VISITE GUIDEE.

 

 

Installé dans les classes de l’ancienne école de Cortil-Noirmont, adjacentes à la Maison Communale (Mairie) de l’époque, là où en mai 40, le 7 RTM établit son quartier général en vue de l’imminence des combats, priant les institutrices de fermer l’école et d’évacuer le plus rapidement possible, le « MUSEE FRANÇAIS » a pour objet de perpétuer le souvenir des opérations menées en 1940 par l’ARMEE FRANCAISE en Belgique.

 

La collection présente un large éventail d’objets militaires tels que : des uniformes, de l’armement, des munitions, des équipements divers du soldat, des affiches, des documents d’époque, des vestiges trouvés sur le champs de bataille, des drapeaux, etc….

 

En outre quatre panneaux de cartes permettent au responsable d’expliquer aux visiteurs le déroulement des opérations intitulé « MANŒUVRE DYLE » durant ces quelques journées tragiques du mois de mai 1940.

 

       

 

1ère CARTE : mise en place des armées alliées selon le dispositif suivant :

 

a) La 7ème armée française se poste dans le sud de Pays-Bas, tandis que l’armée hollandaise se concentrait dans le Nord.

b) De la frontière avec les Pays-Bas, jusque Louvain (50 km), compte tenu de l’importance de notre armée belge, cet objectif est acceptable et réaliste.

c) L’armée britannique avec env. 10 divisions s’installe de Louvain jusque Wavre inclus (20 km).

d) La 1ère armée française, avec 9 divisions prend place entre Wavre et Namur.

e) L’armée belge avec son 7ème corps assure la défense des fors modernises de Namur.

f) La 9ème et la 2ème armée française avec un total de 18 divisions s’installent de Namur à Longuyon, derrière la Meuse.

g) 2ème et 3ème groupe d’armée, jusque la frontière suisse derrière la Ligne Maginot.

 

Notre musée est consacré à cette 1ère ARMEE FRANCAISE (entre Wavre et Namur) ; nous suivrons plus spécialement le destin de celle-ci.

La 1èrre armée française (env. 200.000 hommes) pour défendre son secteur entre Wavre et Namur, met en ligne trois corps d’armée (3, 4 & 5ème ), totalisant 6 divisions dont trois sont motorisées et formées de métropolitains, les trois autres composées principalement de volontaires nord-africains ; ces trois dernières divisions feront mouvement du Nord de la France à pied, ce sont d’excellentes unités bien entraînées.

Pour couvrir sa propre mise en place l’armée française engage en plus deux divisions blindées légères, les 2° & 3° div. légères mécaniques, sous le commandement du Général PRIOUX (totalisant env. 400 tanks) qui vont se porter au devant des masses blindées allemandes que l’on s’attend à voir déferler au nord de la Meuse car le terrain y est favorable à l’évolution des grandes masses blindées.

Le plan allemand lui justement (plan Manstein) estimant à juste titre que les alliés vont faire cette appréciation, vont conforter les alliés dans cette idée afin d’attirer le maximum de forces alliées dans le nord de la Belgique, pendant que l’effort principal sera délivré dans les Ardennes (considéré comme secondaire par les alliés) avec 45 divisions dont 7 de Panzer afin d’encercler et de détruire les forces alliées engagées en Belgique, appuyé par une aviation maîtresse du ciel.

 

 

 

2ème CARTE : 12, 13 & 14  mai 1940.

 

Elle représente la première grande bataille de chars de l’histoire. Elle va opposer plus de 700 chars allemands (XVIè Panzerkorps) à 400 chars français (corps de cavalerie Prioux).

Les chars français sont mieux armés et mieux blindés que les allemands, mais les allemands ont la radio et leurs obus possèdent des pastilles traçantes qui permettent un meilleur ajustage du tir,  de plus les troupes sont parfaitement entraînées (guerre de Pologne). 

Ce qui va être déterminant ce sont les méthodes allemandes ; ils engagent leurs chars en masse employés en tandem avec les bombardiers Stukas et Dornier, tandis que les français les dispersent et les engagent en petites fractions. Malgré des prodiges d’héroïsme, les deux divisions françaises, tout en infligeant des pertes sérieuses aux allemands (plus de 100 chars détruits des deux côtés) sont obligés de mener le combat retardateur et de se replier vers la position DYLE afin d’y être recueillies par les autres divisions de l’Armée Française auxquelles les combats du Corps de Cavalerie Prioux ont donné le temps nécessaire à la préparation de leur position défensive.

 

3ème CARTE : carte de Gembloux et des combats du 14 mai.

 

Ici est étudié plus spécialement le champ de bataille de Gembloux car il se trouve sur l ‘axe géostratégique : Cologne, Maestricht, Tongres, Perwez, Gembloux, Bavay, Paris, axe séculaire d’invasion, ligne de partage des eaux de la Meuse et de l’Escaut, terrain de prédilection pour le déploiement de grandes armées de campagne, c’est l’axe principal du groupe d’Armée B (Nord de la Meuse) avec sa grande unité la plus puissante le XVI Panzerkorps.

Les unités du Corps de Cavalerie Prioux se replient vers la position défensive Dyle sur laquelle six divisions d’infanterie sont en cours d’installation. Dans les environs de Gembloux, le long de la voie ferrée Namur-Ottignies, deux divisions du 4ème Corps s’installent. Les unités de la 1ère Div. Marocaine venant à pied depuis Bavay, ne sont pas encore complètement arrivées.

