Bien noté

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24/10/2020 

« Un peu de bon sens. Si je ne suis pas un fantôme, je suis quoi ? Une agente secrète style Mission impossible, une pro du camouflage qui t’a infiltré pour te manipuler dans l’intérêt supérieur de la nation ? Restons crédibles. Je viens d’ailleurs, Lulu, je suis une forme de vie différente, ça me paraît flagrant. »

Didier VAN CAUWELAERT, L’Inconnue du 17 mars, J’ai repris la route, Albin Michel, septembre 2020

Amusant, non ? ce « Restons crédibles » ! Cette entité venue d’une autre galaxie, cette « sans planète fixe » s’estime parfaitement à sa place en ce bas monde et fait appel au « bon sens » de son interlocuteur (le narrateur) pour qu’il s’en rende compte ! Une extraterrestre à l’image humaine et à celle de… Non, je ne dévoilerai pas cet élément du récit, que l’auteur écrivit au début de l’épidémie de covid dont il fait l’argument.

 

 

16/09/2020 

Si vous êtes étudiant en lettres, vous aimerez peut-être,

si vous êtes professeur de français, vous allez peut-être aimer,

si vous n’êtes ni l’un ni l’autre, peut-être aimerez-vous,
comme moi, qui aurai été les trois à la suite, j’ai aimé Longtemps je me suis couché de bonheur, le roman de Daniel PICOULY paru en août* dernier.

Le narrateur est un adolescent dont la famille habite une cité populaire d’Orly, un collégien de Joliot‑Curie dont le professeur de lettres est un passionné de Proust, un garçon qui se croit amoureux d’Albertine. Le contraste entre l’analyse conceptuelle des sentiments par le plus raffiné des auteurs et sa vérification empirique par ce jeune esprit, avec pour arbitre l’horloge de la salle de classe, donne lieu à l’exposé de situations cocasses et à l’énoncé d’étranges raccourcis – sinon à leur mise en place. Une multitude d’écrivains distraits du cours sont d’ailleurs confrontés à l’immédiateté d’une vie pressée.

À propos d’horloge, voici justement un des premiers dialogues du récit, entre le narrateur et son ami et camarade de classe, Bala, le fils des concierges de leur immeuble.

 

 

18/08/2020 

Histoires en 550 mots recueille des textes narratifs ne comptant pas plus d’une page dactylographiée, rédigés par des internautes bénévoles et sélectionnés par l’initiatrice du site, une neuchâteloise, qui explique son projet :

« En ces temps inédits où la vie intérieure a pris le dessus, nous recherchons l’évasion, le partage et le réconfort. Plus que jamais, nous avons besoin de raconter nos émotions, de lire celles des autres, de nous divertir, de nous émerveiller. »

Le premier récit fut publié en mars 2020, le site en propose actuellement quarante-sept.

Je recommande : Pauvre bête, l’histoire d’une peine de cœur contée avec seules des expressions comportant le nom d’un animal   , comme le titre le suggère.

 

 

04/08/2020 

Les cruautés doivent être commises toutes à la fois, pour que, leur amertume se faisant moins sentir, elles irritent moins ; les bienfaits, au contraire, doivent se succéder lentement, pour qu’ils soient savourés davantage.

Cette citation du Prince, de Nicolas MACHIAVEL, est l’un des textes lacunaires proposés sur la Toile par un émule de « Cours toujours» : Ludotext, en ligne depuis 2016.

Il suffit de cliquer sur un mot de la manchette droite (non représentée ici) pour qu’il aille se loger dans l’emplacement choisi. En haut de l’écran s’affiche le score provisoire, qui se réduit au prorata des erreurs mais aussi du temps écoulé. Quand le texte est reconstitué, le palmarès se révèle en regard du score final obtenu.

À ce jour, quatre cent vingt et un* « jeux » sont disponibles : des chansons, des poèmes et de brefs extraits de romans.

 

 

10/07/2020 

La leçon du jour : Comment sont nés les dictionnaires de langue française ?

Le linguiste Michel Francard   répond à cette question dans l’émission de Laurent Dehossay, Un jour dans l’histoire, diffusée le 24 juin dernier mais dont l’enregistrement reste disponible.

Cet enregistrement et la transcription peuvent se consulter dans un article paru le 1er juillet. La fin de l’entretien où il est question de la définition du nom « femme » dans les dictionnaires du XIXe siècle – voire des deux premiers tiers du XXe siècle – n’est pas intégralement retranscrite mais n’en est pas moins intéressante.

Une bonne synthèse de la question.

Tout dictionnaire reflète son époque et, à ce titre, est un document historique – a fortiori lorsque ses éditions successives couvrent plusieurs siècles, comme celui de l’Académie. Il est passionnant de se promener dans un dictionnaire de langue   ; de même est-il pertinent de passer d’un dictionnaire à l’autre (et d’une édition à l’autre) pour comparer la définition d’un même mot  . Les outils informatiques actuels facilitent évidemment l’exercice.

