La Tchétchénie

Remarque préalable : Ce dossier a été réalisé par Médecins sans Frontières (MSF). Dans le cadre de conflits et de situations de guerre, il est souvent difficile de fournir des chiffres et des estimations précises. Il n’est donc pas rare que les informations diffèrent selon la source de référence.

Un peuple rebelle

L'implosion de l'empire soviétique au début des années 90 allait marquer dans le Caucase, et particulièrement pour la petite république de Tchétchénie-Ingouchie, la poursuite d'une longue tradition de résistance au pouvoir central de Moscou. Celle-ci avait été initiée sous les Tsars et durement réprimée sous Staline. En effet, des centaines de milliers de personnes, équivalant au tiers de la population tchétchène, sont mortes dans les déportations ordonnées par le 'petit père des peuples' - Staline - après la deuxième guerre mondiale.

En août 1991, l'échec de la tentative de coup d'Etat à Moscou par des membres de l'oligarchie militaire, permet aux indépendantistes tchétchènes d'occuper le pouvoir institutionnel à Grozny, leur capitale. A ce moment les Ingouches, peuple frère des Tchétchènes, auxquels ils sont souvent assimilés, et qui constituent le deuxième peuple de la petite république, préfèrent marquer leur distance et font sécession pour créer la République d'Ingouchie, qui reste fidèle à Moscou et qui accueillera plus tard les déplacés tchétchènes.

Première guerre

Après deux ans d'observation et de tentatives de déstabilisation en sous-main, le gouvernement russe donne l'ordre d'occuper la Tchétchénie en décembre 1994. L'armée va rencontrer une résistance acharnée et inattendue qui va l'empêcher de prendre immédiatement Grozny et l'obliger à assiéger la ville. Un siège terrible qui durera plusieurs semaines au cours duquel l'artillerie russe lance un déluge de feu meurtrier pour la population. La ville est, en grande partie, détruite.

Mais en août 1996, les Tchétchènes reprennent Grozny après de violents combats. Alexandre Lebed, nommé secrétaire du Conseil de sécurité en juin, est envoyé sur place avec des pouvoirs "élargis". Il négocie l'arrêt des combats en échange du retrait des troupes russes. Un accord de paix est signé le 31 août. Le conflit a fait entre 80.000 et 100.000 morts, la république est dévastée.

Deuxième guerre

La guerre reprend en 1999 avec le début d'une rébellion armée au Daguestan dirigée par le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev. En septembre, les forces russes bombardent la Tchétchénie et lancent une offensive particulièrement violente. Elles prennent le contrôle de la Tchétchénie dans le courant de l'année 2000. Les combats sont acharnés et les déplacés affluent à nouveau en Ingouchie.

Tchetchenie :

Population: 900.000

Langue parlée : tchétchène

Religion: Islam

Capitale: Grozny

Date début du conflit:1994

Nombre de déplacés: 200.000 en Ingouchie

Le travail de MSF auprès des déplacés Tchétchènes en Ingouchie

Les expatriés MSF, basés à Moscou, se rendent régulièrement à Nazran, capitale de l’Ingouchie, république faisant partie de la Fédération de Russie, pour rencontrer et collaborer avec le personnel local. La sécurité s’avère être un problème important (surtout depuis l’enlèvement de Kenny Gluck, un collaborateur MSF). Les activités dans le district de Malgobeck (nord-ouest de l’Ingouchie) comprennent la distribution de matériel d’aide d’urgence (couvertures, sous-vêtements, kits d’hygiène) à 35.000 personnes déplacées qui logent dans des centres collectifs ou auprès de familles d’accueil. Trois cliniques mobiles visitent chaque localité du district une fois par semaine, chacune d’elles réalisant plus de 120 consultations par jour.