Référence de publication originale :
La Commission pour l'Avifaune Belge (1967) : Avifaune de Belgique. Liste des espèces d'oiseaux observés en Belgique et leurs formes géographiques. Le Gerfaut 57 (3 - 4) : 365 - 465.

Cette publication a été répartie sur trois fichiers :
Introduction (ce fichier)
pp. 365 - 381
Liste systématique
pp. 381 - 453
Introduction (English)
pp. 454 - 465

AVIFAUNE DE BELGIQUE

liste des espèces d'oiseaux observés en belgique
et leurs formes géographiques
par
La Commission pour l'Avifaune Belge (¹)
(¹) Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, 31, rue Vautier, Bruxelles 4.

La Commission pour l'Avifaune belge a été établie le 11 décembre 1965 de commun accord entre l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et les Associations ornithologiques « Aves » et « De Wielewaal ».
Immédiatement la Commission fixa sa première tâche : la rédaction d'une liste faunistique comprenant toutes les espèces d'oiseaux, avec leurs formes géographiques, représentées en Belgique.
Afin de baser ce « Check-list » sur les éléments les plus sérieux, la Commission a procédé comme suit : les statuts de toutes les espèces d'oiseaux dont la présence a été constatée en Belgique ont été étudiés par au moins deux de ses membres qui, après délibération sur les cas, ont envoyé leurs notes au secrétaire. Au cours d'une réunion tenue le 26 mars 1966, ces textes ont été soumis à tous les membres; ceux qui n'ont pas rencontré l'accord général ont été discutés et retravaillés, compte tenu des objections justifiées présentées. Sur ces bases, Messieurs P. Devillers et J. P. Vande Weghe ont rédigé un projet complet de la liste qui a été communiqué à tous les membres de la Commission, pour commentaires. Ceux-ci ont été collationnés par Monsieur B. Van Damme qui a pu établir la liste définitive, après une dernière révision des données avifaunistiques par Messieurs A. Rappe et H. Voet. En outre, Monsieur A. Rappe a bien voulu se charger de la présentation de la nomenclature en langue française tandis que Monsieur P. Devillers rédigeait l'introduction.
La Commission projette de publier annuellement un supplément qui mentionnera les captures et observations prises en considération.

La Commission pour l'Avifaune belge :
P. Dachy
J. L. Dambiermont
E. Delmee
A. Demaret
P. Devillers
F. Grootaers
P. Herroelen
G. Huyskens
A. Rappe
J. C. Ruwet

W. Suetens
J. Tricot
B. Van Damme
(Secrétaire)
H. Van Der Vloet
J. P. Vande Weghe
P. Van Hecke
J. Van Impe
R. F. Verheyen
(Président)
H. Voet
––––––––––––

INTRODUCTION (*)
I. Le cadre géographique de la Belgique.
Superficie et description générale.
Superficie
La superficie de la Belgique est d'environ 30.500 km².

Situation astronomique
La Belgique est située entre 49° 20' 52" de latitude Nord (Torgny) et 51° 30' 20" de latitude Nord (Meerle), elle s'étend en latitude sur quelque 220 km. Les longitudes extrêmes sont : 2° 32' 38" (La Panne) et 6° 24' 28" (Manderfeld), à l'est du méridien de Greenwich, soit environ 280 km. La distance maximum d'un point du territoire (Athus) à la mer est d'environ 290 km.

Situation géographique
La mer du Nord borde une partie du territoire, sur 65,5 km de côte. La partie septentrionale du pays se place dans la grande plaine européenne, tandis que les régions méridionale et orientale appartiennent à la limite occidentale du plateau rhénan. L'extrême Sud (pays des côtes lorraines) se raccorde au bassin de Paris.

Orographie
Une subdivision élémentaire sépare les plaines (de 0 à 50 m d'altitude), les bas plateaux (de 50 à 300 m) et le haut plateau, avec ses croupes élevées (de 300 à 700 m). Les plaines englobent les polders –– ou plaine maritime –– (en dessous de 5 m) et la plaine septentrionale (plaines flamande et campinoise). Les bas plateaux sont constitués au nord du sillon Sambre-et-Meuse, des plateaux du Hainaut (dépressions scaldisiennes –– séparées de la plaine flamande par la zone des collines flamandes –– et de la vallée de la Haine), du Brabant, de la Hesbaye et de l'entité que forme le plateau de la Campine. Au sud du sillon Sambre-et-Meuse, s'étendent les plateaux condrusiens et de Herve, et la dépression de la Famenne.
Le haut plateau ardennais recèle le point culminant de la Belgique : 694 m au Signal de Botrange.
Le pays des côtes lorraines (le plateau lorrain) s'inscrit, au sud du massif ardennais, parmi les bas plateaux.
Le passage de l'une à l'autre des trois subdivisions est insensible, spécialement celui des plaines aux bas plateaux.