La 1ère Armée Française a regroupé le maximum de moyens de transport pour activer la mise en place, mais le 7 RTM a dû couvrir 130 km en 3 jours dont les 70 derniers en 24 hrs. Son poste de commandement s’installera dans cette école.

Les Allemands (4è & 3è Panzerdivisionen) sont en exploitation et foncent vers la voie ferrée en vue de s’emparer au plus tôt du maximum de points de passage. Les chars sont en tête, souvent sans infanterie et mal appuyés par leur artillerie en mouvement. Ils vont enregister des succès locaux, le pont de la Croix à Ernage est pris intact et un bataillon de chars s’y engage rapidement. Surpris dans un premier temps, les Français réagissent avec vigueur et leur artillerie bien préparée et en place depuis le 12 réagit énergiquement provoquant des pertes parmi l’ennemi.

Sans infanterie pour tenir le terrain, les chars allemands n’insistent pas, laissant derrière eux déjà une vingtaine de carcasses fumantes détruites par les canons anti-chars et l’artillerie française.

La nuit, alors que les bombardiers allemands ont quitté le ciel, l’artillerie française pilonne systématiquement tous les points du terrain susceptibles d’occupation allemande, produisant parmi eux des pertes déjà sérieuses, comme ce 35 Panze Rgt repéré suite à une erreur de sécurité dans les réseaux radio, pilonné près du Bois de Buis.

 

 

4ème CARTE : situation Bataille de Gembloux, le 15 mai 1940.

 

Toute la 6ème Armée Allemande attaquera l’entièreté de la position Dyle, de Gembloux à Louvain en vue de pénétrer et de détruire le dispositif allié.

La XVI Panzerkorps lance une attaque systématique et méthodique de la position Dyle entre Chastre inclus (sous-secteur 110RI) et Gembloux inclus (secteur  DM et 15 DIMOT.)

Ayant constaté que l’obstacle antichar continu renforcé par des milliers de mines était impossible à franchir par les chars en formation déployée, l’attaque initiale sera menée par l’infanterie allemande renforcée par des pionniers charges de faire sauter à l’explosif les talus du chemin de fer et de permettre le passage de chars appuyés par l’artillerie et surtout l’aviation (Stuka e.a.).

Les Allemands ne parviendront jamais à prendre vraiment pied, assaillis par des tirs massifs d’artillerie que la contre-batterie allemande ne parviendra jamais à dominer. A Cortil-Noirmont les contre-attaques du 2RTM et du 35è bataillon de chars de combat bloqueront définitivement les pénétrations allemandes pendant qu’à Chastre et à Villeroux le 110 RI renforcé du 43 RI arrêtent les pointes de la 3è Panzer. C’est à 20 hrs 54 heure allemande que le commandement allemand arrête l’attaque et ramène tous les éléments ayant pénétré dans la disposition, à hauteur du chemin de fer.

C’est un succès tactique français incontestable.

Les rapports allemands vont tous dans le même sens, c’est l’échec, d’ailleurs la reprise de l’attaque est prévue pour le 17 mai (2 jours après) avec deux autres divisions, c’est signer l’échec….

 

5ème CARTE : (côté opposé de la salle)

 

Pendant que la bataille de Gembloux se déroulait, à Ottignies, Limal et Wavre, des divisions d’infanterie allemande attaquaient la position DYLE ; elles étaient partout arrêtées.

Autour de Limal les combats furent aussi intenses faisant de nombreuses victimes.

N.B. : le même échec allemand était enregistré face aux position britanniques et belges ; Louvain, par exemple est repris aux allemands par une action anglo-belge où un certain général Montgommery s’y est illustré.

 

 

 

 

 

Dernière CARTE près de la porte d’entrée.

 

Pendant que la bataille d’arrêt au Nord de Namur était partout gagnée, dans les Ardennes sous les coups de boutoir des 7 divisions de Panzers, les Allemands rompent le front français derrière la Meuse.

Le 15 au soir, l’EM du groupe d’Armée n°1 donne l’ordre à toutes les unités au Nord de la Meuse de se replier par échelons vers le canal de Charleroi, pour éviter d’être pris en flanc par des attaques allemandes.

 

EN RESUME, la manœuvre DYLE a échoué stratégiquement suite à une mauvaise interprétation de l’étude du terrain dans les Ardennes par le Haut Commandement Allié, il n’en reste pas moins que le sacrifice de nos amis français de la 1ère Armée est plus qu’honorable, mérite le respect de notre souvenir et que de plus sur le plan tactique le 1er échec à Gembloux de la théorie allemande du Schwerpunkt fait date dans l’Histoire militaire.

Les raisons majeures de cet échec se trouvent sans aucun doute dans la valeur de la troupe et du cadre de l’Armée Française et spécialement de la 1ère Division Marocaine au centre de l’attaque allemande à Ernage et à Cortil-Noirmont, mais aussi dans l’incapacité allemande de dominer l’artillerie française et du manque d’effectifs d’infanterie dans les Panzers allemands.

 

CONCLUSION.

 

Stratégiquement on peut néanmoins se demander de ce qu’il serait advenu si l’attaque allemande à Gembloux avait réussi, les deux Panzers auraient atteint Nivelles et auraient menacé de destruction l’ensemble de l’armée britannique prise à revers, il n’y aurait jamais eu de rembarquement à Dunkerke. Churchill, son armée détruite, aurait-il continué la guerre ? Personne ne peut répondre à cette question, mais la destinée des peuples libres aurait certainement été remise en question.

 

 

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