NOIRMONT

 

LES TUMULI DE NOIRMONT, rue Gaston Delvaux

 

D'époque gallo-romaine, les tumuli de Noirmont tout comme le tumulus de Penteville remonteraient au IIe siècle après J.-C. Il s'agit de deux tertres d'origine romaine disposés côte à côte et recouvrant la tombe d'un défunt qui se trouvait généralement au centre ou sur l'un des côtés. De semblables buttes existaient déjà en Gaule et en Grande Bretagne avant la conquête romaine, mais c'est en Belgique essentiellement qu'elles renferment un mobilier romain. Leurs dimensions oscillaient entre 3,40 m et 15 m d'élévation.

C'est en 1870/74 que fut mis à jour ici un mobilier funéraire d'une qualité exceptionnelle, mais il est évident qu'au cours des siècles, elles ont du tenter pas mal de "chercheurs de trésors". Le géographe Ortélius, au XVIe siècle, les signale déjà. En ce temps, elles étaient recouvertes de sombres sapins. En 1664, Van Valckenisse les cite également dans son manuscrit sur Noirmont et il en propose deux dessins. Vers 1840, les tombes allaient être investiguées par des chercheurs officiels, mais sans résultat ; enfin en 1870/74, cette fois, l'on exhuma des objets qui, par leur qualité et leur importance, allaient étonner le monde scientifique de l'époque, tant chez nous que dans les pays limitrophes.

Sans faire l'énumération exhaustive du mobilier trouvé, voyons cependant les trois pièces principales mises au jour :

-Un superbe oenochoé de verre, c'est à dire une sorte de cruche qui sera d'emblée considérée comme le "chef d'œuvre" issu de la verrerie romaine.

-Fut aussi exhumée une coquille en ambre, spécimen unique sur lequel figure une sorte de monstre marin nageant, tenant entre les pattes l'urne avec les cendres d'un défunt.

-Troisième merveilleux objet, le lézard en cristal de roche.

Fut aussi retrouvée, une bague à anneau tors, taillée dans cette matière vibrante de lumière.

A ces merveilles, il y a lieu de mentionner d'autres objets comme :

- des bouteilles en verre bleuté.

- une cuillère en argent.

- des pions en pâte de verre destinés à distraire le défunt dans l'au-delà.

- des grains de collier.

- un chandelier brûle-parfum en bronze.

-         un bassin godronné, des monnaies de Vespasien, Adrien et Antonin etc. etc.

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Ci-contre, une reproduction du document clé, qualifiable d'exceptionnel, tant pour sa valeur historique que pour sa qualité picturale. Cette œuvre fut peinte à l'huile en 1876 de main de maître,  après l'ouverture de la tombe des tumuli. Le tableau n'étant pas signé, peut être l'auteur est-il un certain H. E. Serrline, qui aurait signé au bas du tableau qui représente les tumuli ?

 

-         Cet artiste propose, en la signant tel un miroir sans tain, non seulement la collection complète du riche mobilier exhumé, mais encore, astucieusement peint de manière sous-jacente, les tumuli dans leur environnement de l'époque, ceci via une seconde œuvre encadrée et fixée à même le mur de la pièce.

-         En sus, de façon tout aussi pertinente, maintenue par la coquille en ambre, une lettre datée du Ier juin 1876 se discerne entre les objets romains: missive signée de la main du Bourgmestre de Cortil-Noirmont, Jean-Baptiste Fossé et adressée à l'intention du Ministre de l'Intérieur. Par ce document J.B. Fossé informe le Ministre que les fouilles entreprises, financées par l'Etat belge, sous la direction du Baron de Brou de la Wastine, châtelain à Cortil et ex-mayeur lui-même (1), sont couronnées de succès; il ajoute que le mobilier mis au jour est d'une rare et incontestable valeur archéologique.

 

L'ÉGLISE SAINT PIERRE, LA CURE ET LA CHAPELLE SAINTE ADÈLE, place de Noirmont

 

L’église, dédiée à St-Pierre, est relativement récente puisqu'elle date de 1782. Elle fut restaurée en 1906 et 1926; la toiture du clocher fut réparée en avril 1988. C'est une petite église classique, assez massive, faite de briques et de pierres bleues qui encadrent les fenêtres géminées du XXe siècle et délimitent les angles du bâtiment ; tandis que le soubassement est constitué de moellons. Les vitraux actuels furent placés sous le sacerdoce du Père Goguin en 1991. Le clocher, peu élevé, est constitué d'une petite tour carrée, surmontée de la traditionnelle flèche. Le chevet est en demi-cercle. L'intérieur comporte une seule nef, aux angles arrondis et à voûte bombée, prolongée par le chœur en abside et précédée d'un porche surmonté de la tour ; on y remarque le berceau à lunette du jubé. Son mobilier est très simple: des fonts baptismaux très dépouillés en pierre bleue du XVIIIe siècle. Également, un petit Christ du XVIIe qui a toujours été conservé dans la sacristie. Enfin, faisant partie du patrimoine se trouvant actuellement à Wavre (musée), une petite Vierge de calvaire et un St-Pierre en bois polychrome qui seraient du XVIIe siècle.

