A-t-on retrouvé les corps
des moines de Tibhirine ?
Le 8 novembre 2001 plusieurs
journaux algériens (La Liberté, le Quotidien d’Oran, Le Soir d’Alger, El Watan,
etc.) rapportaient, pratiquement dans les mêmes termes, qu’un certain Djelloul
Boumahdi, alias abou Obeïda, 32 ans, dont sept passés dans les maquis du GIA
(quel GIA ?...) avait été présenté mercredi, le 7 novembre, aux représentants
de certains journaux algériens, dans un endroit non précisé, et qu’il avait
révélé, entre autres choses, que les corps des sept moines trappistes français
assassinés en 1996 avaient été enterrés à Bougara (30 km au sud d’Alger).
Notons tout d’abord que ces
journaux ne disent pas que les corps des moines ont été retrouvés,
mais simplement qu’un membre du GIA aurait dit qu’ils auraient été enterrés
à Bougara.
Il n’est pas impossible que
cette information soit vraie, mais on peut avoir de sérieuses raisons d’en
douter. Périodiquement, surtout depuis
un an, le Régime en place amène devant la Presse un prétendu témoin pour ré-affirmer
que c’est bien le GIA qui a tué les moines. Le besoin de faire périodiquement cette ré-affirmation
est en lui-même gênant.
Une analyse du contexte révèle
chaque fois que ces révélations n’ont pas grand contact avec la réalité historique
mais sont des messages envoyés par le Régime en place à la communauté internationale
ou des mises en garde que se font les unes aux autres les diverses factions
de l’Armée algérienne.
Ne conviendrait-il pas cependant
que, cette fois-ci, les autorités compétentes (le Saint Siège, l’archevêque
d’Alger et les autorités de notre Ordre) prennent le gouvernement au mot et
lui demandent d’exhumer les corps des moines qu’on dit avoir été enterrés
à Bougara (un tout petit bled en réalité). Les cadavres sans têtes ne manquent pas dans le sol algérien.
Il y aurait donc lieu d’exiger que toutes les expertises médico-légales
disponibles de nos jours soient utilisées pour prouver sans aucun doute possible
qu’il s’agit bien de nos frères de Tibhirine.
Il est bien peu probable
que le Gouvernement algérien réponde positivement à une telle requête. Mais on ne sait jamais... Et de toute façon
il convient de faire cette requête, aussi bien par amour de la vérité que
par amour de nos frères.
Armand VEILLEUX
Scourmont, le 14 novembre
2001