dominos ?
Au fait : c’est la rentrée qui est à notre porte,
Avec les émotions et la joie qu’elle apporte.
Et vous aussi, vous vous tenez prêts à rentrer : 
Goûtez* donc ce bonheur comme on peut l’espérer.
Avec cette rentrée est enterrée la crise,
Des manches retroussées   présagent la reprise.
Les différends et les conflits sont mis au feu 
Et tous ceux qui les causent déclarés hors-jeu !

 

Votre serviteur, Chr. alias Bérénice & le chœur ont écrit le 01/10/17 :   

Votre serviteur  —   Dites-moi, Bérénice, à moi qui vous écoute,
Vous parlâtes bien peu quand se cueillait le blé ;
L’ai-je été, hébété, tout au long de l’été !
Que l’on me batte froid, peu vous en chaut, sans doute.
Le chœur  —   Le héros esseulé mesure sa déroute ;
Comme nul ne le fut, il sera ignoré.
Le héros seul se meurt s’il n’est point écouté !
Mais que peut-on y faire ? Tracée est sa route.
Bérénice  —   Pourquoi considérer qui ne voit que soi-même ?
Pourquoi m’adresserais-je à qui n’entend que soi ?
D’un seul sujet – lui-même – il se prétend le roi,
Qui délaisse ses proches sans aucun problème.
Le chœur  —   Le héros prétentieux a fait pleurer qui l’aime ;
Le héros fier sera traité selon sa loi ! 
Telle est la règle : Il connaîtra le désarroi 
Celui qui chez autrui sans vergogne le sème.
Bérénice  —   Pourquoi posâtes-vous la question à voix haute ?
Votre serviteur  —   Ne répliquâtes-vous de la même façon ?
Sur le dos nous avons le chœur – Quelle leçon !
Bérénice  —   Oui, battons notre coulpe  , grande est notre faute !
Le chœur  —   Ces deux-là maintenant se donnent la réplique…
Ils étaient brouillés là ; nous les voyons unis.
Que feraient-ils sans nous ? Vain serait le croquis   !
Ainsi la valse va, la valse dialectique   !

 

Votre serviteur a écrit le 01/11/17 : 

Je pense à mes parents et à mes grands-parents ;
Depuis plusieurs années, ils ont quitté ce monde
Où ils m’ont vu grandir, attentifs et patients,
Et je ressens soudain une peine profonde.
Bon-papa me transmit le sens de la rigueur,
Papa développa ma conscience artistique,
Bonne-maman m’offrit des années de bonheur,
Maman, le goût* des lettres et l’esprit critique.
Ce n’est pas ma jeunesse que je veux revoir,
Mon enfance auprès d’eux que j’espère revivre ;
Leur présence me manque maintenant au soir
De ma vie pour glisser ma page dans leur livre.
Tourné vers mon présent, je m’éloignais du leur ;
De leur disparition, je goûte* l’amertume
Qui m’envahit, j’éprouve une sourde douleur
À ne plus leur parler que par l’âme et la plume.
Comment sont-ils là-haut ? Je suis si peu ici,
Leur corps redevenu, comme il est né, poussière ;
Le souffle du potier, lui, quand ils ont péri,
Qu’est-il donc devenu ? C’est bien là le mystère.

 

Colette a écrit le 01/12/17 : 

J’aime énormément les dialogues que vous avez rédigés à propos des déboires que vous occasionnent les objets connectés. Serait-il possible d’en obtenir une version pour liseuse ?

 

Votre serviteur a répondu le 01/12/17 :

Justement, oui ! Je viens d’éditer ces douze petits textes (Nda : l’édition actuelle en compte trente-six) sous la forme d’un livre électronique au moyen de la suite logicielle libre et gratuite Calibre. Ce livrel est donc destiné aux liseuses mais peut se lire également sur ordinateur avec la visionneuse (E‑book Viever) de la suite de Kovid Goyal. Il est aussi possible de l’ouvrir dans le navigateur Microsoft Edge.