 

 

19/06/2020 

Vous qui vous intéressez au boson – ne niez pas : vous vous intéressez au boson, sinon à la chose, du moins à son appellation, à moins que cela ne soit le contraire – bref : que vous vous intéressiez ou non au boson, vous savez que nos pages y ont déjà fait allusion, en 2010 et en 2013.

Eh bien, le roman que je suis en train de lire, La preuve ultime, de Peter JAMES, y fait référence (Chapitre 98) :

« Et quel est ton point de vue sur le boson de Higgs ?

— La particule de Dieu qu’ils ont découverte au CERN ? Elle prouve quoi ? On ne sait toujours pas qui l’a créée. »

Et vous n’êtes pas sans savoir – reconnaissez-le : vous épluchez passionnément les pages de « Cours toujours », sinon à longueur de journée, du moins régulièrement ou de temps en temps, ou par inadvertance – bref : sachez que les répliques de quelques dialogues de ce roman se présentent en désordre pour votre plus grand plaisir à en rétablir la disposition originelle.

 

 

02/06/2020 

Qu’est-ce que la poésie ?

Eh bien, deux réponses me tombent récemment sous les yeux, et je les partage ici.

Un petit garçon pose la question à son papa, journaliste à la Tribune de Genève, qui entreprend de lui répondre, avec l’aide de quelques collègues, illustrateurs, infographistes, rédacteurs, correcteurs, et cela donne Les rimes s’apostrophent et les vers philosophent.

Sur le site Babybluedog, un professeur de collège et de lycée propose une approche joignant le commentaire à l’exemple. Sont ainsi examinées les fonctions de la poésie : exprimer, dénoncer, célébrer, inventer ; les techniques : strophes, vers, rimes ; les figures de style. Et vous ne manquerez pas de découvrir d’autres termes, car il est aussi question de fin’amor (amour courtois), de Parnasse, de Pléiade

 

 

08/05/2020 

Nouvelle péripétie électrodomestique !  

Depuis de nombreuses années, mon ancienne petite radio installée dans la cuisine ne captait plus correctement les ondes en fréquence modulée tant le signal était affaibli par la hauteur des immeubles et la pollution électromagnétique. Par chance, mon fils m’a offert il y a trois ou quatre ans une « radio Internet »   : c’est un récepteur de radiodiffusion numérique (DAB, selon l’acronyme anglais) qui peut également recevoir par le réseau domestique (WIFI, selon l’acronyme anglais) le flux des radios de la Toile, et c’est ce mode de réception que j’ai choisi.

J’écoute donc les actualités au petit-déjeuner et laisse en sourdine Radio Mozart   lorsque je lis.

Eh bien, je viens de faire une étrange découverte en chauffant une tasse de lait dans le four à micro‑ondes* alors que la radio fonctionnait : elle a cessé de fonctionner. Non, elle n’est pas hors d’usage mais elle s’est déconnectée du routeur pendant que mon lait chauffait. Ding ! le four coupé, toujours aucun son ! J’ai éteint la radio, je l’ai remise en marche : la connexion était rétablie. Les deux appareils sont éloignés de deux mètres trente, soyons précis.

Bref, wifi (Je pourrais écrire riwifi, en l’occurence) et four à micro‑ondes ne font pas bon ménage ! Le phénomène   est connu mais j’en ai subi la démonstration in culina.

 

 

13/04/2020 

« La vie est trop courte pour lire et regarder des choses “pas mal”. »

Tel est le postulat de ces deux jeunes gens et de cette jeune fille, l’une étudiante à Audencia, les deux autres sortis de Sciences Po. Ensemble, ils mettent en ligne Culture G, un site où chacun peut choisir et/ou proposer quelque chose d’intéressant à lire, à écouter, à regarder…

Les suggestions apparaissent sous forme de fiches, qui se ventilent selon quatre listes de critères croisés.

Par exemple : pour un Temps de moins de quinze minutes, avec comme Support des Chansons & albums, dans le Domaine de l’Histoire, on obtient actuellement cinq fiches, dont la chanson Jaurès de et par Jacques BREL. Un lien renvoie aux paroles, un autre à l’interprétation.

Autre exemple : pour un Temps de moins de quinze minutes, avec comme Support des Articles, textes & discours, dans le Domaine de la Politique, et l’Amérique du Nord en Zone géographique, on obtient The ultimate exit interview de Barak Obama et le Discours aux Nations unies de Dominique de Villepin.

Troisième exemple : le choix des Romans comme Support, dans le Domaine de l’Histoire, pour un Temps de plus de deux heures, affiche notamment Les rois maudits, de Maurice DRUON. Là, aucun lien, mais vous connaissez Wikipédia.