Hydrographie
La plus grande partie du pays appartient aux bassins hydrographiques de l'Escaut et de la Meuse. Deux petites régions sont rattachées, l'une au bassin du Rhin –– par des affluents de la Moselle ––, l'autre de la Seine –– par l'Oise et quelques affluents. Le bassin de l'Yser couvre une faible partie occidentale du territoire.



Toutes les régions de la Belgique ont été radicalement transformées par l'homme. Le peuplement est extrêmement dense dans certaines zones du territoire. Il en résulte qu'il n'existe pratiquement plus de « régions naturelles » et qu'il convient d'abandonner cette expression et de la remplacer par « régions géographiques ».

La Flandre
La Flandre maritime.
Région côtière.
L'estran, bas et sablonneux, est séparé du large par de hauts fonds (bancs de Flandre) déposés par le jeu des marées devant la moitié occidentale de la côte. Derrière la plage, court un cordon de dunes de largeur fort variable et d'une hauteur moyenne d'une quinzaine de mètres.
Les Polders.
La plaine poldérienne s'étale sur une largeur variant de 10 à 15 km, derrière le bourrelet des dunes. Le sol composé d'argile très fertile forme des prairies irriguées dont l'altitude est en majeure partie comprise entre le niveau de marée basse et celui de marée haute.
Cette large bande, parallèle à la côte se prolonge, le long de l'Escaut inférieur, jusqu'à Anvers (polders anversois). Elle a été désignée dans le texte sous le vocable « région du littoral » et « région de l'Escaut anversois ».
La Flandre intérieure.
Il faut distinguer au nord, une plaine mollement ondulée au sol sableux et au sud, une région de collines présentant un sol sablo-limoneux. La partie nord comprend le Houtland, le Meetjesland et le pays de Waes. La zone sablo-limoneuse correspond à l'entité orographique des collines flamandes.

La Campine
Sur sol sablonneux, les landes primitives de genêts et de bruyères ont été remplacées en grande partie par des plantations de pins. Certaines parties marécageuses ont favorisé le creusement d'étangs, d'autres renferment des dunes continentales. A l'ouest s'étend la plaine campinoise, à l'est le plateau campinois (50 à 100 m).

Les régions de transition
Entre les régions sablonneuses de Campine au nord et les régions limoneuses de Brabant et Hesbaye au sud, s'étirent des régions mixtes : Petit Brabant, Campine brabançonne, Hageland, Hesbaye humide.

Les régions limoneuses
Le Hainaut, à l'ouest, avec des assisses argileuses et crayeuses et le Brabant, au centre, avec des assisses sableuses, forment un plateau très découpé et vallonné, spécialement dans le Brabant. Les prairies dominent dans le Hainaut, tandis que de nombreux bois, reliques d'une ancienne forêt étendue, subsistent dans le Brabant. A l'est, s'étendent les campagnes ouvertes de la Hesbaye sèche, plateau mollement vallonné couvert de limon et de cultures riches.

L'axe industriel du sillon Haine, Basse-Sambre et Meuse
Comprenant une région densément peuplée, dans ce sillon, le paysage industriel prend toute sa signification à cause du développement des usines, de la densité des voies de communication et du foisonnement des cités industrielles.

Le Condroz
Le Condroz est un plateau ondulé découpé de larges dépressions, calcaro-schisteuses, fertiles et vouées à l'élevage ou à la culture. Les collines, schisto-gréseuses, allongées, sont généralement boisées.

Le pays de Herve
L'Entre-Vesdre-et-Meuse est un plateau, argilo-calcaire, très découpé, voué aux herbages et aux vergers, à végétation bocagère (haies vives).

La Fagne-Famenne
Une longue et large dépression schisteuse s'étend entre le Condroz et l'Ardenne, appelée Fagne à l'ouest de la Meuse et Famenne à l'est. L'altération des schistes a fourni un sol argileux imperméable, couvert de prairies et de forêts. Parfois s'étendent des fonds marécageux (Fagne), certains transformés en étangs. Un étroit ressaut calcaire s'allonge le long de la limite méridionale de la Famenne.

L'Ardenne
L'Ardenne, dont l'altitude varie entre 300 et 700 m, forme un haut plateau caractérisé par une ancienne pénéplaine rajeunie insuffisamment drainée et des versants fortement entaillés. Une ligne de faîte aplanie va du signal de Botrange à l'est (694 m) à la Croix-Scaille à l'ouest (505 m). De part et d'autre de cette crête, des pentes subissent le rajeunissement dû à l'érosion remontante de rivières d'allure torrentueuse et de cours sinueux. Sur les plateaux s'étendent encore quelques bandes tourbeuses, principalement dans les Hautes Fagnes. Les forêts et les terres cultivées (champs et prairies) alternent sur les champs vallonnés, tandis que les vallées elles-mêmes sont couvertes de bois.

