Celtes et Monnaies  

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- Si des photos de monnaies celtiques sont visibles sur le site, il ne s'agit en rien d'un catalogue.  De plus, l'échelle de taille entre les différentes monnaies illustrées n'est pas respectée : cela permet une visibilité correcte et équivalente de toutes les illustrations. 


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TABLE  DES  MATIERES

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A.  LES  CELTES

I. Celtes, Gaulois, Galates
II. Les langues celtes
a) La théorie traditionnelle
b) La théorie anatolienne
c) Les formes majeures de langues celtiques
III. Bref historique
a) Age du bronze
b) Premier âge du fer
c) Deuxième âge du fer
d) L'apogée et le déclin

B.  LES  MONNAIES

I. Etymologie
II. Définitions
III Monnaies diverses

C.  LES  MONNAIES  ET  LES  CELTES

I. Premières monnaies et monde celte
a) Age du bronze, âge du fer
b) Les "rouelles"
II. Les Celtes vus par les monnaies de leurs contemporains
a) La Gaule
b) Les Celtes terribles
c) Les Celtes vaincus
III. Monnaies celtes
a) Apparition et évolution générale
b) Etalons monétaires
c) Exubérance et abstraction
d) Types locaux, séries locales
e) Dévaluations
f) Fausses monnaies
g) Usage votif
IV. Monnaies celtes...après les Celtes
a) Haut Moyen-Age
b) Temps modernes : nationalismes et antiquité virtuelle 
c) Histoire d'hier, d'aujourd'hui, de demain
V. Documentation
VI. Vendeurs conseillés


A. LES  CELTES

I. Celtes, Gaulois, Galates,...

Le mot "Keltoi" (Celtes en grec) est retrouvé pour la première fois dans un texte grec du 6ème siècle avant J.-C., et désigne les tribus vivant au nord de la colonie grecque de Marseille.  Les Grecs utilisaient le terme "Galatai" (Galates) pour les peuples de langue celtique originaires d'Europe centrale, et qui firent expédition vers la Grèce au 3ème siècle avant J.-C. avant de se fixer en Anatolie, dans une région qui sera nommée "Galatie" pendant un millénaire. Les Romains désignaient du nom de "Galli" (Gaulois), les peuples de langue celte du continent, et César nous dit que ces "Galli" se nommaient entr'eux  "Celtae" (Celtes).

II.  Les langues celtes :

Elles font partie du grand groupe des langues indo-européennes, et étaient sans doute, au sein de celles-ci, les langues les plus parlées en Europe vers le 4ème siècle avant J.-C.

a) La théorie traditionnelle :

...donne pour berceau aux langues indo-européennes, la partie ouest de l'Asie centrale. L'indo-européen, arrivé vers 4000 avant J.-C. en Europe, s'y diversifie. En Europe centrale, il donne naissance à la langue celtique. Celle-ci atteint l'ouest de l'Europe au cours de la deuxième moitié du dernier millénaire avant J.-C., les Celtes d'Europe centrale immigrant vers l'ouest en imposant leur langue aux autochtones.

b) La théorie anatolienne :

...fait naître l'indo-européen en Anatolie (centre de la Turquie d'Asie). Entre l'an 7000 et l'an 4000 avant J.-C., simultanément à l'arrivée de l'agriculture, il atteint l'Europe puis s'y répand déjà dans tout le territoire qui sera reconnu celtique 3 à 4 millénaires plus tard.

c) Les formes majeures de langues celtiques :

On en distingue deux :

- le celtique en q : dans l'antiquité, il comprenait le goidélique (ancêtre des actuels gaéliques d'Irlande et d'Ecosse et du récemment défunt mannois) et l'hispano-celtique que pratiquaient les Celtibères des régions centre, nord, et ouest de la péninsule ibérique.
- le celtique en p :  dans l'antiquité, il comprenait le celtique oriental, le lépontique (vallée du Pô), le gaulois et le brittonique (ancêtre des actuels gallois et breton). Le picte était une forme de brittonique métissé avec une langue non indo-européenne.
A noter la difficulté particulière de l'étude des langues celtiques anciennes car il y a très peu d'écrits celtes : leur culture était de tradition orale.

III.  Bref historique :

a) Age du bronze :

Une société à caractère aristocratique (telle que la sera la société celte des temps historiques) est présente en Europe dès l'âge du bronze, soit de 2000 à 750 avant J.-C.  Le développement de la métallurgie participa aussi à celui du commerce : l'étain (entrant avec le cuivre dans l'alliage composant le bronze) était en effet peu répandu : Armorique (Bretagne actuelle) et sud-ouest de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne, aujourd'hui). Le cuivre provenait, lui, des Alpes et d'Europe de l'Est. D'autres matières font également l'objet d'un commerce intense : l'ambre de la Baltique, le sel des mines de l'Autriche actuelle.  Les élites font ériger des lieux fortifiés et se font inhumer sous tumulus dans des tombes richement ornées.
Par la suite, ce commerce entraîna un brassage et une certaine homogénéisation des cultures.  
A la fin de l'âge du bronze (entre 1200 et 800 avant J.-C.), une grande partie du continent européen connaît la culture "des champs d'urnes" (en référence au type habituel d'inhumation des défunts : au sein de nécropoles importantes, dans des urnes de terre cuite et après incinération). Ceci correspond aux périodes dites de Halstatt A et B.
(Halstatt est une ville actuelle d'Autriche, près de laquelle est situé un centre d'exploitation de mines de sel de l'âge du fer).


Les données actuelles semblent indiquer une continuité de peuplement pour plusieurs régions d'Europe centrale et occidentale, entre le deuxième millénaire avant J.-C. (âge du bronze) et les Celtes historiques de la civilisation laténienne. La carte suivante ne correspond donc probablement qu'à une partie trop étriquée de la réalité.

Europe en 800 avant JC : le berceau des tribus celtes        .

b) Premier âge du fer :

A partir d'une centaine d'années plus tard (de 700 à 450 avant J.-C.), une nouvelle métallurgie se développe : nous entrons dans l'âge du fer (périodes de Halstatt C et D, soit le Halstatt récent). On voit réapparaître en Europe du centre et du centre-nord, une société très hiérarchisée, avec l'édification de nombreuses citadelles autour desquelles les élites guerrières se font enterrer dans des tombelles au très riche mobilier funéraire (e.a. des chars funéraires à quatre roues). Nous sommes à présent sûrs d'être en présence d'une culture proprement celtique. Attention toutefois : toute la zone  influencée par la culture de Halstatt n'est pas de langue celtique, même si la plupart des lieux où se parle une langue celtique seront atteints par la culture de Halstatt. 
Vers 600 avant J.-C., avec la fondation et le développement de la colonie grecque de Massalia (Marseille), un nouvel axe commercial s'oriente Nord-Sud, entraînant le déplacement du foyer culturel celte vers l'ouest. Le vin, dont l'élite celte est friande, devient un produit majeur d'importation.  Les grandes chefferies du Halstatt récent sont à présent situées sur les axes commerciaux reliant le Rhône aux hautes vallées du Danube, du Rhin, de la Seine. Les tombes dites "princières" recèlent des trésors montrant le talent des artisans locaux, mais aussi des éléments mobiliers de prestige importés du monde méditerranéen : la tombe de la princesse de Vix (Bourgogne) en est un exemple. On retrouve de nombreux autres tombeaux prestigieux, dont le sommet du tumulus est parfois signalé par une sculpture colossale (p.ex. à Ditzingen-Hirschlanden et à Tübingen-Kilchberg, en Bade-Wurtenberg actuel).  