Bonne navigation.

 

 

24/03/2020 

Confinement ! Confinement ! Le mot est tombé dans toutes les oreilles.

Mais qu’évoque-t-il à Fabrice Luchini ? S’étant souvenu d’une fable de LA FONTAINE, L’Ours et l’amateur de jardins, où il est question d’un ours confiné dans un bois et d’un vieillard las de la solitude, l’ineffable acteur entreprend de nous la réciter depuis hier sur son compte Instagram (la vidéo a déjà été vue près de cent mille fois ) – et quelques autres dans les semaines qui viennent.

Observons que l’élément déclencheur, dans cette histoire, n’est pas le confinement en tant que tel mais la sortie de confinement des deux protagonistes, certes affolés par un trop long isolement. Le rapprochement improbable d’individus qui n’eussent jamais dû se rencontrer, un ami bien intentionné mais maladroit poursuivant son protégé, un gars qui vous veut du bien mais qui fait mal : voilà un puissant ressort comique souvent mis en scène au cinéma.

Je me souviens :

  • de Jacques Brel ne lâchant pas la bride à Lino Ventura dans L’Emmerdeur (1973)
  • de Pierre Richard et Victor Lanoux dans La Carapate (1978)
  • de Pierre Richard et Gérard Depardieu dans Les Fugitifs (1986)
  • de Benoît Poelvoorde et Gérard Lanvin dans Le Boulet (2002)
  • de Gérard Depardieu et Jean Réno dans Tais-toi (2003)

Et je me souviens de nos rires inextinguibles.

 

 

16/03/2020 

« Elle pouvait arriver d’un moment à l’autre, la grippe, elle était même peut-être arrivée, çà et là, laissant un court délai de grâce aux touristes récemment revenus des Indes, ses innocents complices. »

Hervé BAZIN, Le neuvième jour, chapitre 7, Éditions Grasset & Fasquelle, 1994  

« Mercredi noir. Des dizaines de cas nous passions aux centaines et la perspective d’y ajouter un, puis deux, puis trois zéros supplémentaires n’était pas exclue. La bombe de Bombay éclate ! titrait Le Parisien. Les centres de surveillance en décomptaient partout des victimes. Comme disait déjà Thucydide quatre cents* ans avant notre ère, en voyant les gens s’effondrer (d’on ne sait quoi, d’ailleurs) dans les rues : Accourue de la lointaine Asie, la menace tournait autour de nous. »

(Ibidem, chapitre 8)

« Nul doute, en effet : le virus de Bombay était clairement identifiable comme une variété – sinon une résurrection – de celui de la grippe porcine, auteur du massacre de 1918, le plus vaste connu, jamais renouvelé. Au terme d’un cycle secret d’incertaines années où il s’était fait oublier, comme d’habitude, il revenait plus virulent, plus dangereux que jamais. J’allais même ajouter : si l’on excepte la grippe du siège d’Athènes où, en 428 avant J.‑C., serait mort dans l’armée un hoplite sur trois, ce qui semble excessif et plutôt légendaire… »

(Ibidem, chapitre 13)

Le roman fut écrit en 1994, deux ans avant le décès de l’auteur et dix ans avant l’identification du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

En cette période de confinement, sinon de quarantaine, et avant que ne nous gagne l’ennui, voici donc un peu de lecture. Si vous en voulez davantage sur ce thème, consultez cet article de Laurence Houot.

 

 

08/03/2020 

Dixmots

« Dis-moi dix mots au fil de l’eau » : tel est le thème de la campagne « Dis-moi dix mots » à l’occasion de la semaine de la Langue française en fête     (du 14 au 22 mars) et de la Journée internationale de la francophonie   (toujours le 20 mars, cette année un vendredi).

Comme j’en ai pris l’habitude depuis bientôt dix ans, je vous ai préparé une grille de mots croisés, qui inclut les dix mots de la campagne (en bleu clair) auxquels j’ai ajouté dix mots glanés dans le même champ sémantique (en bleu foncé).

  A   C R O U P I R   O
V   U   A
A Q U A R E L L E   P U I T S
U   N   S   I
G L O U G L O U   G S   S
  E   F L O T T E R  
C A S C A D E   O   L  
  U   U E
      S P I T A N T   M   R   C
P     I A   R
L D R A I N E R N I
O   U   G Q
U G L A C I E R U
F L U I D E   O N D E E
    V  
P O T A B L E

Vous le saviez sans doute : cette année, la Francophonie célèbre ses cinquante ans sur les cinq continents  . Et du 7 au 23 mars 2020 se fête le Printemps des poètes  .

 

 

17/02/2020 

— Je peux y aller, maintenant ? j’ai des urgences qui attendent !

— Of course   ! … Mais attention : pas of Corse !

