HOMMAGE A UNE FIGURE DE L’ASTROLOGIE BELGE DU XXième SIECLE


Gustave-Lambert BRAHY

ASTROLOGUE, Fondateur en 1926 du CEBESIA asbl
(Centre Belge d’Etude Scientifique des Influences Astrales)
Bruxelles


Gustave Lambert BRAHY est né à Liège le 1er février 1894 à 23h00 (Verseau ascendant Balance) et décédé le 21 mai 1989 vers 15h à Bruxelles.

Expert-comptable, écrivain, poète, intéressé d’abord par la littérature, il publia en 1913, le
« Poème des mains » et la « Nuit d’Ortygie ». Il passa rapidement à la philosophie et à l’occultisme et commença à étudier l’astrologie vers 1922 lisant les différents ouvrages d’astrologie de la période Médiévale., notamment de Roger Bacon...

Il s’initie surtout par les ouvrages d’Alan LEO, de Max HEINDEL de CHOISNARD, les deux premiers conviennent très bien à sa tendance mystique rosicrucienne et martiniste.
Mais il ne sacrifie jamais les principes scientifiques à un dogme quelconque et sa doctrine est basée sur la tradition de PTOLEMEE et les enseignements de Paul CHOISNARD.. (Flambard)

Il fonda en 1926, notamment avec Paul CHOISNARD, l’Institut Astrologique de Belgique, devenu le CéBESIA actuel. (Centre Belge d’Etude Scientifique des Influences Astrales.) Cette association fonctionne depuis 1926 sans discontinuité, et est une des plus anciennes d’Europe. Elle compta dans ses rangs des astrologues renommés qui se distinguèrent en astrologie mondiale: (G.L Brahy, G .Antares, le Vicomte Herbais de Thun, M. L.Horichs, M. Boris Pâque, Mme Anna Albert, Mme Elisabeth Widmer, M. Jacques. de l’Escaut, M. J.M Cuypers. etc) . On peut dire que G.L BRAHY créa le berceau de l’école belge d’astrologie.

Par sa revue astrologique « DEMAIN », ses nombreux articles, ses ouvrages, son cours oral et par correspondance, ses prévisions sur les évènements mondiaux, politiques et économiques; ses conférences, congrès etc, en ont fait une figure de proue dans les milieux astrologiques européens.

G.L BRAHY signait de son nom ses principaux articles et ses livres. Pour les pronostics mondiaux, dont il s’était fait une spécialité, justement appréciée, il utilisait le pseudonyme « STELLA. »

En astrologie mondiale, il remit en valeur l’influence des parallèles de déclinaison et les enseignements des indices de concentration planétaires (méthode de M. André BARBAULT.).

L’astrologue BOUDDINEAU, a longuement commenté son ouvrage " Fluctuations Boursières et Influences Cosmiques " (1933) en écrivant : « le très remarquable ouvrage dû à la plume de M. BRAHY et qui vient d’enrichir la littérature astrologique, mérite vraiment l’attention des économistes, banquiers et spéculateurs ».

On comprendra qu’un ouvrage de cette importance, fruit de longues recherches et
démontrant que les astres ont réellement une influence sur la marche des évènements, (de nombreuses statistiques étables entre 1820 et 1920 étayent sa thèse), ne pouvait pas échapper aux critiques de toutes sortes.


REFERENCES SCIENTIFIQUES AUX AUTEURS DU MOYEN-AGE.

Dans sa recherche scientifique des influences astrales sur la vie du monde terrestre, G.L BRAHY mentionnait régulièrement les auteurs de l’Antiquité et du Moyen Âge..

L’étude des textes de cette période confortaient son idée de la présence de l’astrologie au sein des divers aspects de la vie intellectuelle, culturelle et sociale médiévale. Pour lui, les rapports que l’astrologie entretenait avec les représentants du pouvoir étaient évidents. L’astrologue confirmé, avec les ressources divinatoires qu’il mobilisait, s’offrait de nombreux débouchés à la cour des grands ou dans l’exercice de la médecine. Très tôt,; G.L Brahy avait surtout pris conscience, que l’astrologie contenait implicitement le germe d’un modèle d’explication du monde.

Un de ses maîtres à penser fut Roger Bacon (1220-1292) pour qui astrologie et philosophie naturelle étaient indissociables. (Rappelons que Roger BACON, philosophe anglais,était un des plus grands savants du Moyen Âge. Surnommé le Docteur Admirable, il fut le premier a s’apercevoir que le calendrier Julien était erroné. Il signala également les points vulnérables du système de Ptolémée et préconisa la science expérimentale.