Vers le septième ou le sixième siècle avant J.-C., des Celtes auraient entamé une migration qui les auraient conduits en péninsule ibérique, où la fusion avec la population locale aurait produit la culture dite celtibérique (cfr le Finistère espagnol, la Galice). Cette version trop simpliste est actuellement rejetée au bénéfice d'hypothèses nettement plus complexes.
On imagine dorénavant, sur une bonne partie de la péninsule ibérique, l'existence d'un fond culturel "proto-celtique", qui y serait présent dès l'âge du bronze. A l'exclusion toutefois, des zones sud et sud-est, qui paraissent ne pas appartenir au fond indo-européen.
Sur la façade atlantique, en particulier au nord-ouest (zone des castros), cette culture de l'âge du bronze resta vivace jusqu'au dernier siècle avant J.-C. (et la mainmise de Rome sur l'ensemble de la péninsule ibérique). Ces populations furent pourtant, dès le deuxième millénaire avant J.-C., en relation tant culturelle que commerciale (l'étain !) avec les communautés de toute la façade atlantique de l'Europe d'aujourd'hui, mais aussi avec celles établies sur la côte ibérique méditerranéenne.
Le commerce et les échanges culturels s'amplifièrent en direction de la Méditerranée orientale, avec d'abord la création de comptoirs phéniciens (Gadir  =  Cadix, au 8ème siècle avant J.-C., partenaire privilégié du royaume de Tartessos, qui couvrait alors la basse vallée du Guadalquivir et du rio Tinto), puis grecs (e.a. Emporion =  Ampurias, quelque temps après l'ouverture du comptoir de Massalia).  Les communautés ibériques de toute la partie sud-est de la péninsule furent donc largement imprégnées d'influences culturelles de Méditerranée orientale.
Au nord-est de la péninsule (Catalogne) s'était développée dès la fin de l'âge du bronze, une civilisation fort proche de celle des champs d'urnes. Quoique non indo-européenne d'origine, elle fut clairement influencée par ses voisins du nord des Pyrénées.  Ici également, la création de comptoirs grecs fit entrer ces communautés dans l'orbite culturelle de la Méditerranée orientale.
Reste la zone centrale de l'Ibérie.  Là encore, on postule l'existence du substrat "proto-celtique" déjà cité, sur lequel serait venue se greffer l'influence du monde méditerranéen, donnant naissance progressivement à la culture dite celtibérique. Cette dernière atteignant par la suite, de proche en proche, les parties nord et ouest de la péninsule (à l'exception de l'extrême nord-ouest, qui gardera sa spécificité).

Dans le nord de l'Italie  d'aujourd'hui (Piémont, Lombardie), on a prouvé que les inscriptions en caractères issus de l'alphabet étrusque qui caractérisent la culture de Golasecca formalisent une langue celtique dès le septième siècle avant Jésus-Christ.
Selon les connaissances actuelles, les premiers peuples de culture celtique à avoir utilisé l'écriture étaient donc implantés au sud des Alpes, à distance donc tant du noyau celte centre-européen de Halstatt que des celtes de la péninsule ibérique. Et cela, plusieurs siècles avant les poussées invasives des Celtes vers le sud.


Au sixième siècle avant J.-C. (voire bien plus tôt) existaient donc au moins trois peuplements de langue celte mais de culture distincte : les Celtes de la péninsule ibérique, les celtes de Golasecca, les celtes d'Europe centro-occidentale.  A nouveau, on doit s'attendre à voir bientôt des modifications profondes dans les atlas historiques !

Comme la précédente, la carte suivante  n'est donc probablement pas le reflet exact de la réalité historique.


L'Europe au premier âge du fer (Halstatt)          

c) Deuxième âge du fer :

Une deuxième époque culturelle du monde celtique se déroule de 450 à 50 avant J.-C. : elle se nomme culture de La Tène (village situé en Suisse), ou encore "deuxième âge du fer".  Elle se caractérise par un art de synthèse entre les caractéristiques géométriques du Halstatt et les représentations végétales qu'apportaient les objets décorés grecs et étrusques. Le centre culturel se déplace à nouveau, un peu au nord et à l'ouest, soit de la Marne au Rhin. A nouveau on doit remarquer le caractère aristocratique militaire de cette culture. Outre cela, la société celte est remarquable par la qualité du travail de ses artisans et les outils et techniques agricoles (entre autres) parfaitement adaptés aux impératifs régionaux.

L'Europe au deuxième âge du fer : La Tène          
Les migrations des tribus celtes continuent :
- vers le sud où entr'autres les Boii (celtes de Bohème, qui fonderont Bologne) affaiblissent les Etrusques avant, plus tard, d'aller piller la jeune Rome (en 390 avant J.-C.) ; 
- vers l'est, où ils attaqueront le royaume du Bosphore (actuelle péninsule de Crimée, au nord de la Mer Noire) et atteindront le Don (200 avant J.-C.) ;
- vers le sud-est avec l'expédition en Grèce de 279 avant J.-C. et leur défaite à Delphes. Certains survivants de cette dernière expédition fondèrent le royaume de brigands de Tylis (sur la Mer Noire, en Thrace), qui généra pendant plus de soixante ans énormément d'insécurité pour les villes grecques du littoral.  D'autres celtes de l'expédition en Grèce (au nombre de 20000), après une défaite contre Antigone Gonatas, roi de Macédoine, se rendirent dans l'actuelle Turquie pour devenir mercenaires du roi de Bithynie. Ils s'allièrent par après au roi du Pont et s'établirent en Anatolie, dans une région longtemps nommée Galatie. Une de leurs capitales s'appelait Ancyra : aujourd'hui, elle se nomme Ankara, et c'est la capitale de la Turquie...
Remarquons qu'en particulier au 3ème siècle avant J.-C., les guerriers celtes étaient des mercenaires très demandés par les monarques du monde méditerranéen : ceci influencera largement le début du monnayage des tribus celtes.


L'Europe et les migrations des tribus celtes            

d) L'apogée et le déclin :

Nous sommes dans les années 250 avant J.-C.  Le monde celtique est à l'apogée de son étendue territoriale : entre les terres connues aujourd'hui sous les noms d'Irlande, d'Espagne et de Turquie, on parle une langue celtique...
Et pourtant, c'est déjà le début du crépuscule pour les Celtes :
- il y a déjà 45 ans que les Romains ont fêté leur première victoire sur une tribu celte (à Sentinum, en 295 avant J.-C.).
- le royaume éphémère de Tylis est détruit par les Thraces vers 213 avant J.-C.
- il y a 25 ans qu'Antiochos Ier ("Sôter", "le sauveur") a défait les Galates. Attale I, roi de Pergame, fait de même vers 233 avant J.-C.,  puis Rome les vainct en 189 avant J.-C., avant que le massacre de l'aristocratie galate par Mithridate IV conduise les Galates à un système monarchique.  Le royaume galate deviendra vassal de Rome puis fut annexé à la puissance romaine en 25 avant J.-C.
- Rome va conquérir en moins de deux siècles l'ensemble de l'Italie et de l'Espagne d'aujourd'hui. Les Gaulois et Celtibères furent vaincus avec les Carthaginois auxquels ils s'étaient alliés contre Rome. Les Celtibères seront encore vaincus à la fin d'une guerre de plus de vingt ans, vers 133  avant J.-C. Une dernière résistance des Gallaeci et des Astures est brisée en 19 avant J.-C. : la pax romana s'étend alors sur toute la péninsule ibérique.

