Les CEREMONIES commémoratives, mise ou point.

 

 

A propos de la Bataille de Gembloux.

 

Depuis peu une campagne de fausse information est relayée par quelques grands quotidiens nationaux. Aussi « RENDONS A CESAR …… »

 

La 1ère Division marocaine, grande unité du 4ème Corps a joué un rôle majeur dans la victoire tactique de Gembloux. A cheval sur la chaussée romaine, ligne de partage des eaux entre la Meuse et l’Escaut, elle a bloqué, grâce à un appui important de l’artillerie française, les assauts de l’effort principal du XVI Panzerkorp allemand les 14 et 15 mai 1940.

Le comandant d’Ornano, officier opération de cette division pendant ces combats les a décrits dans son livre « La 1ère Division marocaine dans la bataille de Gembloux ».

Cette division était composée d’environ 61% de militaires marocains engagés volontaires et 39% de cadres : officiers, sous-officiers et volontaires français, complétée à son arrivée en France par des appelés du contingent français, des miliciens français dirait-on en Belgique ; parmi ces derniers figurent l’actuel Président de l’Amicale de la Division Marocaine, Monsieur Poirette, habitant maintenant Paris.

Au 2ème Régiment de tirailleurs les effectifs à la bataille de GEMBLOUX étaient les suivants : 1432 Marocains et 925 Européens (Gloire et Sacrifices – MM Labarre et François, éditions de l’Orneau page 225), soit plus de 39%. Ce pourcentage était approximativement le même dans les autres régiments, probablement plus élevé à l’état-major de division.

Le Commandant d’Ornano, à la page 46 de son livre, donne les pourcentages des pertes et le nombre d’hommes encore opérationnels restant dans chacun des trois bataillons des trois régiments.

Le Lt Col Raoul François et Franz Labarre dans l’excellent « Gloire et Sacrifices du 2ème RTM » donnent à la page 228 le calcul des ‘PERTES’ de la division marocaine, soit 2000 hommes, mais ajoutent-ils en TUES, BLESSES, PRISONNIERS ET DISPARUS…. Quand on sait que pour un tué, la proportion de blessés varie de trois à cinq, que de plus il y a de nombreux prisonniers, relatés par exemple dans les carnets de campagne des deux divisions de Panzers, avec  photos à l’appui.

De plus, le MUSEE FRANÇAIS de CORTIL-NOIRMONT fit une étude très détaillée à partir des tombes relevées par les différentes communes sur les lieux de combats, selon des documents émis vers le Ministère de l’Intérieur et pour la Croix Rouge. Les corps des soldats français et marocains furent relevés par les services communaux et honorés dans les cimetières couverts de fleurs fréquemment et cela au mépris des ordres émis par l’occupant nazi. Ceci pour souligner le caractère sacré que notre population a immédiatement apporté à cette action, sorte de défi vis à vis de l’occupant. Le cadre de ces unités, principalement français, comme on l’a vu plus haut, parmi les meilleurs, excellent et très motivé a souffert énormément. On cite jusque 50% de pertes. Il faut citer parmi eux, entre autres, la mort des commandants de compagnie, les capitaines Grudler, Chambert, Buchaillard, lieutenant Zerbini et combien d’autres. Parmi les Français du contingent on notera entre autres, à Cortil-Noirmont, la mort du caporal Laporte, tireur FM et vicaire de Dax de son état, dont la pierre d’autel et l’étole se trouvent en notre musée.