Un de ses souhaits était le retour de l’étude de l’astrologie à l’Université..
Au Moyen Âge, les universités européennes enseignaient l’astrologie, non seulement en Faculté des Arts et en Faculté de Médecine, mais aussi en Faculté de Théologie, où étaient discutées les questions relatives à l’essence, la nature et l’étendue des influences des astres.

A cette époque, l’astrologie était considérée comme une science à part entière. En effet, L’astrologie qui, à l’instar de la philosophie naturelle d’Aristote, de l’astronomie de Ptolémée, de la géométrie d’Euclide et de la médecine d’Hippocrate et de Galien, était revenue sur le devant de la scène culturelle de l’Occident chrétien grâce au travail laborieux des traducteurs des traités arabes. Tout se foisonnement se réalisant au cours du 12e siècle..

La redécouverte de ce savoir astrologique, enrichi de nombreux commentaires et d’œuvres originales arabes, constitue un tournant important de l’histoire des sciences occidentales. L’étude des textes médiévaux indiquent, que ce corpus constitua le fondement du programme d’enseignement dans les universités naissantes.

C’est sur ses écrits que se sont activés les traducteurs, et au vu du nombre de traités traduits et des nombreux manuscrits conservés de ces traductions, on peut affirmer que l’astrologie occupait la première place.[1]

A cette époque, l’élite des autorités scientifiques la protégeait. Référons nous à Ptolémée, (2e siècle après J-C) auteur de l’Almageste, l’ouvrage fondamental d’astronomie mathématique jusqu ‘à Copernic ; mais aussi du Tétrabiblos ou Quadripartitum en latin) l’ouvrage d’astrologie le plus célèbre régulièrement réédité.


G.L BRAHY, grand ésotériste et mystique, se pencha aussi sur l’étude d’une des principales difficultés rencontrées par les savants occidentaux, « comment concilier ce savoir avec le Christianisme ».


La philosophie naturelle d’Aristote et ses commentaires arabes brossait du monde une figure non conforme à la vision de la Bible et des Pères de l’Eglise. La cosmologie d’Aristote était souvent en contradiction. (Comment comprendre le monde éternel d’Aristote avec le monde créé de Dieu ?) –(Comment comprendre les eaux supra-célestes de la Genèse, quand Aristote enseigne que l’eau appartient en propre au monde sublunaire,).-il faut ajouter à tout cela, les nombreuses interrogations imaginables quant à la constitution de l’univers..

Chacun ayant sa petite idée. Toutefois, une majorité se dégageait sur l’approbation d’un fondement de la philosophie naturelle d’Aristote «Le mouvement des sphères célestes constitue la cause efficiente de tout changement survenu dans le monde sublunaire »

Ce principe fut d’actualité jusqu’ à la découverte des lois de la gravitation de Newton au 17e siècle. Les astrologues de l’époque ne se firent pas prier pour s’en prévaloir.[2]
L’astrologie ne fut toutefois pas reçue à bras ouverts dans toute l’Europe. Si les traducteurs n’avaient pas demandé la permission pour traduire les textes relatifs à l’astrologie, ils n’ignoraient pas que l’astrologie avait fait l’objet de condamnations sans appel de la part de l’Eglise à la fin de l’Antiquité.

Les Pères de l’Eglise voyaient en elle une branche du paganisme, mêlée de magie, d’idolâtrie, et une pratique qui véhiculait un déterminisme allant à l’encontre des dogmes chrétiens du libre arbitre et de l’omnipotence divine. Parmi les Pères de l’Eglise, le brillant saint Augustin fut certainement un auteur le plus lu et étudié. au Moyen Âge. Les attaques contre l’astrologie sont un thème récurrent dans son œuvre, prenant une tournure systématique dans les Confessions (IV.3 et VII.6) et dans la « Cité de Dieu » (Livre V),. Les arguments d’ordre relationnel (argument typique des jumeaux, exemple biblique d’Esau et Jacob, frères ennemis nés pratiquement siamois) et d’ordre éthique (l’astrologie est l’œuvre du diable; si l’astrologie vise souvent juste, c’est « par une secrète inspirations des esprits mauvais »[3]..