La Lorraine belge
Abritée au sud de l'Ardenne, la Lorraine présente un paysage caractéristique causé par l'alternance de roches en couches dures (grès calcarifères, calcaire) et tendres (marnes, argiles), à pendage sud, ayant donné naissance à un plateau au relief particulier : les cuestas. Les versants septentrionaux abrupts des côtes gréseuses ou calcareuses sont tapissés de forêts. Les versants méridionaux et les dépressions sont voués à la culture et à l'élevage.
Comme nous l'avons déjà dit, le paysage a été profondément modifié par l'homme. Cette action a provoqué un important morcellement de l'habitat et a donné naissance à une profusion de milieux, tous appartenant toutefois à des degrés divers de dégradation ou de transformation du type original, la forêt de feuillus tempérée.
Plutôt que de nous étendre en longues explications, il nous paraît plus clair de référer le lecteur au recensement de la végétation, effectué en 1959 (tableau 1) qui nous a été aimablement communiqué par le Centre de Cartographie phytosociologique de L'Institut agronomique de Gembloux, auquel vont nos vifs remerciements.

Tableau n° 1
                         

Recensement 1959
Superficies en Ha.
 
Flandre
occid.
Flandre
orient.
Anvers Lim-
bourg
Brabant Hainaut Namur Liège Luxb. Belgique

Forêts :
                   
1. Surface boisée totale 7.453 13.047 36.232 33.344 32.754 49.177 119.500 103.925 205.628 601.064
2. Forêts de conifères 2.123 3.183 23.846 26.962 6.659 4.433 24.459 65.263 105.921 262.851
3. Forêts de feuillus 5.330 9.864 12.385 6.381 26.095 44.744 95.041 38.662 99.707 338.212
  dont : futaies 2.647 1.971 2.568 1.466 9.320 6.756 7.797 9.315 59.099 100.834
  taillis s/futaies 1.607 2.196 2.189 1.324 6.185 29.420 60.200 17.799 20.079 141.002
  taillis simples 751 1.320 4.026 2.349 4.446 3.504 25.830 10.634 19.751 72.614
  peupleraies 329 4.305 3.455 1.191 5.799 4.615 876 566 173 21.312

Landes et incultes

3.272

1.085

13.054

13.911

3.260

2.941

4.509

13.471

5.638

62.553
  Surtout des Dunes Marais Bruyères Bruyères Bruyères Bruyères
et friches
Pelouses calcaires
et landes
Fagnes
et tour-
bières
Fagnes
et tour-
bières, landes à bruyères (Gaume)
 

Surface totale des terres
                   
  cultivées 245.357 191.353 122.244 106.729 195.546 214.405 188.218 208.015 162.050 1.660.830
 
dont :

prairies

90.912

67.738

72.726

43.313

64.443

117.891

103.720

131.675

106.466

799.887
  céréales 91.236 70.253 27.233 36.990 76.943 79.250 55.193 43.637 39.527 520.536

Surface totale des étangs
                   
  (naturels et artificiels) 478 769 1.697 1.267 993 833 447 370 416 7.275

La Belgique jouit d'un climat tempéré maritime. Les étés y sont relativement frais et les hivers relativement doux. La proximité de l'océan et l'influence du Gulf-Stream empêchent les écarts élevés de température. Par contre, le climat est fort instable et variable à souhait. Il se révèle capricieux; brusques écarts de température, averses pluvieuses, vents de tempête en sont les traits dominants. Vu la répartition du relief, l'influence maritime pénètre à l'intérieur du pays sous l'influence des vents dominants, du secteur ouest à sud-ouest.

  I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII an
Ostende
   (+ 4 m)
3,5 3,7 5,7 7,8 11,9 14,4 16,3 16,4 14,4 10,9 6,4 4,2 9,6
Bourg-Léopold   (+ 50 m) 2,1 2,7 5,4 8,2 13,0 15,4 17,3 16,5 13,7 9,7 4,7 3,2 9,3
Uccle   (+ 100 m) 2,7 3,1 5,5 8,2 12,8 14,9 16,8 16,4 14,0 10,0 5,2 3,4 9,4
Bastogne   (+ 520 m) 0,0 0,2 3,2 5,8 11,1 13,6 15,4 14,2 11,3 7,4 2,7 0,7 7,1
Etalle   (+ 345 m) 0,4 1,0 3,5 6,5 11,3 14,0 15,3 15,1 12,4 8,3 3,5 1,4 7,7
Température vraie moyenne, mensuelle et annuelle, en °C, en divers points du territoire.

