Communauté franciscaine capucine de Mons

Hainaut - Belgique

Province francophone Wallonie - France

 


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histoire du couvent - idéal franciscain - fraternités séculières - Sainte Elisabeth de Hongrie
 

LES FRERES MINEURS CAPUCINS AVANT LA REVOLUTION   1595 - 1797

LES SOEURS CAPUCINES 1644 - 1783.

LES CAPUCINS A MONS DEPUIS 1863.

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LES FRERES MINEURS CAPUCINS AVANT LA REVOLUTION   1595 - 1797


Si l'habileté politique et militaire d'Alexandre Farnèse ne peut refaire l'unité des Pays-Bas, elle lui permet cependant de reconquérir les provinces méridionales et de gagner la confiance des gens .

Sa brillante victoire, en forçant Anvers à capituler, en 1585, n'empêche pas le fils du Taciturne de créer la République Batave des sept provinces du Nord .

A ce moment, la situation du pays est triste, les églises et les couvents pillés et incendiés, les prêtres et les religieux s'expatrient ou n'osent plus se montrer en public. La population est devenue indifférente bien qu'elle soit demeurée catholique dans sa majorité.

C'est alors que les Capucins de Paris envoient à Anvers quatre religieux, trois Belges sous la direction de l'Italien Félix de Lapedonna qui a combattu avec l'illustre Farnèse lors de la bataille de Lépante.

Les Capucins reçoivent un bon accueil à Anvers, à Bruxelles et à Gand, grâce aux recommandations d'Alexandre Farnèse. Par leur dévouement, ils gagnent la sympathie du peuple. Leur vie austère, leur prédication évangélique raniment la foi catholique.

Leurs lourds sacrifices, si généreusement acceptés, sont couronnés de succès. Un si grand enthousiasme succède à la méfiance initiale qu'il devient impossible d'accéder à toutes les demandes, tant des évêques que des cités, et l'affluence des novices issus de tous les rangs de la société, tant en Wallonie qu'en Flandre, oblige les Pères à créer plusieurs noviciats.

Alors qu'ils sont déjà installés à Douai, à Tournai et à Lille, ce n’est qu'après la mort de Monseigneur Louis de Berlaymont, archevêque de Cambrai, réfugié à Mons, qu'ils peuvent donner suite à la demande de ce primat. Ils arrivent à Mons en 1595.

La duchesse d'Aarschot, douairière du duc Philippe, leur fait don de sa part, et de celle qu'elle a racheté à son frère, de sa demeure princière dénommée Hôtel du Trélon.

La générosité des magistrats de la ville et des bienfaiteurs privés aide les Frères Capucins à transformer cette demeure en un couvent permettant l'établissement d'un grand nombre de religieux.

Toute la population, riches et pauvres, les uns par leurs libéralités, les autres par leur travail, -même des étudiants y sacrifient leurs loisirs - s'unit pour hâter cette transformation et la construction de l'église.

Le 16 juillet 1599, son Excellence Monseigneur Jacques Blaise, évêque de Namur,. après avoir reçu l’autorisation des Dames Chanoinesses de Sainte Waudru qui exercent le patronage de la ville de Mons, et la délégation du vicaire capitulaire de Cambrai, procède à la consécration et à la dédicace de l'église conventuelle.

La générosité de la population chrétienne de Mons stimule le zèle apostolique et le dévouement des Pères et des Frères.
L'exemple héroïque du frère Augustin d'Ath, son austérité, sa bonté inlassable envers les pauvres et les malheureux, sa vie de prière gagnent la sympathie et la confiance de tous.
A Mons, comme à Paris et à Bruxelles, les grands personnages comme les pauvres aiment à le consulter et à recourir à ses charitables prières, surtout dans les épreuves. Leur confiance est telle qu'elle lui fait une réputation de sainteté.
 