Ces répliques figurent dans l’épisode du Capitaine Marleau   : Pace e Salute, situé sur l’Île* de Beauté  . Dans un couloir d’hôpital, l’enquêtrice interroge le médecin urgentiste parmi les suspects avant de le laisser partir à ses occupations sans toutefois, vous l’avez deviné, l’autoriser à quitter la région.

Une autre, du même tonneau ?

— C’est pas possible ! Vous êtes toujours à mes basques !

— On m’appelle le poulet basquaise   !

Ajout du 16/09/2020 : Dans Vous reprendrez bien un bonbon sur la langue ?   Muriel GILBERT   précise : « C’est à cause de cette adresse du quai des Orfèvres, où se tenait un marché aux volailles avec rôtisseries, à la fin du XIXe siècle, que les policiers se sont vus qualifier de “poulets” ! »

 

 

01/01/2020 

Quel est le mot de l’année 2019 en notre petite terre d’héroïsme ?

Et d’abord, qu’entend-on par « mot de l’année 2019 » ?

L’opération est organisée en Belgique francophone par Le Soir et la RTBf, sous le contrôle d’un jury présidé par le linguiste Michel Francard  . Il s’agit « d’élire le mot ou la locution qui a connu en 2019 une diffusion significative et qui n’est pas (encore) repris dans les dictionnaires usuels ».

Parmi les mille et une propositions de lecteurs et spectateurs, dix mots furent retenus par le jury, eux-mêmes soumis au vote des internautes le mois dernier.

Et le mot de l’année 2019 est… : « chill »    . La rédaction du Soir croit bon de préciser : « Le succès de chill tient à son emploi chez les jeunes et à des campagnes de l’Agence wallonne pour la sécurité routière, ainsi que dans des campagnes publicitaires de sociétés privées. » Vous ignorez le sens du mot ?      

Comme un mot gagnant ne peut concourir une seconde fois, là, en 2020, on est… tranquille !

Ajout du 10/10/2020 : Je lis en ce moment Le dernier message, de Nicolas BEUGLET, et je tombe sur cette réplique : « Chill, la vieille, chill… C’est pas compliqué. » (Chapitre 35).

 

 

23/11/2019

Vous en avez sans doute fait le constat : même en lisant un texte plusieurs fois, nous ne le percevons pas de la manière dont nous le percevons en l’écrivant. Le temps de la copie et l’activité même déclenchent dans le cerveau une attention, une réceptivité, une analyse, une intelligence, que la simple lecture ou que la simple audition ne suffit pas à déclencher.

L’écriture sous la dictée à fortiori n’est pas seulement une activité orthographique mais une méthode efficace d’investigation minutieuse du texte.

Samedi 30 novembre est organisée la 31e dictée de Nivelles   au profit de la lutte contre le cancer menée par les « Amis de l’Institut Bordet »  . Le texte, écrit par Bruno Dewaele avec le talent que nous lui connaissons, figurera le soir même sur le site de l’imaginatif et malicieux auteur, À la fortune du mot.

 

 

08/11/2019 

Chez les Bretons, que fait une personne qui klouke ?   
  Elle a des flatulences.
  Elle a des hallucinations.
  Elle ramasse des coquillages.
  Elle se moque.
  Elle mange goulûment*.
  Elle observe le silence.

Cette question, assortie ici de quelques distracteurs, fut posée hier aux Douze coups de midi   par Jean‑Luc Reichmann tandis que Zette, la voix hors‑champ de l’émission, précisait que le mot, avec quelque cent cinquante* autres, est entré dans la nouvelle édition du Petit Larousse illustré    .

Certes, dès le mois de mai de cette année, les journaux     donnaient l’information, mais elle m’avait échappé en tant que telle. Il a fallu un jeu télévisé pour me faire passer la session de rattrapage.

 

 

18/10/2019 

Le monstre du Loch Ness, on a dû m’en parler maintes fois avant que l’information ne se niche dans un coin de ma mémoire et que je prenne enfin conscience de son existence dans les conversations. Jusqu’à entendre cette réplique : « J’ai inventé l’histoire du Loch Ness » dans le feuilleton télévisé, assez réussi, diffusé récemment sur La Trois, une fiction anglaise en six épisodes sobrement intitulée Loch Ness.

D’où ce rapprochement qui m’est venu à l’esprit : le Brexit, c’est un peu pareil. J’ai dû longtemps en entendre parler avant d’enregistrer le concept et d’en garder un souvenir familier. Et maintenant, au-delà des brumes d’une nouvelle fumée blanche  , je me rends à cette évidence : rien ne permet d’affirmer que le Brexit existe, peut-être se rendra-t-on compte plus tard qu’il n’a jamais existé. On en parle trop pour que cela soit autre chose qu’un sujet de conversation.