Dès maintenant, vous pouvez télécharger gracieusement ce fichier comme les trois autres conçus dans le même esprit et avec le même outil :


•  Nouvelles interactives
•  Objets connectés, avez-vous une âme ?
•  Poésie mon amie
•  Scènes scolaires
Édition juin 2018

Ajout du 01/06/2018 : Désormais intégrée à ces livrels, la police Source Sans Pro s’affiche sur toute liseuse si, dans les options de police, le mode original est choisi.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/12/17 : 

Bérénice  —   Aux internautes désormais vous proposez 
Le téléchargement de livres numériques :
Quatre livrels qui ont des airs bien sympathiques, 
Comme dirait Brassens, vous le remarquerez.
Votre serviteur  —   C’est un plaisir pour moi d’en effet vous offrir
Un cadeau pour support autonome et nomade ;
Votre aimable remarque enfin me persuade
Que le fruit de ma peine à tous pourra servir.
J’ai voulu m’atteler à semblable édition
Pour satisfaire les adeptes des liseuses, 
Et partant plaire aux visiteurs et visiteuses  Pour respecter l’égalité des genres, nul besoin d’écrire :
« Et partant plaire à nombre de visiteur·euse·s »…
 
De mon site voulant lire sans connexion.
Bérénice  —   N’avez-vous pas aussi largement modifié
L’ordre et la quantité des poèmes en ligne ?
Votre serviteur  —   Sur le récent livrel, oui, le site s’aligne :
Vingt pièces ajoutées, l’ensemble reclassé.
Ensemble  —   N’est-ce pas magnifique ? N’est-ce point fameux ?
N’est-ce pas épatant ? N’est-ce point formidable ?
Votre/notre travail se trouve ainsi mis sur la table ! 
N’en doutons pas : nous allons faire des heureux… 

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/01/18 :   

Votre serviteur  —   Voici déjà l’an neuf : comme il passe le temps !
Les jours font place aux mois, alternance subtile !
Voici l’année nouvelle : comme le temps file !
Les mois font les saisons, insidieux bercement.
Bérénice  —   Je vous arrête là ! Dites précisément :
Est-ce que le temps file  ou bien est-ce qu’il passe ?
Qu’aucune confusion, attention ! l’on ne fasse !
Il faut dire les choses très exactement.
Votre serviteur  —   Ne m’interrompez pas : je disais seulement
Que les années s’entassent, machine infaillible,
Je disais simplement, ou serait-ce impossible ?
Que s’empilent les ans, inéluctablement.
Bérénice  —   S’empilent  ou s’entassent ? Dites justement :
S’il pleut, dites qu’il pleut, ne dites pas qu’il neige
Et ne prononcez pas « grège » lorsque c’est « beige »,
Que nous nous comprenions toujours correctement.
Votre serviteur  —   Quel était le sujet ? Le premier jour de l’an !
Mais vous le déclinâtes si bien sur le thème
Ne disons pas – Disons  que votre stratagème
Nous aura fait passer… un étrange moment.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 32/01/18 :   

Bérénice  —   Le voici de retour, le trente-deux janvier
Et votre anniversaire qu’il me faut fêter !
Je ne sais plus, hélas ! où donner de la tête :
Comment me composer la meilleure toilette ?
Votre serviteur  —   Comme je vous comprends ! Si vous me permettez,
Je voudrais vous offrir de quoi vous habiller,
Que vous arrivassiez à mon anniversaire
Parée pour plaire comme il faut en effet plaire !
Bérénice  —   Voyez-vous mes cheveux que je peine à coiffer
Et cette chaîne* en or qu’il me faut réparer ?
Enfin je me demande comment faire en sorte
De faire bonne mine quand mal on se porte !
Votre serviteur  —   Je pense comme vous. Voyez le bijoutier ;
Au salon de beauté, faites-vous dorloter :
Passez chez le coiffeur, voyez la manucure ;
Voyez qui vous voudrez, qu’ils m’envoient leur facture !
Ensemble  —   S’il me reste du temps, j’irai vous acheter /
S’il vous reste du temps, vous irez m’acheter
L’un ou l’autre cadeau qui se puisse trouver ;
Car l’important n’est pas la chose que l’on donne,
Mais la façon d’offrir : la nôtre est-elle bonne ?