 

LA FERME DE LA TOUR, L’ANCIENNE TOUR ET LA CHAPELLE SAINTE BRIGITTE, rue de la Tour

 

Cette ferme est tout ce qu’il reste de l’imposant ensemble architectural de l’ancienne baronnie de Noirmont. Le château, totalement disparu depuis la Révolution Française, dont reproduction graphique en page d’accueil, fait l’objet d’une importante description dans l’ouvrage cité en référence.

L’exploitation agricole assurée par les enfants de feu M. Pol Demanet,

L’exploitation agricole assurée par les enfants de feu M. Pol Demanet, dernier bourgmestre de Cortil-Noirmont, est spécialisée dans la culture et la production intensive de chicons.

 

La Vieille Tour : après Tarlier et Wauters, d'autres historiens l'ont également décrite, notamment Cosyn et Bourguignon, qui en 1931, en parlant des Fortifications du Sud-Brabant, nous déclarent : Au bout d'une longue muraille, la silhouette  sévère de la Tour se dresse en saillie au bord d'un chemin conduisant à l'église. Les arêtes contiguës au chemin, continuellement éraflées par les attelages sont lamentablement meurtries. Tour d'angle du Château démoli il y près de trente ans, elle fait penser au donjon du veilleur de l'abbaye ruinée d'Aulne, sans en avoir les proportions, de loin, près l'ornementation, elle en a tout à fait l'aspect.

 

Caractéristiques :

C'était une tour carrée, bâtie en briques, de trois niveaux, d'environ 4,75 mètres de côté et 15 à 20 m de haut, dont les murs avaient 50 cm d'épaisseur et 10 cm de plus dans les soubassements.

Dans la partie supérieure de chaque mur, on pouvait distinguer trois ouvertures carrées de 10 cm de côté, -opes (1)- avec encadrement de pierre blanche qui rappelle une croix. De l'ancien couronnement de la tour à ciel ouvert, ne subsistaient que quatre corbeaux (2) en bois au sommet de la façade Est […] se profilent menaçants […] en attendant que les rafales les fassent choir sur le sol. Les murs étaient percés de meurtrières étroites serties de pierres blanches s'élargissant vers l'intérieur.

Le mur Sud, très lézardé et près duquel croît un sureau cachant ses trop nombreuses mutilations a une seule meurtrière, une haute fenêtre étroite et une porte qui a conservé son encadrement en pierre, par où l'on communiquait jadis avec le bâtiment adjacent et dont les traces subsistaient sur le mur (Bourguignon).

Quelques lambeaux de poutres en bois que l'on pouvait voir à l'intérieur correspondaient aux deux gîtages supérieurs. Le mur Ouest possédait trois meurtrières et était nanti d'une porte d'entrée relativement étroite de 3 mètres de haut et 0,95 mètre de large.

Cette tour, également appelée tour des sarrasins, fut démolie en 1969 pour faire place à un lotissement.

 

LE MOULIN DE CORTIL, rue du Bief

 

Ce très ancien moulin, dit de Cortil, est déjà signalé au XIVe siècle. Il fut bien domanial de l'abbaye de Gembloux. Tarlier et Wauters déclarent que, déjà en 1636, les gens d'âge assuraient qu'il n'y avait jamais eu de moulin sur le territoire de Noirmont. Cela est très compréhensible puisqu'il existait déjà en 1342 un moulin occupant un emplacement différent, c'est-à-dire qu'il était implanté plus à l'Ouest, sur le territoire de Cortil, et plus rapproché de l'ancienne église de Cortil, donc en amont sur le cours initial de l'Orne, mais il semble que ce moulin était ruiné en 1760 (vétusté). Reconstruit à son emplacement actuel, il fut à nouveau ravagé par un incendie et reconstruit vers 1865. A cette époque, il était mû par une machine à vapeur qui fonctionna plusieurs décennies et remplacée ensuite par une roue à aube actionnée par une chute d’eau de 4 m environ sur l’Orne, suppléée par le Bayombri. Après la dernière guerre, il fonctionna à l’aide d’un moteur diesel jusqu’en 1976.

 

Les bâtiments du moulin se composaient des étables, transformées de nos jours en maison d'habitation, du moulin, du logis même, ainsi que de diverses remises. C'est un bâtiment en briques, avec soubassement de pierres bleues sur pilotis en bois de chêne. Le toit, porté par une belle charpente de chêne, est couvert en partie d'ardoises, le reste en Eternit. En 1994, le propriétaire a bénéficié du Prix de la Fondation Roi Baudouin pour la restauration et l’occupe aujourd’hui à titre privé.


 

L’ANCIENNE FERME DE LA BRASSERIE, rue des Gotteaux

 

Cette ferme, occupée par la famille Verlee après la guerre, était à l’origine une brasserie dont les bâtiments datent de 1860. Située sur la rive droite de l’Orne, elle était en ce temps propriété de M. Poncelet et ensuite de M. Boudart, lequel n’était plus, à la fin, que dépositaire. Rénovée, il y a quelques années, aujourd’hui, elle ne sert uniquement qu’à des usages privés