Son influence sur la population de Mons et des environs est si grande qu'après sa mort, lorsqu'il fut besoin, leur enthousiasme reconnaissant et leur générosité permet aux pères de démolir le couvent et l'église, qui menacent ruine, et de les reconstruire.

C’est l'archevêque de Cambrai, François Vanderburqh, qui procède, le 23 avril 1623, à la consécration de cette belle église qu'il dédie à la Très Sainte Vierge Marie, dans son mystère de la Purification, accordant une indulgence aux fidèles qui la visiteront.

Ce couvent de Mons doit souffrir des opérations militaires qui ravagent le Hainaut durant les guerres de conquête de Louis XIV.

En 1691, le roi de France vient, en personne, assister au siège de Mons qui doit capituler après une résistance héroïque et qui est finalement annexée à la France. .Le couvent est endommagé par les bombardements.

Le roi contraint alors les couvents de Ath, Mons, Enghien et Soignies à faire partie de la province de Lille, jusqu'à la conclusion de la paix entre les rois d'Espagne et de France, par le traité de Rysswyck, du 20 septembre 1697.

Au lendemain de la victoire des alliés, remportée sur les Français, le 11 septembre, à Malplaquet, le prince Eugène investit et prend la ville de Mons. Malgré sa volonté sincère d'épargner notre couvent, situé près des fortifications, il est « contraint » de le bombarder.
Ces deux sièges ayant malheureusement fort ébranlé le couvent, on se voit dans l’obligation de le démolir. Grâce à la générosité des bienfaiteurs, on peut cependant rapidement mener à bonne fin sa restauration. La première pierre de cette nouvelle construction est posée le 26 mars 1732, par le Révérendissime Dom Paul de l'Ordre de saint Benoît, abbé de Saint-Denis-en-Brocqueroy et qui est, toute sa vie, un insigne bienfaiteur du couvent de Mons. Ce troisième couvent doit souffrir du siège et de la prise de Mons par le prince François de Conti et l'armée française en 1748.
Tandis que le traité de 1748 rend la Belgique à l'Autriche, une période de paix ranime son activité économique et amène son émancipation intellectuelle qui la prépare à accueillir favorablement les idées révolutionnaires de 1789.

Pendant deux siècles les Capucins se sont dévoués au service de la population montoise et des environs par leur prédication, leur apostolat auprès des pauvres, le ministère fécond de la confession et la direction spirituelle.

Plusieurs personnages distingués par leur savoir ou leur sainteté y vécurent, entre autres frère Augustin d'Ath qui meurt le 8 novembre 1596 et le thaumaturge Marc d'Aviano lors de sa tournée apostolique à Mons le 12 Juillet 1681. Là, comme dans toutes les villes qu'il visite, les églises sont trop petites pour contenir la foule et c'est du haut du balcon qu'il prêche et donne sa bénédiction à la foule massée sur la Grand-place, où plusieurs miracles sont constatés par l'autorité compétente.

Au grand regret du peuple chrétien de Mons attaché à ces fils de saint François, qui, pendant deux siècles lui ont donné tant de preuves de dévouement et partagé ses épreuves, le couvent est supprimé en 1797. Le Père Eugène Gachelet est alors supérieur et la communauté compte seize religieux-prêtres, cinq frères et deux novices.

Le couvent et l'église vendus aux enchères sont démolis et les religieux doivent se cacher en raison de la persécution sanglante qui sévit en France et en Belgique.
 

LES SOEURS CAPUCINES 1644 - 1783.


C'est en 1637, que Dame Louise de Lorraine, princesse de Ligne d'Amblise et du Saint-Empire, proche parente de Louise de Lorraine, reine de France et de Pologne, devenue veuve à l'âge de 43 ans, présente à la haute noblesse un rare exemple de piété en revêtant le pauvre habit des Pénitentes Capucines au couvent de Douai. Elle y fait profession le 26 octobre 1638 avec une grande édification.