 

Votre serviteur & Else Navre ont écrit le 03/03/18 : 

Votre serviteur  —   Il a passé l’hiver : on ne l’eût jamais cru.
Il n’était plus tout jeune : il faut le reconnaître ;
Il aura en effet ces derniers mois connu
Quelques dérangements, force est bien de l’admettre.
Il a passé l’hiver : nul souci désormais…
Au compteur, il avait de nombreux kilomètres ;
On craignait un pépin, car on ne sait jamais,
Mais le châssis et le moteur ne sont point piètres. 
Elle a passé l’hiver : on peut s’en réjouir
Car elle est appréciée, cette vieille carcasse ;
La peine eût été grande de la voir partir ;
Au sein de la famille, elle tenait sa place.
Bref : notre véhicule aura passé l’hiver !
Il devrait satisfaire au contrôle technique :
Sa mécanique est sûre et sa pêche   d’enfer  ,
Aux plus jeunes encore, il fait toujours la nique   !
Non ! je ne parlais pas de moi… en doutiez-vous ?
Car je n’emprunte pas la troisième personne
Quand je parle de moi, ceci dit entre nous,
N’imitant pas l’impéracteur   de l’Hexagone. 
Else Navre  —   « Il a passé l’hiver ! » : hâtives conclusions…
Il vente, il gèle, il neige partout en Belgique !  
Votre serviteur  —   Certes, ma bonne dame, il n’y a plus de saisons :
Notre pays subit un destin antarctique !

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/04/18 :   

Bérénice  —   Au survol, votre « cours » toupinant et pressé  
Prend la forme aussitôt d’un pantin animé  .
Quelle étonnante idée que ce petit bonhomme
Tenace et endurant, infatigable en somme !
Votre serviteur  —   L’inlassable gymnaste est un beau parangon
De la ténacité et de la volition,
Qui s’exerce toujours, encore et sans relâche,
Comme tout étudiant attentif à sa tâche.
Bérénice  —   Et comme vous, mon cher, toujours en mouvement,
Fidèle à la besogne et prompt au dévouement !
Est-ce bien aujourd’hui, ôtez-moi de ce doute,
Que vous lavez toutes les vitres somme toute ? 
Votre serviteur  —   C’est le premier avril : me feriez-vous marcher ?
N’est-ce pas votre tour d’ailleurs de les laver ?
Le mannequin peut figurer une  gymnaste… 
Épicène est ce mot : je suis dans un jour faste !
Ensemble  —   Nous aurons fait non pas les vitres mais vingt vers ; 
S’ils vous semblent obscurs, s’ils vous semblent peu clairs,
Passez-les donc à l’« Oh ! », que l’éclat resplendisse !
Le docteur recommande en effet l’exercice.

 

Jean Quigrogne, Jean Quirit & votre serviteur ont écrit le 01/04/18 :

Jean Quigrogne  —   C’est quoi ce pantin fou sur la première page ?
Jean Quirit  —   Trop sympa la figure du gymnaste en nage !
Votre serviteur  —   Un sondage permet d’exprimer son suffrage.
Jean Quirit  —   Ah ! Cela tombe à pic : j’ai hâte de voter !
Jean Quigrogne  —   Moi, mon envie est nulle d’y participer !
Votre serviteur  —   Avec vous, nul besoin, certes, de dépouiller…
Mais nous n’estimons pas comme un mauvais présage
Que quelque bougre aigri hésite à s’engager.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/05/18 :   

Bérénice  —   Voici le mois de mai, c’est le temps des balades :
Allons nous dégourdir les jambes en forêt.
J’ai hâte d’entamer de longues promenades :
Je suis sur le départ, êtes-vous bientôt prêt ?
Votre serviteur  —   Je crains hélas ! que vous soyez une instantive : 
Vous êtes engluée dans l’immédiateté !
Prenez donc du recul : visez la perspective
Et vos soudainetés, laissez-les de côté !
Bérénice  —   Tel est bien le message que je veux transmettre :
Je vous le dis, mon cher : je ne dirai plus rien,
Je ne parlerai plus, je puis vous le promettre,
Je n’écrirai plus rien… d’ici le mois de juin.
Votre serviteur  —   Si vous vous engagez à garder le silence
Tout au long du chemin, je consens à partir :
Votre soudain mutisme m’aidera, je pense,
À écrire pour deux des choses à ravir.
Le Chœur  —   Le joli mois de mai ! le mois des escapades
Silencieuses , de conserve, à travers champs ! 
L’une n’écrira point et l’autre, des boutades.
Ils partiront à deux faire beaucoup d’arpents.