Ou je me trompe…  

 

 

22/09/2019 

Cette journée du 22 septembre est celle de la mobilité, mettant à l’arrêt dix heures durant, en Région bruxelloise, tout véhicule privé motorisé.

Dès lors que la sustentation isoroburique est encore une vue de l’esprit – plus précisément du mien – comme la téléportation d’ailleurs, la mobilité, en ce qui me concerne, ne s’articulera pas en termes de déplacement, fût-il doux, mais se déclinera en exercices d’assouplissement au plancher : flexion, extension, étirement, rotation, saut, moulinet, valse, une saine gymnastique pratiquée en un seul point donné. Contrairement à la circulation automobile en ville, interdite ou permise, je ne voudrais pas me voir paralysé ou en passe de l’être.

Je me risquerai même à faire quelques pas, dans le périmètre de mon logement. Pour le reste, ces journées de ceci ou de cela ne me font plus marcher – sauf celle de la francophonie… Quant à vous, marchez si vous voulez, trottez, courez, patinez, faites du vélo ou du kayak, de la trottinette ou de la planche à roulettes, circulez sur gyropode ou sur monoroue, partez en pousse‑pousse, en tricycle, en calèche ou à dos d’âne, chevauchez ou promenez le chien mais ne prêtez pas attention aux avions qui passent.

 

 

14/08/2019 

« Les deux sœurs sont tout étonnées, mais l’une est tout heureuse et l’autre toute honteuse. »

Muriel GILBERT, Au bonheur des fautes, 10. LE ROUGE, COULEUR DU CORRECTEUR,

La Librairie Vuibert, 2017    

Le livre m’est récemment tombé sous les yeux, et sa lecture fut une délectation.

Correctrice de métier, l’auteure qui se fait narratrice emporte le lecteur dans un récit pétillant, au rythme duquel d’opportunes anecdotes lui éclairent l’esprit sur une multitude de pièges orthographiques, et typographiques, dont il sera ainsi prémuni.

L’acquisition de l’orthographe par l’exemple sans cesse remis sous les yeux est une méthode indolore et néanmoins pertinente – par conséquent, la lecture d’ouvrages bien édités. À l’écriture, le repérage de l’écueil et le contrôle dans les ouvrages de référence est le chemin pour atteindre l’excellence.

Quant à l’orthographe de « tout », n’en faisons pas toute une histoire !  

 

 

26/07/2019 

Après avoir fait le tour de toutes les impossibilités, les « informateurs » en vue de la formation du gouvernement fédéral belge, suite au scrutin du 26 mai 2019, envisageraient une coalition bourguignonne   dont Nationalistes flamands et Socialistes wallons disaient ne pas vouloir.

Outre cette coalition bourguignonne, car on en a vu de toutes les couleurs, on se souvient de la suédoise, de l’olivier, des coalitions orange bleue, jamaïcaine, rouge romaine, turquoise, violette, arc‑en‑ciel, voire lilas et orange sanguine… sans compter la portugaise dont l’extrême gauche n’a récemment pas voulu en Wallonie ou le coquelicot qui a fait long feu.

Si les Belges ne voient aucune fumée blanche à l’horizon et pour peu qu’ils soient convoqués à un nouveau suffrage, ils plébisciteront peut-être la couleur moutarde, celle qui leur serait montée au nez !

Quant aux États bourguignons  , c’est une autre histoire ou, plutôt, la même mais en d’autres temps. Quel sera le sens de notre histoire : alliance ou distance ?

Ajout du 21/12/2019 : Devant les refus de gouverner ensemble au fédéral réitérés par les partis majoritaires dans les deux grandes communautés, on évoque, rapporte Philippe Walkowiak, une coalition quatre saisons ou coalition Vivaldi, composée de quatre couleurs (bleu, orange, rouge, vert – un arc‑en‑ciel élargi aux démocrates chrétiens flamands), minoritaire en Flandre cependant. Le mot existe avant la chose…

Ajout du 27/01/2020 : Deux cent quarante-six* jours après les élections fédérales belges, ni la coalition bourguignonne ni la coalition Vivaldi ne pouvant s’installer, voilà qu’on entend proposer une coalition 77, minoritaire en Flandre, voire une coalition miroir, ignorant la Région de Bruxelles : retour à la case départ des impossibilités…

Ajout du 30/06/2020 : Un an et un mois après les élections, la Belgique est encore à la recherche d’un gouvernement fédéral de plein exercice et d’une coalition pour le soutenir. Cinq partis (CD&V, MR, Open VLD + N‑VA, cdH) acceptant de s’allier mais sans majorité proposent à un sixième partenaire (le Spa) une coalition Arizona  . En février dernier déjà, la tentative échouait, mais l’expression revient à la mode…

Ajout du 30/09/2020 : Cinq cents* jours après les élections fédérales belges du 26 mai 2019, une coalition de sept partis présente au roi et à la nation un programme gouvernental ; cette coalition Vivaldi ou quatre saisons avait été tentée sans succès en décembre 2019.

