La Macédoine

Remarque préalable : Ce dossier a été réalisé par Médecins sans Frontières (MSF). Dans le cadre de conflits et de situations de guerre, il est souvent difficile de fournir des chiffres et des estimations précises. Il n’est donc pas rare que les informations diffèrent selon la source de référence.

Une histoire mouvementée

Historiquement, la Macédoine est la pomme de discorde des Balkans. Entourée de voisins qui considèrent son territoire comme une prolongation du leur, elle est à l’origine des guerres balkaniques du début du 20ème siècle. Ce petit pays a du mal à faire valoir son identité nationale. La principale menace qui pèse sur celle-ci est la thèse des nationalistes bulgares qui avaient tendance à considérer les Macédoniens comme une souche des Bulgares et donc à les absorber au sein d’une grande Bulgarie. En 1912, la Macédoine est tout simplement partagée en trois entre la Grèce, la Serbie et la Bulgarie. En 1948, elle devient une des républiques constitutives de la Fédération Yougoslave du maréchal Tito.

L’indépendance dans la paix

La Macédoine est donc un pays aux racines historiques fragiles. Mais malgré l’éclatement d’une polémique avec la Grèce, qui estimait que le nom Macédoine appartient à son patrimoine culturel et historique, son accession à l’indépendance en 1992 se passe sans heurts militaires. A la fois grâce à des négociations réussies avec la Serbie et à l’envoi préventif de 1200 Casques Bleus qui stabilisent et sécurisent les frontières du nouvel état, la transition se produit pacifiquement.

La Macédoine accueille des centaines de milliers de réfugiés albanais en provenance du Kosovo voisin lors de la guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999. L’aide internationale massive aide le pays à gérer cet afflux.

L’étincelle

La Macédoine est l’objet de tiraillements internes entre la majorité slave et l’importante minorité albanaise. Ceux-ci se résolvent par des négociations et les partis albanais font partie de la coalition gouvernementale. Mais l’UCK (Armée de Libération du Kosovo) frustrée de sa défaite aux élections au Kosovo (une province de la Serbie) en octobre 2000 vient en appui à ceux qui, en Macédoine, préfèrent instaurer une revendication violente et réclamer par la force une autonomie plus importante. Des troubles éclatent alors entre les rebelles albanophones et les troupes gouvernementales. Les combats connaissent une escalade entraînant la fuite d’une partie de la population albanaise dans le Nord du pays vers le Kosovo et la Serbie. En été 2001, sous la pression de la communauté internationale, le gouvernement de Macédoine et les rebelles ont signé un accord de désarmement et des changements politiques accordant plus de droits aux minorités dans la république.

Macédoine

Population : 2.000.000

Groupes ethniques : les deux groupes les plus importants sont les Macédoniens slaves (66 %) et les Albanais (23%). Des minorités serbes (2%), turques (4%), tsiganes (3%), valaques et autres sont présentes également.

Capitale : Skopje

Date indépendance: 1992

Début des affrontements entre rebelles et gouvernement : 2000

Nombre de réfugiés albanais de Macédoine au Kosovo et en Serbie: 60.000

Nombre de déplacés : 40.000

Le travail de MSF auprès des réfugiés macédoniens et des déplacés dans le Sud de la Serbie

En avril 2000, MSF Belgique a ouvert des bureaux à Vranje, Leskovac et Presevo dans le Sud de la Serbie. MSF apporte une assistance logistique et un soutien au niveau social au grand nombre de personnes déplacées et aux réfugiés qui se trouvent actuellement dans cette région. L’organisation fournit une aide médicale dans de nombreux centres de santé. Depuis Presevo, MSF apporte aussi une aide d’urgence (kits d’hygiène, réhabilitation des structures dans de nombreux villages qui comptent un grand nombre de réfugiés,…) aux réfugiés albanophones de Macédoine.