 

Anonyme, votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/06/18 :   

Anonyme  —   Votre an quatorze, cher Monsieur, je m’en balance, 
Comme de votre an treize  , sans vous faire offense.
Votre an quatorze, je m’en moque, cher Ami, 
Comme de l’an quarante  , sans être impoli.
Votre serviteur  —   Pour moi, votre opinion est de haute importance :
Il ne me fallait pas rester dans l’ignorance.
Ce que vous me confiez m’ôte d’un grand souci,
Je n’aurai nulle peine à en tirer parti.
Bérénice  —   Ce message sans nom est d’une suffisance
Sans nom. Il vous fallait laver cette impudence !
Pourtant vous préférâtes transmettre un merci…
J’en eusse volontiers engagé le pari !
Votre serviteur  —   Je vous accorderai, ma chère, l’indulgence
Dont je sais faire preuve envers toute insolence.
Par cette abnégation, mon honneur sort grandi.
Ni haine, ni mépris ; le pardon et l’oubli.
Bérénice  —   Je vous fais cet aveu alors sans réticence :
L’anonyme, c’est moi ! Mon regret est immense !
J’espérais que très mal vous eussiez réagi ;
Paradoxalement, vous restâtes poli…
Votre serviteur  —   L’expérience et le temps m’ont appris la patience
Mais je vous remercie de cette confidence.
Le site grandira demain comme aujourd’hui :
D’épater, « Cours toujours » n’a certes pas fini.
Ainsi pour ses treize ans change-t-il d’apparence :
Un caractère   neuf qu’on lit avec aisance,
Pareil sur tout support, dont il est affranchi,
Tel que je le voulais, il vous sera servi.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/07/18 :   

Votre serviteur  —   Cela a commencé d’une telle manière :
Dans le miroir, j’ai vu sur mon front un cheveu,
J’ai voulu l’en ôter, je me trompais un peu,
À la lumière et de plus près, je vis l’ornière. 
Pas une ride d’expression, sous la colère, 
Ni l’impression  de quelque ride, point du tout : 
Je n’ai pas cru  la voir, je l’ai vue tout d’un coup,
La ride au front, la ride au fond, point éphémère. 
Bérénice  —   On pourrait ajouter bien des choses en somme :
C’est un sillon, c’est un ravin, un défilé, 
Un canyon, une faille, un abyssal fossé !
S’il vient à y tomber, s’y écrase tout homme !
Votre serviteur  —   Je ne vous parlais pas, ma chère, de ma ride
Mais bien de ma méprise et de ma confusion
Quand soudain je compris l’ampleur de la question :
J’étais dans l’émotion, votre ton me lapide !
Bérénice  —   Lapidaire, mon ton ? Les grands mots tout de suite !
Mon ton n’avait pour but que de vous dérider.
Sur la rieuse, haro vous voulûtes crier !
Mon estime pour vous se craquelle* et s’effrite !
Ensemble  —   Là, vous m’avez froissé ! Votre avis me chiffonne. /
Là, je vous ai froissé. Mon avis vous chiffonne.
Mon front, et votre estime, et moi-même à présent : /
Votre front, mon estime, et vous-même à présent :
Tout lézarde et se rompt, tout crevasse et se fend…
Je me/Il se déride enfin : notre rire résonne.

 

Juliette & votre serviteur ont écrit le 29/07/18 : 

Juliette  —   Oups ! votre Grand large   m’a donné le mal de mer ! Vous avez modifié l’image animée des vagues en arrière-plan constituées des lettres de « Cours toujours » : on se croirait raser la surface de l’Océan !
Votre serviteur  —  

En effet, l’image en arrière-plan de cette page, comme de Vous êtes ici   ou Vous vaguez çà et là   n’est plus un fichier gif animé, au défilement un peu saccadé, mais un fichier svg, enrichi d’un style basé sur la syntaxe css3 assurant le déplacement des lettres et leur degré de rotation : l’animation est donc plus fluide.

