LE CULTE DE SAINT-GHISLAIN
ET LES BAUDRY DE ROISIN

Parmi les dévotions chères aux chrétiens, l'une des plus antiques est le culte de Saint-Ghislain.

  1. L'origine de ce culte.
  2. Au VIIème siècle, ce saint prêtre vint de la Grèce pour évangéliser la région du Hainaut-Cambrésis. Dans ce but, il y fonda une abbaye, un couvent de prédicateurs, comme en fondèrent Saint-Amand, Saint-Hubert, Saint-Trond et plusieurs autres saints à son époque. Il opéra de son vivant, un grand prodige dans des circonstances remarquables. Ce prodige est qualifié de célèbre miracle dans le Bréviaire ( au 9 oct. ), des prêtres de Cambrai et des Prêtres de Tournai. Le bréviaire a soin d'ajouter que le fait a eu lieu à Roisin: in pago Racemo (1) Hodie Roisin.

    (1) RAMECO signifie branche, cep de vigne, Roisin (ou Raisin) était alors un vignoble. La partie sud de son territoire s' appelle "Champ du Vignoble". Ses Armoiries authentiques, figurées en notre maison communale et en mosa´que dans le pavement de notre Sanctuaire sont surmontées d'un singe tenant en main la grappe de Rami.

  3. Récit du miracle.
  4. Saint-Ghislain avait commencé la construction de son abbaye, lorsqu'il se mit en voyage vers Cambrai, pour rendre sa visite de déférence à l'évêque local, Saint-Aubert. Après avoir parcouru quatre lieues, Ghislain était parvenu le soir au village de Roisin, déjà remarquable par son château du Vignoble. Le saint voyageur se mit à chercher un abri pour la nuit. Le seigneur du Vignoble ayant appris l'embarras de l'intéressant voyageur, lui procura une convenable hospitalité, bienfait dont Ghislain éprouva naturellement une vive reconnaissance. Cette reconnaissance trouva bientôt l'occasion de se manifester. En effet, Ghislain revenant, après quelques jours, de Cambrai et repassant par Roisin voulut saluer le châtelain si hospitalier, mais le trouva tout en larmes: son épouse sur le point de devenir mère, était en grand péril de mort, elle était mourante "émoriens", dit le bréviaire. Aussitôt Ghislain inspiré du ciel, dit au châtelain : "Voici ma ceinture, allez la mettre en forme de Baudrier à votre épouse, et à l'instant, elle sera sauvée". A la grande joie de la famille et de la population entière, la promesse du Saint se réalisa miraculeusement et en souvenir du Baudrier Sauveur, l'enfant fut baptisé sous le nom de Baudry par Saint-Ghislain, lui-même.

    Le noble seigneur reconnaissant à son tour, donna au Saint ce qui était nécessaire pour achever son monastère au Bois-des-Ours (en patois: Bos d'ours, d'où Baudour). Colin de Plancy (Vie des Saints, en 25 volumes) note que le pèlerinage ghislénien s'établit à Roisin aussitôt après la mort du Saint. Les savants Bollandistes rapportent, citant les Annales du Hainaut qu'aussitôt une chapelle fut érigée à Roisin pour perpétuer la mémoire du miracle et que "là prit son origine la coutume des futures mères d'invoquer la protection du Saint pour leur heureuse délivrance".

    (Voir aussi l'inscription gravée sur le sarcophage de baudry XXVI, dont parlé ci-après, article IV)

  5. Les Baudry de Roisin.
  6. Les historiens Guise et Molanus disent que cette famille de Roisin précéda le temps du roi Dagobert. Mais, sous ces prénoms de Baudry, elle emprunte ses origines au Fait miraculeux qui fit éclore au VIIème siècle la dévotion envers Saint-Ghislain. Cette noble famille est encore remarquable par de nombreux personnages qu'elle fournit en divers pays, au Clergé, aux Ordres religieux, à l'Armée, à la Magistrature civile. Les uns furent jugés dignes d'y occuper des situations élevées, d'autres furent mêlés à des événements historiques intéressants. Les plus glorieuses unions matrimoniales illustrèrent, tour à tour, cette lignée des Baudry. Aujourd'hui encore, nous voyons resplendir sur les murailles de notre chapelle seigneuriale, notamment sur les 5 mausolées de marbre et surtout sur le monument central de Baudry XXVI, les blasons des Familles alliées. Ceci explique comment la noblesse actuelle occupe une si large place parmi les suppliants de notre Sanctuaire.

    Le culte de Saint-Ghislain
    TOURNAI - Le culte de Saint Ghislain.


  7. Vitrail du sanctuaire de Roisin.
  8. Ce splendide vitrail retrace la scène du baptême de l'enfant miraculé BAUDRY I ; en outre, les quatre autres faits providentiels qui perpétuèrent, à Roisin, la Tradition Ghislénienne: notons-y la série des 32 générations qui, chez les barons de Roisin, appelèrent toujours Baudry, l'aîné de leurs enfants; notons aussi le mausolée qui recouvre Baudry XXVI et dont l'épitaphe proclame (depuis 1607) sa descendance directe de Baudry I, le miraculé.

    Sanctuaire de Saint Ghislain, Roisin, Hainaut (frontière)
    ROISIN - Le sanctuaire de Saint Ghislain.


  9. La dernière Baronne de Roisin.
  10. Dernière héritière du nom, du titre et du sang des Roisin, la Baronne Ghislaine, en religion soeur Marguerite des Franciscaines, à Nonnonwerth (Rhin), est représentée sur notre vitrail. Jusqu'à sa mort 14 octobre 1912, elle s'occupa activement de notre Oeuvre et par ses documents généalogiques, se porta comme le dernier témoin vivant de Fondements historique 13 fois séculaire.

  11. Le culte à Tournai.
  12. A la cathédrale, on trouve magnifiquement sculpté en chêne, un médaillon composé de quatre scènes se déroulant à l'intérieur du château de Roisin.

    A l'arrière plan, une chambrette: la pauvre mère est alitée, soignée par une domestique. A proximité, un autre appartement où le nouveau-né est lavé dans une cuvette par deux femmes. A droite est entr'ouvert l'oratoire du castel, où un groupe entoure Saint Ghislain baptisant l'enfant. Enfin, voici à l'avant plan de la perspective, la salle seigneuriale où se célèbre le banquet d'adieu; autour d'une table frugalement garnie sont installés le pieux moine, le châtelain et son épouse; tous trois, sans s'inquiéter du valet qui apporte un nouveau plat, témoignent par leurs gestes admiratifs, de leur inaltérable reconnaissance.

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