La température moyenne annuelle de l'air oscille entre 9° et 10° en Basse- et Moyenne-Belgique, entre 7° et 9° à l'est du sillon Sambre-et-Meuse et entre 8° et 9° en Lorraine belge.
Le nombre moyen annuel de jours d'hiver (maximum diurne inférieur à 0°) est de 5,4 à Ostende, 8,4 à Bourg-Léopold, 7,9 à Uccle, 14,8 à Bastogne et 12,9 à Etalle.
Les premières gelées commencent en moyenne au début novembre au Littoral, en Ardenne on doit les craindre à partir du 10 octobre. Les dernières gelées ne dépassent guère le début d'avril dans la zone littorale, mais se font encore sentir jusqu'au 20 mai sur les hauts plateaux.
Les pluies sont réparties tout au long de l'année, mais ne sont pas excessives. La quantité d'eau recueillie varie de 750 millimètres en Basse-Belgique à plus de 1.400 millimètres sur le plateau des Hautes-Fagnes (Baraque-Michel) et sur le versant sud de l'Ardenne, au nord de la Semois. Le nombre moyen annuel de jours à précipitations mesurables varie de 160 à 200, augmentant plus ou moins suivant le relief. Parmi ceux-ci, le nombre de jours de neige varie de 10 (au Littoral) à 35 (en Hautes-Fagnes).
La table de fréquence des vents fait apparaître la prédominance du secteur sud-ouest, tandis qu'un maximum secondaire, beaucoup moins accusé, se présente pour le secteur nord-est. A la côte-même, les vents du nord-ouest sont plus fréquents à cause de l'effet de la brise de mer. C'est la prédominance des vents d'ouest à sud-ouest (environ 40 %) qui apporte la nébulosité et les pluies, mais en même temps modère la température.

(*) Les données numériques et statistiques (période de référence : 1901-1930) sont extraites de :
Poncelet, L. et Martin, H. 1947. Esquisse climatographique de la Belgique. Institut météorologique de Belgique, Mémoires, Vol. XXVII.
Poncelet, L. 1956. Climat de la Belgique. Comité National de Géographie. Atlas de Belgique.

II. Nomenclature.
La nomenclature scientifique correspond à celle qui a été proposée au XIeme Congrès international ornithologique de Bâle en 1954 (voir F. De Vree, « Le Gerfaut 57 », fasc. 3-4 : 257).
Les noms français sont ceux adoptés par Paul Geroudet dans sa traduction du Guide des Oiseaux d'Europe de R. Peterson, e. a. (1967).
Les noms néerlandais sont ceux adoptés par la « Commissie voor de Nederlandse Avifauna » dans l'Avifauna van Nederland.

III. Présentation du texte.
Généralités.
Le texte consiste en une liste systématique des espèces d'oiseaux dont la présence a été constatée en Belgique, antérieurement à 1966. La période de treize lustres s'étendant de 1901 à 1965 a été particulièrement considérée. Les données antérieures sont brièvement citées, –– lorsqu'elles sont significatives ––, mais en petits caractères.
Seules sont incluses les espèces dont l'installation ou l'apparition dans notre pays ne semble pas résulter d'une intervention humaine directe. Ceci est expliqué de façon plus détaillée dans le paragraphe consacré aux Appendices.
A chaque espèce est consacrée une rubrique comprenant :
la nomenclature, la nidification, le statut de l'espèce en dehors des lieux et de la période de nidification et, éventuellement, en petits caractères, le résumé des données antérieures à 1900.