Depuis ce matin d’ailleurs, l’arrière-plan du site lui-même est un fichier vectoriel, de même que celui des pages Erreur fatale   et Feuille d’or  .

Juliette  —   Je suis épatée par la rigueur et la variété des calculs qui président à l’affichage soigné de vos réalisations ! La page Atomium  , par exemple, incluant un fichier vectoriel, et servant de plan visuel du site, est une performance !
Votre serviteur  —   Vos compliments me touchent et je vous en suis reconnaissant. Mon grand-père était électromécanicien : j’ai sans doute hérité de ses qualités et de ses conseils, que j’ai pris soin de cultiver comme je le pouvais. Les quinze premières années de ma carrière pendant lesquelles j’enseignai aux Arts et Métiers ne sont pas étrangères non plus à ce processus, je suppose.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/08/18 : 

Votre serviteur  —   Pour faire un bon café, utilisons surtout
Du café, observait une amie humoriste.
Pour un bon premier août*, il faut être avant tout
Un premier août, notait cette rationaliste.
Le fin du fin par l’as des as au bout du bout, 
C’est faire un premier août un premier roux d’artiste.
Voilà le but des buts : réinventer le roux !
Mesdames et Messieurs, voici le chef en piste !
Bérénice  —   Là, je dis Gare ! À toute sauce est le grumeau 
Ce que la faute pourrait être à l’orthographe ! 
Et l’on ne devient pas saucier de haut niveau
Parce que l’on écrit un double paragraphe.
Votre serviteur  —   Sans embarras, je le serai le temps d’un jour
Et je ferai mon roux comme m’en vient l’envie :
Blanc, blond ou brun, je le ferai avec amour. 
Restez à mes côtés, tenez-vous en vigie.
Je fais fondre le beurre en morceaux à feu doux
J’ajoute la farine à quantité égale,
Je remue et je fouette en douceur devant vous :
Là, le roux a pris corps, la recette est géniale.
Ensemble  —   Nul besoin, ce nous semble, d’inviter le routComme l’Académie française,
les dictionnaires contemporains écrivent raout,
conformément à la prononciation qui prévaut.
Littré cependant attestait l’orthographe rout
comme la phonation sans diphtongaison :
nous conservons l’une et l’autre
par souci d’homophonie avec roux.
Pour assurer la rime avec rout, le -t  d’août
sera articulé dans la strophe concernée.
  
Devant ce fond de sauce réduit en six stances.
Voilà un premier roux conçu un premier août
En toute intimité et bonnes circonstances !

 

Votre serviteur a écrit le 01/09/18 :   

Depuis huit ans, depuis le jour de ma retraite, 
Pour la première fois me vient le sentiment
Que je ne saurais plus donner cours comme avant
Ni gérer une classe comme on le souhaite.
L’activité requiert des ressources massives,
Nerveuses et mentales, physiques aussi,
Favorisant en cours un travail abouti,
Dégageant au-delà d’utiles perspectives.
Afin d’alors accompagner notre jeunesse, 
Des collègues actifs se tiennent sur le pont ;
Vaillants et motivés, de leur mieux ils feront
Pour faire éclore en vrai progrès une promesse. 
Ils ont la volonté comme ils ont l’enthousiasme :
Par-delà les moyens et les finalités,
Les escobarderies et les difficultés,
Ils suivront le chemin qu’avait montré Érasme.
À ces collègues, chevronnés ou bien novices, 
À chacun des élèves, grands comme petits,
Je dis : « Bonne rentrée à vous tous, mes amis,
Dans ces salles de classe qui vous sont propices ».

 

Juliette & votre serviteur ont écrit le 28/09/18 : 

Juliette  —   Je tombe par hasard sur le commentaire de cet élève appelant à l’aide pour avoir, semble-t-il, creusé un trou dans son pupitre et y être tombé par mégarde. Je clique sur la bulle : l’animation est absolument fluide et le texte parfaitement lisible. C’est remarquable !
Votre serviteur  —  

En effet : la bulle n’est plus une copie d’écran mais bien du texte, le dessin est vectoriel tandis que l’animation, pilotée par les styles css, ne résulte plus d’une succession de clichés.