Peu après qu'elle a émis les voeux solennels de son Ordre, l’état du pays change et force le prince de Ligne, son fils, à procurer une habitation à sa pieuse mère. Accompagnée de quatre religieuses, celle-ci quitte Douai pour Mons le 2 septembre 1644. Le petit groupe atteint Mons le 7 septembre et dans l'hôtel appartenant au prince, trouve, tout préparés un oratoire, un parloir et tout ce qu'il faut pour la clôture des religieuses.

Elles sont reçues avec honneur par les magistrats de la ville, par la noblesse et avec un concours immense du peuple, au milieu des acclamations et des bénédictions de toute la ville, ce qui les réjouit extrêmement dans leur épreuve.

Dans cette sympathie spontanée, Dame Louise voit un indice favorable à l'érection d'un couvent de Capucines à Mons. Mis au courant, le prince de Ligne met tout en oeuvre pour obtenir le consentement du roi d'Espagne, Philippe IV, qui d'ailleurs ne peut refuser cette faveur à cette grande Dame d'Espagne qu'est la princesse. Le conseil de
la ville lui est aussi favorable et accorde les autorisations requises.

Par bonheur, vers cette époque, un terrain, convenant parfaitement, est mis en vente. Les travaux débutent sans tarder et le couvent est bâti en l'an 1647, à !a plus grande gloire de Dieu et à la consolation des religieuses qui, sous la direction de la princesse, soeur Claire Françoise de Nancy, devenue leur supérieure voient leur nombre s’accroître rapidement. L'église conventuelle n’est construite qu'en 1664 et consacrée le 10 août 1665 par Son Excellence Monseigneur Ladislas Jonnart, originaire de Mons, évêque de Saint-Omer.
En 1667, l'illustre fondatrice meurt et est inhumée dans le choeur des religieuses. Elle a 73 ans et en a passé 30 au couvent. Sur sa sépulture, a été placée une épitaphe qui est offerte en 1904 au prince de Ligne de Beloeil.

Le culte à Notre-Dame de Belle Dilection (relaté un peu plus loin) ne cesse d'attirer les fidèles dans l'église des Capucines pendant cent trente-trois ans, jusqu'au temps de la persécution de Joseph Il contre les monastères. De nombreux miracles, dont les actes authentiques sont conservés à Mons, marquent cette période.

La chapelle, couverte d'ex-voto témoigne des délicatesses multiples accordées par notre chère Mère à ses enfants, turbulents mais aimés.

Le décret du 17 mars 1783. du fantasque et tyrannique empereur d'Autriche Joseph II, atteint le couvent des Capucines. Obligées de fuir, les 24 religieuses trouvent asile chez les Visitandines et y amènent le tableau vénéré, après l'avoir soustrait à l'inventaire des biens du couvent.

Le 6 novembre 1791, l'armée française, sous le commandement de Dumouriez, remporte la victoire de Jemappes. La Révolution fait son oeuvre en Belgique et, en 1793, des commissaires du nouveau gouvernement: procèdent à l'inventaire du mobilier de l'église et du couvent des Visitandines.

Au deuxième feuillet de cet inventaire on peut lire : « Au côté droit du choeur se trouve
l'image du Miracle de Belle Dilection, avec sa niche de la hauteur de deux pieds environ et six tableaux relatifs aux miracles … »
 

En 1795, Visitandines et Capucines sont expulsées de leur couvent. Une des religieuses parvient, malgré la surveillance, à emporter l'image miraculeuse et quelques documents concernant les miracles. Elle les dépose chez M. Coquelet, mercier, qui, à son tour le confie à M. Maximilien Duquesnes, greffier du Chapitre de Sainte-Waudru :
Il les conservera pendant toute la Révolution.

En 1808 enfin, avec l’autorisation du Vicaire général Godefroy, il fait porter le tableau dans la chapelle des Ursulines.

L'édit de Joseph Il supprime le couvent et attribue le montant de la vente à une caisse d'État dite « caisse de religion ». Ce bien noir est acquis par Messieurs Hardempont-Lequeu et Durant qui le transforment en sucrerie.

