Commentaires (extraits choisis)

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Votre serviteur a écrit le 01/01/13 :
Ceux qui mirent au point notre calendrier limitèrent à douze le nombre de mois – je m’en réjouis : eussé-je* pu vous souhaiter une heureuse année 2013 s’il avait fallu compter un 13/13/13 ? Deux treize, cela va ; trois : bonjour les dégâts !

 

Jean Quirit & Jean Quigrogne ont écrit le 01/01/13 :  
—   Vous êtes très13 amusant ! Vous lancez des traits13 assez affûtés*. Deux treize ne vont jamais sans trois…
—   Par ces temps d’austérité, vos propos irréfléchis donneront prétexte à supprimer le treizième mois !

 

Chr. alias Bérénice, votre serviteur, le chœur & Hilde Élire ont écrit le 33/01/13 :     

Bérénice  —   C’est votre anniversaire aujourd’hui, mon ami :
Vos soixante-trois ans seront donc à la fête…
La flamme des bougies meurt sous votre tempête
Et, divisé en parts, le gâteau est servi.
Votre serviteur  —   Évoquer la tempête en parlant de mon souffle
Révèle votre état d’esprit continûment*
À l’affût* du détail clair-obscur me visant
Que vous accentuerez sans prendre aucune moufle.
Je n’avalerai rien qui n’ait été goûté* !
Mourir empoisonné par la vôtre recette
N’est pas dans mes projets ; puis-je rester honnête ?
Je veux vieillir debout et garder ma santé.
Bérénice  —   Vous boudez mon gâteau, alors pas de cadeau !
RRRien, absolument rrrien, vous ne recevrez rien
Sinon ce triste vœu : que votre quotidien
Vous pèse et que seul vous en portiez le fardeau !
Votre serviteur  —   Que votre âme est petite et comme elle est chagrine !
Vous vous formalisez sans la moindre raison ;
À la plaisanterie, vous dites toujours « non » !
Comment être à la fête devant cette mine ?
Le chœur  —   Vos passes d’armes, ciel ! n’auront jamais de cesse !
Vos règlements de compte n’auront pas de fin !
Pouvez-vous vous parler sans tenir un gourdin ?
Savez-vous converser sans que quelqu’un se blesse ?
Bérénice & votre serviteur  —   À son/mon anniversaire point n’êtes prié !
Un conseil pour nous ? Vous n’en avez pas le moindre !
Vos propos sentencieux ne peuvent nous atteindre.
Que faites-vous au fait de notre intimité ?
Hilde Élire  —   Le trente-trois janvier n’est pas une vraie date !
Bérénice  —   De quoi se mêle-t-elle ? On ne l’a pas sonnée !
Votre serviteur  —   Soit ! je ne suis pas né : la vérité éclate !
Bérénice  —   Vous êtes né pour moi, vous m’en voyez comblée !

 

Nathabo a écrit le 19/02/13 : 
Merci pour ce très bon site ! Je suis professeur de FLE et j’ai envoyé un lien vers l’Art du portrait à mes étudiants pour qu’ils puissent faire des exercices supplémentaires à la maison.

 

Votre serviteur a répondu le 19/02/13 :
Comme vous me transmettez cette bonne appréciation via le formulaire des sondages et que vous ne me laissez pas de courriel, je vous adresse mes remerciements sur cette page, heureux d’être utile à vous-même et à vos élèves. Je crois aussi vous avoir trouvée sur la Toile, avec Français Module 16. Cordialement.

 

Votre serviteur a écrit le 01/03/13 :
Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Je me lève aussi tôt que lorsque je partais
La mallette à la main, le petit matin frais,
Et l’esprit frais aussi pour des cours bien cousus.

Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Le café, je le bois toujours en abondance
Comme je le buvais dans un broc en faïence
À la salle des profs : c’était mon seul abus.

Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Mais j’écris au tableau encore, dans ma tête,
Les termes importants, d’une écriture nette,
Sachant bien que demain ils seront reconnus.

Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Le bic rouge à la main, je rature des pages
Noircies de jeunes plumes livrant leurs messages
Mais ce sont mes brouillons que je dois avoir vus.

Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Parfois je parle fort, comme dans une salle,
Je m’exprime soudain d’une voix magistrale
Et mes deux ou trois hôtes en restent confus.

Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Redoutant un oubli, je suis sur le qui-vive.
Mais je reste distrait, faut-il que je l’écrive ?
Omettant les points clairs, je résous les ardus.

Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Je me réveille encore devant trente élèves
Sans mes préparations : un de ces mauvais rêves
Qui me mettaient en sueur et que bien souvent j’eus.

Cela va faire un bail que je n’enseigne plus.
Le stress s’en est allé, j’ai mis à jour mes fiches.
Et me souvenant d’eux, de nos échanges riches,
J’avance sur la Toile, alimentant ce flux.

 

Éva Porée & votre serviteur ont écrit le 01/04/13 : 

Éva Porée  —   La liste détaillée de vos « Sites utiles »
Nous épargne des heures de tâtonnement.
En ce premier avril, offrez le surprenant
Et proposez à tous quelques liens inutiles…
Votre serviteur  —   Les vacances sont là : je comble votre souhait.
Voici une corbeille de mes liens futiles :
Examinez-les tous en quelques clics fébriles,
Ne les croyez pas vains car « Cours toujours » en est.

 

Votre serviteur a écrit le 14/04/13 : 
Depuis de nombreux mois, je n’étais plus sorti
M’en allant promener par un ciel rude et gris.
À Pâques délaissant la météo d’ici,
Avec petits-enfants et enfants pour Paris
En train à vive allure me voilà parti
Vers le château des rêves aimé des petits,
Vers le parc d’attractions où l’on rit à l’envi,
Vers le monde magique où l’on est tous unis.

Quatre journées durant, et sous un ciel bleui
Par un anticyclone, nous étions transis.
Aussi marchâmes-nous, défiant du froid l’ennui,
Et, sillonnant le parc, nos faciès cramoisis,
Les yeux émerveillés, le cœur épanoui,
Nous étions sous le charme de décors jolis,
Nous quittions les manèges le corps étourdi,
Pour en assaillir d’autres aussi réussis.

Le mercredi, par la parade on fut ravi :
Nous vîmes Blanche-Neige avec son prince épris,
On vit Mary Poppins avec Bert son ami,
Nous vîmes Cendrillon ainsi que les souris,
Nous vîmes Aladin, peut-être bien Bambi,
Et Donald et Mickey et les chars tout fleuris,
Dingo, Pluto, mais pas de Marsupilami   !
Buzz l’Éclair les yeux par-delà les infinis.

À l’hôtel près du lac, on a très bien dormi,
Au petit-déjeuner, pas de croûtons* rassis,
Le café était bon, le buffet bien garni.
Et Lucas et Emma : « C’était comme promis ! »
Quelques flocons tombèrent le matin jeudi
Avant notre départ mais nous avions compris :
Nous eûmes le plaisir de tout voir, c’est inouï !
Car nous, sous la chaleur, serions restés assis.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/05/13 :   

Votre serviteur  —   Il n’y a pas de mai, non, sans un Premier mai
Et pas de Premier mai sans un brin de muguet.
Je t’offre les clochettes toutes parfumées,
Ce doux matin de mai, et mes tendres pensées.
Bérénice (grinçante)  —   Que me tutoies-tu, toi, avec ton baratin ?
Du muguet ! du muguet ! ai-je la tête à ça ?
Et puis, dis-moi pourquoi il n’y en a qu’un brin !
Il n’y a pas de quoi monter au nirvana !
Votre serviteur  —   Il se fane mon brin sous le coup du conflit.
Il ne vous en faut point, plus il vous en faudrait !
J’offre le symbole et vous n’avez qu’à l’esprit
Le nombre… du pronom qui vous apostrophait !
Bérénice (souriante)  —   Mais qu’importe le nombre si l’on a l’ivresse !
Cette blancheur, cette senteur, quelle allégresse 
Enivre mon esprit car vous êtes venu
Pour moi ici, et avec lui, un brin ému ! 
Votre serviteur  —   C’est votre dernier mot ? la version enchantée ?
Si j’étais à vos pieds, je vous ai tutoyée…
Vous acceptez mon brin comme je vous le donne
Car unique est ce brin comme votre personne !

