Mercredi le 1 août 2001 -- Mercredi de la 17ème semaine "1"

Exode 34, 29-35; Matt 13, 44-46

Abbaye de La Clarté-Dieu, Murhesa, Congo

 

H O M É L I E

 

 

            Au début du Statut sur la Formation promulgué par notre Ordre il y a quelques années, se trouve une citation de la 2ème lettre de Paul aux Corinthiens : "appelés à être transformés à l'image du Christ" (3, 18).  Ces quelques mots expriment bien, en effet, non seulement le but de la formation monastique, mais le but même de la vie monastique, qui est d'arriver graduellement à cette transformation radicale de notre être.  Et saint Paul, dans ce passage de sa 2ème lettre aux Corinthiens, fait la comparaison entre cette rencontre de Dieu et celle vécue par Moïse, décrite dans la première lecture.  La  gloire de Dieu qui se réflétait sur le visage de Moïse, au point que le Peuple craignait de le regarder, n'était qu'une faible image du mystère que nous sommes appelés à contempler de nos propres yeux.  C'est parce que nous contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur que nous sommes transformés en cette même image.

 

            Si nous nous approchons de Dieu, dans la prière contemplative, et si avant de pénétrer dans la Tente de la Rencontre, nous avons le soin d'enlever de notre visage tous les voiles et tous les masques que nous utilisons pour nous protéger des autres, et si nous nous approchons de Dieu avec toute notre vulnérabilité, son image sera gravée en nous par le feu de l'Esprit et nous lui deviendrons de plus en plus semblables.

 

            Cette rencontre contemplative de Dieu est le trésor découvert dans un champ et qui nous est devenu si précieux que nous sommes prêts à tout vendre pour nous le procurer -- ou la perle qu'on est prêt à acheter, même au prix de tout ce qui est nôtre.  Ces deux images du Royaume de Dieu données par Jésus dans l'Évangile d'aujourd'hui donne tout son sens à notre ascèse monastique.  Celle-ci n'a de sens que si elle nous prépare à cette découverte et à cet "achat".  Si nous la vivons authentiquement, elle nous dégagera graduellement de tous nos besoins pour laisser croître en nous la fleur du désir -- ce désir qui est aspiration au surplus d'être qu'est la pleine réalisation de l'image selon laquelle nous avons été créés -- la pleine croissance de la semence de vie divine mise en nous au jour de la création.

 

            Chaque fois que nous trouvons difficile ou exigeant tel ou tel aspect de notre ascèse monastique, pensons au trésor caché dans le chant ou à la perle précieuse découverte -- pensons à l'image de son Fils que le Père veut graver en nous, et nous n'hésiterons pas alors à nous défaire allègrement de tout ce qui n'est pas ce trésor.