- Marseille menacée par les celtes Salyens reçoit plusieurs fois l'aide de Rome. En 125 avant J.-C., une coalition entre les Gaulois Salyens, Allobroges et Arvernes conduits par Bituitus est défaite par Rome. Vers 120 avant J.-C., les Cimbres et les Teutons (peuples germains) traversent de nombreux territoires celtiques, d'abord dans la vallée du Danube puis en Pannonie (Hongrie) avant de se diriger vers la Gaule du Nord (Belgique) et la Celtibérie. Ils seront finalement écrasés par Rome lorsqu'ils feront route vers l'Italie. Ils auront toutefois profondément désorganisé la Gaule. En 58 avant J.-C., les Celtes Helvètes entament une migration vers l'Ouest. Ce sera le début de la guerre des Gaules, qui verra Jules César étendre la paix romaine sur l'ensemble de la Gaule en sept années de combats.
- vers 85 avant J.-C., Rome défait les Celtes Scordisques danubiens. Trente-cinq années plus tard, les Daces vainquent les Celtes Boii de Pannonie. Quelques années avant J.-C., Rome aura conquis les territoires au Sud du Danube ainsi que le Norique.
- restent l'île de Bretagne (Grande-Bretagne d'aujourd'hui) et l'Irlande.  Seule la deuxième échappera à la conquête par Rome. Pour l'île de Bretagne, après deux premières tentatives par Jules César, il faudra attendre 95 ans et l'an 42 de notre ère pour voir Rome retraverser la Manche. Vingt ans plus tard, il ne restera que l'Ecosse et l'Irlande aux Celtes.
En 410, les Celtes Britanniques expulsèrent les administrateurs romains. Au cours du cinquième siècle, il y eut une importante migration de Britanniques depuis l'île de Bretagne vers la Bretagne d'aujourd'hui (ce qui explique le nom actuel de la région). Il s'agit certainement d'un élément majeur expliquant le maintien d'une langue celte sur le territoire de la France actuelle.


B. LES  MONNAIES

I.  Etymologie

A Rome, on frappait monnaie dans le temple de Juno moneta (Junon "qui avertit").

II. Définition

Il n'est pas si évident de définir clairement le terme de "monnaie". On pourrait dire qu'il s'agit à la fois d'une unité commune de mesure permettant de comparer entre eux des biens et des services en leur octroyant une valeur, ainsi que la forme sous laquelle cette unité de mesure est matéralisée pour en permettre l'usage. Sans unité commune de mesure, le commerce ne peut se baser que sur l'échange des biens et services (le troc), ce qui présente bien évidemment un caractère limité et aléatoire.

III. Monnaies diverses

Il n'y a pas si longtemps dans l'histoire humaine qu'est née la monnaie telle que nous la concevons couramment (de manière d'ailleurs assez restrictive), soit sous la forme de rondelles métalliques. On attribue  habituellement la paternité de ce format particulier de monnaie à l'antique Lydie (Grèce d'Asie Mineure), vers le 6ème siècle avant J.-C.
On notera que le développement des moyens de paiement électronique risque bien de faire disparaître à moyenne échéance tout support matériel à la monnaie ; la "pièce de monnaie" n'atteindra sans doute pas ses trois millénaires d'existence !
Bien d'autres types de monnaies ont existé, et certains ont duré fort longtemps (les monnaies coquillages en particulier).  Voici illustrés quelques exemples :

 
Monnaies coquillages  

Monnaies diverses d'Afrique et d'Amérique pré-colombienne    

Monnaies diverses d'Asie  

Ces quelques illustrations parmi des centaines d'autres, dont les formes n'ont pratiquement de limite que celle de l'imagination humaine... et qui ne sont, tout compte fait, guère plus absurdes que les pièces d'eurocents qui déforment aujourd'hui nos poches.

C. LES  MONNAIES  ET  LES  CELTES

I. Premières monnaies et monde celte 

a. Age du bronze, âge du fer

Troc et bétail bovin et ovin ont certainement largement rencontré les impératifs limités des échanges de nécessité de sociétés au départ peu commerçantes.  L'apparition de réels flux commerciaux entre les régions "du Nord" et le  monde méditerranéen a imposé le développement d'outils monétaires plus performants. L'usage de différents métaux en lingots était déjà habituel en Méditerranée du Sud-Est et en Mésopotamie au seizième siècle avant J.-C. A partir de cette zone fut développé un système monétaire cohérent, basé sur le boeuf et sa contrevaleur en différents métaux (à savoir les "talents" d'or, d'argent, de cuivre, de bronze).  Certains des lingots étaient coulés en forme rappelant celle des cornes de boeuf. C'est probablement cette forme particulière qui donna naissance au type cultuel et monétaire de la double hache, très habituel en Crète et à Chypre, mais rencontré également sur les territoires actuels de l'Allemagne, la Suisse et la France. En Europe centrale et de l'Ouest, d'autres monnaies plus élémentaires étaient rencontrées : lingots grossiers de cuivre, morceaux de bronze de taille variable, évoluant au cours du temps vers des formes plus régulières (aboutissant à l'aes grave, portant même parfois l'image d"un boeuf). 
Sur le continent européen et le sud de l'île de Bretagne, à la fin de l'âge du bronze, des haches moulées (habituellement en bronze, parfois même en plomb) servent à des fins probablement cultuelles et monétaires : elles n'ont en effet aucune qualité en tant qu'éventuel outil, et sont retrouvées sous forme de trésors. Sur le continent, des faucilles de bronze remplissent très certainement des fonctions comparables.

Des anneaux de bronze, d'argent et d'or (voire même des bijoux) furent utilisés comme monnaies sur l'ensemble du continent ainsi qu'en île de Bretagne.
Au nord de la Mer Noire et en Thrace, certains objets sont probablement utilisés à titre de monnaies : pointes de flèche, "clochettes", anneaux variés. Sur la Mer Noire, la cité grecque d'Olbia développe aux 6ème-5ème siècles une monnaie de bronze représentant un dauphin.  
Et nous voici déjà arrivés à la période des monnaies telles que nous les connaissons aujourd'hui.


Proto-monnaies aux frontières du monde celte  

b. Les "rouelles

Une énorme confusion règne encore aujourd'hui autour de très nombreux objets présentés (et vendus !) comme "rouelles gauloises", et qui ne sont que des fusaïoles (poids utilisés par les fileuses) bien souvent vieilles d'à peine 200 ou 300 ans... Les rouelles gauloises à rayons (en métaux divers précieux ou vils) ne sont pas rares, mais il est fort peu probable qu'elles aient jamais eu une fonction monétaire. Peut-être avaient-elles un caractère votif.