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 09/06/13 : 

Bérénice  —   Vous explorez encore ici les sentiments.
Attentif à montrer le pourquoi du comment,
Au cœur des expressions, avec discernement,
Vous avez relevé quelques tours très charmants.
Votre serviteur  —   J’aime les jolis tours surtout dans les romans
Car, dans la vie réelle, certains dénouements,
Tout bien considéré, sont un rien alarmants.
Bannissons donc les mots et actes infamants.

 

Jean Intransi & votre serviteur ont écrit le 24/06/13 : 

Jean Intransi  —   Le lot de périphrases que vous proposez
Ressort de l’histoire ou de la géographie
Mais guère du français : cette bizarrerie,
Il me semble opportun que vous la motiviez.
Votre serviteur  —   Pour étudier l’histoire et la géographie,
L’on n’est point insensible à toute poésie
Et l’on crée des images hautes en couleur
Qui frappent les esprits toujours avec bonheur.

 

Jean Quirit, Jean Quigrogne & votre serviteur ont écrit le 07/08/13 :

Jean Quirit  & Jean Quigrogne  —  
Votre serviteur  —  
Jean Quirit  —  
Jean Quigrogne  —  
Votre serviteur  —  
7 où le 7 août ?
7 toujours ici.
7 tout bon !
On 7 tout, alors ?
07/08/13 astucieusement.
C’est où le sept août ?
C’est toujours ici.
C’est tout bon !
On sait tout, alors ?
C’est oui très astucieusement.

 

Votre serviteur, Chr. alias Bérénice & le chœur ont écrit le 01/09/13 :     

Votre serviteur  —   Cette trente-sixième pièce clôturant
Les œuvres rimaillées de votre serviteur
Célèbre la rentrée de chaque étudiant
Pour une belle année de joie et de labeur.
Comme mon petit-fils, vous allez en primaire
Ou bien en maternelle où se trouve sa sœur ;
Peut-être abordez-vous le niveau secondaire ;
Peut-être accédez-vous au degré supérieur…
Les piles rechargées, le ressort remonté,
Vous rongez votre frein, vous piaffez d’impatience.
Aux lendemains studieux vous êtes préparé :
Vous y arriverez, croyez mon expérience.
Tandis que je m’éloigne, vous vous présentez
Frais, dispos, reposé, un peu inquiet sans doute
Pour un nouveau départ et là vous espérez
Réussite et succès au sommet de la route.
Bérénice  —   Vos propos de rentrée sont d’un amphigourique !
Écrivez simplement ou bien n’écrivez pas.
Dites votre pensée sous forme économique,
Que chacun vous comprenne, ou ne la dites pas.
Votre serviteur  —   J’adressais un clin d’œil à nos petits-enfants.
Votre réplique sèche, archi-sèche me scie !
Je saluais le travail aussi de leurs parents…
Je fêtais « le grand jour » : voilà qu’on m’asphyxie !
Bérénice  —   Point ne vous asphyxie mais vous, vous m’omettez !
Vous parlez à chacun et me laissez pour compte !
Vous parlez de chacun et moi, vous m’ignorez !
Pour chacun c’est la fête et pour moi c’est la honte !
Le chœur  —   De bonnes intentions, de piètres résultats.
Pour un triste départ, voilà un départ triste.
Les fruits que vous semez ne se récoltent pas.
À peine partez-vous que vous quittez la piste !
Ensemble  —   Mais non ! c’est un recul qui nous/les fait mieux sauter !
Car qui veut aller loin prend la bonne battue.
L’ombre au tableau y fait la lumière briller.
Il n’est de réussite vraie si l’on ne sue.

 

Chr. alias Bérénice, votre serviteur & le chœur ont écrit le 01/10/13 :   