Cependant au 12e siècle, la situation était différente, les traducteurs (qui étaient tous chrétien, sinon même des clercs ou moines) n’aurait songé, comme dans l’Antiquité, à faire des planètes des divinités concurrentes de dieu, et encore moins de faire de l’astrologie une religion idolâtrique. Il était évident que Dieu avait créé les astres et qu’ils les tenaient sous son autorité, mais il était aussi évident qu’il les avait créés « pour qu’ils servent de signes ». Les traducteurs voyaient dans le verset 1.14 de la « Genèse », une illustration providentielle dans l’épisode de l’Etoile des Mages. C’est donc a l’aide de références scripturaires que les traducteurs et les commentaires justifièrent l’astrologie, réfutant au passage saint Augustin [4].

La question du libre arbitre, qui hantait les commentaires astrologiques de G.L BRAHY, ne s’était sérieusement posée qu’au 13e siècle, lors de la diffusion de l’astrologie dans tous les milieux Rapidement se prévalut le concept que le corps était soumis aux influences célestes et l’âme, libre. On s’empressait d’ajouter, que l’homme par nature, tend à s’abandonner à ses instincts, à ses passions, à ses penchants corporels, et se trouve dès lors soumis aux influences célestes, bien sûr d’une façon indirecte, par une sorte d’inclination. Ceci explique l’adage en vogue « les astres inclinent, ils ne nécessitent pas » (astra inclinant, non nécessitant » ou " le sage domine les astres " (sapiens dominatur astris).

Cette attitude , que nous retrouvons déjà chez les astrologues antiques (Ptolémée, Tetrabiblos, 13) et Arabes ( Albumasar) , s’est installée progressivement chez les astrologues médiévaux et chez les théologiens,comme Albert le Grand (1193-1280) , Thomas d’Aquin (1225_1274- et Roger Bacon 1220-1292) [5]


Dans un autre état d’esprit, des questions surgirent, et sont encore aujourd’hui rencontrées dans une vision perturbée de l’astrologie, que certains associent à la magie astrale. (par exemple : la confection de talismans pour se protéger de l’influence néfaste des astres, ou d’attirer leurs bonnes grâces;).


A ce sujet G.L BRAHY mentionnait souvent l’ouvrage d’Albert le Grand (1268)-« le Speculum astronomiae » -« Le Miroir d’astronomie», sorte d’index où il reprit toutes les branches de l’astrologie ; notant soigneusement pour chacune d’elle leurs justifications scientifiques et théologiques (le libre arbitre y était spécialement traité) ainsi que les ouvrages d’astrologie. Albert le Grand conclut que l’astrologie dans son ensemble est une science non seulement valable, mais légitime, utile et même nécessaire. Il suggère néanmoins de mettre les ouvrages concerné en sécurité, plutôt que de les détruire, car dit-il « le temps est peut-être proche ou pour certaines raisons que je tairai maintenant, il sera utile de les inspecter. »[6]

Par la suite, l’astrologie fut progressivement justifiée sur une base scientifique et avec les précautions d’usage, sur une base théologique.

C’est dans cette ouverture d’esprit que G.L BRAHY. organisa la diffusion périodique de sa revue astrologique « DEMAIN », internationalement connue.

L’objet de ses recherches scientifiques des influences astrales, s’imprégnèrent des enseignements de Roger Bacon, qui entreprit la tentative la plus spectaculaire d’intégrer l’astrologie dans un système d’explication à la fois physique et mathématique des phénomènes naturels..

Dans son ouvrage sur " Les Fluctuations Boursières et Influences Cosmiques ", G.L BRAHY traite notamment d’un phénomène de double transmission au niveau des aspects lunaires. Voici quelques extraits

Examinons ces considérations :

"Caractéristiques des aspects lunaires.

Les aspects lunaires sont tout à fait analogues à ceux du Soleil au point de vue de leurs effets, mais ils ont un caractère plus terre à terre, plus matériel , plus réalisateur. D’autre part, leur portée est excessivement minime, car les aspects lunaires se forment et se déforment rapidement et sont au nombre de plusieurs par jour ; ils se contredisent donc presque toujours..

Vu l’analogie indiquée ci dessus, il serait donc oiseux de détailler par le menu l’influence de la Lune dans ses combinaisons favorables ou défavorables avec chaque planète..
Une conjonction ou une opposition de la Lune avec une planète commence à opérer de dix à douze heures avant l’aspect exact et son effet décroît progressivement alors pendant un même
Laps de temps. Pendant la durée de pareil aspect, on peut trouver par exemple un sextile de la Lune avec Jupiter, un carré Lune-Mars et ainsi de suite. Si l’on veut donc d&mêler ce faisceau d’influences contradictoires, il faudra dresser un graphique comme expliqué au chapitre XIII de cet ouvrage..

