HOMMAGE AUX POILUS DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE TOMBES SUR LE FRONT DE L’YSER ET INHUMES A LA NECROPOLE DE CHASTRE

 

LE COMBAT DE MARIALOOP

 

L’offensive finale en Flandres

 

Le 28 septembre 1918, les troupes alliées entamèrent l’offensive fi nale en Flandres qui devait mettre fi n à la première guerre mondiale. Pourtant, personne ne pouvait prédire l’issue de cette offensive qui s’annonçait sanglante. Certains étaient persuadés que la guerre ne se terminerait seulement qu’en 1919 ou 1920... Les sept

semaines entre le début de cette offensive et le jour de l’Armistice, le 11 novembre 1918, furent cruciales pour la Paix en Europe et dans le Monde…

La ligne de front située en Flandres Occidentale coupait la province. Pendant quatreans, cette ligne n’avait guère bougée. De ce fait, les troupes allemandes ont largement eu le temps d’établir une barrière de défense afi n d’éviter une soudaine percée des troupes alliées.

Les troupes belges, françaises et britanniques rassemblèrent leurs forces pour entamer la lutte fi nale. Albert 1er, roi des Belges, et le général français Degoutte prirent la tête du « groupement Armée des Flandres » composé de soldats français et belges.

L’offensive fi nale se déroula en trois phases cruciales. Durant la première (du 28 septembre au 13 octobre 1918), les troupes franco-belges ont conquis les différentes barrières de défenses situées derrière la ligne de front mise en places par les troupes allemandes.

La deuxième phase eu lieu du 14 au 31 octobre 1918. Durant celle-ci, les troupes allemandes se regroupèrent pour livrer une lutte sans merci. Contrairement à la première phase, les combats eurent lieu dans des zones peuplées. Des centaines d’habitants, hommes, femmes et enfants y trouvèrent la mort.

Les combats tragiques et violents de cette phase se déroulèrent, entres autres, dans le village de Meulebeke et dans les prairies de Marialoop et des Paanders entourant le village. Durant 48 heures (le 17 et 18 octobre), les combats font rages dans et autour du village. De nombreux soldats français, allemands mais aussi des tirailleurs

sénégalais tombèrent au champ d’honneur ou furent gravement blessés. De nombreux habitants de ce village et des alentours connurent également le même sort…

 

Finalement, dans la dernière phase, après une lutte sans précédent, les Alliés atteignirent l’Escaut, endroit stratégique, où les Allemands tentèrent, dans une dernière tentative, de résister aux assauts des troupes alliées.

 

Le rôle tirailleurs sénégalais durant l’offensive finale.

Le 17 octobre 1918, les français délivrèrent le centre de Meulebeke des troupes allemandes. Au sud, près des Paanders, échouèrent des régiments belges de carabiniers.

Ces troupes, après des journées entières de combats étaient affaiblies et épuisées. Durant cette nuit du 17 octobre, ces troupes furent relayées. Le 132ème bataillon français fit halte au nord (en direction de Marialoop), le 164ème bataillon français, lui, se trouvait au sud de Meulebeke (les Paanders). Ces deux bataillons étaient appuyés par, respectivement, le 75ème, 45ième et 43ème bataillon de tirailleurs Sénagalais (BTS). Ceux-ci ont reçu ordre de percer vers la Lys (Leie), cours d’eau situé à une dizaine de kilomètres du village et pour lequel les

Allemands batailleront ferme.

Le 18 octobre 1918, les Français avec l’appui des tirailleurs sénégalais attaquèrent les Allemands. Ce n’est que le lendemain, aux aurores du 19 octobre, que les troupes allemandes reculèrent pour laisser place à l’avancée des troupes alliées vers la Lys (Leie), étape vers la conquête de l’Escaut.

La nouvelle de cette victoire des troupes françaises, composées d’Arabes, de Maures et de Sénégalais, fit grandir l’espoir au sein de la population locale. Les exploits de ces troupes coloniales restèrent gravés dans la mémoire des habitants. Même les chroniques allemandes font références à cet épisode de la première guerre mondiale.

Après ce succès, les tirailleurs continuèrent l’offensive avec succès mais pas sans faire quelques victimes au sein des différents bataillons. Le combat de Marialoop est repris dans les fiches que l’administration militaire a établies par victime. Nous y retrouvons, les noms, dates et lieux de naissances – quelque part dans l’Afrique profonde – des tirailleurs sénégalais tués. Le combat de Marialoop fut apparemment assez important que pour être repris comme fait de guerre.

 

Le cimetière “oublié” de Machelen-aan-de-Leie comptait 766 militaires français identifiés. 64 d’entres eux sont des tirailleurs sénégalais, tous originaires de l’AOF (L’Afrique occidentale française). Ces soldats moururent en héros durant la deuxième phase de l’offensive finale.

 

Au début des années 1970 les dépouilles de ces victimes furent transfères à la Nécropole de Chastre, vous en trouverez la liste détaillée en cliquant sur le lien ci-après : Liste des POILUS inhumés à la Nécropole de Chastre.

 

NB : Tous ces noms se retrouvent dans la Liste générale ci-dessus avec le numéro de la tombe.