Il y eu 2248 Généraux, d'avril 1792 à avril 1814. Dès 1807, Napoléon reconstitue une noblesse autour de son Trône, il accorde à partir de 1807, jusqu'à 1815, une impressionnante séries de titres qui s'élèvent à plus de 987. Parmi ceux, beaucoup de militaires de haut rang.
Le Général Loison, par lettres patentes du 14 avril 1810 fut anobli parmi les 193 Comtes d'Empire. Il reçoit, également, deux dotations de 25.000 francs sur les 58 distribuées. Sur la Wesphalie et sur le Hanovre par décret du 10 mars 1808, membre de la Légion d'honneur en 1803. Grand Officier le 14 juin et Chevalier de Saint- Louis le 27 juin 1816 sous la seconde restauration.
Le Général, à l'époque, par ses contemporains, ensuite, fut rarement cité par les Historiens. On peut se demander pourquoi ?, vu de ses états de services il eut, il est vrai, rarement l'occasion d'exercer de grands commandements, il touche, néanmoins, plus de dotations que bon nombre de ses supérieurs.
Duhesme ne touche rien, le futur Maréchal Gérard, 4000 francs, l'Intendant Général de l'armée Dumas, 20.000 francs, le Maréchal Couvion-Saint-Cyr, 30.000 etc...
On ne voit vraiment pas pourquoi le Comte Loison aurait été favorisé. Etait-il plus intime, dans la vie privée de l'Empereur que dans le service ? Les femmes jouèrent elles un rôle dans les relations avec Napoléon et Loison. Si l'on en croit Guy Breton, c'est possible. Il peut aussi s'agir de népotisme dont l'Empereur fit souvent preuve. Bien que Loison fut plusieurs fois gouverneurs en Espagne cela est à peine signalé par les biographes. La situation de son oncle, Évêque de Bayonne y serait-elle pour quelque chose.
A tout noble, un blason ! Mais, Napoléon bouleverse la tradition, il introduit dans les "armes" des pièces rappelant la fonction ou une particularité du bénéficiaire et l'allusion est parfois obscure.
Les armoiries de Sieyes, Comte en 1808, comportent "une tête de Borée (Dieu du vent du nord) cantonnée d'or et soufflant d'argent"...
Maison, Général et Comte de Napoléon, Marquis de Louis XVIII, Maréchal de Charles X, Ministre et Ambassadeur de Louis-Philippe, avait "deux maisons d'argent" girouettées d'or de deux girouettes chacune". Armes parlantes très claires celles-là, mais volontairement cruelles et prémonitoires. Maison ayant été une des plus tournantes girouettes de l'époque.
Il fallait tenir son rang, les largesses de Napoléon envers les plus hauts personnages de sa Noblesse n'avaient pas d'autres but.
Les armoiries de Loison, Comte également, en 1808 étaient: Écartelé:
Au premier Comtes Militaires,
au 2e parti:
a) de gueules à la tour, crénelée de trois pièces d'or ouverte et maçonnée de sable
b) d'argent à l'écusson d'azur,
au 3e de sinople au pont ruiné, de trois arches d'or soutenu d'une rivière d'argent
au 4e d'azur, à la montagne d'argent, mouvante de la pointe.
Dans un de ses livres "Histoires d'Amours de l'Histoire de France", Guy Breton nous raconte cette anecdote:
"En 1811, Bausset, qui était le Surintendant des plaisirs Impériaux vint dire à Napoléon, qu'un de ses rabatteurs habituels, le Général Loison, avait découvert, à Bourg-la-Reine, une ravissante jeune-fille de dix-sept ans, aux appâts bien dessinés... L'Empereur, alléché, demanda des détails. Bausset fut lyrique :
-"Elle s'appelle Lise Lebel, elle est brune, élancée et possède dans son corsage, deux adorables seins dont la maman m'a garanti la fraîcheur et la belle tenue."
Le tableau avait du charme. Napoléon appela Constant et l'envoya, sur-le-champ, à Bourg-La-Reine, chercher cette séduisante personne.
"Ma visite, raconte celui-ci, ne causa aucune surprise et, je vis que ces dames avaient été prévenues, sans doute par leur obligeant patron (le Général Loison), car elles ne cherchèrent point à dissimuler. La jeune personne était éblouissante de parure et de beauté et, la mère rayonnait de joie à la seule idée de l'honneur destiné à sa fille. Je vis bien que l'on s'était figuré que l'Empereur ne pouvait manquer d'être captivé par tant de charmes, qu'il allait être pris d'une grande passion".
- "Mon Dieu! Mon Dieu', disait Madame Lebel, que le ciel est bon avec nous !"
En voyant qu'on lui ramenait sa fille, la brave femme fut effondrée. Lise lui sauta au cou:
- "Ne pleure pas, maman, l'Empereur m'a fait la chose, trois fois...
" Madame Lebel joignit les mains:
-"Merci mon Dieu! dit-elle. J'ai eu tellement peur..."
Dans la semaine qui suivit, Napoléon fit chercher Lise à plusieurs reprises et la combla de cadeaux. Mais, il n'eut jamais pour elle, cette passion qu'espérait pieusement la bonne Madame Lebel. .Devenue Comtesse, Lise Lebel, sera là, à l'île d'Elbe, prête à le soulager.
Le vingt mars, naissait le Roi de Rome. Napoléon ne resterait pas sans héritier. Au cours de cette année 1811, le Comte Général Loison rejoignit un moment sa famille; son épouse, sa fille et le personnel de service. Ces derniers n'ayant jamais quitté la région Liégeoise. La justification des frais de postes du Général mentionnent le départ de Choquière (Chokier) à Mayence. Ce qui confirmerait qu'il occupait déjà le château à cette époque. Cela pourrait, également, rendre vraisemblable la légende selon laquelle, Napoléon aurait logé en ces lieux. Rien, à ce jour, ne confirme cette hypothèse et nous serions heureux si l'on pouvait nous éclairer à ce sujet.
Le 14 juin, il commanda la 14e division à Wezel et il reprit le commandement de la 25e division à Liège, le 12 novembre. Le Général connaissait beaucoup de monde à Liège et il était souvent en contact avec le notaire Boulanger pour des opérations immobilières. Il est initié à la loge maçonnique "La parfaite Intelligence" en cette année 1811 et des couplets lui sont adressés au cours du banquet rituel:
Loin de nous courent la carrière Du Dieu Qui préside aux combats Un noble fils de la lumière De la gloire a suivi les pas.
Aussi bienveillant pour l'Église que pour la Loge, il enverra, plus tard, de Naples, des reliques à un de ses anciens Lieutenants, Dumont devenu curé de Seraing.
Le 19 décembre 1811 il y aurait une levée de 120.000 hommes.