La tâche suivante sera d’interpréter chaque aspect selon la signification spéciale de la planète aspectée par la lune. Il est bien évident que des aspects contradictoires donneront aux évènements et surtout aux marchés boursiers une physionomie irrégulière, mais chaque planète a son domaine et les effets de chaque aspect lunaire se répercuteront dans le domaine particulier à la planète, c'est du moins là, la seule considération qui puisse permettre de jeter quelque lueur dans l’imbroglio des influences lunaires de chaque jour.

Les phénomènes de la double transmission.

Les aspects lunaires méritent d’être étudiés pour deux raisons. Tout d’abord, en vertu du phénomène de transmission des influences, ils portent à maturité des aspects existants
Entre deux planètes (phénomènes de simple transmission) ou entre le Soleil et d’autres planètes (phénomène de double transmission).

Il arrive en effet que durant l’intervalle séparant deux aspects du Soleil sur deux planètes
en orbe, la Lune fasse un aspect à la fois sur le Soleil et sur les deux planètes en question.
Les jours où la Lune forme ainsi de ces aspects peuvent être considérés comme ceux où l’aspect planétaire dont il s’agit se manifestera de la façon la plus nette (toute proportion gardée , bien entendu quant à la valeur de l’orbe de l’aspect).

En somme, si l’on enchaîne les mouvements planétaires solaires et lunaires, on peut dire que les aspects planétaires marquent les heures à l’horloge de la destinée, les aspects solaires les minutes et les aspects lunaires les secondes.

Les aspects lunaires et la Bourse.

Mais les aspects lunaires sont aussi intéressants lorsqu’on les envisage simplement en eux-mêmes, car ils permettent de se rendre compte, dans une mesure évidemment approximative mais cependant assez exacte , des fluctuations dans les évènements journaliers, dans les conditions météorologiques et –chose qui nous préoccupe particulièrement- dans les cotations des marchés financiers ou commerciaux..

Par exemple, si à 11 heures du matin , la Lune fait un bon aspect avec Jupiter, une séance boursière s’ouvrant à midi sera sous une influence favorable, mais si la Lune fait un carré avec Saturne vers 10 heures du soir, on peut dire que l’optimisme ira en diminuant et les cotations en s’affaiblissant, l’influence saturnienne étant par elle-même une influence de baisse qui, dans l’exemple ci-dessus, prendrait progressivement le pas sur l’influence jupitérienne.

Lorsqu’on cherche à analyser quelles sont les influences susceptibles d’agir sur les cotations au cours d’une séance boursière il ne faut évidemment pas se borner aux influences lunaires se formant en cours de séance, mais il faut aussi considérer celles qui précèdent et celles qui suivent.. La durée totale d’un aspect lunaire peut aller jusqu’à vingt-quatre heures, selon l’importance de l’aspect et de son orbe et selon la vitesse de déplacement de notre satellite..

Celle-ci oscille entre douze et quinze degrés par jour approximativement.
Plus encore faut-il évidemment avoir égard aux configurations solaires et planétaires qui se trouvent en orbe au moment considéré. Devant la complexité du problème, on se rendra compte que les influences journalières ne peuvent donner pratiquement qu’une approximation d’ensemble, une « évaluation à vue de nez », qui suivant la majorité des aspects favorables ou défavorables qui se présentent successivement. A vouloir rechercher le dernier degré de précision, on perdrait son temps en pure perte.

Aspects de la Lune avec le Soleil.

Les aspects de la Lune avec le Soleil jouent dans les influences journalières un rôle très
important.. Les bons aspects de la Lune et du Soleil (sextile et trigone) peuvent être considérés comme aussi favorables que les bons aspects de la Lune et de Jupiter. Ils sont
toujours d’excellent augure pour les bourses.
Les mauvais aspects (carré et opposition ) ont un effet contraire , ils entravent la hausse sur les marchés en y provoquant la faiblesse.
Quand à la conjonction Lune-Soleil, elle constitue ce qu’on appelle une nouvelle Lune et ses effets dépendent des aspects qu’elle reçoit ; Certaines Nouvelles Lunes prennent la forme d’Eclipses.
Les éclipses sont très importantes et, bien que leur mode d’action exact soit encore en partie assez mystérieux, ce mode d’action est parfaitement repérable en ce qui concerne certains points. Les éclipses de Lune semblent comparativement de bien moindre importance que les éclipses de Soleil. Leur action lorsqu’elle se déclenche, paraît assez immédiate. Au contraire, une éclipse de Soleil annonce toujours de sérieux bouleversements dans certaines régions du globe, mais ses effets ne se font généralement sentir qu’avec un certain retard, ou bien ils se répartissent sur le cours d’une longue période..

