Le Rwanda et les guerres des Grands Lacs
Remarque préalable : Ce dossier a été
réalisé par Médecins sans Frontières
(MSF).
Dans le cadre de conflits et de situations de guerre, il est souvent difficile
de fournir des chiffres et des estimations précises. Il n’est donc pas rare
que les informations diffèrent selon la source de référence.
Le génocide au Rwanda
L'assassinat du président rwandais Habyarimana en 1994, déclenche un basculement immédiat dans l'horreur. Suivant un plan prémédité et planifié, 900.000 personnes sont assassinées en quelques semaines, principalement des Tutsis et des Hutus modérés, et pour cette seule raison. Les assassins obéissent à une idéologie de la suprématie hutue impliquant l'élimination physique de l'ethnie tutsie. Ivres de haine, ils s'en prennent aussi à tous ceux qui veulent aider ou protéger des fuyards et à tous ceux qui ne manifestent pas assez d'enthousiasme à suivre leurs ordres et à massacrer avec eux.
La fuite au Zaïre
Le régime génocidaire tombera en juillet 1994 sous les coups de la rébellion armée menée depuis l'Ouganda par le FPR (Front Patriotique Rwandais aujourd'hui encore au pouvoir). Cela ne signifie malheureusement pas la fin des souffrances pour la population. La guerre de reconquête menée par le FPR est marquée par des massacres de population civile. Dès la fin du génocide, plus de 1.000.000 de personnes se réfugient également au Zaïre, aujourd’hui République Démocratique du Congo, par crainte des représailles du FPR.
Une fois au Congo, ceux-ci sont d'abord décimés par l'épidémie meurtrière de choléra qui se propage dans les camps autour de Goma et Bukavu. Ils sont ensuite attaqués en 1996 par les forces du Rwanda et de la rébellion congolaise de Laurent Désiré Kabila. Le régime rwandais veut en effet éliminer le risque émanant des camps de réfugiés où se cachent des tenants actifs de l'idéologie génocidaire, qui se réarment et veulent reconquérir le Rwanda. Dès lors les camps sont attaqués. 850.000 réfugiés rentrent au Rwanda en novembre 1996, les autres s’aventurent vers l’Ouest. Les attaques militaires et la fuite désordonnée à travers la forêt entraînent centaines de milliers de disparus.
Aujourd'hui
Le Rwanda occupe encore militairement une partie du Congo, jusqu'à la ville de Kisangani, officiellement pour sécuriser et prévenir des attaques des génocidaires. Toutefois, de violents affrontements entre l'armée ougandaise et rwandaise en plein centre de la ville de Kisangani ont fait quelques milliers de morts dans la population locale en juin 2000.
Au Rwanda lui-même, la justice est difficile à organiser après le génocide, il y a trop d'accusés et pas assez de moyens pour instruire les procès convenablement. Des milliers de personnes attendent leur procès depuis plusieurs années dans des prisons et des cachots surpeuplés. La réconciliation tient lieu de politique officielle, mais les plaies se sont-elles vraiment refermées ? La peur s'est-elle éteinte et le pardon peut-il être accordé par les survivants qui portent le deuil ? Nul ne le sait vraiment.
La main tendue
Aujourd'hui, plusieurs questions cruciales restent en suspens. La population de toute cette région a été marquée par des violences inouïes. Le génocide, la chasse aux réfugiés, les combats dans la ville de Kisangani qui voit son destin confisqué par l'occupant, sont autant de traumatismes auxquels les équipes humanitaires sont confrontées et auxquelles elles apprennent à répondre. En Belgique, MSF s'efforce d'offrir une écoute et une aide psychologique adéquates aux rescapés des événements tragiques du Rwanda.
Le travail de MSF auprès des réfugiés rwandais en Belgique
A la demande de la communauté rwandaise, MSF offre, via le projet « Mpore » (Mpore signifie « Relève-toi » en Kinyarwanda), un appui psychologique aux victimes du génocide du Rwanda qui habitent en Belgique. Sept ans après le drame, les survivants doivent faire face à de nombreux problèmes de stress. C’est pourquoi des groupes de discussions et des sessions individuelles sont organisés à Liège et à Bruxelles. Les participants ont l’occasion d’y exprimer leur douleur et de la partager avec d’autres. Ils construisent ainsi un sentiment de solidarité et apprennent à nouveau à profiter de la vie.
Population du Rwanda: 6.500.000
Langues parlées: kinyarwanda, français, anglais, swahili
Religions: catholiques (63%) protestants (27%) musulmans 10%
Ethnies : Hutu, Tutsi, Twa
Capitale: Kigali
Dates : avril 1994, assassinat du président Habyarimana et début du génocide qui dure 3 mois
juillet-août 1994 : fuite de plus de 2.000.000 de Rwandais
novembre 1996 : 850.000 réfugiés rwandais rentrent au Rwanda
août 1998 : les troupes rwandaises et angolaises entrent au Congo (En 1997, le Zaïre est devenu la République Démocratique du Congo)
Réfugiés rwandais : 84.300 dans le monde