 

 

21/07/2019 

« Le chargement était terminé : les chauffeurs venaient de tourner la manivelle et les voitures trépidaient, impatientes. Soudain, au signal du subrécargue, elles démarrèrent et dans un nuage d’âcre fumée s’envolèrent vers les gares.

» Et nos amis, silencieux, le cœur gonflé d’une émotion qu’ils ne savaient définir, regardaient ces chars féériques, plus riches que les carrosses des Contes, qui s’en allaient en mugissant semer la joie parmi les petits enfants aux quatre coins du bon pays. »

Léopold COUROUBLE  , Madame Kaekebroeck à Paris, chapitre VI,

édition de 1910 publiée à Bruxelles chez Paul Lacomblez,

numérisée par la Toute petite bibliothèque numérique de Belgique  

Connaissez-vous le mot « subrécargue » ? Et sa signification ?

Vous le trouvez dans la huitième   édition du Dictionnaire de l’Académie, le mot « savoir » étant actuellement le dernier publié dans la neuvième. Le Trésor de la langue française informatisé, sous Étymologie, cite Augustin JAL : « emprunté à l’italien sopraccarico »  . Le Littré privilégie l’étymologie espagnole sobrecargo  .

L’extrait montre les familles Kaekebroeck et Mosselman au sortir du « Grand Bazar » de Bruxelles Photo : Royal Institute for Cultural Heritage, Brussels , les bras chargés de jouets tandis que les véhicules de l’enseigne vont acheminer la précieuse cargaison de Saint-Nicolas vers la province.

Oups ! Avec les festivités du 21 juillet, voilà que la belgitude     s’installe ! Dansera-t-on le cramignon  , cramignonnera-t-on   comme à cent ans d’ici « les enfants cramignonnaient en chantant » (ibid. chap. VII) ?

 

 

27/06/2019 

© D. R.
« B. D. W.   — Vous êtes enfin là, Monseigneur Di Rupo.
  Nous avons trop longtemps tourné autour du pot
    E. D. R.   — Désolé, cher ami, de n’être là plus tôt,
  Mais je suis chaque jour et par Mons et par vaux »

En parcourant ce matin La Libre, ne tombé-je* pas sur cette « saynète politique de Hippolyte Wouters  , avocat et auteur de théâtre », écrite en « alexandrins de fiction (qui) témoignent sans doute à leur façon de l’arrière-cour électorale » ?

Tiens ! je ne suis plus seul parmi mes contemporains à m’exprimer en vers !

 

 

14/06/2019 

Ça y est : mon ordinateur a installé la version 1909 de Windows 10 !  

Une journée entière s’y est engloutie. Le processus a débuté ce matin vers quatre heures pour s’achever peu avant seize heures.

Certes ma machine dispose d’une mémoire d’étourneau (pas plus de quatre je ne sais quoi) mais là, elle a mouliné ferme !

Heureusement, j’ai retrouvé mon environnement tel que je l’avais laissé et j’ai pu reprendre mes activités de prédilection : m’adresser à vous, chers internautes.

 

 

06/05/2019 

La fin de cette semaine nous dévoilera le nom des douze lauréats de la demi‑finale du Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique (CMIREB) consacré cette année au violon. Accompagnés par l’Orchestre royal de Chambre de Wallonie, dirigé par Jean‑Jacques Kantorow, tous les candidats jouent en matinée un concerto de MOZART, le quatrième ou le cinquième, généralement. Parfois en soirée aussi, avec le premier concerto pour violon et orchestre en si bémol majeur (KV 207), dans l’interprétation de Sylvia Huang   ou dans celle d’Anna Göckel  .

Ces épreuves ont lieu en public au Studio 4 de l’Espace Flagey et sont retransmises en direct sur la troisième chaîne* télé et radio de la RTBf RTBf - Auvio . Les enregistrements sont archivés sur le site du CMIREB.

En 2012, le quatrième concerto pour violon et orchestre était interprété par Nikki Chooi   ; en 2015, le cinquième, par Tobias Feldmann  .

Le compositeur constatait : « Je mets ensemble les notes qui s’aiment »  .

Et Sacha GUITRY remarquait :  Ô privilège du génie ! Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui »  .

Ajout du 12/05/19 : La candidate Sylvia Huang accède à la finale.

 

 

22/04/2019

Lundi 15 avril 2019, un incendie anéantit la charpente, la toiture et la flèche de la cathédrale de Paris. Dévorée par ce feu qui la mit à nu, Notre‑Dame réveille huit siècles d’histoire et rassemble les contemporains à son chevet.

Voyez comment Victor HUGO en décrivait la façade   et le tableau qu’il fit de l’édifice en flammes  .