Le calcul établi à partir des relevés communaux donne les chiffres suivants, pour la division marocaine, cadre et troupe inclus : 233 morts (ce qui semble bien confirmé par le nombre de stèles musulmanes à la nécropole de Chastre), + 168 autres marocaines rassemblant tous les morts non seulement à Gembloux, mais sur tout le territoire belge, auxquelles on pourrait ajouter logiquement  une partie des 140 soldats inconnus. Aucune exhumation marocaine n’a été effectuée, par contre un grand nombre d’exhumations de morts français ont eu lieu vers les pelouses d’honneur en France. Ce faisant, la proportion des stèles et des croix à la nécropole de Chastre n’est pas du tout représentative des pertes respectives. En ce qui concerne le grand nombre de blessés on a de nombreux témoignages de postes de secours submergés, on notera entre autres celui de l’Aumônier Brunet racontant l’action énergique du médecin chef du poste de secours du 2ème RTM menaçant de son arme les infirmiers terrorisés qui voulaient s’enfuir et abandonner les blessés à l’approche de l’attaque allemande, ce qui a permis de rétablir l’ordre et évacuer tous les blessés transportables pendant la nuit qui suivit celle du 15 au 16 mai 1940.

 

L’origine de cette désinformation « L’hécatombe de 2000 marocains à Gembloux » doit être trouvée bien malgré nous au Musée Français. Il y a quelques années en effet, une jeune universitaire d’origine marocaine venait au musée pour préparer son mémoire de fin d’études. Après lui avoir donné tous les détails et fourni les documents nécessaires (le livre du Cdt d’Ornano déjà cité) nous avions insisté pour pouvoir relire son texte avant sa parution, sachant par expérience combien il est difficile pour un non initié de saisir parfaitement le sens du jargon militaire. Rien n’a pu être vérifié et ce n’est que plusieurs années plus tard, un membre de l’ASBL du musée me fit parvenir un document émanant d’une université belge reprenant une photo prise par cette étudiante et reprenant le texte suivant « Au cimetière de Coril-Noirmont reposent les restes de 2250 Marocains morts à le Bataille de Gembloux, les 11, 12 et 13 mai 1940 ».

…Les pertes totales de 2.000 hommes tués, blessés, prisonniers et disparus dont parmi eux environ 39% de français étaient devenues « L’hécatombe de 2000 marocains ».

La réalité est toute autre, le cimetière de Cortil-Noirmont après les combats après les combait, recueillait les restes de 61 militaires d’origine marocaine et 37 militaires français. Tous les documents des services communaux, les listes d’origine avec l’inventaire des équipements, identité, argent, lettres et objets personnels y sont recensés par les fossoyeurs dont certains sont toujours vivants.

Incompétence ou désinformation, au lecteur à juger… !

Probablement incompétence car de nombreux détails dans le récit sont incorrects et les reprendre serait ici fastidieux, en ne citant que la date des combats qui sont les 14,15 et 16 mai et non les 11, 12 et 13…. Il en est d’ailleurs de même pour la teneur historique de l’article d’un journal, comme il a été dit plus haut, le vocabulaire spécifique militaire fait qu’il est dangereux de s’y aventurer sans connaissance préalable. Le résultat de cette « erreur » fut de provoquer une émotion bien compréhensible au sein de la communauté marocaine de Belgique d’où  les manifestations de ces dernières années.

D’autre part, la réflexion de M Bouamara, Algérien d’origine, dont l’oncle a été tué à Limal est tout à fait pertinente quand il dit qu’à côté des 168 morts marocains à Chastre, il y a 131 Algériens que l’on pourrait aussi honorer, sans oublier quand même nos cousins du Nord le 110 RI de Dunkerke, engagés dans la même bataille et qui a eu la même proportion de tués et dont le nom n’est cité qu’incidemment dans les discours officiels pour souligner que c’est le long de leur limite de secteur que la troisième Panzer a failli réussir sa percée… ; Pourquoi ? Peut être sont-ils des morts trop ordinaires ???

Une branche du musée retrace également la vie pénible de la population belge durant la guerre 40-45.

 

Comme on dit ‘qu’aucune guerre n’est propre’ ne vaudrait-il pas mieux pour les médias de diffuser la réalité, la vérité et de mieux informer tout le monde de l’existence de ce petit musée, cela contribuerait peut être à mieux régler l’harmonie de notre Société.

 

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