Bérénice  —   Tandis que je m’éloigne était un faux départ !
Et j’en suis très heureuse car votre retraite
Aurait induit la mienne ; or toute chose faite
N’est pas forcément bonne à faire, pour ma part.
Votre serviteur  —   Vous redoutiez la mort médiatique et moi
Je m’éloignais avec une telle insouciance !
Je ne pensais qu’à moi, la belle inconvenance !
Et vous vous morfondiez quand moi je restais coi !
Bérénice  —   Riez, riez encor : je préfère me voir
Moquer mais exister qu’à jamais disparaître !
Mon reflet dans vos vers est un tableau de maître
Dont la disparition ferait mon désespoir.
Votre serviteur  —   Ne faisant pas les frais de la vôtre ironie
Et recevant de vous quelque fin compliment,
Je ne puis vous cacher mon curieux sentiment :
J’exulte et je le dis, quitte à ce que l’on rie !
Bérénice  —   Exultez ! jubilez ! baignez dans l’allégresse !
Mais polissez vos vers encore très longtemps
M’évoquant sans relâche, d’été en printemps,
Et me faisant parler, et encore, et sans cesse.
Votre serviteur  —   Je vais écrire encore et parlerai de nous,
Vous resterez ma muse à regarder écrire
Le tisserand de votre vie, j’ose le dire !
Vous resterez à lire mes dires sur vous.
Ensemble, avec le chœur  —   Et nous pourrons encore et toujours nous entendre
Pour trouver les sujets qui nous diviseront,
Et pour lancer les mots qui nous déchireront :
Grâce à la poésie, nous allons nous comprendre ! /
Et ils pourront encore et toujours bien s’entendre
Pour trouver les sujets qui les diviseront,
Et pour lancer les mots qui les déchireront :
Grâce à la poésie, ceux-là vont se comprendre !

 

Éva Porée, votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 10/10/13 :   

Éva Porée  —   Que bien je vous comprenne : de vous, vous parlez
Et en long et en large et en diagonale ;
Pourtant votre existence est purement verbale :
Vous ne paraissez vivre que sur le papier.
Votre serviteur  —   Votre question, ma foi, provient du même moule :
De vous, vous ne confiez strictement rien du tout ;
Mais, pour comprendre un homme, faut-il savoir où,
Dans quel tiroir, il met la cuillère à semoule ?
Éva Porée  —   Justement, j’aimerais savoir où vous rangez
Vos tasses et assiettes, couteaux et fourchettes,
Où vous mettez sécher vos torchons et serviettes…
Votre vie m’intéresse : vous m’interpellez* !
Votre serviteur  —   Comme les petits vieux, je mange ma potée ;
À mon âge, je laisse fourchette et couteau :
Un bouillon me suffit ou un bol de gruau.
La vaisselle en vermeil à la seule invitée !
Bérénice  —   Oh ! comment osez-vous cette plaisanterie ?
Mangez à la cuillère si l’envie vous prend !
Mais n’osez pas ouvrir notre buffet normand
À l’invitée surprise ou je vous estropie !
Votre serviteur  —   Ma chère Bérénice, vous ne mâchez pas
Vos mots, vous n’allez pas du dos de la cuillère !
Mais vous vous méprenez, ne soyez pas si fière :
De propos sur le pouce, feriez-vous un plat ?
Les deux derniers  —   Éva Porée avait mal posé sa question
Mais nous lui répondîmes non sans quelque adresse
Car il est important que chacun reconnaisse
Au fond de nos tiroirs un brin de dérision.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 09/11/13 :   

Bérénice  —   Vous n’avez rien à dire, et vous allez l’écrire.
Je vous regarderai lever les mains au ciel
Et les rabattre sur le mot providentiel
Comme sur une étoile que vous verriez luire.
Votre serviteur  —   Mais je n’écrirai pas n’avoir rien à écrire !
Je vous regarderai qui me regarderez
Par la perle ravi la saisir au clavier
Et voir votre reflet sur l’écran me séduire.
Bérénice  —   Ah ! non ! c’est un peu court ! Car vous auriez pu dire
Que vous me regardiez en train de regarder
Celui qui voyageait, étrange passager,
Par le mot, par le chant, où j’aime le conduire.
Votre serviteur  —   Je n’avais rien à dire et je ne puis me taire
Tant je tape des mains et vois les mots tomber
Juste où je le désire, et de vous étonner
Au détour de ce vers comme j’aime à le faire.
Ensemble  —   Vivant dans notre bulle une vie de papier,
Nous sillonnons le chant, nous cultivons le verbe ;
Moissonneurs ébahis de poèmes en gerbe
Nous qui ne disons rien donnerons à rêver.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 11/12/13 :   