Appendices.
Comme nous l'avons écrit dans le paragraphe précédent, la liste systématique présente les espèces dont l'apparition en Belgique ne semble pas résulter d'une intervention humaine directe.
Par ailleurs, un cas difficile s'est présenté : celui des espèces dont la présence en Belgique est accidentellement signalée, mais qui, couramment tenues en captivité, sont susceptibles de s'échapper. Une solution consistait à inclure toutes les observations dans la liste systématique en joignant une note d'avertissement, attirant l'attention du lecteur sur la possibilité que certaines d'entre elles se rapportassent à des échappés de captivité. Cette solution a été parfois adoptée à l'étranger et elle aboutit souvent à la publication de listes d'observations parmi lesquelles la majorité se rapporte presque sans aucun doute à des échappés de captivité. La solution opposée consiste à supprimer purement et simplement toute observation d'une espèce « suspecte ». Son inconvénient est de laisser tomber dans l'oubli des observations dont l'intérêt pourrait apparaître un jour à la lumière d'études nouvelles.
Nous avons adopté une solution qui, si elle est loin d'être parfaite, élimine du moins partiellement les défauts majeurs des deux autres. Nous avons divisé ces espèces en trois catégories :
1°  Les espèces pour lesquelles il semble extrêmement probable qu'un certain nombre d'observations au moins se rapportent à des exemplaires véritablement sauvages. Nous avons estimé que cette très forte probabilité existait lorsqu'elle était étayée par une, ou des, études faites dans notre pays ou à l'étranger, ou bien lorsqu'elle correspondait à une probabilité similaire à l'étranger. Ces espèces ont été incluses dans la liste systématique. Il reste toutefois bien clair qu'un certain nombre d'observations s'y rapportant peuvent concerner des exemplaires échappés de captivité; dans ce cas, une note attire l'attention du lecteur sur ce fait.
2°  Les espèces pour lesquelles il est possible que certaines observations se rapportent à des exemplaires sauvages, sans que l'on en ait la preuve. Peut-être une observation ultérieure permettra-t-elle de justifier la présence en Belgique d'exemplaires sauvages, mais dans l'état actuel des choses, il est tout aussi vraisemblable que toutes les observations se rapportent à des échappés de captivité. Ces espèces ont été rassemblées dans l'APPENDICE II.
3°  Enfin toutes les observations qui se rapportent certainement ou quasi certainement à des échappés de captivité ont été éliminées.

