L'Angola

Remarque préalable : Ce dossier a été réalisé par Médecins sans Frontières (MSF). Dans le cadre de conflits et de situations de guerre, il est souvent difficile de fournir des chiffres et des estimations précises. Il n’est donc pas rare que les informations diffèrent selon la source de référence.

Une interminable guerre civile

L'Angola est en guerre de manière presque ininterrompue depuis plus de quarante ans. Après les combats pour l'indépendance, deux forces à la fois politiques et militaires, le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l'Angola) au pouvoir à Luanda depuis 1992 et l'UNITA (Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola), ont lutté pour le pouvoir. L'UNITA, qui avait sous sa coupe de larges parties du territoire à l'est et au nord du pays, s’est désormais lancée dans des actions de guérilla, frappant à tout moment et n’importe où dans le pays. Le gouvernement contrôlerait officiellement 90% du territoire.

Un pays riche

A la rivalité politique entre ces deux parties s'ajoute une dimension ethnique mais aussi économique car le sous-sol de l'Angola est très riche en ressources minières et pétrolières. Pourtant cette richesse ne profite pas aux populations, elle fait plutôt leur malheur. Ainsi le gouvernement bénéficie de revenus importants grâce à l'exploitation du pétrole mais cet argent sert à financer la guerre et le train de vie de quelques-uns. Les rebelles de l'UNITA, quant à eux, profitent de la présence de gisements de diamants sur les territoires qu'ils occupent. Ils en assurent l'exploitation et organisent l'exportation illégale par la R.D. Congo. Mais cet argent aussi ne sert qu'à continuer la guerre pour le plus grand profit de quelques chefs de l'UNITA et de leurs clients.

Les populations prises en otage

Les troupes rebelles et gouvernementales jouent un jeu particulièrement cruel vis-à-vis de la population, accusée de soutenir l'ennemi. Les déplacements forcés font ainsi partie des méthodes de la guérilla que se livrent les adversaires. Dans les alentours de Kuito, 250.000 personnes sont ainsi réfugiées, dépendant d'une aide alimentaire et d'une assistance que le gouvernement leur refuse. L'aide alimentaire internationale arrive de manière trop parcimonieuse et des maladies de carence vitaminique telles la pellagre et le béri béri sont apparues de manière épidémique.

Le rôle du commerce international mis en question

Cette situation dramatique est loin d'être isolée et le contraste entre la richesse du pays et la situation terrible qu'endure la population amène à s'interroger alors que les grandes compagnies continuent leurs activités comme si de rien n'était. Une moralisation du commerce international est-elle nécessaire ?

Travail de MSF auprès des déplacés angolais

En Angola, les activités de MSF Belgique sont essentiellement tournées vers l’urgence. MSF est en mesure de détecter très rapidement des épidémies et de réagir immédiatement. Par ailleurs, Médecins Sans frontières a développé des stratégies aillant pour but de protéger la population et met également en œuvre son expertise en matière alimentaire. MSF est notamment présente dans les provinces de Bié (aide aux personnes déplacées, centres nutritionnels, soins de santé et soutien à l’hôpital), Moxico (soutien de centres de santé et centres nutritionnels), Kwanza Norte (maladie du sommeil) et Luanda (prévention du choléra).

Angola :

Population: 10.000.000

Langues parlées: portugais (langue officielle), plusieurs langues du groupe bantou

Religions: animistes (46 %), catholiques (37 %), protestants (14 %)

Capitale: Luanda

Dates: 1961-1975: guerre d'indépendance

1975: révolution des œillets au Portugal et indépendance de l'Angola

1975-1991: guerre civile entre le MPLA et l'UNITA

1991: accords de paix de Bicesse

1992: élections, victoire du MPLA (Eduardo Dos Santos est nommé président)

1993: reprise de la guerre entre le gouvernement MPLA et l'UNITA

Nombre de déplacés: près de 1.000.000

Nombre de réfugiés angolais dans le monde : 350.000

Population affectée par la guerre: environ 3.700.000