LA HONNELLE

La grande Honnelle, au tracé capricieux, sort de la pointe dite de Sainte Aldegonde sur le territoire de la Longueville. Son parcours total est de 26 kilomètres. En France, elle s'appelle "L'Hogneau"; Quand elle entre en Belgique, à hauteur de " Chez Mireille" elle se désigne par "Grande Honnelle", elle reprend le nom Hogneau dés qu'elle retrouve le sol français à Crespin. Elle arrose en France La Lonqueville, Hon, Bellignies et Gussignies. Elle baigne, à son entrée en Belgique, Autreppe, Roisin, Angreau, Baisieux et Quiévrain.

Ce nom étrange viendrait de la traversée du petit village HON ou bien pourrait devoir son nom à l'aulne, arbre commun de nos régions.

Après avoir traversé Thivencelles, elle se jette dans la Haine prés de Condé avant de rejoindre l'Escaut.

La Honnelle
ROISIN - La Honnelle.


Un peu de géographie.

De la côte 123 mètres du côté du "Plat de Bois" et du " Bois de Foyau" elle passe la frontière à 75 mètres et après avoir parcouru 4 kms 400 sur le territoire de Roisin, elle en sort à une altitude de 50 mètres. Elle a donc pour Roisin une pente kilométrique de 5,68 mètres. Après s'être étirée dans le "bois du Boutenier", elle tombe d'une hauteur de 6 mètres à l'ancienne marbrerie Cordier.

Quelques mots d'histoire

Cette rivière est mentionnée dans un diplôme de 921 par lequel Charles Le Chauve attribue à l'église de Cambrai l'abbaye de Crespin. II est écrit dans la vie de Saint Landelin qu'elle confine à la forêt d'Amblise. Jadis, elle faisait mouvoir plusieurs moulins à farine et des scieries de marbre. Aujourd'hui, tous ont disparus et la rivière n'est plus que le véhicule des histoires transmises avec ferveur de pères en fils.

Elle coule dans une vallée encaissée et boisée, le site du caillou-qui-bique. Son régime torrentiel la dote de crues subites et imprévisibles. Par grands orages ou dégel brutal, le resserrement des eaux dans la gorge occasionne rapidement une saturation du flot très spectaculaire.. Citons l'orage de 1910 qui s'abattit sur Bavay et noya Roisin, Angre et Quiévrain ainsi que le dégel brutal des 6 et 7 avril 1947 qui noya à nouveau Roisin et surtout Angre. On site également des débordements spectaculaires du lit de la rivière en 1806. En 1851, à la suite de pluies diluviennes tombées pendant plusieurs heures, des maisons ont été inondées au "Prés Belem". La Honnelle est sortie de son lit. Des planchers d'habitations ont été enlevés par les eaux et entraînés jusqu'auprès du moulin d'Angre où l'eau est montée de prés d'un mètre dans la commune. Des fumiers sont sortis en masse de plusieurs cours et sont venus se confondre dans les eaux. Ceci a prêté un peu à risée, en effet le fumier de la veuve BAUDOUR flottait et semblait vouloir sortir de la cour. Sur ce fumier se trouvait le coq et les poules qui paraissaient fiers de voyager sur l'eau et le coq même chantait. Ce fait a été rapporté dans l'histoire de Roisin et m'a souvent été raconté par mon père qui le tenait du sien.

La Honnelle
ROISIN - La Honnelle.


LES AFFLUENTS

La petite Honnelle possède le même caractère que sa grande soeur. Née en France, dans la Petite Suisse qui part de Bavay, elle vient par Bellignies, Gussignies, Erquennes, Athis. Elle longe les remparts de " Rempemont " vers Montignes-sur-Roc, Audregnies et Baisieux où elle coule en parallèle avec la Grande Honnelle qu'elle rejoint quelques centaines de mètres plus loin.

L'Aunelle prend sa source au sud-est de Le Quesnoy, elle passe par la dépression de Bavay, se dirige vers la frontière par Sebourg pour se mêler ensuite à La Honnelle.

Le Ruisseau du bois de Roisin prend sa source au dénommé " Trou de Tonoir ". Il grossit du ruisseau de La Flamengrie, longe l'avenue du château; il y reçoit deux sources. L'une d'elle a une fontaine monumentale, l'autre, qui est située 50 mètres, fut captée grâce aux indications de l'Abbé BOULANGER. Lorsqu'elles sont réunies le cours d'eau a un débit de 80 litres à la minute; même par fortes chaleurs, elles ne se sont jamais taries. (Cependant, en 1835, la grande sécheresse de cette année a mis à sec pendant plusieurs mois le Ruisseau de Roisin )

La Fontaine du Berceau qui alimentait un abreuvoir, aujourd' hui comblé, se jette aussi dans le ruisseau. C'est lui qui alimente les eaux du vivier du château (aujourd' hui disparu ). Il traverse le village en aqueduc, reçoit encore plusieurs sources entre la gendarmerie et la ferme du seigneur d'Angreau où il devient le Ruisseau d'Angreau et retrouve la Honnelle à Angre.

Le Ruisseau d'Aiseau: la source située au lieu-dit "Les trente saules", non loin de la frontière, est dénommée "Fontaine qui Bout". Elle est en réalité formée de plusieurs sources. Cinq d'entre elles ont été captées et réunies pour alimenter, en 1958 la distribution d'eau des trois communes: Roisin, Angreau et Autreppe. Il termine sa course à la limite de la commune d'Autreppe dans le "bois du Boutenier" où il rejoint La Honnelle.

Le Rié Vilette: A la ferme des Rocs, prés de chez Brasseur Albon 1879, n'ait dans une tourbière un petit ruisseau connu sous le nom d'un ancien fermier VILETTE. Il traverse Meaurain, se grossit de la fontaine de la rue de ruisseau et de la fontaine Saint Eloi, prés de l'église, il traverse la rue du ruisseau à Maurain en aqueduc, traverse le "Boquet Cadet", le coteau du prés Belem pour mourir en cascade dans la grande Honnelle du côté de l'ex marbrerie Henri Ernest.

Le Rieu du Comte et le village d'Autreppe: Cet affluent de La Honnelle traverse le plus joli village de la région, Autreppe. Cette commune joint la frontière avec ses 149 hectares de champs fertiles. Il battit son agglomération autour de la petite église dans un écrin de verdure abritant le ruisseau du Comte venant du Calvaire de Gussignies qui creuse son lit au fond d'un ravin étroit. Après plusieurs traversées des rues du village en buses, il dévale jusqu'aux rives calcareuses qui trouvent des brèches de carrières sur la rive droite de la Grande Honnelle. Cette descente s'amorce à la côte 110, longe sur 200 mètres le N.E. du village pour rejoindre, après avoir parcouru environ 1500 mètres ma côte 75. Il traverse de nouveau la rue Chevauchoir à hauteur de chez BOUVART Labye pour se jeter dans la grande rivière au lieu-dit "TAPATOUS" sous une passerelle qui menait les ouvriers du village à la marbrerie Cordier et ce au fond de la vallée au N.E. de la gare de Roisin-Autreppe.

La passerelle.
ROISIN - Le Caillou-qui bique - la passerelle.


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