II.  Les Celtes vus par les monnaies de leurs contemporains

Les représentations monétaires de personnages celtes ou de symboles des peuples celtes sont rarement à l'avantage des modèles : les Celtes étaient craints en tant que guerriers dangereux.  Cette -mauvaise- réputation n'était certainement pas usurpée, au vu de leur succès sur le marché antique du mercenaire !
Leur représentation sera donc habituellement celle de personnages terribles, ou -pour flatter le pouvoir émetteur ou sa lignée- celles d'ennemis vaincus.
Nota : la liste ci-dessous n'est certainement pas exhaustive !


Les Celtes vus par les monnaies de leurs contemporains  

a. La Gaule :

- Denier de Publius Licinius Crassus, 55 avant J.-C., frappé à Rome. Gallia est debout à côté de son cheval, armée d'un long javelot, bouclier à ses pieds. Publius Crassus avait participé en 57 avant J.-C. à la soumission des tribus de l'Armorique avant de guerroyer en Aquitaine. Il y a sans doute dans cette représentation, autre chose que de la crainte : du respect, voire de l'amitié... Il est vrai que Publius revint de Gaule accompagné de mille cavaliers gaulois ralliés, dont la plupart mourront avec lui deux ans plus tard, dans la guerre contre les Parthes.
- un denier de L. Hostilius Saserna, frappé à Rome en 48 avant J.-C.porte la seule représentation "douce" des Celtes que je connaisse, sous les traits d'une jeune femme au visage mélancolique : Gallia.  

b. Les Celtes terribles :

- Denier de L. Pomponius Cn. f., 118 avant J.-C. (frappé à Narbo) : Bituitus, nu, conduit son char-bige ; il est armé d'un trident (ou d'un large javelot ?) et d'un bouclier. Il tient un carnyx (l'épouvantable trompette gauloise à la tête monstrueuse articulée). Fait partie d'une série de cinq deniers aux revers similaires.
- Denier de P. Fonteius P.f. Capito, 55 avant J.-C. : deux guerriers gaulois sont en mauvaise posture contre un cavalier, mais vendent chèrement leur peau.
- Denier de L. Hostilius Saserna, 48 avant J.-C. (frappé à Rome) : au revers, deux menaçants guerriers gaulois manoeuvrent leur char. A l'avers, c'est le visage tendu et anormalement vieilli de Vercingetorix (qui n'a que trente ans !), déjà vaincu mais d'aspect toujours redoutable. 

c. Les Celtes vaincus :

- Bronze d'Antigonos Gonatas, vers 279 avant J.-C. : Pan érige un trophée et se prépare à y déposer un bouclier celte.
- Bronze du roi Leucon II du Bosphore, vers 275 avant J.-C. : un bouclier celte est l'unique témoin d'une victoire oubliée sur les Celtes.
- Denier de M. Furius L.f. Philus, 119 avant J.-C. (frappé à Rome) : la Victoire élève un trophée de plusieurs boucliers et carnyx celtiques.
- Denier de C. Egnatuleius, 97 avant J.-C. (frappé à Rome) : la Victoire élève un trophée ; on remarque sous le trophée, à gauche, un carnyx. A noter que cette pièce célèbre les victoires de Marius sur les Cimbres et les Teutons : le carnyx n'est-il pas incongru ?
- Denier de P. Cornelius Lentulus Marcellinus, 50 avant J.-C. : Claudius Marcellus, l'ancêtre glorieux cinq fois consul, monte les marches d'un temple, en portant un trophée. Ceci rappelle que C. Marcellus reçut un hommage particulier lorsque, entre autres faits glorieux, il tua de sa propre main un chef Celte Insubre en 222 avant J.-C., dans la conquête par Rome de la Gaule cisalpine.
- Denier de Julius Caesar "à l'éléphant", 49 avant J.-C., atelier de campagne. L'élephant serait la représentation symbolique de César lui-même ; quant au serpent, il s'agirait d'un carnyx ?
- Albinus Bruti f., 48 avant J.-C. (frappé à Rome) : montage de deux carnyx et de boucliers, dont un clairement celtique.
- Denier de C. Vibius C. Pansa Caetronianus, 48 avant J.-C. : Roma, couronnée par une Victoire ailée, est assise sur un entassement de boucliers celtiques.
- Deniers de Julius Caesar : de 48 à 45 avant J.-C., plusieurs deniers frappés pour César (frappes à Rome, en Espagne, ou atelier itinérant) représentent une scène à peu près semblable : un trophée d'armes celtiques et de carnyx occupe le revers ; le plus souvent sous le trophée, un gaulois vaincu, seul ou accompagné de Gallia.


III.  Monnaies celtes

a. Apparition et évolution générale

Il faut bien sûr faire abstraction de toute frontière actuelle lorsque l'on se penche sur l'histoire des tribus celtes, ainsi que sur les localisations et attributions des émissions monétaires celtiques.
De même, il est impératif de considérer avec un regard critique les attributions parfois proposées sans guère de preuves.
Les sources historiques nous décrivant les peuples celtes jaillissent de la plume de contemporains inquiets ou de conquérants à priori fort peu objectifs, ne décrivant de toute façon qu'un moment particulier de localisation de peuples fort migrateurs !  Donc, prudence, prudence...!

Les premières monnaies celtes, apparues au 3ème siècle avant J.-C., furent des imitations fort fidèles de leurs modèles : les statères d'or de Philippe II de Macédoine (382-336 avant J.-C.) et de son fils Alexandre III le Grand (336-323 avant J.-C.), ainsi que de Tarente. Les prototypes en furent très certainement ramenés "au pays" par les très nombreux mercenaires gaulois engagés par différents monarques du monde méditerranéen. Ces premiers statères devaient avoir valeur plus de prestige que de support du commerce. Toutefois, l'utilisation de plusieurs prototypes de Tarente en pays de Somme (sous l'étalon de l'hémistatère, comme ce sera le cas également dans la région voisine : l'actuelle Normandie) est sans doute le reflet de rapports réguliers à mettre en relation avec le commerce de l'étain.
Les tétradrachmes grecs du royaume de Macédoine (Philippe II, Alexandre III) influenceront largement les émissions de l'Est du monde celtique, au Sud du Danube. Les tétradrachmes de Thasos seront la base de nombreux types dérivés utilisés au Nord de la mer Noire à partir de la deuxième moitié de 2ème siècle avant J.-C.
Le besoin en numéraire utilisable dans la pratique courante du commerce sera rencontré par le développement de types monétaires basés sur les étalons (habituellement en argent) utilisés par les partenaires commerciaux principaux. Parfois également, par la création de monnaies divisionnaires des statères d'or. Remarquons également, dans la partie Est du monde celtique (Boii, Pannonie, Norique, "Ostkelten"), la profusion de très petites monnaies d'argent ("kleinsilber"), pesant -parfois beaucoup- moins d'un gramme.
La carte suivante représente les influences premières dans l'apparition des monnaies celtiques.