J’ai également revisité les ronces envahissant le mot ASSEZ de Piet Toresk ainsi que le trèfle à quatre feuilles : cette animation est le symbole du fil des générations, la promesse devenant progrès, écrivais-je pour cette rentrée scolaire.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 03/10/18 : 

Votre serviteur  —   Trois cent trente-trois mille trois cent trente-trois* :  
C’est un alexandrin que constitue ce nombre ;
C’est aussi trente-trois que vous dites trois fois ;  
C’est le total des visiteurs que l’on dénombre. 
Bérénice  —   Là ! Trop, c’est trop ! Tant de visites en un jour : 
Votre serveur sans doute a de la peine à suivre !
Chaque année, cent millions de gens feraient un tour
Sur votre site : je m’y perds, j’en deviens ivre ! 
Votre serviteur  —   Vous avez feint de mal comprendre : je parlais 
Du total général obtenu par le site
Depuis sa mise en ligne, un modeste succès…
Mais vous m’interrompîtes hélas tout de suite.
Bérénice  —   Alors, dans les deux mille* visites par mois,  
Suis-je comptée ou non, cette question m’importe :
Peut-être à vos seuls proches, du moins je le crois,
Et à vous-même aussi, se réduit la cohorte…
Votre serviteur  —   Le site est peu couru mais, comme il est bien fait,
Sa valeur n’attend pas le nombre de visites  .
De ce nombre, l’image seule m’amusait
Et non sa modestie méprisée des élites.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/11/18 :   

Bérénice  —   Je la trouve amusante, la baragouineuse
Installée sur le site depuis quelque temps.
Elle n’apparaît certes pas directement
Mais je l’ai découverte car je suis curieuse.
Votre serviteur  —   Pour expérimenter la machine ingénieuse,
Je rédigeai un texte court expressément : 
L’une et l’autre figurent actuellement
Sur la page inconnue qui vous rendit radieuse.
Sous les coups de bouton de cette jargonneuse,
Le texte se délite inéluctablement :
Orthographe ubuesque ou patois, à présent,
Toute dyslexie ou contrainte paresseuse.
Par les clics répétés d’une main malicieuse,
Le texte se transpose singulièrement :
Langue étrangère, ancien français, présentement, 
Ou méthode S plus sept – voire plus hasardeuse  .
Les mots sont en pagaille, en position scabreuse :
Partis la tête haute, ils vont sournoisement ;
Ayant pris de la gîte*, ils vont obliquement,
Vaguant aventureux, l’allure capricieuse.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/12/18 :   

Bérénice  —   Où ai-je mis mes clés ? Dans ma poche ? Au crochet ?
Sur la porte d’entrée ? Ou celle du buffet ?
Dans mon sac ? Sur un meuble ? Ou sur la cheminée ?
Pitié ! Nous n’allons pas y passer la soirée !
Votre serviteur  —   Avez-vous regardé dans le congélateur ?
Et dans la huche à pain ? Dans le four à vapeur ?
Avez-vous inspecté notre presse-purée ?
Nous les retrouverons, avant la nuit tombée.
Bérénice  —   Nous ne les trouvons pas car vous ne cherchez pas.
En tout cas, elles ne sont pas dans mon cabas ! 
Je laisse chaque fois mes clés où je les laisse
Et je n’en connais point qui soudain disparaisse !
Votre serviteur  —   Où les aviez-vous mises la dernière fois ?
Dans le panier à linge, point je ne les vois…
Ni dans le bol du chien, ni dans la cafetière,
Ni dans le verre à dents, ni sous la cuisinière…
Bérénice  —   Comme si n’importe où j’abandonnais mes clés !
Dans la poubelle, sous le lit, dans les vécés… 
Pourquoi pas, par exemple, dans une chaussure ?
Franchement, pour l’asile, je ne suis pas mûre*.
Votre serviteur  —   Justement, c’est bien là qu’il vous faut regarder
Car précisément là, vous les laissez pousser !
Les géraniums dans un sabot, c’est ridicule ; 
Le dernier chic : planter ses clés dans une mule !