Cas de transmissions spéciaux.

Il y a encore lieu, de dire un mot sur un cas de transmission des influences assez déroutant au premier abord. Supposons que tel jour, les éphémérides indiquent que la Lune fait à la fois un sextile avec Jupiter et un trigone sur Saturne. Excellents indices, est-on tenté de dire. Or, contrairement à ce qu’on avait escompté, les marchés boursiers montrent de la faiblesse. Qu’elle est donc la raison de cette anomalie ? Ici, nous retrouvons encore une fois le phénomène de transmission sous une forme spéciale.

En effet, pour que la simultanéité des aspects Lune-Jupiter et Lune-Saturne puisse se produire, il faut ou bien que Jupiter-Saturne se trouvent eux-mêmes en sextile (ce qui serait un motif de hausse) ou en opposition (ce qui serait un motif de baisse). Or, nous constatons précisément dans les éphémérides que Saturne et Jupiter sont en opposition . Et voilà la clef du mystère ; Les bons aspects lunaires sont résumé l’effet d’opposition entre les deux planètes, mais ils le font bien entendu, d’une façon beaucoup moins brutale que le feraient par exemple deux carrés simultanés de la Lune sur Jupiter et sur Saturne, ou une conjonction de la Lune et de Saturne en opposition simultanée avec Jupiter. Ces deux dernières combinaisons agiraient plus énergiquement. La transmission de mauvais aspects planétaires par bons aspects lunaires se fait toujours d’une façon en quelque sorte plus amortie, d’autant plus amortie que les planètes sont moins dissonantes ou en orbe plus large.
Et ceci montrera déjà combien, en toute circonstance, il importe de dégager l’esprit des combinaisons planétaires, souvent peu apparent au premier abord. "

Voici brossé un petit panorama de l’œuvre de G.L BRAHY en Belgique.
Dans un prochain article, nous relaterons son influence dans les milieux astrologiques étrangers .

Gilbert DECAMP. (CEBESIA- Bruxelles)


SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES.
ULB –Unité de Recherche en Histoire Médiévale
Références : Conférence de David Justin. Les sources Scientifiques Modernes et la Science Médiévale.

[1]Une excellente synthèse sur les traductions scientifiques du 12e siècle est J. VERNET, Ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne, Paris, 1985 (traduction de La cultura hispanoárabe en Oriente y Occidente, Barcelona, 1978), surtout aux p. 123-179. Sur l’importance de l’astrologie au sein du renouveau du 12e siècle, voir T. GREGORY, « La nouvelle idée de nature et de savoir scientifique au XIIe siècle », in The Cultural Context of Medieval Learning. Proceedings of the First International Colloquium on Philosophy, Science, and Theology in the Middle Ages (September 1973), éd. J.E. Murdoch, E.D. Sylla, Dordrecht-Boston, 1975, p. 193-218 ; J.D. LIPTON, The Rational Evaluation of Astrology in the Period of Arabo-Latin Translations, ca. 1126-1187, Ann Arbor, 1990. Sur l’enseignement de l’astrologie à l’université, une enquête systématique fait encore défaut mais on verra R. LEMAY, « The Teaching of Astronomy in Medieval Universities, principally at Paris in the Fourteenth Century », in Manuscripta, 20, 1976, p. 197-217 ; id., « The Late Medieval Astrological School at Cracow and the Copernican System », in Science and History. Studies in Honor of Edward Rosen, Wroclaw, 1978, p. 337-354 ; H.M. CAREY, Courting Disaster : Astrology at the English Court and University in the Later Middle Ages, London, 1992 ; G. FEDERICI VESCOVINI, « I programmi degli insegnamenti del Collegio di medicina, filosofia e astrologia, dello statuto dell’Università di Bologna nel 1405 », in Roma, magistra mundi. Itineria culturae medievalis. Mélanges offerts au Père L.E. Boyle, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 193-223. Sur les rapports entre astrologie et théologie, voir l’étude fondamentale de T. GREGORY, « Théologie et astrologie dans la culture médiévale : un subtil face-à-face », in Bulletin de la Société Française de Philosophie, 84, 1990, p. 101-130.