Quand une vue de l’esprit se matérialise en pierre   et que la pierre s’élève en prière, les hommes et les femmes laissent une trace dérisoire et sublime de leur passage sur la terre et comme un appel à l’éternité.

Ajout du 16/05/19 : La palingénésie de Notre-Dame de Paris imaginée par l’architecte Vincent Callebaut est comme une mise en perspective du temps qui court et des temps qui viennent en un point donné à la croisée des chemins et des époques.

 

 

01/04/2019 

C’en est fini des paroles ! Voici des actes !

La Fédération Wallonie-Bruxelles se projette en première ligne pour la sauvegarde de la planète avec un décret décisif.

En substance, l’éventail des dispositions entrées en vigueur dès aujourd’hui est large mais retenons-en l’essentiel : dans les écoles, il ne sera plus question de viande. Pour le poisson, on restera plus tolérant, nous confie aujourd’hui Monique Baus dans La Libre.

 

 

10/03/2019 

Basile Morin   Gilles Esposito-Farèse

De quoi s’agit-il ? En quoi ces animations consistent-elles ? Comment ce phénomène s’appelle-t-il ?

Vous séchez ? Ce sont des ambigrammes. Un ambigramme est la représentation graphique d’un mot qui, tournée autour de son centre, ou autour de son axe vertical ou horizontal, affiche ce même mot ou un autre mot.

Les arts de la communication usent volontiers de ces phénomènes de symétrie. Tous les signes alphanumériques ne produisent pas cet effet sans artifice graphique : le permettent les chiffres 0 et 8, le chiffre I sans empattement, la voyelle O, les majuscules I, H et X ; acceptent la seule symétrie verticale les majuscules A, M, T, U, V, W, Y et les majuscules B, C, D, E, la symétrie horizontale seule ; les minuscules b, p, d, q permutent entre elles, comme n et u, ainsi que les chiffres 2 et 5 tracés selon le système des sept segments. Avec quelques ajustements graphiques, les voyelles a et e et les consonnes s et z allongent la liste. De même, certains chiffres se font lettres  .

Notons que l’image en miroir s’appelle image spéculaire.

Des créations plus subtiles retournent, par illusion d’optique, le noir en blanc Pertuzé , le vide en plein Pertuzé , le froid en chaud Pertuzé , le faux en vrai BM , le laid en beau BM , la sortie en entrée BM , le fermé en ouvert Gef , l’énigme en surprise Gef , etc.

Bref, les mots sont là dessinés sous diverses formes, et c’est précisément le thème de « Dis-moi dix mots » cette année : Dis-moi dix mots sous toutes les formes      . À côté des dix mots de la campagne, ambigramme et neuf autres mots ajoutés par mes soins figurent dans ma grille de mots croisés sur ce thème de l’expression graphique.

 

 

21/02/2019 

Les manifestations des jeunes pour sauver la terre et contre les activités soupçonnées de causer un réchauffement climatique n’ont pas manqué de produire quelques perles, judicieusement relevées par les journalistes et les photographes.

Voici le florilège que j’ai récupéré :

  • Je sèche les cours parce que la mer monte  
  • Préparez vos guiboles, y a bientôt plus de pétrole
  • Quand c’est fondu, c’est foutu
  • Pour que le ski alpin ne devienne pas du ski nautique
  • La terre est bonne sans carbone  
  • Les calottes sont cuites
  • La planète peut se passer de nous
    mais nous ne pouvons pas nous passer d’elle
  • Si tu penses que l’environnement est moins important que l’économie,
    essaye de retenir ta respiration pendant que tu comptes ton argent
  • La planète, vous la voulez bleue ou saignante ?
  • Arrêtez de niquer vos mers
  • Le climat change… Et nous ?
  • Plus de banquise, moins de banquiers  
  • Ainsi fond, fond, fond, notre petite planète
  • Détruis tes mauvaises habitudes, pas la planète !  
  • Halte au climassacre !
  • Viva la vélorución !  
  • Le niveau des océans de la mobilisation monte  
  • Nous ne nous battons pas pour la nature,
    nous sommes la nature qui se défend
  • Le climat n’est pas à prendre au second degré  
  • Voyez-vous, Monsieur, moi j’ai mal au monde
    On pourrait mieux faire à chaque seconde
    Vous fermez les yeux, je l’entends qui gronde   

Quelques citations enrichissent la liste :

  • L’Homme mène une guerre contre la nature,
    s’il gagne, il est perdu (Hubert Reeves)  
  • On ne fera pas un monde différent
    avec des gens indifférents (Arundhati Roy)  
  • Rien n’arrête le progrès. Il s’arrête tout seul (Alexandre Vialatte)  
  • Si vous pensez que vous êtes trop petit pour changer quelque chose,
    essayez donc de dormir avec un moustique ! (Le Dalaï Lama)  
  • Sois le changement que tu veux voir en ce monde (Le Mahatma Gandhi)  
  • Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres,
    nous l’empruntons à nos enfants (Proverbe ancestral)

Slogan ne vaut pas argent comptant, certes, mais pesons la valeur expressive d’une formule bien tournée.