Monnaies celtiques : les archétypes

       
L'évolution des monnaies celtes sera variable dans l'énorme territoire occupé par des tribus celtes,et s'effectuera  parallèlement aux modifications géopolitiques et commerciales qui les affecteront (d'une manière évidemment ni identique, ni synchronisée).
Un étalon "argent" d'origine romaine sera la base des "deniers gaulois", pesant la moitié du denier romain (soit le poids d'un quinaire romain). Ce système monétaire supplantera dans beaucoup de régions celtiques (Gaule du centre et de l'Est, Rhin) l'étalon "or" grec des origines. On peut clairement y voir le signe du développement du commerce avec Rome à partir de la deuxième partie du 2ème siècle avant J.-C.  Cette même évolution n'affectera l'île de Bretagne que vers 50 avant J.-C. Notons, outre l'influence de cet étalon dans la zone déjà citée du "denier gaulois", l'existence d'imitations de deniers de la république romaine par les Scordisques (est de la Pannonie) et la région de l'actuelle Hongrie.
Une monnaie celtique particulière apparaîtra dans le monde celtique vers la deuxième moitié du 2ème siècle avant J.-C. : le potin. Il s'agit d'une monnaie coulée en chapelets de pièces, et faite d'un alliage fort pauvre d'étain, de cuivre et de plomb. Utilisé d'abord pour désigner l'alliage, le terme potin représente aujourd'hui toute pièce coulée (celtique). Les centres d'apparition des potins se situent à la naissance des grands fleuves d'origine alpine (potins "à la grosse tête"), ainsi qu'en Gaule du Nord-Est (potins à la tête d'indien). Beaucoup de types de potins sont issus typologiquement des bronzes massaliotes au taureau (et cela, jusqu'en île de Bretagne, chez les Cantii). Le thème du sanglier sera développé largement sur les potins des peuples de la moyenne et basse vallée de la Seine. L'usage comme monnaie plus ou moins publique ou privée des potins est encore controversé. Il devait de toute façon s'agir là d'un numéraire de très faible valeur. De très rares exemplaires sont en plomb pur : qu'en penser ?

Le bronze apparaît assez tard dans les systèmes monétaires celtiques (sauf dans les zones d'influence romaine ancienne : Narbonnaise, Celtibérie), soit vers 70-60 avant J.-C. Il faut mentionner le cas particulier de la Gaule du Nord-Ouest : au moment de la guerre des Gaules, les sanctuaires battent des monnaies de bronze en quantité énorme et en variétés presque innombrables. Se rencontrent au même moment dans cette région, les curieuses monnaies lamellaires d'argent, extraordinaires par leur faible poids, leur fragilité et la finesse de leur gravure. Notons que ces monnaies de bronze ainsi que les potins resteront longtemps les monnaies de base de la Gaule vaincue par Rome, avant que le pouvoir romain n'acquière la capacité de remplir le besoin local en numéraire par ses propres émissions.
 
b. Etalons monétaires en relation avec les monnaies celtes

1. Statère d'or (Philippe II de Macédoine, Alexandre III le Grand, Tarente) : au départ, 8,5g d'or... mais dont le poids et le titre en or baisseront sévèrement au cours du temps, ce qui, pour des séries monétaires cohérentes, permet de donner une chronologie relative des émissions. Divisions en hémistatères et quarts ; divisions multiples chez les Boii (jusqu'au 1/24ème de statère !). Dans le Nord-Ouest, le premier étalon sera l'hémistatère (pesant la moitié d'un statère). L'étalon statère restera présent jusqu'à la conquète romaine, et demeurera  la base des systèmes monétaires de plusieurs peuples celtes (chez les Boii, déjà cités, ainsi qu'en Armorique et en île de Bretagne).

2. Tétradrachmes grecs du royaume de Macédoine (env. 15 à 17g  d'argent selon l'étalon) et divisions en didrachmes et drachmes (Philippe II, Alexandre III). Tétradrachmes de Thasos (17g). Tétradrachme de Patraos en Paionie.
Drachme d'argent de 4,7g de Rhoda et d'Emporion (colonies grecques situées sur la côte catalane actuelle), qui influenceront les émissions les plus anciennes de Gaule du Sud, avec les nombreux types de monnaies "à la croix".
3. Monnaies de Massalia : litra massaliote de 0,86g d'argent (= cinquième de drachme, basée sur l'étalon attique) et obole de 0.72g d'argent (= sixième de drachme d'étalon attique) pour les émissions massaliotes anciennes de ces unités. Ultérieurement, ces petites pièces verront leur poids baisser à 0,63g, soit une obole basée maintenant sur l'étalon plus léger de Velia. Drachme d'argent de Marseille, d'abord lourde (3,74g, valant la moitié du didrachme de la cité de Velia, en Grande Grèce), puis légère (2,69g) à partir de la deuxième guerre punique (rappelons que ces guerres virent Massalia alliée de Rome contre Carthage et plusieurs tribus celtiques), soit à partir de 221 avant J.-C.  
4. Denier d'argent romain (signe "X" sur les monnaies, pesant initialement 4,51g, puis 3,96g, valant 10 puis 16 as), et quinaire (demi-denier, signe "V" sur les monnaies).
5. Unité romaine de bronze (as), demi-unité de bronze (semis), quart d'unité de bronze (quadrans), base des monnaies de bronzes e.a. de Celtibérie (dès le 2ème siècle avant J.-C.).


c. Exubérance et abstraction

Après avoir abordé succinctement la naissance et l'évolution des systèmes monétaires celtiques, avec un regard sur des éléments métrologiques, socio-économiques et politiques, il est utile de considérer ce numéraire au plan de la typologie et de l'esthétique. En effet, si les archétypes grecs et romains nous sont connus, les Celtes ne se sont pas contentés de les copier servilement... en tout cas, pas longtemps !
La numismatique celtique nous apporte, plus que toute autre science historique, une ouverture sur un monde culturel largement étouffé par ses conquérants. Nous ne disposons en particulier que de très peu d'écrits celtiques, puisque cette société privilégiait la transmission du savoir par la tradition orale.
L'étude des monnaies, si nous l'abordons par une lecture esthétique naïve et sans à-priori, nous permet d'appréhender une vision du monde particulière et riche, bien loin de canons académiques rigides.
L'esthétique des monnaies celtiques se marque à la fois par l'exubérance des motifs, par une tendance évidente à l'abstraction, par une capacité étonnante à faire "exploser" un motif ou un visage, lui attribuant de  la sorte les caractéristiques d'un micro-univers en expansion.  Du temps des Celtes, et pendant les 2000 ans qui suivirent, aucune autre culture ne fut capable d'une telle restructuration du réel.
Les illustrations qui suivent nous montrent quelques exemples de cette extraordinaire capacité.

monnaies celtes : archétypes des statères de Tarente et de Philippe II    Monnaies celtes : archétype du statère d'Alexandre

Monnaies celtes : archétype du tétradrachme d'Alexandre le Grand

Monnaies Celtes : archétype tétradrachme de Philippe II  

Monnaies celtes : archétype drachme de Marseille (Massalia)

Monnaies celtes : archétype bronze de Marseille (Massalia)

Monnaies celtes : archétype tétradrachme de Thasos

Monnaies celtes : archétype denier de Rome

d. Types locaux, séries locales

Je ne crois pas qu'il faille à tout prix découvrir un archétype à chaque monnaie celtique. A quoi bon d'ailleurs, si le graveur celte l'a tant modifié qu'on ne saurait le retrouver ?
J'ai sélectionné ci-après, juste pour le plaisir des yeux et du coeur, quelques types monétaires particulièrement représentatifs du génie celte. J'espère que ces images vous donneront le goût d'en découvrir d'autres...


