Voilà un point très délicat, car si tout le monde sait qu'un manque d'eau peut tuer une plante, peu d'amateurs débutants savent qu'un excès d'eau est souvent pire. Dans les deux cas, la plante peut mourir... de déshydratation! L'excès d'eau conduit en effet à la pourriture des racines. Privée de celles-ci, la plante ne peut plus puiser dans le substrat l'eau et les éléments nutritifs dont elle a besoin. L'expérience nous montre qu'il est plus facile de sauver une plante qui a eu soif que d'en sauver une qui s'est noyée. Une règle de bonne pratique, pour éviter les mésaventures, consiste à laisser le substrat sécher entre deux arrosages (certaines espèces dérogent à cette règle). Comme le substrat sèche plus vite en surface qu'en profondeur, il peut être difficile d'évaluer son degré d'humidité à l'oeil. La plupart des auteurs conseillent alors de peser le pot : la différence de poids est nettement perceptible entre le substrat mouillé et le substrat sec. Cependant, procéder par simple soupesage demande une certaine expérience ; quant à l'emploi d'une balance, il devient fastidieux lorsque le nombre de plantes grandit. Notre conseil est d'utiliser des pots en plastique transparent. La présence de condensation à l'intérieur est un bon indicateur d'une humidité suffisante.
En pratique, nous constatons que nos plantes cultivées en appartement doivent être arrosées en moyenne une fois par semaine (plus souvent lorsqu'il y a du soleil et/ou qu'il fait fort chaud). Cette fréquence dépendra cependant d'une habitation à l'autre, de l'emplacement des plantes (à proximité d'une fenêtre, d'un radiateur, etc.), de la nature du substrat, etc. Il est donc primordial d'adapter la fréquence des arrosages aux conditions de culture de chaque plante et à ses besoins en eau, lesquels sont propres à chaque espèce et peuvent varier en fonction des saisons. Par conséquent, la première chose que devra faire un orchidophile débutant sera d'oublier tous les "bons" conseils à vocation universelle reçus de telle ou telle personne, et d'apprendre à détecter les besoins de sa plante en l'observant quotidiennement. Combien de fois n'avons-nous pas entendu quelqu'un nous dire "je viens de recevoir un Phalaenopsis et on m'a dit de lui donner un demi verre d'eau par semaine", et de prendre cela pour une parole d'évangile pour peu qu'elle vienne de "quelqu'un qui s'y connait" (le fleuriste par exemple)...
La plupart des plantes ont des exigences assez régulières (modulées néanmoins, comme nous venons de le souligner, par les changements climatiques auxquels elles sont soumises). Certaines plantes à pseudobulbes nécessitent cependant une période de repos plus ou moins marquée avant la floraison, correspondant à la saison sèche qu'elles traversent dans leur biotope naturel (c'est le cas de nombreux Dendrobium par exemple). Pendant cette période, selon l'espèce, les arrosages seront tout à fait interrompus ou simplement réduits. On constate aussi qu'une légère réduction des arrosages à l'approche de l'époque de floraison contribue au déclenchement de cette dernière chez de nombreuses espèces, comme une réaction de survie amenant la plante à se reproduire lorsqu'elle est soumise à un stress.
L'arrosage se fera de préférence en début de journée, et si possible lors de journées ensoleillées, afin que l'eau fournie soit directement consommée, sans stagner dans le pot, et contribue à la photosynthèse.
Afin de faciliter l'arrosage des plantes, nous utilisons un pulvérisateur pré-pressurisé (parfois appelé "sulfateur") de 5 litres (il s'agit d'un pulvérisateur que l'on met sous pression au moyen d'un piston, de façon à ne pas devoir pomper au moment de l'arrosage proprement dit). On en trouve de diverses capacités dans tous les magasins de jardinage pour 10 à 50 €.



(Photos extraites du site web des magasins Brico.)
Les avantages sont nombreux :
La plupart des orchidées exigent une eau non calcaire (dureté de préférence inférieure à 6°) et légèrement acide (pH compris entre 6.5 et 6.8). L'idéal est l'eau de pluie mais, lorsqu'on n'a pas la possibilité de la recueillir, il faudra recourir à une solution de substitution :
Il est important de noter que pH et dureté ne sont pas synonymes. Ainsi, on pourra réduire le pH d'une eau trop alcaline en y ajoutant quelques gouttes de jus de citron ou de vinaigre ; cela ne modifie cependant pas sa teneur en sels minéraux, or ces derniers peuvent nuire fortement à la santé de la plante en formant un dépôt sur le substrat et les racines.
Tout le matériel nécessaire pour mesurer la qualité de l'eau (indicateurs d'acidité ou d'alcalinité pH, de dureté GH), ainsi que les osmoseurs, sont en vente dans les magasins d'aquariums.
