LA MARBRERIE "CORDIEZ".

Comment est née la marbrerie ?

En 1857, le comte Camille de Louvencourt né au château de Roisin le 27 juillet 1812 et y décédé le 1er juin 1885, décida d'exploiter les gisements de marbre noir se trouvant dans sa propriété de Roisin au bord de la Honnelle.

Un petit atelier de taille de pierre et deux châssis de sciage s'installent au bord de l'eau non loin du moulin "FARDOUX" qui fournira l'énergie.

L'entrée de la grande carrière
ROISIN - L'entrée de la grande carrière


Une turbine hydraulique remplacera la vieille roue à aubes et les villages de Meaurain, Roisin et Autreppe auront du même coup l'électricité dans le courant de la guerre 14-18 pour la somme de 30 francs par mois. Cette distribution se prolongera après la guerre et le dernier bénéficiaire en sera Gaston LABIES, rue Chevauchoir à Autreppe (territoire d' Angre) jusqu' en 1920 environ (maison occupée en 1921 sans raccordement).

Monsieur Labies était le surveillant du groupe électrogène installé dans la cour de l'usine. En cas de spectacle chez Florence GRISON, épouse LAURENT, le courant était distribué plus tard dans la nuit.

La marbrerie appartenait avant 1914 à Arthur DELSART, propriétaire de la première auto à Roisin (voir carte de la victoire des Libéraux). Il disparu en évacuation, son chauffeur Jules TROUILLET (1881) revint seul avec sa fille Marie Louise.

La marbrerie fut alors reprise par son fils Henri DELSART en association avec les frères Marcel et Ursmar CORDIEZ. Le 5 avril 1920, Henri DELSART, par neurasthénie (ou dépit amoureux de Madeleine DESCAMPS, soeur du brasseur Charles DESCAMPS),tua Marcel CORDIEZ dans sa 29 ème année puis se fit justice. C'était un lundi de Pâques, au moment même où les deux amis se préparaient à assister à un mariage à Bellignies et que Marcel ajustait sa cravate devant un miroir. Il tomba le front par terre et le sang de son coeur alla rougir une fleur du bouquet blanc de Madeleine.

Madame veuve Delsart, mère de l'assassin qui venait de perdre sa fille Marie Louise (1890-1919) légua l'usine en dédommagement à Ursmar CORDIEZ.

Fabrique de pendules et quartier de la gare
ROISIN - Fabrique de pendules et quartier de la gare


Ce fut l'âge d'or de la garniture de cheminée, des socles, porte photos, articles de bureau et fumeur, tous objets d' art fabriqués avec les plus beaux marbres du monde et les onyx les plus riches. En 1945, lors de mon entrée dans cette entreprise, elle occupait 150 ouvriers et 4 employés. Après 112 ans d'existence, en 1969, elle occupait encore 67 ouvriers et 12 employés. Elle donnait du travail à 20 poseurs indépendants. Après la retraite de Monsieur Cordiez, la société U.C.R.A. est revendue à sa fille Renée, épouse Pierre ANSELIN. La firme se tourne vers la marbrerie du bâtiment et produit notamment 1250 m2 de granit pur pour le complexe du Berleymont, ainsi que le marbre du hall d'entrée de la gare de Mons. L'usine fermera ses portes le 18 septembre 1970 à 15 heures.

De l'eau encore. un produit " adoucissant " et des femmes pour donner au marbre son brillant
Les risques du métier : ni M. et Mme Anselin, ni leur plus ancien ouvrier ne peuvent déceler, d'avance la faille cachée ou les taches qui rendront le marbre impropre au commerce Photos Jean Cassefières


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