IV. Définition et portée des mots employés.
a.  Statut actuel.
Les oiseaux sont répartis en quatre catégories.
1°  Nicheur annuel :
chaque année, « actuellement », il y a au moins un couple de cette espèce qui niche en un point au moins du territoire national.
2°  Nicheur irrégulier :
l'espèce n'est pas « actuellement » nicheur annuel mais elle a niché en Belgique plus de treize fois depuis 1901 (soit plus d'une fois par lustre en moyenne).
3°  Nicheur occasionnel :
l'espèce a niché moins de treize fois en Belgique depuis 1901.
4°  Nicheur éteint :
l'espèce a manifestement cessé d'avoir un statut de nicheur en Belgique.
b.  Effectifs.
Les effectifs nidificateurs des nicheurs annuels et irréguliers sont exprimés par les termes :
très rare : 1 à 50 couples nicheurs
rare : 50 à 250 couples nicheurs
assez rare : 250 à 2 500 couples nicheurs
assez commun : 2500 à 10000 couples nicheurs
commun : 10 000 à 50 000 couples nicheurs
très commun : 50 000 couples nicheurs ou plus
Pour les nicheurs réguliers ces effectifs sont les effectifs actuels (1966).
Pour les nicheurs irréguliers, ils constituent les effectifs maxima qui ont pu être atteints au cours d'une année.
Pour la signification exacte, la valeur et la précision de ces chiffres le lecteur est renvoyé au paragraphe qui traite de l'appréciation des effectifs.
c.  Restrictions temporelles.
Lorsque, au cours du siècle, le statut de l'espèce n'a pas toujours été identique au statut actuel, la période de validité est indiquée. Les mots employés se passent de définition. Une remarque s'impose toutefois à propos de l'expression « Nicheur annuel, peut-être devenu irrégulier » ou « peut-être éteint récemment ». Lorsque le statut semble avoir changé au cours de ces toutes dernières années sans que l'on puisse dire si ce changement sera durable ou sans qu'il soit tout à fait clair, on a préféré adopter comme statut celui dont l'espèce jouissait immédiatement avant ce changement en le corrigeant par ces mots.
d.  Précisions géographiques.
Lorsque les inhomogénéités de distribution sont larges et bien claires, elles ont été indiquées par les termes :
« Limité à » suivi de l'énoncé des régions qui sont les seules où l'espèce jouit du statut considéré;
« représenté exclusivement en »... suivi de l'énoncé de régions où l'espèce a la quasi totalité de ses effectifs;
« représenté surtout en »... suivi de l'énoncé de régions où l'espèce a des effectifs nettement ou beaucoup plus importants qu'ailleurs (ce dernier terme est assez souple); dans de rares cas où la distribution était connue avec beaucoup de précision, elle a été détaillée.
e.  Fluctuations au cours du siècle.
Si les effectifs ont été nettement variables au cours de ce siècle, les fluctuations ont été décrites à la fin du paragraphe. Dans ce cas il ne faut pas perdre de vue que les effectifs indiqués plus haut sont les effectifs actuels. Le mot « diminution » a été utilisé pour exprimer une réduction des effectifs, le mot « régression » pour exprimer une réduction de l'aire de dispersion, avec comme antonymes, respectivement « augmentation » et « extension ».
2.  Statut de l'espèce en dehors des activités de nidification
a.  Statut.
Trois catégories globales sont considérées :
1°  L'espèce est « régulièrement » observée en Belgique : chaque année un exemplaire au moins est signalé en un endroit du territoire.
2°  L'espèce est, en Belgique, « un visiteur irrégulier » : elle n'est pas signalée chaque année, mais a été observée plus de treize fois en Belgique depuis 1901 (c'est-à-dire plus d'une fois par lustre en moyenne).
3°  L'espèce est observée « accidentellement » en Belgique : elle a été signalée moins de treize fois depuis 1900.
b.  Effectifs.
Dans ce paragraphe, les effectifs engagés dans l'une ou l'autre activité (telle que passage, hivernage,...) sont indiqués par les termes suivants :
en très petit nombre : de 1 à 100 ex.
en petit nombre : de 100 à 500 ex.
en assez petit nombre : de 500 à 5.000 ex.
en assez grand nombre : de 5.000 à 20.000 ex.
en grand nombre : de 20.000 à 100.000 ex.
en très grand nombre : 100.000 ex. ou plus.
c.  Passage, hivernage, présence l'été.
Le texte habituel pour les espèces dont la présence en Belgique est régulière commence par les mots « Oiseau de passage », ou parfois « Hivernant » et donne des indications d'effectifs (pour le passage, l'hivernage, la période d'été) et des indications de saison pour le passage (parfois le passage et l'hivernage combinés).
Ces indications doivent être comprises comme suit :
1  Oiseau de passage : sont englobés sous ce terme tous les oiseaux qui sont en période de mouvement, migrateurs traversant la Belgique, oiseaux en halte de migration sur le territoire, nicheurs arrivant à leurs lieux de nidification ou les quittant, hivernants atteignant leurs lieux d'hivernage ou les quittant.
Effectifs « de passage » : le nombre considéré est le plus grand nombre d'oiseaux qui peuvent « passer » par la Belgique en un jour; le mot « passer » est bien entendu compris dans le sens du 1° ci-dessus, c'est-à-dire que le nombre inclut les oiseaux qui traversent le territoire, l'atteignent, le quittent ou y séjournent en halte de migration, mais pas les individus de la même espèce qui s'y trouveraient déjà, encore ou en permanence sur leurs lieux d'hivernage ou de nidification.