Bérénice  —   Si vous n’êtes point roi, vous avez des sujets
Supercoquentieux voire même d’exception,
Des sujets, comment dire ? de conversation :
On aime vos propos, on aime vos effets.
Votre serviteur  —   Mais vous n’êtes point renne non plus, que je sache :
Vous n’emporterez pas le traîneau* étoilé
Descendant du Grand Nord tout de cadeaux chargé,
Accélérant l’allure craignant la cravache.
Bérénice  —   Et je ne suis point reine ni ne tiens les rênes
De la bourse et, pour les cadeaux, débrouillez-vous.
Votre serviteur  —   Tenez donc éloigné votre injuste courroux :
Je vous en offrirai, promis ! des hottes pleines.
Ensemble  —   Noël est à nos portes, et ses chants joyeux,
Le sapin s’enrubanne et se pare de boules,
On pose un peu partout des guirlandes d’ampoules :
Les cœurs sont à la fête et l’on se sent heureux.
On l’espère, on l’attend, la fête de l’enfance,
Les cadeaux qu’on déballe avec curiosité.
Nous souhaitons à tous chaleur, rire et gaîté* :
Puissions-nous partager tous une joie immense.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/01/14 :     

Bérénice  —   Le style modifié du menu latéral  
Confère à votre site un merveilleux plumage ;
Plût au ciel toutefois que le vôtre ramage
À cette qualité fût seulement égal !
Votre serviteur  —   Vous me discréditez sur le fond et la forme ;
D’une injuste ironie vous voulez m’agonir :
Agonissez – le verbe fait comme finir –
Mais l’on va s’étonner de votre impair énorme.
Bérénice  —   Vous vous laissez avoir à mes taquineries
Et une fois de plus vous montez dans les tours :
Alertement vous répliquez à mon discours
Faisant ainsi les frais de mes espiègleries.
Votre serviteur  —   Les années s’entassant, le menu s’allongeait ;
J’ai choisi de réduire d’autant l’interligne ;
Sous les liens ramassés, j’ai supprimé la ligne :
Au survol, le pointeur surligne le signet.
Ensemble  —   Mon/son intervention aura eu ce mérite :
Concentrer les regards enfin sur l’essentiel,
Ce bouleversement, cet apport substantiel,
Qui à tous les sommets va propulser le site !

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 02/02/14 :   

Votre serviteur  —   À la fin de ce mois, j’aurai le bail plus un :
Quatre années de retraite se sont écoulées ;
Plus ne gagne l’école à grandes enjambées
Mais je n’en oublie point le diligent parfum.
Bérénice  —   Ce jeu de mots est nul, trop nul, nul de chez nul !
Comment pouvez-vous donc, arrivé à votre âge,
Vous laisser succomber à cet enfantillage ?
Le bac, vous ne l’auriez même plus : quel recul !
Votre serviteur  —   Votre rime, ma chère, m’a fait redouter
Le pire : c’est à peine si vous vous reprîtes !
Vous vous disiez outrée alors que vous sourîtes !
Je ne suis pas le jouet des mots mais j’aime en jouer.
À la fin du mois donc, j’aurai le bail plus un :
Je ne vois pas le temps qui à la maison passe ;
Plus ne rentre chargé de copies en liasse
Mais j’aime à préparer un travail opportun.
Bérénice  —   Opportun, opportun : ne me faites point rire !
Le site est un prétexte afin de m’éviter !
Votre serviteur  —   Mais qu’allez-vous chercher ? pourquoi me soupçonner ?
Rien n’est plus important que vous : calmez votre ire !
J’aurai le bail plus un à la fin de ce mois :
Je consacre mon libre temps à la lecture
Comme je le faisais déjà mais sans brisure :
Ni contretemps ni distraction comme autrefois…
Ensemble  —   Rien ne vient me/le distraire à bientôt bail plus un.
Et je lis et j’écris, et je parle et j’écoute /
Il lit et il écrit, il parle et il écoute,
Malgré ses/mes bavardages, personne n’en doute.
On souhaite un tel calme à tous et à chacun !