Cette société commerciale est dissoute en 1814, mais la fabrique continue à fonctionner sous le nom de Jean-Baptiste Capouillet et de son héritier Denis Capouillet qui cède la « raffinerie des Capucines » à M. Florent Ségard et à son épouse Mélanie Capouillet.

LES CAPUCINS A MONS DEPUIS 1863.

Ainsi, le couvent des Capucines, devenu propriété particulière, est racheté le 29 octobre
1863 par les Pères Capucins à la famille Ségard, par l'intermédiaire du notaire Boulangé de Mons et grâce à la générosité de M. le Chanoine Duquesnes, fils de Maximilien, ils le restaurent et s'y établissent.


En 1870, les Ursulines acceptent, et l’évêque de Tournai autorise, le retour du tableau dans son sanctuaire primitif ... après 87 ans d'exil. L’église des Capucins qui l'abrite demeure ainsi un lieu de prières, de recueillement, et leur couvent accueille chaque personne en quête d'un peu de chaleur, d'un peu d'amour.

Depuis sa restauration, le couvent des Capucins de Mons est orienté vers la prédication.
Nourri spirituellement dans la vie contemplative et conventuelle, le disciple de saint François a pour mission de prêcher l'Évangile en paroles, mais aussi, et peut-être surtout, en actes.

Dès leur arrivée à Mons en 1863, sous la sage et austère direction de père Raphaël d'Aïres, les Capucins s'adonnent avec ardeur et succès à ce ministère. Les demandes affluent sans cesse, dépassant les possibilités du couvent :
Missions populaires, grands triduums d'adoration, aide au clergé paroissial, etc...

Des prédicateurs de renom font rayonner le couvent, dans notre pays comme dans le Nord de la France. Mais l'appel à un apostolat dans les missions étrangères touche bien des religieux, disciples de celui qui avait voulu, lui aussi, « aller chez les sarrasins », inaugurant ainsi la grande ère missionnaire de l'Église.

A côté de ces formes d'apostolat, il y a celui - moins spectaculaire mais tout aussi important - du confessionnal : être toujours prêt depuis 8 heures du matin jusqu'à 18 heures pour accueillir ceux qui ont besoin de pardon et de conseils.

Actuellement la communauté poursuit inlassablement son oeuvre d'accueil. de soutien et d'accompagnement spirituel. Le couvent tente de s'adapter aux besoins, aux demandes, il continue à donner corps à l'idéal proposé par saint François.


Bâtiments du couvent des Capucins à Mons


Modifications récentes jusqu'à aujourd'hui…

Depuis le 125e. anniversaire du retour des Capucins à Mons, en 1988, la situation matérielle a changé.
L’effectif s’est réduit ; nombre de frères sont retournés vers le Père et n’ont pas été remplacés ;
Les bâtiments conventuels ont été acquis par la ville de Mons ; initialement destinés à la création d’un lieu de mémoire et musée, ils seront sans doute l’objet de rénovations urbaines et de projets immobiliers …
La chapelle n'est plus accessible depuis 2014.

Depuis quelques années, la communauté des frères occupe le presbytère de l’Église Notre Dame de Messines (ancienne église des Récollets) où elle assure un soutien actif aux services paroissiaux, sous la houlette du frère Remo Pistrin, revenu du Chili.
Frère Remo, assistant des communautés italienne et espagnole du Shape, reste au service des paroisses de la ville de Mons.
L’activité et la présence des frères capucins ont pris une dimension, et acquis une visibilité, accélérées par la fermeture des anciens bâtiments conventuels.

Outre les activités locales, la communauté reste ouverte sur le monde et les fraternités plus lointaines sont proches par le coeur, la prière et les techniques modernes de communication.

Fr. Remo avec les scouts dans l'Altiplano (Chili) en janvier 2007

 

Fr.Jospeh Xavier célébrant l'office de nuit, au nouvel an 2007

 

 

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mise à jour : 26.09.14