Période de passage : les limites indiquées (de... à...), sont celles entre lesquelles un nombre significatif d'individus de l'espèce peut « passer » (voir ci-dessus) par notre territoire. Les périodes pendant lesquelles un nombre très faible d'individus peut parfois se déplacer sont indiquées entre parenthèses, précédées du mot « sporadiquement ». Enfin les périodes pendant lesquelles les observations de passage sont exceptionnelles sont indiquées par le mot « exceptionnellement » ou éventuellement par le nombre d'observations connues.
Il a été décidé de ne pas expliciter les « première » et « dernière date » afin de ne pas mettre l'accent sur cette information qui nous paraît de peu de valeur et responsable d'une émulation malsaine.
2  Hivernage :
Le statut de l'espèce en hiver a été exprimé par les mots « Hivernant régulier », « irrégulier » ou « occasionnel », ou encore « Quelques observations d'hiver », éventuellement dénombrées. L'emploi du mot « hivernant » suppose toujours un séjour d'une certaine durée en période d'hiver. L'indication d'effectif qui l'accompagne inclut tous les individus de l'espèce présents dans le pays pendant l'hiver. (Donc, sans exclusion de ceux qui s'y trouveraient à d'autres périodes, par exemple de nicheurs restés sur place).
3  Eté :
La présence en été des oiseaux nicheurs en Belgique va de soi et a toujours été sous-entendue. Par conséquent, les termes « estivant, quelques observations d'été », et les effectifs qui se rapportent à cette période concernent toujours les exemplaires non nicheurs présents dans le pays, à l'exclusion des individus de la même espèce engagés dans des activités de nidification.
Le mot « estivant » suppose un séjour d'une certaine durée d'exemplaires non nicheurs. Il faut ajouter que la présence d'un certain pourcentage d'individus non nicheurs au sein d'une population nidificatrice a été également sous-entendue et n'est pas incluse dans le décompte; par conséquent, des indications sur l'été ne sont données que lorsque la population d'estivants non nicheurs excède (ou au moins égale) celle des nicheurs ou bien lorsque la présence d'individus est constatée hors des zones de nidification.
d.  Présent toute l'année.
1°  Cas extrême.
Dans les cas où la population belge semble, en grande partie au moins, rester sur le territoire, où les effectifs ne subissent pas de fortes fluctuations annuelles, ou bien enfin où l'apport étranger d'oiseaux de passage n'est pas, ou est peu décelable, on a utilisé l'expression « Présent toute l'année », éventuellement accompagnée du mot « Erratique » qui indique des mouvements d'amplitude variable, sans direction nette, à l'intérieur du territoire.
2°  Cas intermédiaire.
Dans les cas où, comme ci-dessus, une grande partie de la population belge semble rester sur place et où les effectifs ne subissent pas de très grande modification au cours de l'année mais où un phénomène de passage d'oiseaux étrangers ou locaux et éventuellement d'hivernage d'oiseaux étrangers, est décelable, on a utilisé l'expression « Présent toute l'année » suivie d'une phrase commençant par « En outre, passage...  ». Il est bien entendu que dans ce cas, les effectifs indiqués dans la phrase commençant par « En outre » sont à ajouter aux effectifs permanents.
A noter encore, que dans des cas de ce type, mais où, pour l'hiver un certain exode, où l'importance de l'apport rendrait plus facile l'évaluation de la population globale plutôt que celle du surplus, on est revenu, après la phrase commençant par « En outre...  » à « Hivernant en...  » et non « En outre... ; Hivernage...).
Dans ce cas, les effectifs qui suivent le mot « Hivernant » sont donc les effectifs globaux.
e.  Visiteur.
Le mot « visiteur » a été utilisé systématiquement pour les « visiteurs irréguliers », de façon, vu l'irrégularité de la présence, à ne pas la lier trop nettement à une notion de « passage » ou d'« hivernage », réservée à des phénomènes réguliers.
Il a été aussi utilisé pour quelques rares hôtes réguliers lorsque le contexte de la présence en Belgique manquait de clarté.
f.  Indications géographiques.
Dans les mêmes conditions que pour la nidification (voir p. 369), des précisions géographiques sont parfois fournies, avec les mêmes conventions pour l'emploi des mots : exclusivement (remplaçant limité à), presque exclusivement et surtout.
Deux remarques sont nécessaires :
1°  lorsque les effectifs pour une région donnée ont été indiqués (entre parenthèses), ces effectifs ne sont pas à ajouter aux effectifs indiqués pour le pays; ils sont déjà compris dans le décompte global;
2°  l'expression « visite l'intérieur » a été utilisée pour certains Laridés; elle signifie que chaque jour un certain nombre de ces oiseaux s'observe dans l'intérieur, sans que pour cela ils y séjournent nécessairement.
g.  Invasions.
Le fait que l'espèce soit sujette à des irruptions en nombre anormalement élevé certaines années a été traduit par le mot : invasionnel.