Monnaies celtiques : visages du passé

Monnaies celtes : signes, symboles, monstres et chimères

Monnaies celtes : représentations d'animaux

e. Dévaluations

Eh oui, la baisse de valeur des monnaies ne date pas des temps modernes !
Rappelons-nous que l'étalon-or du statère grec valait 8,5g.  
Examinons le monnayage d'or attribué aux Ambiani (vallée de la Somme). Les statères au flan large des premières classes pèsent encore presque 8g, tandis que les classes récentes descendent vers les 7g. Les premiers statères bifaces (émission suivante) commencent à 7,2g, pour descendre au fil des séries et du temps à 6,2g.  Troisième étape, contemporaine de la guerre des Gaules : le statère uniface. Les premières émissions pèsent environ 6,3g, les dernières n'atteignent plus que 5,5g !
Et ce n'est pas tout : le pourcentage d'or diminue dans l'alliage constitutif de la monnaie. Ainsi, un statère au flan large contiendra de 4,60 à 5,87g d'or pur ; un statère biface n'en pèsera plus que 3,10 à 4,34g ; et les statères unifaces ne refermeront plus que 2,72 à 4,03g d'or !  
La même démonstration peut s'effectuer pour beaucoup d'autres séries monétaires, lorsqu'il est possible d'en suivre l'évolution sur une durée suffisante.

f. Fausses monnaies

Rien de nouveau sous le soleil non plus : la fausse monnaie est née en même temps que la vraie.
Les monnaies celtiques n'échappent pas à la règle, avec toutefois une caractéristique intéressante : il est à peu près certain que nombre de faux étaient battus par le pouvoir émetteur lui-même. On n'est évidemment jamais mieux servi que par soi-même !


Fausses monnaies, et deux potins en plomb    

g. Usage votif


Vous avez certainement déjà jeté l'une ou l'autre piécette dans une fontaine, espérant vous attirer par là quelque bienveillance surnaturelle particulière... rassurez-vous : les Celtes faisaient de même (et ils ne furent ni les premiers, ni les derniers à pratiquer de la sorte).  Bien souvent, l'offrande monétaire était entaillée ou coupée en morceaux, pour lui ôter sa valeur en tant qu'outil commercial. Bien d'autres objets étaient ainsi sacrifiés : poteries, fibules, rouelles, outils et armes (tordues), parfois sous une représentation miniaturisée...
Dans l'illustration suivante, vous pouvez voir quelques morceaux de quarts de statère, trouvés au niveau de sources.
Egalement illustrée, une des très nombreuses monnaies "sacrifiées" en les entaillant (il s'agit ici d'un denier à la légende VIIPOTAL).  
J'y ai joint l'image d'un potin (attribué aux Suessions), retrouvé au sein d'un foyer antique. On s'aperçoit que la pièce était neuve et parfaite avant d'être déformée par la chaleur. Peut-être s'agit-il d'un accident, peut-être aussi d'une forme d'offrande ?


Monnaies votives et sacrifiées  


   

IV.  Monnaies celtes... après les Celtes

a. Haut Moyen-Age :

1. Fibules monétiformes : on trouve souvent des monnaies gauloises dans des tombes mérovingiennes. C'est le cas aussi d' accessoires d'habillement inspirés de types monétaires celtiques : la vente Monnaies XV du C.G.B. (Paris) proposait un tel objet (sous le n° 1073). Une fibule similaire était décrite dans la revue Détection-Passion n°37 (11-12/2001). En illustration ci-après : une photo du médaillon central d'un autre exemplaire de cette même fibule, le potin gaulois qui en fut le modèle, et la représentation de ce à quoi ressemblait ce très bel objet de parure.

Fibule monétiforme inspirée d'un potin

2. Jetons monétiformes : sont rarement retrouvés (singulièrement en Picardie), des jetons de plomb reprenant les motifs de certaines monnaies gauloises.  Chose étonnante : plusieurs de ces jetons furent trouvés en "mini-trésor", accompagnés d'un jeton similaire imitant une monnaie mérovingienne. Ceci donne une idée du laps de temps minimal (soit quelques siècles !) entre la production des  monnaies gauloises et celle de certains des jetons qui les imitent.
L'illustration suivante reprend quelques exemples de ces curieux jetons ainsi que des monnaies qui leur servirent de modèles.

Jetons imitant des monnaies mérovingienne et celtes


b. Temps modernes : nationalismes et antiquité virtuelle 

1. Romantisme et "celtomanie" : à partir du 18ème siècle, une élite intellectuelle de régions de vieille culture celte (Ecosse, Irlande) redécouvrit cette ancienne appartenance et la magnifia (avec parfois plus d'inventivité que de rigueur historique !). Ce mouvement était bien en phase avec le romantisme du moment, en révolte contre le rationalisme et le matérialisme ambiants. Ce fut également un moteur politique dans les régions citées, qui souhaitaient (à degrés divers) se démarquer de la dominance anglaise. L'Ecosse finit par se voir reconnaître une certaine spécificité, mais toujours au sein du Royaume-Uni.
Le cas irlandais fut plus épineux : si les premières manifestations d'appartenance celtique réunissaient tant catholiques que protestants, l'évolution se fit vers la partition du pays, en 1922, selon la religion pratiquée par la majorité.
L'illustration suivante montre une médaille frappée à New-York en 1910, glorifiant le renouveau celte irlandais par la représentation de Brian Boru. Ce roi celte irlandais de la fin du 10ème et début du 11ème siècle unifia l'entièreté de l'Irlande et s'opposa victorieusement aux envahisseurs vikings.    

Brian Boru, roi de l'Irlande celte

2. Une antiquité virtuelle au secours des Etats  
A partir de la fin du 18ème siècle, et jusqu'après la deuxième guerre mondiale, l'Europe fut le théâtre d'évolutions politiques majeures, tant dans la définition des Etats (et de leurs frontières) que de leurs régimes politiques.
On vit alors surgir presque partout, des représentations allégoriques des Etats, sous forme de "déesses" virtuelles, dont le nom était, féminisé, celui du peuple antique (habituellement celte) occupant le lieu deux mille ans auparavant. Citons ainsi Gallia (la France), Britannia  (l'Angleterre), Hibernia  (l'Irlande), Helvetia  (la Suisse), Germania  (l'Allemagne)... On peut imaginer que la référence à l'antiquité devait conférer aux Etats modernes vacillants un label intemporel de légitimité.  Ces allégories étaient abondamment présentes sur la plupart des monnaies et billets depuis la fin du 18ème siècle, où elles dispensaient un message nationaliste
permanent -subliminal mais très réel- à l'attention des citoyens du pays concerné.
Ces créatures
virtuelles antiques présentent habituellement une double spécificité : elles sont tout à la fois déesses de la guerre... et de la paix !  Elles portent d'une main trident, javelot, glaive ou bouclier, et de l'autre, rameau d'olivier, colombe, ou corne d'abondance. Le paysage qui les entoure s'agrémente de symboles de paix et de prospérité, mais manifeste également la capacité de l'Etat à pratiquer la guerre (voilier menaçant derrière Britannia, cuirassés gigantesques derrière Germania,...). Certaines représentations de Gallia sur des médailles du début du 20ème siècle sont ainsi particulièrement aggressives.  Hibernia est la plus constamment pacifique (mais l'Irlande était sous domination anglaise) et, curieusement,  nous ne la trouvons armée que sur le sigle de la (Royal) Dublin Society, constituée par des intellectuels de Dublin en 1731 (en vue du développement économique et culturel de l'Irlande) et devenue "Royale" en 1820, lors de son patronage par Georges IV d'Angleterre.
Au regard de l'histoire récente et contemporaine, nous savons à présent que ces belles déesses furent de funestes guerrières, générant bien plus de drames et de désolation que de prospérité.
Seule l'émergence de l'idée européenne, premier espoir de paix durable sur notre continent, aura su leur faire réintégrer enfin le Panthéon des dieux oubliés.
On constatera toutefois que Britannia fait encore de la résistance et demeure bien présente sur le numéraire britannique d'aujourd'hui. On comparera ainsi utilement les billets anglais avec
ceux libellés en Euro, porteurs de symboles d'échange et d'union.
Les illustrations suivantes reprennent quelques éléments développés dans le texte qui précède.
 
