Mémoires du général Baron Marbot -J. Garnier - Préface de Jean Dutourd. Editions Mercure de France.
"... Les troupes sous les ordres de Massena se composaient du 2e corps, entièrement formé de vieux soldats d'Austerlitz ayant été, l'année précédente à Opporto (Porto) avec le Maréchal Soult, que le général Reynier venait de remplacer (ses divisionnaires étaient Marchand, Loison, et Mermet) du 8e corps, commandé par le Général en chef Junot et composé de troupes médiocres ( il avait pour Généraux de division Slignac et Clauzel, qui devint, plus tard, Maréchal d'un corps de deux divisions de cavalerie sous les ordres du Général Montbrun et d'une nombreuse artillerie de campagne dirigée par le Général Eblé. Le Général Lasouki, commandait le génie)
... A la montagne d'Alcoba, dominé par Wellington les Français n'en mènent pas large.
... Pendant que cela se passait à notre gauche, le sort ne nous était pas favorable à la droite formée par le 6e corps car, bien qu'on fut convenu de faire une attaque simultanée sur tous les points et que Massena en eut renouvelé l'ordre vers les sept heures, au moment d'engager l'action, le général Ney n'ébranla ses troupes qu'à huit heures et demie. Il prétendit depuis avoir été retardé par les obstacles que présentait la position sur ce point. Il est certain, qu'il était encore plus grand que sur la gauche. Les Français venaient de commettre une très grande faute en envoyant le 2e corps au combat avant que le 6e fut en mesure d'agir. Le Maréchal Ney en fit pareille en engageant sans ensemble les divisions Loison, Marchand et Mermet. Ces troupes attaquèrent vigoureusement et, malgré la canonnade et la fusillade qui enlevaient des files entières, les brigades Ferey et Simon et le 26e de ligne gravissant des rochers escarpés se jetèrent sur l'armée ennemie dont ils prirent trois pièces
... Ainsi se termina le combat principal...
Document aimablement prêté par Dominic Goh - Napoleonic Wars
... La nouvelle désobéissance de Ney, encore plus positive que les précédentes, excita l'indignation de Masséna. Il y répondit par un ordre du jour qui ôtait au Maréchal Ney, le commandement du 6e corps. Cet acte de vigueur juste et indispensable était trop tardif, il aurait fallu le faire à la première rébellion de Ney. Celui-ci refusa d'abord de s'éloigner en disant que l'Empereur lui ayant donné le commandement du 6e corps, il ne le quitterait que par son ordre. Mais le généralissime ayant réitéré son injonction le Maréchal Ney partit pour Alméida et rentra en Espagne d'où il se rendit auprès de l'Empereur à Paris. Le 6e corps fut confié au Général Loison que son rang d'ancienneté appelait à ce commandement.
Le renvoi du Maréchal Ney produisit sur l'armée une sensation d'autant plus profonde qu'on en connaissait le principal motif, et qu'il avait éprouvé le voeu général des troupes en insistant pour rentrer en Espagne.