Traitement des sous-espèces.
En général lorsque plusieurs sous-espèces ont été signalées en Belgique, elles sont traitées séparément.
Quelques dérogations ont été faites à cette règle, lorsque les données actuelles ne permettent pas de séparer avec précision le statut des sous-espèces. En ce cas, les sous-espèces sont traitées globalement et la situation est expliquée brièvement par une note placée immédiatement en dessous de la rubrique d'espèce.

V. Remarques sur les méthodes.
Des références sont citées dans le cas où une observation ou capture est mentionnée de manière précise.
1.  Sources principales :
Un certain nombre de publications ont été citées comme « sources principales ». Ce sont :
van Havre, G. C. M. 1928. Les Oiseaux de la Faune Belge.
Dupond, CH. 1950. Supplément à l'ouvrage « Les Oiseaux de la Faune Belge » de G. C. M. van Havre.
Verheyen, R. 1943. a Les Rapaces diurnes et nocturnes de Belgique.
Verheyen, R. 1946. b Les Pics et les Coucous de Belgique.
Verheyen, R. 1946. c Les Passereaux de Belgique (1ere partie).
Verheyen, R. 1947. d Les Passereaux de Belgique (2e partie).
Verheyen, R. 1948. e Les Echassiers de Belgique.
Verheyen, R. 1950. f Les Colombidés et les Gallinacés de Belgique.
Verheyen, R. 1951. g Les Oiseaux d'eau de Belgique.
Verheyen, R. 1952. h Les Anatidés de Belgique.
Lippens, L. 1954. Les Oiseaux d'eau de Belgique.
Le Gerfaut : Revue ornithologique publiée par l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.
De Wielewaal : Bulletin de la Société d'études ornithologiques De Wielewaal.
Aves : Bulletin de la Société d'études ornithologiques Aves.
Les références à ces publications ont été abrégées comme suit :
van Havre : v.H. 1928.
Dupond : C.D. 1950.
Verheyen : R.V. (suivi de l'indication de l'année et d'une lettre indiquant le volume).
Lippens : L.L. 1954.
Le Gerfaut : G. (suivi de l'indication du volume).
De Wielewaal : W. (suivi de l'indication du volume).
Aves : A. (suivi de l'indication du volume).
2. Choix des références.
Lorsque plusieurs références existent, le choix suivant a été fait :
1°  Si la mention se trouve de façon précise dans l'un au moins des quatre ouvrages de base (vH. , C.D. , R.V. ou L.L.) c'est la référence au plus ancien de ces ouvrages la contenant qui est faite, à l'exclusion de toute autre, sauf si l'adjonction d'une autre référence apporte un complément d'information important (correction, présence en collection).
2°  Si la mention a été reprise de façon précise dans une étude générale sur le statut de l'espèce publiée dans l'une des trois principales revues (G. , W. , A.), c'est la référence à cette étude qui est donnée.
3°  Dans tous les autres cas, on s'est efforcé de citer la première et la plus complète des mentions publiées dans l'une des revues, Le Gerfaut, De Wielewaal ou Aves.
4°  Ce n'est que dans le cas où aucune mention de l'observation ou de la capture ne se trouve dans l'une des sources principales qu'une référence à une autre source a été faite.
B. Controle des observations et des captures.
Toutes les mentions d'espèces accidentelles ou presqu'accidentelles en Belgique datant d'après 1900, ainsi que les mentions d'espèces régulières à des époques très anormales ont été soumises à une analyse très critique par les membres de la Commission. Les mentions qu'ils ont retenues et publiées dans cette liste ont leur confiance. Bien entendu, ils ne prétendent pas ne pas avoir commis d'erreurs; sans doute certains faits qui leur ont échappé les amèneront-ils à réviser leur jugement. Toutefois, ils ont été extrêmement prudents et critiques et, dans les cas où un doute leur paraissait subsister, ils ont toujours préféré éliminer la mention.
Les mentions rejetées l'ont été pour diverses raisons dont les principales sont les suivantes :
1°  observation insuffisamment documentée;
2°  donnée de seconde main;
3°  spécimen appartenant à une collection qui n'offre pas toutes les garanties;
4°  spécimen de provenance sûrement ou probablement étrangère (notamment Escaut hollandais, haute mer, ...);
5°  mention se rapportant probablement à des exemplaires échappés de captivité.
Un certain nombre de mentions valables ont dû être écartées, mais les membres de la Commission ont estimé qu'il était préférable de perdre des mentions exactes plutôt que d'inclure des mentions en lesquelles ils n'avaient pas toute confiance, ce qui aurait eu pour conséquence de jeter le discrédit sur l'ouvrage.
En ce qui concerne les observations, particulièrement les observations récentes, les membres de la Commission ne voudraient surtout pas que le rejet de l'une d'elles soit interprété comme une suspicion à l'égard de l'observateur. Dans bien des cas les membres de la Commission se sentent intimement convaincus de la validité de l'observation, mais la discipline qu'ils se sont fixée leur interdit de la garantir en l'absence d'une documentation plus précise.
Peut-être n'est-il pas inutile, pour éviter toute erreur d'interprétation, d'insister sur le fait que les effectifs indiqués doivent s'entendre de façon absolue, comme une indication du nombre d'oiseaux présents dans une région donnée, et n'impliquent donc pas en général une idée de densité.
Cette mise au point faite, nous pouvons brièvement donner les moyens qui ont permis d'estimer le nombre total d'oiseaux occupant notre territoire. Pour les espèces assez nombreuses ou largement réparties, on est souvent parti de densités estimées dans les milieux fréquentés et de l'étendue de ces milieux pour obtenir le nombre global. Les résultats sont évidemment assez imprécis, mais les catégories sont assez larges et bien adaptées à un pays de l'étendue du nôtre (nous avons repris sans les modifier les catégories établies pour l'Avifauna van Nederland), de sorte que, dans la plupart des cas, nous pensons que l'assignation à l'une d'entre elles est assez correcte. Pour les espèces peu nombreuses ou locales, les chiffres globaux étaient souvent connus de façon approximative et les estimations sont donc beaucoup plus précises.
D. Evaluation des effectifs des migrateurs.
L'évaluation des effectifs des migrateurs est beaucoup plus délicate que celle des oiseaux séjournant, particulièrement pour les espèces nombreuses largement réparties.
Rappelons que le nombre qui sert de base au choix de la catégorie est le nombre maximum d'oiseaux de l'espèce qui peut « passer par » le pays au cours d'une journée (24 heures); ceci comprenant ceux qui le traversent sans s'y arrêter, ceux qui y arrivent ou en partent, ceux qui s'y trouvent en halte de migration.


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