Il y a dix ans déjà, un excellent article de Paul Krugman paraissait à ce sujet…

 

 

08/02/2019 

Les visiteurs attentifs de « Cours toujours » ne l’ignorent pas : le Dictionnaire de l’Académie française peut se consulter en ligne sur le portail du Centre national de Ressources textuelles et lexicales  . Le site Analyse et Traitement informatique de la Langue française offre également l’accès à ce corpus  .

Désormais, les dernières éditions du Dictionnaire de l’Académie française   sont directement accessibles. L’interface sobre cache une grande interactivité dès que s’effectue la recherche d’un mot. Une fenêtre propose d’abord une liste prédictive par voisinage alphabétique, avec une aide orthographique étendue par suggestion des mots proches Dictionnaire de l’Académie . Un clic pour choisir et l’article apparaît tandis qu’une manchette à droite rassemble de multiples outils conditionnels : conjugaison, orthographe, « dire, ne pas dire », « France Terme », historique de la session.

La taille des caractères peut être modifiée, la page peut s’imprimer, un bouton permet de partager l’article.

Et surtout : un double clic sur un mot dans l’article renvoie à son entrée : il est dès lors possible de voyager des heures durant dans ce fantastique véhicule de la pensée qu’est le dictionnaire.

 

 

17/01/2019

Sans remonter à l’esclavage ni au servage, le clivage politique, économique et social entre « gros » et « petits », « riches » et « pauvres », « puissants » et « humbles », ne date pas d’hier et le phénomène n’est pas en voie de disparition.

Au théâtre, en 1900, dans L’ Aiglon, d’Edmond ROSTAND, la tirade de Flambeau, ancien grognard de la Garde déguisé en laquais, commence ainsi :

« (…) Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grades,

» Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades »  

En famille, dans les années cinquante, ma grand-mère paternelle (mon autre grand-mère mourut quand maman avait onze ans), brocardait à ses heures les « grosses légumes » et les « gens de la haute » pour souvent conclure en wallo‑picard sur un ton tantôt courroucé, tantôt désenchanté :

« C’èst toudis lès p’tits qu’on spotche ! »  Ce sont toujours les petits qu’on écrase !

Au cinéma, en 1973, ces répliques fusent dans le film Je sais rien, mais je dirai tout, réalisé par Pierre Richard :

« Mon fils, souviens-toi que c’est grâce à tous ces cons, qu’on est des puissants !

— Messieurs, souvenez-vous que c’est grâce à tous ces puissants… qu’on est des cons ! »  

En politique, en 2002, Jean-Pierre Raffarin distingue la « France d’en haut » et la « France d’en bas »  .

Hier, dans l’émission de Pujadas, L’info en questions sur LCI, Ivan Rioufol, du Figaro, observe :

« Si l’on doit comptabiliser ceux qui déconnent, il y en a peut-être aussi beaucoup dans les étages. »    

Certes, les Français ont désavoué la gauche politique et syndicale qui exerça trop longtemps le pouvoir sans réduire les inégalités (Les impôts réclamés aux petites gens se sont accrus alors que les services qui leur sont offerts se sont réduits), tout en refusant la traditionnelle alternance, mais ils attendent maintenant des résultats du « monde nouveau » qu’ils ont installé.

Or, la théorie du ruissellement* tarde à se trouver confirmée par la pratique tandis que l’humilité ascensionnelle ne gagne pas toutes les élites, certaines y demeurant imperméables. Quand la finance déforce l’économie, que la législation étouffe la justice, que la technologie biaise la pratique scientifique, que la communication écrase l’information, les « gilets jaunes » ont le mérite de remettre l’homme au centre du discours. Et le débat est précisément ouvert.

Alors, s’il semble possible de débattre sans se battre, les propositions retenues, saura-t-on les mettre en place sans se mettre en pièces ?

 

 

01/01/2019

L’année 2018 vivait ses dernières semaines tandis que sur les lois, ce n’est plus l’esprit qui souffle en France mais la tempête. Sous les bourrasques assidues des gilets jaunes gonflés d’une fureur décoiffante, les dispositions législatives perdent feuilles, fleurs et fruits, le petit bois même, que des indélicats tentaient par ailleurs de soustraire à leur bénéfice ou se voyaient recevoir en récompense de services peu publics.

Dépouillé des splendeurs des gras étés, le chêne sous lequel s’organise la cité est mis à nu, découpant son imposante silhouette dans un ciel incertain. Les branches sont solides, l’écorce épaisse et les racines profondes.

Comment refleurira-t-il ?