Britannia : depuis ton rocher, tu vaincras

Gallia : pas vraiment sympa...

Germania : des cuirassés tu forgeras...

Hibernia : on n'a pas vraiment peur de toi...

Helvetia : une neutralité très armée tu défendras...

Britannia encore, qui ne change pas...


c. Histoire d'hier, d'aujourd'hui, de demain :
 
1. Symboles, histoire et légendes :

- le triskèle : ce symbole n'est pas exclusivement celte, mais est très fréquemment représenté sur des monnaies celtiques.  Il est également le symbole de l'île de Man, petit territoire entre Angleterre et Irlande, dont le langage -tout récemment disparu- était un dialecte celte particulier, proche de l'irlandais (Man fut conquise par les Irlandais au dépens des Britons). Un essai de renaissance du Manois est en cours. Notons que si le parler de l'île de Man était celte, son modèle politique est viking : la promulgation des règlements locaux s'effectue encore aujourd'hui par annonce publique, sur la colline de Tynwald.



- les druides : des membres de cette aristocratie scientifique et religieuse sont représentés sur des jetons de cuivre émis par des sociétés minières des Cornouailles et du pays de Galles à la fin du 18ème siècle.  

les druides
 
- le bateau de Broighter : le bateau représenté sur la pièce de £1 millenium 2000 de la république d'Irlande est un objet superbe en or, retrouvé
à la fin du 19ème siècle au sein d'un dépôt votif, à Broighter dans le Derry.

le bateau de Broighter : monnaie et modèle

- le cavalier celtibère : thème récurrent au revers des monnaies celtibères, le cavalier armé d'une lance fut également le thème repris sur deux monnaies espagnoles frappées pendant la seconde guerre mondiale.

le cavalier celtibère : denier de Bolscan et monnaies contemporaines

- le roi Arthur, Guenièvre, Merlin, Lancelot et le château de Camelot. Que de sites associés à Arthur en île de Bretagne, de même qu'en Bretagne française (Arthur et sa légende y débarquèrent certainement dans les bagages des émigrants Britons du cinquième siècle) !  Même Morgane n'aura pas assez de magie pour ensorceler toutes les forêts des vieilles terres celtiques qu'elle est censée habiter.
L'île de Man, encore, a eu la bonne idée de nous gratifier d'une série monétaire consacrée à la plus épique des légendes celtiques.

le roi Arthur et les personnages de l'épopée

- la reine Medb ("Maeve"), légendaire reine guerrière du Connacht (centre-ouest de l'Irlande) aurait été aussi une femme plus que libérée, épuisant de nombreux maris. Elle est l'héroïne d'un des textes épiques les plus anciens de l'Occident ("Tain Bo Cualigne").  Nous devons à la Banque de la République d'Irlande cette évocation d'une flamboyante représentante du monde fabuleux des Celtes.

la reine Medb, une femme flamboyante

- la Gaule subalpine :  la république éphémère de Gaule subalpine fut créée suite à la campagne victorieuse de Bonaparte en mai-juin 1800, et à l'armistice d'Alexandrie du Piémont. Elle comprenait la vallée du Pô (Eridania), avec Turin pour capitale. Elle cessa d'exister lors de l'annexion du Piémont à la France, en septembre 1802.

l'éphémère république de Gaule subalpine

- quand un nouveau pays se découvre celte : la jeune république slovaque se (et nous) rappelle que voici plus de 2000 ans, des Celtes Boii frappaient monnaie au nom de Biatec.

la monnaie de Biatec : Boii hier, Slovaquie aujourd'hui


2. Une celtitude enfin apaisée

Pour terminer, un beau message d'espoir sur le dernier billet de £5 de l'Eire d'avant l'Euro :
Dans une classe en Irlande, des enfants curieux et appliqués étudient en gaélique.
Au tableau, un poème de Raifteri "le dernier des bardes" :

        "Raifteri le poète, c'est moi,
        plein de courage et d'amour,
        mes yeux ne voient pas le jour,
        mais je ne me plains pas..
.
"
 

En médaillon, la harpe symbole de l'Irlande celte.

Au mur, une carte d'Europe s'étendant jusqu'aux limites des anciennes régions celtophones, que l'idée européenne d'aujourd'hui transforme enfin, pas après pas, en espace de paix.

Pour reprendre l'intitulé d'une belle émission de télévision : "des racines, et des ailes"... 


les enfants celtes d'aujourd'hui

V.  Documentation

Cabinets des Médailles :
Présents au sein des Bibliothèques Nationales : une source intarissable de documentation, et des conseils experts.

Musées régionaux :
Ils sont souvent riches en matériel numismatique.  A vous de vous en faire ouvrir les médaillers, ce qui ne sera pas toujours évident...

Livres : souvent à acheter d'occasion : je ne vous cite que quelques ouvrages. Beaucoup d'autres existent.

Histoire générale des Celtes :
- Barry Cunliffe : Les Celtes. 2001. En français aux Editions Errance. ISBN 2-87772-203-1. Sans doute le plus complet, et le meilleur achat à faire.  Quelques mots de félicitation aux Editions Errance, qui éditent de nombreux autres ouvrages relatifs aux Celtes.   Intéressez-vous à l'ensemble de leur catalogue, fort bien achalandé.

- John Haywood : Atlas historique des Celtes. 2002. Editions Autrement, Paris. ISBN : 2-7467-0187-1. Vous allez enfin vous y retrouver dans toutes ces migrations !
- Divers auteurs : Les Celtes. 2001; EDDL, Paris. ISBN : 2-23700-484-6.  La découverte de toute une culture, avec des illustrations photographiques superbes.  Achetez-le !
La Gaule :
- Albert Burnet : Nos "ancêtres" les Gaulois. 1980. Rossel Editions, Bruxelles. Dépôt D. 80/1740/05
- Renée Grimaud : Nos ancêtres les Gaulois. 2001. Ouest-France. ISBN : 2-7373-2622-2
- D. et Y. Roman : Histoire de la Gaule.1997. Fayard. ISBN : 2-213-59869-X
- C. Julius Caesar : De bello gallico (en latin, pour épater vos voisins)
Les monnaies celtiques :

- !!! Une nouveauté exceptionnelle :
l'Euroatlas des Monnaies Celtes, par Edgar Wendling et Joëlle Le Borgne de la Villandré est en cours de parution (2011-2012). C'est un ouvrage réellement exceptionnel, qui est la somme de 30 années de recherches et de dessins. Vous y trouverez la représentation de 24000 (vous avez bien lu : vingt-quatre mille !) monnaies celtes. Les trois tomes consacrés aux représentations des monnaies seront suivis d'un autre, reprenant les commentaires assurés par " les Wendling" sur leur Agora Internet (qui fermera ses portes après la parution). L'édition est assurée par l'imprimerie Léon Louis, 4 rue des Jardins B.P/4 à F. 57220 Boulay-Moselle (tél. : 03 87 79 25 02). Il n'y aura pas d'exemplaires pour tout le monde : l'édition est limitée, ne tardez pas.  
Merci Edgar, merci Joëlle, d'avoir consenti l'énorme effort supplémentaire qu'a représenté pour vous cette édition-papier ! Et sans le moindre esprit de lucre... les prix sont au plus juste. Croyez bien que "le Wendling" sera un classique.