On peut classer les engrais en deux catégories, selon la manière de les administrer : ceux que l'on apporte à la plante lors de son arrosage et qui sont donc absorbés par les racines, et ceux dont on vaporise une solution sur les feuilles (appelés engrais foliaires). Certains spécialistes préconisent l'emploi de ces derniers car ils préviennent, dans une certaine mesure, la pourriture des racines qui peuvent être "brûlées" par les sels minéraux contenus dans les engrais ordinaires. C'est vrai en particulier pour les Paphiopedilum, fort sensibles à ce problème.
En ce qui nous concerne, nous préférons cependant les engrais d'arrosage. Ce choix est dicté, d'une part, par la plus grande efficacité de ces engrais (nous semble-t-il) et, d'autre part, par leur facilité d'usage en habitation (avec les engrais foliaires, la vaporisation des feuilles ne pourrait se faire sans mouiller le mobilier, et il faudrait prévoir plusieurs ventilateurs pour faire sécher le feuillage).
En pratique, ce qui importe c'est que l'engrais ait une composition équilibrée et adaptée aux besoins saisonniers de la plante (voir ci-dessous) et qu'il laisse peu de dépôts de sels minéraux dans le substrat et sur les racines après l'arrosage. On peut utiliser de simples engrais pour plantes vertes ou pour plantes fleuries (mais à moitié des doses indiquées pour les plantes ordinaires), ou des engrais spéciaux pour orchidées. Nous utilisons habituellement les engrais Peters, en vente chez de nombreux producteurs d'orchidées. Notons enfin que, même lorsqu'ils laissent peu de dépôts, les engrais sont acides et accélèrent la décomposition des substrats organiques tels que l'écorce de pin. Il convient donc de rempoter les plantes régulièrement.
Les engrais sont vendus soit sous forme de poudre (engrais Peters, engrais foliaires Lecoufle, etc.) soit sous forme de solution mère (engrais Peters chez certains producteurs qui les préparent eux-mêmes à partir des poudres, marques habituellement vendues en grande surfaces, etc.). On choisira l'une ou l'autre formule selon ses préférences et le nombre de plantes à nourrir (les poudres conviennent plutôt à la préparation de grandes quantités de solution d'arrosage, ou à la préparation de solutions mères très concentrées). Les poudres se conservent au sec, à l'abris de la lumière et à température ambiante. Les solutions mères seront plutôt conservées au frais (frigo pour les engrais Peters). Une fois dilué pour l'arrosage, un engrais ne se conserve que 3 ou 4 jours maximum.
Un engrais est caractérisé par sa formulation N-P-K, c'est-à-dire par les proportions respectives d'azote (N), de phosphore (P) et de potassium (K) qu'il contient. L'azote (présent dans l'engrais sous forme de nitrates) favorise la croissance végétative de la plante, tandis que le phosphore favorise l'induction florale, la ramification des tiges florales, et leur rigidité. Enfin, le potassium est un composant important de la chlorophylle et il favorise donc la photosynthèse. Selon la composition de l'engrais, on aura donc affaire à un engrais neutre, de croissance, ou de floraison. Nous utilisons les engrais suivants (engrais Peters) :
Selon la marque, on trouvera évidemment des compositions différentes. Les marques habituelles de produits de jardinage (Substral, etc.) ne proposent généralement qu'une seule composition.
En règle générale, l'engrais doit être fourni à la plante lorsque les conditions sont idéales pour favoriser la photosynthèse, c'est-à-dire lorsque la lumière est abondante. Du printemps à l'automne, on donnera de l'engrais tous les 15 jours, de préférence le matin et en privilégiant les jours ensoleillés. En hiver, la fréquence doit être réduite à une fois par mois. Dans tous les cas, il faut au moins un arrosage à l'eau pure entre deux applications d'engrais, pour "rincer" le substrat et les racines et éviter toute accumulation de sels minéraux. Notons aussi que, pour le bon équilibre nutritif des plantes, les engrais de floraison et de croissance s'utilisent toujours en alternance avec l'engrais neutre. Un déséquilibre dans un sens (croissance ou floraison) sera toujours préjudiciable pour la santé de la plante (par facilité lorsqu'on ne possède que quelques orchidées, on pourra se contenter d'un engrais équilibré unique).
Il convient ensuite de respecter le cycle de vie de la plante :
Les plantes cultivées en "épiphytes" (sur plaques ou en paniers, racines nues) doivent bénéficier de vaporisations quotidiennes de leurs racines. Dans ce cas, on utilisera toujours de l'eau enrichie en engrais, mais à demi-dose, et en respectant une alternance hebdomadaire entre l'engrais neutre et l'engrais de croissance ou de floraison. Enfin, les Vanda ayant tendance à croître sans fleurir sous nos lattitudes, on pourra (d'après Patrick Clinckart d'Orchids Dekor) se contenter de leur fournir uniquement de l'engrais de floraison 10-52-10. Nous sommes en train de tester cela, et les résultats seront publiés sur ce site.