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/03/14 : 

Bérénice  —   Il serait opportun que nous fissions le point
Que l’on se concertât, que l’on prît attitude,
Que l’on déterminât et avec certitude
Nos méthodes et buts en un projet conjoint.
Votre serviteur  —   C’est bientôt carnaval : c’est le pont qu’on fera !
Enjambant les jours gras et avec le sourire ;
À Binche ou à Eupen, vous allez nous conduire :
Laissons les agendas et dansons la samba.
Bérénice  —   Vos propos me déroutent, et je vous suis mal :
Vos jambes, sachez-le, aux miennes sont meilleures.
Votre serviteur  —   Mais n’allez pas chercher midi à quatorze heures !
Je vous mène en bateau, voyez-vous, car naval.

 

Chr. alias Bérénice & votre serviteur ont écrit le 01/04/14 : 

Bérénice  —   Un objet a heurté malencontreusement
La table de cuisson, j’ignore la manière,
Si bien qu’elle est cassée : c’en est une misère !
Elle fonctionne encore… temporairement.
Les angles de la taque, vous les arrondîtes
À la rentrée dernière mais l’acte fut vain !
Vous en étiez si fier : du jour au lendemain,
On attaqua la taque et vous, point ne le vîtes.
Votre serviteur  —   La formule « si bien », à peine pateline,
Trahit l’état d’esprit que vous voudriez masquer :
De la taque brisée, ravie, vous vous gaussez !
Je sais ce qu’il me reste à faire, ma coquine !
Bérénice  —   Non ! pitié ! pas cela ! c’est moi, pardonnez-moi
Je l’avoue sans détour, qui ai cassé la plaque !
L’ennui, la jalousie, et voilà que je craque,
Et la taque aussitôt, et votre désarroi !
Votre serviteur  —   Je redoutais l’attaque d’un site pirate
Et votre aveu m’épargne de noires pensées :
Une taque perdue, dix taques retrouvées !
En la cassant, vous fîtes bien, je le constate.
Comme elle marche encore, nous pourrons servir
À tous nos visiteurs chaude la bouillabaisse
Et si quelqu’un observe que le niveau baisse,
C’est qu’ils ne l’auront guère laissée* refroidir.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/05/14 :   

Votre serviteur  —   Attention ! cette fois, j’ai quelque chose à dire :
Et j’espère que je vais arriver à l’écrire !
Cela serait trop bête, non ? d’être inspiré
Et que le matériel de travail eût manqué !
Un crayon, noir ou non, je n’en ai pas trouvé ;
Voilà le stylobille dont l’encre a séché ;
Pour le stylo à plume, plus une cartouche ;
Aucun signe à l’écran quand je presse une touche !
Et me voilà trahi soudain par le matos !
Car vous aviez compris qu’il y aurait un os !
Quand tout vous abandonne, ah ! c’est une misère
Et l’esprit est si peu quand manque la matière !
(Un temps, proche de l’éternité)
J’ai rechargé les piles : mon clavier sans fil
M’obéit à présent, Marot loué soit-il !
Je pourrais vous conter cette mésaventure :
Hélas, de mon idée, j’ai perdu la nature !
Bérénice  —   Quand on a quelque chose à dire, on trouve bien
De quoi écrire, vite et pas le lendemain !
Pourquoi mettre à chauffer des casseroles vides ?
Plus de jeu de dînette* quand on a nos rides !
Ensemble  —   Mais si j’écris /
Mais s’il écrit / parfois ayant perdu l’idée
Au moins n’écris-je /
Au moins n’écrit-il / pas avant qu’elle soit née…
Ce subtil distinguo méritait qu’on le fît :
Et nous vous le livrons bien pesé et gratuit.
(Un temps, infiniment court)
Comme nous pourrions dire aussi bien le contraire,
Et qu’on ne veut laisser une idée au vestiaire,
Admettons-le avant qu’il nous le faille avouer :
Plus souvent qu’une idée, nous avons du papier.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/07/14 :   