- Daphne Nash : Coinage in the celtic world. 1987, 2ème édition 2004. Spink. ISBN : 0-900652853
- Adrien Blanchet : Traité des monnaies gauloises. 1905, Paris. Réédité par Forni à Bologne. Un classique inusable.
- Samuel Gouet, Michel Prieur, Laurent Schmitt :
      . La Tour II.  2001. C.G.F. Editions les Chevau-légers. ISBN : 2-903629-29-3. Réédition de belle qualité et de format très pratique du la Tour (Traité de monnaies gauloises), mettant en valeur la qualité des gravures de Léon Dardel. Un Maître-achat.
      . Monnaies XV : un catalogue de vente, certes, mais aussi un remarquable ouvrage à consulter. 2002, C.G.F.
- M. Kostial. Kelten im Osten, Sammlung Lanz. 2003, München. ISBN : 3-922840-19-1
- L.-P. Delestrée et M. Tache : Nouvel atlas des monnaies gauloises. Tomes I, II, III et IV (supplément aux tomes I, II, et III). 2002, 2004, 2007, 2008. Editions Commios, St-Germain-en-Laye. ISBN : 2-9518364-0-6, 2-9518364-2-2, 2-9518364-5-7,
- Simone Scheers : La Gaule Belgique, traité de numismatique celtique. 1983 Editions Peeters, Leuven. ISBN : 2-8017-0209-9. Il s'agit d'un ouvrage exceptionnel, définitivement indispensable pour les monnaies du Nord de la Gaule.
- Simone Scheers, encore : les différents catalogues des Musées d'Evreux, de Rouen, de Lyon. Les monnaies de la gaule inspirées de celles de la République romaine.  Qu'aurait-on fait sans vous, mademoiselle Scheers ??
- Philip de Jersey : Celtic coinage in Britain.  1996, Shire Publications. ISBN : 0-7478-0325-0. Rapport qualité/prix imbattable.
- Andreas Gäumann : Potinmünzen der Kelten, 2000.
- Derek Allen : Catalogue of the celtic coins in the British Museum. Bronze coins of Gaul.1995, British Museum Press, London. ISBN : 0-7141-0878-2
- Richard Hobbs : British iron age coins in the British Museum. 1996, British Museum Press, London. ISBN 0-7141-0876-6
- John Sills : Gaulish and early british gold coinage, 2003. Spink.
- J.-B. Colbert de Beaulieu : Les monnaies gauloises des Parisii. 1970, Imprimerie Nationale, Paris.
- J.-B. Colbert de Beaulieu et B. Fischer : Recueil des inscriptions gauloises, IV les légendes monétaires. 1998, CNRS Editions. ISBN : 2-271-05448-6
- Hughes Patat : Potins Celtes. 2005, contact email : potingaulois@voila.fr
- Georges Depeyrot : Le Numéraire Celtique, tomes I à VIII, aux éditions Moneta (Wetteren) entre 2002 et 2005 (site www.cultura-net.com/moneta)

... et tant d'autres !

Internet :

- l'Agora de Edgar et Joële Wendling , et une belle documentation sur CD à acquérir pour un prix ridiculement bas !
  Site : http://www.celtic-coin-agora.com
Voir aussi l'édition "papier" de l'Euroatlas des Monnaiers Celtes, par Edgar Wendling et Joëlle Le Borgne de la Villandré. Les références permettant de se procurer les 3 tomes de cet ouvrage exceptionnel sont reprises sur le site ci-dessus.
- le Celtic Coin Index : extraordinaire, mais hélas limité à l'île de Bretagne. Site : http://athens.arch.ox.ac.uk/coins/ccindex.htm
- une base de données importante (quoique surtout pour la Grèce et Rome) et des liens :  http://www.wildwinds.com/coins
 
- un autre site, donnant le résultat de très nombreuses ventes de monnaies antiques (et des liens) : 
http://www.coinarchives.com/a/
- le site http://www.kernunnos.com


VI.  Vendeurs conseillés

Ne perdez pas de vue l'intérêt de se faire conseiller auprès de numismates particulièrement compétents en monnaies celtiques : ils vous vendront des monnaies d'origine connue, et vous donneront des  informations que vous auriez peut-être bien du mal à trouver sans eux.  
N'oubliez pas que la "chasse aux trésors" fait l'objet de lois, différentes selon le pays... respectez-les !
Sans vouloir vexer quiconque ne serait pas dans la liste qui suit (je ne connais pas tout le monde, et je suis distrait, mais personne ne me paie pour figurer dans le listing !), je vous conseille :

En Grande-Bretagne :
- Chris Rudd, dans le Norfolk, qui édite des catalogues très bien documentés, consacrés exclusivement à la numismatique celtique (surtout d'île de Bretagne).  Site Internet : http://www.celticcoins.com
- A.G. & S. Gillis, proposant toujours des monnaies de grande qualité, bien documentées. Site Internet : http://www.gilliscoins.com/
- Mike Vosper, remarquable et sympa. Site : http://www.vosper4coins.co.uk
- CNG : site : http://www.cngcoins.com

Aux Etats-Unis :
- Marc Breitsprecher, fanatique du potin. Site : http://www.ancientimports.com

En Belgique :
- Jean Elsen. Souvent des monnaies celtiques, parfois exceptionnelles (listes de vente et ventes publiques). Site Internet : http://www.Elsen.be
- Jean-Marc Doyen, numismate et historien, secrétaire du Bulletin du Cercle d'Etudes Numismatiques (dont vous feriez bien de faire partie !). Présent à de nombreuses bourses numismatiques. Adresse : rue Roffiaen 29 à 1050 Bruxelles. Pas de site. Mail : librairie.archaion@skynet.be


En France (plutôt du Nord, désolé pour les autres : je ne connais que cette région) :
- Thierry Decraeker dans la région de Dunkerque ;
- Michel Desoumanne dans le Nord ;
- Numisaisne à Soissons. Site : http://www.numisaisne.com ;
- Philippe Saive à Metz. Site : http://www.saivenumismatique.com ;
- Derzypolski à Dijon ;
- Au moins deux bonnes adresses à Amiens ;
- C.G.B -C.G.F. : ventes cataloguées en tous points remarquables, et parfaitement documentées pour les gauloises, surtout depuis l'arrivée de Samuel Gouet. Site : http://www.cgb.fr