Poèmes retrouvés

La fileuse

Ci-dessous, un poème dont le dernier mot de certains vers a été ôté. Replacez ces mots eu égard à la rime, au nombre de syllabes et à d’autres indices que vous ne manquerez pas d’observer.

   brûle      câline      caresse      croisée      dissimule      éteinte      filée      grisée      isolée      laine      l'oisive      paresse      repose      rose      sainte      s'incline      vive   
Assise, la fileuse au bleu de la
Où le jardin mélodieux se dodeline ;
Le rouet ancien qui ronfle l’a .

Lasse, ayant bu l’azur, de filer la
Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
Elle songe, et sa tête petite .

Un arbuste et l’air pur font une source
Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de .

Une tige, où le vent vagabond se ,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée
Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa .

Mais la dormeuse file une laine  ;
Mystérieusement l’ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, .
Le songe se dévide avec une
Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,
La chevelure ondule au gré de la

Derrière tant de fleurs, l’azur se ,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre .

Ta soeur, la grande rose où sourit une ,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente et tu crois languir… Tu es

Au bleu de la croisée où tu filais la .


Paul VALÉRY (1871-1945), Album de vers anciens