Votre serviteur  —   Les vacances d’été commencent aujourd’hui :
Je me mets en congé, et je cesse d’écrire,
Je range mon clavier, je préfère le dire !
Voici les derniers vers que je publie ici.
Bérénice  —   Fi ! Vous êtes, mon cher, un peu à la retraite :
Aussi toute l’année êtes-vous en congé !
Mais vous avez raison : il sera soulagé,
Le visiteur, que votre manège s’arrête !
Votre serviteur  —   Comment ! Quelle impudence ! Si vous n’aimez pas
Mes vers, fermez les yeux mais n’ouvrez pas la bouche !
N’allez pas sur le coche jouer à la mouche !
Au monde laissez-moi m’offrir jusqu’au trépas !
Bérénice  —   Vous prétendiez cesser d’écrire tout l’été
Et menacez d’écrire pour me contredire !
Voilà une attitude qui prête à sourire…
Quant au monde, il ne vous prend pas pour Mallarmé !
Votre serviteur  —   Bon ! je n’écrirai pas que je n’écrirai plus
Mais je n’écrirai plus pour simplement vous plaire.
Puisque je ne parviens pas à vous satisfaire,
Je me mets en vacance et mes vers au rebut.
Ensemble  —   J’ai comme l’impression que nous tournons en rond ;
Dans un cercle vicieux nos jambes semblent prises ;
Sur le disque rayé rechutent nos sottises :
Quittons ce piège affreux d’un bond, oui : d’un bon bond !

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/08/14 :   

Votre serviteur  —   Je n’ai aucune idée derrière la tête,
Je n’ai aucune affaire sur les bras non plus,
Je n’ai rien sur le cœur, point d’avis de tempête,
Dans le nez, je n’ai pas de verre, point d’abus.
Le doigt, je ne l’ai mis dans aucun engrenage,
Je ne m’arrache pas les cheveux, hors de moi
Et je sais sur quel pied danser dans mon village,
Je n’en viens pas aux mains, car, quoi ! j’ai l’esprit coi.
Bérénice  —   Votre équanimité ne saurait me surprendre :
Vous êtes coutumier de ce calme olympien ;
Votre sérénité est loin de tout esclandre
Et rend votre commerce infiniment urbain !
Votre serviteur  —   Vous ne me tirez pas l’oreille cette fois,
Je me réjouis car point de gros yeux ne me faites !
Rien sur le dos ne me mettez en tapinois,
Dans mes jambes ma foi pour l’heure point vous n’êtes.
Bérénice  —   Comment cela « pour l’heure » ? insinueriez-vous
Que vous importuner à des moments je pusse ?
Comment oseriez-vous me prêter peu ou prou
Un esprit cauteleux et qu’encor je vous lusse ?
Ensemble  —   Mes/Ses mots ont dépassé ma/sa pensée
Mon/Son dessein n’était certes pas de vous/me heurter.
Veuillez me pardonner si je vous ai /
Je vous pardonne même si je fus / blessée.
Mesurons mieux encor nos façons de parler.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/09/14 :   

Votre serviteur  —   C’est bientôt la rentrée : il faut me préparer,
Je dois m’organiser, je ne peux pas traîner*.
Bérénice  —   C’est la cinquième fois que pour vous la rentrée
N’est plus à l’agenda : oubliez cette idée.
Votre serviteur  —   Je voulais simplement écrire quelques mots
Pour donner le signal de la fin du repos.
Bérénice  —   Occupez-vous plutôt de vos petits-enfants :
C’est leur  rentrée, ne restez pas les bras ballants.
Votre serviteur  —   C’est ce que je vous dis : c’est à eux que je pense
Car aujourd’hui la vie scolaire recommence.
Fini le doux mois d’août* : le petit matin frais
Happe les écoliers vers de nouveaux progrès.
Bérénice  —   Au lieu de débiter toutes vos inepties,
Ouvrez plutôt la porte : les enfants sont là,
Et nos petits-enfants sont impatients déjà
De pouvoir faire honneur à mes pâtisseries.
Votre serviteur  —   Grâce à vous, ils auront bien plein leur estomac
Et la tête bien faite… grâce à bon-papa !
Bérénice  —   Menons-les à l’école, avant que je n’explose,
Dans la sérénité qu’une rentrée suppose.
Ensemble  —   En route pour l’école,
Que rien ne nous arrête !
Oui, partons pour l’école,
Que rien ne nous inquiète !