[2] Sur l’importance de ce principe dans l’histoire de l’astrologie et dans l’histoire de la pensée en général, voir surtout L. THORNDIKE, « The True Place of Astrology in the History of Science », in Isis, 46, 1955, p. 273-278 ; J.D. NORTH, « Celestial Influence – The Major Premiss of Astrology », in « Astrologi hallucinati ». Stars and the End of the World in Luther’s Time, éd. P. Zambelli, Berlin-New York, 1986, p. 45-100 ; E. GRANT, « Medieval and Renaissance Scholastic Conceptions of the Influence of the Celestial Region on the Terrestrial », in Journal of Medieval and Renaissance Studies, 17, 1987, p. 1-23 ; R. LEMAY, « The True Place of Astrology in Medieval Science and Philosophy : Towards a Definition », in Astrology, Science and Society : Historical Essays, éd. P. Curry, Woodbridge, 1987, p. 57-73. Plus généralement, sur les questions cosmologiques au Moyen Âge, la réception d’Aristote et les débats des théologiens, l’ouvrage fondamental est maintenant E. GRANT, Planets, Stars, and Orbs : The Medieval Cosmos, 1200-1687, Cambridge-New York, 1994.

[3] Les passages de saint Augustin contre l’astrologie ont été rassemblés et analysés de façon systématique par L. DE VREESE, Augustinus en de astrologie, Maastricht, 1933. Sur la condamnation chrétienne, voir aussi E. AMAND DE MENDIETA, Fatalisme et liberté dans l’Antiquité grecque. Recherches sur la survivance de l’argumentation anti-fataliste de Carnéade chez les philosophes grecs et les théologiens chrétiens des quatre premiers siècles, Louvain, 1945 ; M.L.W. LAISTNER, « The Western Church and Astrology during the Early Middle Ages », in Harvard Theological Review, 34, 1941, p. 251-275.

[4] M.-Th. D’ALVERNY, « Astrologues et théologiens au XIIe siècle », in Mélanges offerts à M.-D. Chenu, Paris, 1967, p. 31-50.

[5] Sur la question du libre arbitre, voir T. GREGORY, « Théologie et astrologie... » (cf. note 1), p. 119-122. Sur l’attitude envers l’astrologie chez Albert le Grand, Thomas d’Aquin et Roger Bacon, voir B. BARKER PRICE, « The Physical Astronomy and Astrology of Albertus Magnus », in Albertus Magnus and the Sciences. Commemorative Essays, éd. J.A. Weisheipl, Toronto, 1980, p. 155-185 ; P. ZAMBELLI, « Albert le Grand et l’astrologie », in Recherches de Théologie Ancienne et Médiévale, 49, 1982, p. 141-158 ; T. LITT, Les corps célestes dans l’univers de S. Thomas d’Aquin, Louvain-Paris, 1963 (surtout chap. VI-IX) ; J. HACKETT, « Roger Bacon on Astronomy-Astrology : The Sources of the Scientia experimentalis », in Roger Bacon and the Sciences. Commemorative Essays, éd. J. Hackett, Leiden-New York-Köln, 1997, p. 175-198.

REMARQUE. Au Moyen Âge, les mots astronomia et astrologia sont entièrement confondus et interchangeables. Les deux sont synonymes de scientia astrorum ou scientia stellarum, c’est-à-dire la « science des astres » en général, laquelle englobe la scientia motuum, la « science des mouvements » (notre astronomie) et la scientia iudiciorum, la « science des jugements » (notre astrologie). Ainsi, la discipline nommée astronomia/astrologia (qui, avec l’arithmétique, la géométrie et la musique, constitue le quadrivium enseigné en Faculté des Arts) recouvre l’astrologie et l’astronomie et inclut parmi les lectures obligatoires aussi bien le Tetrabiblos que l’Almageste de Ptolémée. Voir les études de R. Lemay et H.M. Carey mentionnées à la note 1.

[6] Le Speculum astronomiae est édité, avec traduction anglaise, par P. ZAMBELLI, The Speculum astronomiae and Its Enigma : Astrology, Theology and Science in Albertus Magnus and His Contemporaries, Dordrecht-Boston-London, 1992, p. 208-273 (p. 270 pour la citation).

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