8 août 2001 -- mercredi de la 18ème semaine "1"

Nombres 13, 1...35; Mt 15, 21-28

Monastère de Mokoto à Keshero, R.D. du Congo

 

 

H O M É L I E

 

            L'Évangile d'hier nous a donné un bel exemple de la foi de l'apôtre Pierre -- une foi en même temps généreuse et faible.  Aujourd'hui,  la lecture de l'Évangile nous donne l'exemple d'une foi très profonde et forte chez une femme qui n'appartenait pas au peuple d'Israël.  Une foi si forte que non seulement elle amena Jésus à "changer d'idée" en quelque sorte, mais eut même une influence sur l'orientation de son ministère.

 

            Jésus considérait qu'il n'avait été envoyé "qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël".  Il voulait être -- et il était -- leur berger.  Cette Cananéenne n'appartenait pas à ce troupeau et il refuse donc d'écouter sa prière et de guérir sa fille.  Il lui dit même qu'il "ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens".  Dans cette dernière phrase, qui semble si dure, elle voit une ouverture et s'empresse de placer son pied dans l'entrebâillement de la porte.  Elle remarque que les petits chiens mangent les restes qui tombent de la table de leur maître...   Dans cette admirable réponse, deux mots sont à noter.  D'abord, le mot grec utilisé pour désigner les "petits chiens", désigne des "chiens domestiques", qui font en quelque sorte partie de la famille.  Elle utilise aussi le mot "maître" (kyrie).  Elle affirme donc d'une façon subtile qu'elle se considère comme faisant partie de la maison de Dieu, et aussi qu'elle reconnaît Jésus comme son "maître".

 

            Non seulement Jésus exauce sa prière, mais il est si profondément touché, qu'il en est lui-même transformé. En effet, dans toute vraie relation entre deux êtres humains, les deux pôles de la relation se trouvent changés.  De par ce dialogue avec la Cananéenne, Jésus acquiert une nouvelle lumière sur sa mission.  À partir de maintenant il n'ira plus seulement vers les brebis perdues de la maison d'Israël, mais aussi vers les "nations".

 

            N'est-il pas merveilleusement beau et en même temps un peu effrayant que la prière ait un tel pouvoir?  Faisons de notre propre prière un tel dialogue personnel et convainquant avec Dieu.