 

Chr. alias Bérénice, votre serviteur & le chœur ont écrit le 01/10/14 :   

Bérénice  —   Moi, j’aime pour ma part faire des distinctions,
Vous, vous investissez le lieu des confusions ;
De mon côté, j’isole les propriétés,
Du vôtre, vous tenez des propos embrouillés.
Votre serviteur  —   En effet, j’aime faire des rapprochements
Des assimilations et des prolongements.
Votre esprit est étroit, vous êtes littérale
Et vous n’aurez jamais la plume originale.
Bérénice  —   Sinon originale, précise du moins !
Car la vôtre est vaseuse : tous en sont témoins !
Votre discours est flou quand le mien est précis.
Vous lire seulement me donne le tournis.
Votre serviteur  —   À vos yeux, je le sais, je ne suis pas Virgile.
Il n’est point de talent sans un talon d’Achille.
Je le déplore certes : vous êtes le mien !
À vos yeux, par vos soins, je me résume à rien.
Bérénice  —   Que viennent faire ici Virgile autant qu’Achille ?
Je vous parle rigueur et vous partez tranquille
À battre la campagne par monts et par vaux.
Plus de doute : vous vous emmêlez les pinceaux !
Ensemble  —   Alors nous nous dirons que nous nous entendons
Sur l’absence d’entente et nous constaterons
Que nous tombons d’accord tous deux sans réticence
Sur la solidité de notre divergence.
Le chœur  —   Les contraires s’attirent. Le style est prisé
Qui joint la précision à la curiosité.
Ne dit-on pas que se complètent les contraires ?
D’un littéraire jeu, vous êtes partenaires.
Bérénice & votre serviteur  —   Le chœur est de retour et se fait ironique
Prenons garde : on connaît trop bien cette musique !
Le chœur  —   Ils étaient brouillés là ; les voici réunis !
Que feraient-ils sans nous ? Vain serait le croquis !

 

Votre serviteur a écrit le 01/11/14 :     
Un chat qui pourrait être le mien ne l’est pas ;
Le chien que je n’ai pas ignore sa pâtée ;
Ni perroquet, ni canari, aucun boa
Sous mon modeste toit – même pas d’araignée !
Ici, ni vers à soie ni abeilles à moi ;
S’il est une fourmi, ce n’est que moi, nul doute !
Dans ma bibliothèque, aucun rat mais un roi ;
Le papillon en poche, je l’ai pris en route !
Nulle girafe, aucun éléphant même rose !
La pince crocodile est un modeste outil…
Les mules, je les porte au pied, on le suppose…
Quant à la caille tendre, elle cuit sur le gril.
Nul besoin d’un bélier pour entrer : j’ai ma clé ;
Ailleurs sonne un coucou à heure régulière ;
Dans un crapaud m’assois, canard dans le café ;
La puce est dans l’ordi, la souris à l’équerre.
Dans mon arche     perchée au troisième niveau,
En guise de colombe, veille un téléphone ;
Ni renard ni cheval ni mouton ni corbeau
Ni coq ni écureuil ni cheval ni lionne.
Mais, car j’ai le bonheur d’être deux fois grand-père,
Je veux que tourne encor le monde après ma mort :
Que ma fin ne soit pas – et telle est ma prière !
La fin des temps mais d’un espoir nouveau le port.

 

Votre serviteur & Chr. alias Bérénice ont écrit le 01/12/14 :

Votre serviteur  —   Les jours se font plus courts, et la lumière fuit ;
Tout proche est le solstice d’hiver et la nuit
Grignote la journée : des miettes étoilées
Sur le céruléen tissu restent collées.
Bérénice  —   « Sur le céruléen tissu » ! Mais j’hallucine !
Vous adoptez soudain la langue sibylline !
Hermétique se fait désormais votre vers,
Vous vous voulez orphique, mais moi je m’y perds !
Votre serviteur  —   Vous évoquez Hermès, vous évoquez Orphée
À propos de ma langue : j’en suis bouche bée !
Mon souffle en est coupé, mon esprit au point mort !
J’en ai perdu le fil, j’en ai perdu le nord !
Bérénice  —   Mais mon intervention vous est providentielle :
Plus besoin de trouver l’image exceptionnelle !
Votre ère symbolique aura fait la longueur
D’un unique quatrain : goûtons*-en le bonheur.
Votre serviteur  —   J’avais bien commencé mais votre polémique
A fait tout chavirer… dans l’océan Arctique,
Dans cette région où la nuit dure des jours
Et des jours, une nuit aux très lointains contours.