La libération de
Florence : un rayon de soleil
Les mauvaises nouvelles
ne manquent pas sur la scène internationale.
En ce dimanche, 12 juin 2005, la nouvelle de la libération de Florence
Aubenas est arrivée comme un rayon de soleil.
Son enlèvement, il y a près de six mois m’avait rempli de douleur et la
nouvelle de sa libération, ce matin m’a comblé de joie.
Florence, qui connaît
bien l’Algérie, s’est beaucoup intéressée à l’affaire des moines de
Tibhérine. Elle était venue à Scourmont,
il y a environ deux ans, avec une amie, José Garçon, autre grande
journaliste. Durant toute une journée,
nous avons analysé ensemble tout ce que nous savions sur les conditions de
l’enlèvement, de la détention et de la mort de nos Frères. Ce fut pour moi une école de grand
journalisme. J’ai admiré la conscience
professionnelle et la grande rigueur intellectuelle de ces deux femmes,
soucieuses de bien distinguer entre les faits démontrés et les hypothèses et de
bien peser le degré de probabilité de chaque hypothèse.
Au cours de sa longue
détention de près de six mois, Florence et son traducteur Hussein ont été en
quelque sorte « adoptés » par le peuple français, comme nos Frères de
Tibhérine l’avaient été il y a près de dix ans. Heureusement pour Florence,
cette fois-ci la mobilisation générale a eu un effet positif.
J’ai admiré la façon
dont les autorités du journal Libération
n’ont rien négligé pour arriver à la libération de leur journaliste, et ont
maintenu vive sa mémoire sur la pages du journal et
sur son site Web. J’ai particulièrement
admiré la façon dont, depuis le début de la crise jusqu’à son heureuse
conclusion, le journal Libération et
la communauté des médias, n’ont jamais dissocié Florence, la journaliste
française, de Hussein, son guide et traducteur irakien. Bel exemple de respect et d’humanité en cette
période de tension entre les peuples et les cultures. Il n’était que normal
qu’ils soient libérés en même temps et rejoignent le même jour leurs familles
respectives en France et en Irak.
Enfin, en autant que
l’on puisse juger, les services secrets français, en occurrence la DGSE, ont
agi en cette affaire avec beaucoup de professionnalisme. Félicitations à tous.
Les quelques mots de
Florence devant les cameras de la TV, à sa descente d’avion en France, ont
révélé une personne dont la longue détention en de dures circonstances n’ont
rien enlevé de son équilibre humain et de son sens d’humour.
Oui, à travers tous les
sombres nuages qui planent sur la scène internationale de nos jours, Florence
et sa libération sont apparus aujourd’hui comme un très beau rayon de soleil.
Armand VEILLEUX